- 92 bis – Jean-Louis MURAT … sa discothèque … (2ème partie) …

L’album « MUSTANGO »  marque un virage dans la carrière du chanteur Auvergnat. Jean-Louis s’en va voir ailleurs. Il s’ouvre aux autres. De façon ostensible, à la limite de la provocation, il récuse l’appellation pourtant porteuse, j’allais dire juteuse de « chanson Française » … Pour le magazine « Musique Info Hebdo » daté du 16 juillet 1999 il déclare au journaliste Eric TANDY : « Moi je me suis intéressé à la musique en écoutant DYLAN pendant que je faisais mes devoirs, pas en écoutant Hugues AUFRAY« . Voilà qui ne peut être plus clair ! Dans cette même interview il ajoute : « D’ailleurs, je n’ai pas de disques d’AZNAVOUR chez moi, alors que je possède tous les disques de DYLAN« .

Eric TANDY de poursuivre : « Vous pensez que vos paroles découlent aussi de votre écoute d’artistes Américains ? ». Réponse de MURAT : « Je me sais obligatoirement influencé par l’écoute de COHEN, de DYLAN ou de Neil YOUNG. J’ai toujours voulu savoir ce qu’ils racontaient. Je crois aussi que leur volonté de faire, parfois des textes volontairement flous a aussi beaucoup influencé ma manière d’écrire. Je me sens beaucoup plus proche de leur façon de faire que de celle compréhensible de Gilbert BECAUD ou d’un Charles AZNAVOUR« . Voilà qui est dit !

Pour « Best » en octobre 1999 MURAT enfonce le clou et précise : « J’écoute de nouveaux artistes, je me ruine à acheter des CD, mais je reste avec mes vieux patrons. Ce n’est pas un handicap d’être fan des meilleurs ». (…) « Dans le domaine d’une musique qui a seulement 40 ans, il y a déjà quelques figures qui se détachent : COHEN, Neil YOUNG, LED ZEPPELIN ou les STONES. Avec Neil YOUNG et DYLAN tu ne peux pas te gourer ».

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The Rolling Stones

En 1963, les « Beattles » sortent leur 1er succès : « Love me do ». Ils représentent les « gentils ». Les « Rolling Stones », à contrario, revendiquent une image de « mauvais garçons »

  • 1963 … 1er 33 tours … (recto/verso) …

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  • 1963 … sortie du 1er single : « Come on » (recto) …

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  • En 1965 les « Rolling Stones » sortent leur fameux « I can’t get no satisfaction »

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  • En 1969 les « Stones » chantent « Everybody needs somebody to love » (recto/verso) …

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  • En 1973, c’est au tour du titre « Angie » de truster les premières place (recto/verso) …

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Il s’agit là, je le reconnais aisément, d’un choix bien subjectif et surtout réducteur de l’œuvre de ces « mauvais garçons » … S’agissant d’un choix de vidéo disponible sur le net, ce choix sera tout aussi contestable. J’ai choisi un titre de  1967 : « She’s a rainbow »  … Je n’aime pas quand les « Rolling Stones » crient …

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En novembre 2007, pour « Keyboard Recording » (n° 224), évoquant le titre des STONES : « Laugh I nearly died » (extrait de « Bigger Bang » 2005) MURAT confesse : « Je suis dingue de ce titre la, c’est une des chansons supérieures des dernières années. J’ai toujours été fan des STONES mais le chant là-dessus est une leçon. JAGGER a plus de 60 ans et il chante de mieux en mieux, comme tous les grands ». 

  • Double vinyle « Bigger Bang » (pressage Hollandais) … 2005 …

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LED ZEPPELIN …

Pour le motif évoqué juste au dessus, je n’aime pas trop. Mais qu’importe, nous farfouillons dans la discothèque de Jean-Louis BERGHEAUD LED ZEPPELIN est un groupe Britannique fondé en 1968 par Jimmy PAGE.

