- 93 Ter – Jean-Louis MURAT … sa bibliothèque … 3ème partie …

A l’occasion de la sortie de l’album « Venus » Juliette COPPE interpelle MURAT : « Ton 1er livre de chevet ? » Et MURAT de répondre : « Le Larousse. Je passais mon temps à le relire et à reproduire des planches. J’étais très consciencieux, très bon élève et très ambitieux. Je détestais le bahut, mais j’ai vite compris qu’à l’école, pour s’en sortir, il fallait être le premier ».

LAROUSSE …

Le dictionnaire dont parle Jean-Louis BERGHEAUD est le successeur du « Grand dictionnaire universel du 19ème siècle » œuvre de l’encyclopédiste Pierre LAROUSSE (15 volumes 1866/1876). Ce dictionnaire est une façon de vulgariser le savoir. Selon les périodes ce dictionnaire qui entre dans les familles des villes d’abord, puis dans celles des campagnes,  adopte plusieurs titres :

  • De 1924 à 1958 : « Le nouveau petit Larousse illustré » qui comporte 6200 gravures, 220 planches et 140 cartes …

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  • 1952 : exemplaire de l’année de naissance de Jean-Louis

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  • 1959 : « Le petit Larousse ».

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  • 1968 : « Le nouveau petit Larousse ».

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  • 1973 : « Le petit Larousse ».

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  • 1992 : « Le petit Larousse illustré ».

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L’étude du dictionnaire par un enfant présente plusieurs avantages.  Elle apprend à maîtriser l’alphabet, à découvrir l’ordre alphabétique. Elle permet de répondre à la question : « C’est situé ou ? ». Elle permet une meilleure connaissance de l’orthographe et répond à la question : « Ca s’écrit comment ? ». Le Larousse est aussi un livre d’images. Les photographies et les cartes permettent de montrer et de situer. Les dessins et les  schémas éclairent les mots et prolongent les définitions. Le Larousse est un vecteur d’émotions qui attise la curiosité et les choses lues s’inscrivent de ce fait plus facilement dans la mémoire.

En septembre 2003 pour « Magic » (n° 74) sous la plume de Franck VERGEADE le chanteur Auvergnat révèle : « J’adore la littérature, je possède une collection de dictionnaires« .

En 2003 le chanteur Jean-Louis MURAT fait son apparition dans le « Larousse ». On peut lire : « Jean-Louis BERGHEAUD dit Jean-Louis MURAT auteur compositeur et chanteur Français (Chamalières, Puy de Dôme, 1952). Profondément attaché à son Auvergne natale, Jean-Louis MURAT choisit comme nom d’artiste celui de la ville où il a grandi. 1980, il enregistre son 1er disque avec le groupe CLARA. Suicidez-vous, le peuple est mort révèle une âme torturée. Ce n’est qu’en 1987 que ce frère spirituel de Gérard MANSET sort vraiment de l’anonymat, grâce à la maison de disque Virgin et au single Si je devais manquer de toi, qu’il a eu raison d’aller enregistrer à Londres. Prince Français de la new wave avec l’album Cheyenne Autumn (1989), Jean-Louis MURAT a affirmé son talent dans des albums tels que Le manteau de pluie (1991) et Venus (1993) ».

***

Emile VERHAEREN …

Pour le magazine « Chorus » (n° 6 hiver 93/94) Jean-Louis MURAT déclare à Annie MORILLON : « J’aime la poésie, c’est ce que je préfère lire et ce que je préfère écrire. J’ai connu mes 1ers émois en étudiant pour la 1ère fois un poème à l’école ! Un poème d’Emile VERHAEREN qui parlait de petit derrière blanc des lapins … J’ai toujours écrit des poèmes, et je devais être assez amusant, ou assommant, pour les filles parce que j’improvisais de la poésie … A  la manière classique. Aujourd’hui mes amis savent que j’atteins le point de non retour lorsque je parle uniquement en alexandrins ! ». (…) « Gamin, j’ai eu tout de suite la musique de l’alexandrin dans la tête ».  La journaliste questionne : « Quel style de poésie aimez-vous ? » Réponse de MURAT : « Quand je dis que j’aime la poésie, je devrais plutôt dire la valeur poétique qu’il y a dans toute chose, dans les mots, les images, les situations … La poésie peut se nicher partout, c’est comme une ombre divine qu’il faut s’exercer à voir ou à sentir quand elle passe, c’est un ange dont il faut savoir entendre le bruissement et moi, tout petit, j’ai commencé à guetter les anges ».

Les vers de VERHAEREN cités par MURAT sont extraits du poème « L’été dans les dunes » inséré dans le recueil en 3 volumes « Toute la Flandre » dont vous trouverez ci-dessous un envoi autographe de Marthe VERHAEREN (épouse d’Emile) à un ami …

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Ecoutons VERHAEREN : « Au bord de leurs terriers, les petits lapins prestes/Sur les mousses du sol chauffé font leur sieste ».

***

En septembre 1996 pour le magazine « Les Inrockuptibles » (n° 71) le chanteur Auvergnat confie à Richard ROBERT : « Ce qui m’a le plus apporté, c’est la lecture ». Le journaliste interroge : « Tu penses sincèrement que des lectures peuvent avoir autant de poids sur une vie ? » Réponse de JLM : « Dans mon cas oui. Je regrette d’être aussi sensible, aussi primaire. Dans ces affaires là, quand il y a à pleurer, je pleure. Je me souviens d’une scène pas possible quand j’étais petit, qui m’a profondément marqué. Quand j’avais 4 –  5 ans, on m’a offert un livre, ça se passait au Mexique : un petit garçon, tombe amoureux d’un taureau qu’on emmenait à l’abattoir, entreprenait tout pour le sauver. On m’a lu cette histoire et ça a été affreux, j’ai pleuré ^pendant des jours. Le docteur est venu parce que je disais que j’étais malade. En fait, c’est cette histoire qui m’avait fendu le cœur ».

A ce jour, je n’ai pu trouver trace de ce livre pour enfant. Je ne désespère pas d’arriver à mes fins. J’ai : « du monde dans la place »

***

Alexandre POUCHKINE …

Dans cette même interview (septembre 1996/ »Les Inrocks ») MURAT déclare : « Je viens de passer une année POUCHKINE« 

Alexandre POUCHKINE  … (1799 – 1837) …

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L’écrivain Russe est mortellement blessé au cours d’un duel avec son beau-frère. Il laisse derrière lui un « Journal secret » dont le manuscrit sorti clandestinement d’URSS en 1976 est publié pour la première fois aux USA en 1986. Dans ce « Journal secret » POUCHKINE y raconte les relations qu’il entretient avec son épouse, ses deux sœurs ainsi que d’autres femmes. POUCHKINE y fait des réflexions et confessions érotiques, révélant ainsi des détails inconnus de sa vie et de ses rapports avec les femmes. Il nous conte sa passion pour les femmes en général et la difficulté à vivre avec une épouse belle et courtisée …

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Et MURAT de citer au journaliste des « Inrockuptibles » des extraits de ce « Journal secret » : « Je me suis ressourcé, rassuré, reconnu à fond là-dedans ». MURAT poursuit : « Tiens, écoute, j’adore ça ». Le journaliste d’expliquer : « Il ouvre le journal secret à une page déjà marquée » … Puis MURAT de lire : « Il est remarquable de constater qu’une motte a une valeur en elle-même, dont la beauté ne dépend pas du corps auquel elle appartient. Même un visage et un corps répugnants ne peuvent pas détruire son pouvoir d’attraction. Si on couchait deux femmes côte à côte, l’une avec un joli minois et l’autre laide, et que vous dissimuliez leur visage sous d’épais voiles, vous ne prendriez pas moins de plaisir à besogner le laideron que la beauté. Je dirais même que si vous en savez  pas laquelle est la vilaine, il se pourrait que vous la préfériez à la belle. L’âme se cache dans le con, pas dans le corps ».