  • Le 12 janvier 1969 leur 1er album est dans les bacs …

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Suivent « LED ZEPPELIN »  II  – III & IV … 

  • En 1973 « Houses of the holy » défend les couleurs de « Led Zep »

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  • En 1975 c’est au tour de l’album « Physical graffiti » de ravir les oreilles des fans du groupe …

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  • En 1976 « LZ » nous propose l’album « Presence » – en 1979 « In through the out door » et en 1982 : « Coda »

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Mon choix de vidéo se porte sur un classique de 1969

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En octobre 2000 Olivier NICKLAUS pour « Les Inrocks » (n° 260) interroge MURAT : « Vous vous souvenez des premiers disques que vous avez achetés ? ». Réponse : « Oui, ça a fait scandale dans ma famille. J’avais une cousine qui se mariait. Ma mère avait donné du pognon à mon père pour me descendre le samedi après-midi à Clermont-Ferrand acheter une veste et un pantalon. J’ai fait une embrouille, je suis allé dans un magasin de disques, et avec l’argent du pantalon ou de la veste, j’ai acheté « Tupelo Blues » de John LEE HOOKER, un Janis JOPLIN et le premier Taj MAHAL« .

Sacré Jean-Louis … J’imagine le barouf que ça a du faire à « la maison » …

  • Tupelo Blues (1964)

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L’album « Tupelo Blues » sort  en 1964 – le 1er album de Janis JOPLIN paraît en 1969. Le « Taj MAHAL » évoqué par Jean-Louis est dans les bacs depuis un an . Cet achat n’a pu donc se faire qu’en 1969 … Jean-Louis a ou va vers ses 17 ans …

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  • Janis JOPLIN … « I got Dem ol Kozmic Blues again mama ! » … (1969)

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Le titre qui suit « Summertime » chanté par Janis JOPLIN a été composé en 1935 par George GERSHWIN … Il ne figure donc pas sur l’album dont le jeune BERGHEAUD a fait l’acquisition …

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A entendre cette voix … on peut comprendre l’émoi du jeune homme de Murat le Quaire !

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Le Taj MAHAL de son vrai nom Henry Saint Claire FREDERICKS, né le 17 mai 1942 est un guitariste noir. Ils ne doivent pas être nombreux, à Clermont en 1969, qui plus est nés à la campagne à écouter et acheter ce type de disque …

  • Titre éponyme (1968) édition Canadienne …

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Il n’est pas impossible qu’il puisse s’agir de cet autre album : « The Natch’l Blues » également sorti en 1968 … Si je laisse ouverte cette possibilité c’est pour vous montrer le visage de celui qui n’est autre que le frère de Carole FREDERICKS

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En 2000, Françoise DELBECQ pour le magazine « Elle » questionne MURAT : « Quand on vous qualifie de père spirituel ou de grand frère de DOMINIQUE A, MIOSSEC ou KATERINE, que ressentez-vous ? ». Réponse : « Une totale indifférence. Dans ma ferme de LA BOURBOULE, je ne possède ni télévision ni radio. J’ai entendu parler d’eux; mais je ne sais pas très bien qui ils sont. J’ai décroché de la variété Française, il y a longtemps. En revanche, j’achète des tonnes de disques d’artistes Anglais et Américains. De façon frénétique, un peu comme un ado ». 

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En avril 2002 dans les colonnes de « Campus Mag Musik »  Jean-Louis MURAT répond à cette question : « Qu’est-ce qui vous intéresse aujourd’hui ? ». Après avoir évoqué ses lectures MURAT aborde le côté musique : « PURCELL  et FAURE, ce sont des amours assez récentes, que j’approfondis petit à petit, en prenant le temps ». (…) « En ce moment j’écoute plutôt du PURCELL, du Gabriel FAURE, essentiellement du classique. Les nouveautés je n’écoute pas beaucoup. Les Chemical Brothers, j’écoute leur album une fois, j’aime bien, mais ensuite je le lance ». 

  • PURCELL Henry … né le 10 septembre 1659 et mort le 21 novembre 1695. Il n’avait que 36 ans ! Sans doute le plus grand compositeur Anglais. PURCELL est enterré près de l’orgue de l’Abbaye de Westminster dont il a été l’organiste attitré dès l’âge de 22 ans.  Le poète Anglais Gerard Manley HOPKINS compose un sonnet en dsn honneur : « Le poète regrette fort le divin génie de PURCELL et le loue parce que, tandis que d’autres musiciens ont exprimé les humeurs de l’esprit humain, il a, au delà, exprimé en notes la marque même et le genre de l’homme comme créé individuellement et universellement ».