Puis MURAT de citer un autre roman de POUCHKINE … : « Et Tatiana, dans Eugène ONEGUINE ! Un personnage extraordinaire … une paysanne, une femme simple qui comprend tout mais ne perd jamais sa naïveté, sa pureté. POUCHKINE, lui, n’a jamais trouvé sa Tatiana : sa propre pureté n’est jamais passée par une femme pure. Il a baisé des meufs comme un dingue … Encore il a eu du pot, lui  : il est raiment mort d’aimer, en duel ».

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Extrait (Lettre de Tatiana à Onéguine) : « Je vous écris, est-ce assez clair ?/Que reste t’il encore à dire ?/Il se pourrait que je m’attire/Ainsi votre dédain amer/Pourtant si vous pouviez comprendre/Mon triste destin d’ici-bas/Vous ne m’abandonneriez pas/D’abord j’ai pensé me défendre/J’aurais voulu dissimuler/Pour vous mes sentiments sincères/Sachez que j’aurais su me taire/Si de vous voir, de vous parler/J’avais l’espoir, j’eusse rêvé/toujours, toujours à nos rencontres/Mais dans ce pays isolé/Vous semblez être un exilé/C’est trop distant que l’on vous montre/Et bien qu’heureux vous accueillant/Nous n’avons rien de très brillant ». 

Le 26 septembre 1996, dans le cadre de la promo de l’album « Dolores » pour le journal « L’Express », Sophie GRASSIN recueille les confidences de MURAT : « J’ai eu une année POUCHKINE. Eugène représente mon double, mon vrai semblant. Nous ratons tous nos rendez-vous« .  

Le 4 novembre 1996,  la journaliste Christine PINCHART questionne l’artiste Auvergnat : « Tu lis ? » … Réponse de MURAT : « Depuis deux ans POUCHKINE. Cela me donne envie d’apprendre le Russe ».  

Je ne sais si Jean-Louis a appris le Russe, toujours est-il qu’en 2005, l’album « Mockba » constitue un clin d’œil à POUCHKINE. Qui plus est, l’un des titres écrit par MURAT, porte le nom d’un roman  de l’écrivain Russe : « La fille du Capitaine » … Ci-dessous, la 4ème édition parue en 1901 aux librairies Hachette … 

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***

Gacé BRULE …

En conclusion de l’interview accordée à Richard ROBERT (septembre 1996) MURAT déclare : « Comme l’écrivait Gacé BRULE : « D’autres peuvent manquer à l’amour, mais moi je ne l’ai jamais trahi ».

Gacé BRULE ??? Il s’agit d’un trouvère Champenois du 12ème siècle. Ci dessous un recueil de ses chansons … publiées par Gédéon HUET (1902) ainsi qu’une version moderne de cet ouvrage…

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Ci-dessous  les mots de Gacé BRULE mis en vidéo …

Image de prévisualisation YouTube

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Jean DE LE CROIX …

Dans le cadre de la promo « Dolores » fin 1996, pour le magazine « Flair » Gilda BENJAMIN interroge MURAT : « Que vous apporte la poésie ? ». JLM répond : « Je trouve que c’est ce qu’il y a de plus haut. je le pense depuis que je suis petit ». (…) « Pour le moment je suis Jean De La Croix. Je vous le recommande ».

(1542 – 1591)

jean de la croix

De son vrai nom Juan De Yepes Alvarez dit Jean De La Croix, appelé le « St Jean du Carmel » dont il prend en charge l’ordre masculin à la demande de Thérèse d’Avila. Est le saint patron des poètes espagnols. Il est l’auteur entre autre de : « La nuit obscure » et de « La montée du Carmel ».

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St Jean de la Croix écrit : « Si un homme veut être sur de son chemin, qu’il ferme les yeux et marche dans l’obscurité ».

***

Jim HARRISSON …

Dans le cadre de la promo de l’album « Mustango » (1999), Patrick AUFFRET pour « Le journal d’Evreux » interroge le chanteur Auvergnat : « Vos chanteurs évoquent un univers très personnel. Vous débutez « Mustango » avec un hommage à Jim HARRISSON … ». Réponse  : « Je venais de lire l’intégralité de Jim HARRISSON ! J’étais donc bien influencé, je voulais même le rencontrer ».

Jim HARRISSON né le 11 décembre 1937 dans le Michigan …

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Son père était ouvrier agricole. A 16 ans il décide de devenir écrivain. Jack NICKOLSON devient son ami. Il lui prête de l’argent, ce qui lui permet d’écrire et de nourrir sa famille. Les livres marquants de Jim HARRISSON sont  (choix subjectif)  …

  • « Un bon jour pour mourir » (1973)

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  • « Légendes d’automne » (1979)

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  • « Dalva » (1988)

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  • « La route du retour » (1998)

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Lors d’une interview parue le 23 octobre 2012 dans le journal « Libération », l’homme du Michigan déclare  : « A 40 ans, j’ai réalisé que ceux que j’aimais pouvaient mourir, il fallait que je devienne un écrivain. ! ». (…) « Quand j’avais 25 ans, mon père et ma sœur sont morts dans un accident de voiture, j’ai été dépressif pendant de longues années, et quand vous êtes dans cet état, vous vous foutez de mourir. Maintenant je ne pense pas trop à ça, parce que je suis vieux, tout le monde sait que les vieilles personnes meurent ». (…) « Je ne suis pas trop obsédé par la mort sauf quand j’écris des poèmes ».

***

Vladimir NABOKOV …

En octobre 1999 pour « Best » MURAT confie : « En littérature j’aime POUCHKINE et NABOKOV« . Le 1er a déjà été évoqué, nous n’y reviendrons donc pas. Le second : Vladimir NABOKOV (né le 22 avril 1899 à St Pétersbourg) est issu d’une famille aristocratique. Il fuit son pays. En 1945 il obtient la nationalité Américaine.

En 1955 il publie à Paris « Lolita » un livre qui fait scandale.

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NABOKOV écrit : « Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme ».

En 1969 il s’installe en Suisse, dans le pays de Montreux. Il y écrit « Ada ». Il meurt à Lausanne le 2 juillet 1977.

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(Extrait) : « Il n’y a pas de libertin un peu ancré dans le vice qui ne sache combien le meurtre a d’emprise sur les sens ».

***

Le 11 juillet 2000 MURAT est l’invité du journal Belge « La Dernière Heure ». Isabelle BLANDIAUX interroge le « Brenoï » sur ses choix de lecture. MURAT doit choisir entre plusieurs titres parme lesquels « Les bijoux indiscrets » de Denis DIDEROT. Son choix se pose d’emblée sur ce roman liberté publié anonymement  par DIDEROT en 1748.

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DIDEROT nous y conte l’histoire de « Mongogul » un sultan qui s’ennuie à mourir et dont la favorite, « Mirzoza », est à bout de ressources pour le divertir. Les deux héros ne sont rien moins de Louis XIV  et sa maîtresse Madame De POMPADOUR. Pour se désennuyer, le prince demande à son génie « Cucufa » de lui procurer quelques plaisirs aux dépens des femmes de sa cour. Le génie lui procure une bague aux capacités étonnantes : « Toutes les femmes sur lesquelles vous en tournerez le chaton, raconteront leurs intrigues à voix haute, claire et intelligible. Mais n’allez pas croire au moins que c’est par la bouche qu’elles parleront ». L’originalité de l’œuvre tient au fait que les belles dames s’exprimeront par là où elles ont péché  …

A n’en pas douter MURAT aura poussé la curiosité jusqu’à lire cet autre livre de DIDEROT, j’ai nommé : « La religieuse » paru après sa mort en 1796. DIDEROT y fait le procès des institutions religieuses. Ce livre constitue une ode à la liberté.