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  • FAURE Gabriel  (1845 – 1924)

Enfant, il joue de l’harmonium dans la chapelle qui jouxte l’école communale de Montgauzy près de Foix, où son père été muté comme directeur d’école.

Ci dessous en compagnie de sa femme Marie FREMIET

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C’est lui, Gabriel FAURE qui tient le grand orgue à l’occasion des obsèques de Paul VERLAINE

 

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Dans un quotidien Belge, le 20 mars 2002 MURAT est interrogé sur ces goûts musicaux : « Tu écoutes encore régulièrement les OTIS, AL GREEN, Wilson PICKET, Curtis MAYFIELD ? » Réponse amusée du chanteur : « Tu rigoles . Si tu étais une souris à la maison, tu verrais … J’ai ressorti mes vinyles que j’ai installés dans ma grange cet été. J’ai beaucoup écouté Steevie WONDER depuis ses débuts, plus mes STAX, mes BOOKER T, même ceux qui sont à chier des années 70. C’est l’essentiel de ce que j’écoute. Dernièrement, j’ai attaqué le coffret CREEDENCE CLAIRWATER REVIVAL et c’est génial. Je connaissais mais je n’avais jamais pensé que c’était aussi beau que ça. C’est une perfection. Je place John FOGERTY juste en dessous de Keith RICHARDS« .

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  • Steevie WONDER … né le 13 mai 1950. Une erreur médicale rend Stevland Judkins MORRIS aveugle à un mois ! Il grand avec ses 5 frères et sœurs à Détroit où sa mère les élève seule. Soliste dans la chorale de l’église, il débute le piano à 7 ans. A 11 ans il signe chez « Motown »

 

  •  « With a song in my heart » (1963).

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  • BOOKER T

Naît le 12 décembre 1944 à Memphis. Claviériste. Membre du label « STAX », a accompagné Otis REDDING et formé avec Al JACKSON  (batteur) ainsi que Steve CROPPER (guitare) et Donald DUNN (basse) le groupe « BOOKER T & MG’S. Le titre qui suit est celui qui le fait connaître :

  • « Green onions » (1970).

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  • Wilson PICKETT… naît le 18 mars 1941 en Alabama et décède le 19 janvier 2006 d’une crise cardiaque. Est le plus jeune d’une famille de 11 enfants. Battu par sa mère, avec son père il gagne le Michigan. En 1964 il connaît son 1er succès. Il dit de lui en 2001 : « Si je n’avais pas été dans le show business, je crois que j’aurais été vagabond ».

 

  • « It’s too late » … (1963).

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  • Curtis MAYFIELD … Voit le jour le 3 juin 1942 à Chicago et décède le 26 décembre 1999. Son titre le plus connu sans doute : « Superfly ».  Pour « Les Inrocks » Christophe CONTE écrit : « Le lendemain de Noël, s’éteignait le plus beau cadeau jamais offert à la soul music ». (…) « Un genre de funambule sous une carrure de nounours, sans la félinité d’un Marvin GAYE ou la puissance érogène d’un Isaac HAYES, mais avec au moins autant de grâce ».

 

  • « Curtis » (1970).

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  •  CREEDENCE CLAIRWTER REVIVAL

En 1967, au retour de l’armée, John FOGERTY fonde le groupe : « Creedence » (le nom d’un ami) « Clearwater » (le nom d’une bière) « Revival » (qui exprime le retour aux sources du rock’n roll). Le groupe propose une musique simple avec une guitare très présente.

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Ci-dessous une belle version du titre « Put a spell on you »

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Le 1er octobre 2003, dans les colonnes de « Foutraque » le journaliste ose : « Sur Lilith, le morceau gel et rosée fait beaucoup penser au Creedence Clairwater Revival … ». MURAT s’en réjouit : « Ah, et bien ça fait plaisir, évidemment ! C’est mes idoles CREEDENCE. Je suis super fan depuis très longtemps. J’ai du entendre SUZIE Q une fois dans une boîte de nuit et depuis je suis fan … ».