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***

Simone DE BEAUVOIR …

2001 correspond à la sortie d’un album atypique, j’ai nommé « Madame Deshoulières ». Il n’y a que MURAT pour oser une « chose aussi baroque ». Cet album recèle des délices. Pour le magazine « EPOK », interviewé par Yann PLOUGASTEL « expert en Muratie ». Le journaliste interroge ou interpelle (comme il vous plaira)  : « Antoinette DESHOULIERES n’est quand même pas Simone DE BEAUVOIR ! » . L ’Auvergnat répond : « C’est vrai que quand vous lisez la correspondance de BEAUVOIR avec Nelson ALGREN, son amant Américain, vous pouvez vous poser des questions … Elle est tout le temps en train de geindre comme une chatte en chaleur dans Manhattan et de se demander si son mec va bien vouloir encore tirer un coup ! ». (…) « Antoinette ne pourrait pas croire que les femmes sont devenues comme ça. D’instinct bien qu’elle ne soit pas croyante, elle refuse le matérialisme come s’il allait vider les sentiments de toute leur substance. Il y a des pages étonnantes où elle parle longuement des positions de soumission auxquelles les femmes sont contraintes par les hommes pendant l’amour et s’étonnent qu’ils en tirent du plaisir ! Elle s’offusque de telles pratiques et revendique le retour sur la pudeur, car l’amour ne doit pas seulement être vu comme une défaite féminine. L’amour n’a rien à voir avec la guerre et la femme n’a pas toujours à être toujours celle qui perd ! ».

Pour votre information, Nelson ALGREN écrivain Nord Américain rencontre Simone DE BAUVOIR en 1947. De cette rencontre naît une relation passionnée qui va durer 15 ans. Les lettres de Simone DE BEAUVOIR à son amant (environ 300) font l’objet d’un livre publié par sa fille adoptive Sylvie LE BON DE BEAUVOIR …

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Au vu de ce qui est dit par MURAT ci-dessus, j’invite les « redresseurs de tort » … les « adeptes de la pensée unique » … à réviser leur jugement : MURAT n’est pas le « macho » que l’on aime à dépeindre.

Mais revenons à l’interview « Epok ». MURAT enchérit : « En lisant le récent livre d’Annie ERNAUX, « le secret« , j’ai halluciné. Elle raconte son histoire avec un apparatchik soviétique qui garde ses chaussettes pour la sodomiser ! Son bouquin n’est que plainte et comptabilité précise de ses fellations ! D’un seul coup, on a l’impression que toutes ces femmes qui ont bouffé 30 ans de féminisme ne sont excitées que par la soumission absolue à un homme brutal, qui ne dit mot, fume ses clopes, arrive à moitié bourré, ne leur demande pas leur avis, se fait tailler des pipes et les sodomise … Le copain d’ERNAUX est bien poilu, bien con, regarde « le juste prix » sur TF1, sans jamais lui dire un mot gentil. Et elle trouve ça top ! Elle en est même dingue : ».  

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Après recherches, il apparaît que MURAT s’est trompé dans le titre énoncé plus avant. Au lieu de « Le secret » il faut lire « Se perdre » paru en 2001 chez Gallimard. Annie ERNAUX est la fille de commerçants d’Yvetot …

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« Se perdre » nous raconte la liaison de l’auteur avec un diplomate Russe en poste à Paris. Annie ERNAUX a déjà rencontré cet homme pendant l’été 1988 en URSS. Il avait 35 ans, elle 48. ERNAUX écrit : « Dieu qu’il faut du temps pour savoir aimer, apprendre le corps de l’autre ». A quoi ressemble cet amant secret ? Il est grand, blond, lisse. Le moment de la liaison venu, voyant ELTSINE à la télévision Annie ERNAUX écrit : « C’est lui avec 20 ans de plus, yeux enfoncés, rusés, cruels, même narcissisme et même vantardise ».