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A l’occasion de la sortie du double album « Lilith », le 2 octobre 2003, dans les colonnes du journal « Ouest France » Jean THEFAINE écrit : « En attendant, l’ombrageux Auvergnat continue à musarder sur une route buissonnière où rôdent ses ombres familières : Neil YOUNG – DYLAN – John LEE HOOKER (dont il se dit drôlement « le fils caché« ), Tony Joe WHITE, LED ZEPPELIN et … Gabriel FAURE pour la musique … ».

John LEE HOOKER … a déjà été évoqué avec son fameux « Tupelo Blues ». Il y a fort à parier que Jean-Louis possède d’autres albums de ce guitariste et chanteur de blues, le dernier né d’une famille pauvre de 12 enfants ! John Lee s’initie à la musique grâce au gospel dans les églises « noires » du Mississipi.

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  • En 1960 HOOKER nous offre un album « The blues »

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  • En 1964 JLH nous chante « Love blues »

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En septembre 2003, dans le magazine « Magic » (n° 74) Franck VERGEADE questionne MURAT : « Quel est ton modèle de longévité dans ce métier ? ». Sans hésitation MURAT répond : « John LEE HOOKER ».

Pour « Foutraque » le 1er octobre 2003 MURAT nous conte sa rencontre avec John LEE HOOKER : « Les premiers trucs que j’ai écoutés, c’était du blues. John LEE HOOKER m’a marqué. En plus, j’ai passé une journée entière avec lui, c’était à Clermont, j’avais 12 – 13 ans. Je me souviens très bien de son concert à l’opéra municipal ». 

Le 28 août 2006, dans le cadre de la promo de l’album « Taormina » Stéphane DESCHAMPS pour « Les Inrockuptibles » nous rappelle que : « A 14 ans, le petit Jean-Louis a porté la guitare de John LEE HOOKER ». MURAT précise : « Plus le temps avance, plus je me rends compte que cela a été fondamental, John LEE HOOKER, c’est l’essentiel, l’intemporel. Quant tout s’écroule, lui reste ».

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Tony Joe WHITE … né le 23 juillet 1943 en Louisiane. En 1969 sort son 1er album « Black and white ». Le titre « Polk salad Anna » est un succès plus tard repris par Elvis PRESLEY.

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Le 8 octobre 2003 pour le journal Belge « Le Soir » le chantre Auvergnat confie à Didier STIERS : « Je n’écoute que des vinyles. J’y suis attaché parce qu’ils incarnent pour moi l’aspect périssable de la musique, cette patine que donne le temps ».

En septembre 2006, dans le cadre de la promo « Taormina » l’ami Jean THEFAINE reçoit MURAT qui lui fait quelques confidences? Ecoutons le : « J’ai une grosse tendresse pour ces bluesmen blancs que sont Tony Joe WHITE et JJ CALE … (rire). Sais-tu que Tony passe à Clermont-Ferrand ce soir, alors que je suis ici (à Paris) avec toi ? J’avais prévu de lui faire signer dans sa loge tous les albums vinyle que j’ai de lui, et il y en a un paquet. Comme je suis timide, contrairement aux apparences, c’est Laure, ma femme, que ça ne gêne pas, qui devait le faire. J’espère qu’elle a réussi ! ».

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Le 30 octobre 2003, Julien GRUNBERG pour « Zurban » interpelle MURAT : « Pas du tout curieux de ce qui se passe autour ? » Réponse : « Non ! C’est même dingue ce que je m’en fous ». (…) « Je n’en ai rien à faire ». (…) « Si je veux savoir ce qui se fait, je mets un vieux live de James BROWN, ça vieillit pas, ça … ».

James BROWN (1933 – 2006)

Sunommé « The god father of soul ». La légende sous-entend qu’il aurait menti sur sa date de naissance réelle. Tout ça par coquetterie. Il serait né en 1928  (?). Sa famille est pauvre. Il tombe dans la délinquance. C’est en prison qu’il rencontre le chanteur Boby BYRD qui va l’aider à percer dans la musique.

  • En 1964 James BROWN sort un deuxième live : « At the Royal » qui succède au live « At the Apollo »

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A suivre ici …

http://didierlebras.unblog.fr/92-ter-jean-louis-murat-sa-discotheque-3eme-partie/

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Publié dans : ||le 27 juin, 2014 |Pas de Commentaires »

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