En 2013 Annie ERNAUX nous conte ses souvenirs d’Yvetot :

  • La scolarité …

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« Ce milieu scolaire, antagoniste du milieu familial, a été ouverture au savoir, à la pensée abstraite, au langage écrit. Il a été élargissement du monde. Il m’a donné le pouvoir de nommer les choses avec précision, de perdre ce qu’il me restait de patois – couramment parlé en milieu populaire – dans mon langage, d’écrire le « bon » français, le français légitime. »

  • son milieu social …

« Est-ce que moi, la petite fille de l’épicerie de la rue du Clos-des-Parts, immergée enfant et adolescente dans une langue parlée populaire, un monde populaire, je vais écrire, prendre mes modèles, dans la langue littéraire acquise, apprise, la langue que j’enseigne puisque je suis devenue professeure de lettres ? Est-ce que, sans me poser de questions, je vais écrie dans la langue littéraire où je suis entrée par effraction, « la langue de l’ennemi » comme disait Jean Genet, entendez l’ennemi de ma classe sociale ? Comment puis-je écrire, moi, en quelque sorte immigrée de l’intérieur ? »

  • C’est publié aux éditions du Mauconduit …

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Pour une fois c’est peut-être  moi qui vais donner à MURAT des idées de lecture ??? Il y a dans cette écriture beaucoup des contradictions que l’on retrouve chez « Le berger de Chamablanc » …

***

Antoinette DESHOULIERES …

Mais revenons à Madame DESHOULIERES de son vrai nom : Antoinette DU LIGIER DE LA GARDE DESHOULIERES … voilà qui fait classe ! MURAT qui aime faire les bouquinistes la rencontre aux marché aux puces de Clermont Ferrand … Ci-dessous une édition de 1764 signée Antoinette DESHOULIERES

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Avec LAURE son épouse,  MURAT va étudier l’œuvre et la vie de cette « Belle Dame » … voilà qui nous donnera la rencontre avec Isabelle HUPPERT et cet album à nul autre pareil … Que seul MURAT est capable d’oser nous concocter …

A suivre …

http://didierlebras.unblog.fr/93-quater-jean-louis-murat-sa-bibliotheque-4eme-partie/

***

Publié dans : ||le 20 juin, 2014 |11 Commentaires »

11 Commentaires Commenter.

  1. le 20 juin, 2014 à 23:13 Rhiannon écrit:

    J’ai toujours pensé que Murat ressemblait à Pouchkine par certains cotés..je ne m’étais pas trompé..
    http://rhiannonbrequeville.over-blog.com/2014/01/alexandre-pouchkine-biographie-et-extrait-de-son-oeuvre-majeure-eug%C3%A8ne-oni%C3%A9guine.html

    Répondre

  2. le 21 juin, 2014 à 9:57 Muse écrit:

    Ce que ne comprend peut-être pas JLM, c’est que si lui est contradictoire comme d’autres hommes, les femmes le sont également, même féministes. Qu’on parle de George Sand, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux ou d’autres…La contradiction notamment dans l’amour et encore plus dans la passion, fait partie de la nature humaine; donc l’intransigeance facile avec laquelle il juge certaines femmes est quand même drôlement de mauvaise foi.
    JLM qui se prétend le champion du respect des femmes et de l’amour est aussi capable d’être odieux et de tenir des propos machistes avec des femmes sur un plateau de télévision ou dans une interview.
    Ce qui est plus que paradoxal!

    Répondre

  3. le 24 juin, 2014 à 10:23 Gilbert écrit:

    Salut Didier
    Je viens de voir le travail de titan que tu fais sur la Bibliothèque et je suis toujours impressionné. Et pour ton chien,ton compagnon, je suis vraiment de tout cœur avec toi, j’ai vécu ça deux fois et c’est un déchirement a chaque fois. Courage, courage.

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