- 38 – L’histoire des chansons … 3ème partie …

De nouvelles découvertes, dans les archives « Muratiennes » m’obligent à ouvrir une 3ème page concernant ce thème. Vous m’en voyez ravi.

… Au Mont Sans Souci …

(MUSTANGO/1999).

C’est Françoise DELBECQ pour le journal « Elle »qui en 2000 nous fournit les clefs de cette chanson extraite de « Mustango » (1999).

F.D.  : Vous effectuez aussi un petit retour en arrière en abordant le thème de l’enfance avec « Au Mont Sans Souci ». Pour quelle raison ?

JLM : On a tous au fond de nous, que notre enfance ait été heureuse ou malheureuse, des moments doux, sucrés comme du miel. Le Mont Sans Souci il se situe à quelques kilomètres de La Bourboule. L’été c’était mon centre de colonie de vacances. A l’époque, j’étais fou amoureux de la monitrice qui changeait d’une année sur l’autre. Les premiers émois c’est précieux ».

(…)

« Les enfants forment une ronde

Les monos sont jolies »

(…)

« L’air est si doux dans la bruyère

Au Mont Sans Souci »

(…)

« Dieu les enfants aiment la sieste »

(…)

« J’en pinçais pour une infirmière

Une brune plutôt jolie »

(…)

« J’aimais déjà dire je t’aime

Je t’aime je lui dis ».

Image de prévisualisation YouTube

Pour Murat qui dit « ne pas aimer dire des évidences » prononcer le mot « Je t’aime » n’est pas chose courante … Il est vrai qu’il l’emprunte là … aux mots de l’enfance. Je pense qu’il n’a plus dit celà … sous cette forme simpliste,  dans aucune autre  de ses chansons.

Sur le site « Entre Tuilière et Sanadoire » cher aux « muratiens » de la première heure,  j’ai découvert que ce centre de colonies de vacances est à présent devenu « rendez-vous » équestre (voir la photo ci-dessous).

- 38 - L'histoire des chansons ... 3ème partie ... montsanssouci-300x210

Par message n° 4149 du 25 novembre 1999 de la Dolorès liste, on apprend que le « Ciné Vox » dans les années 70/80 était un des deux cinémas pornos implantés en ville de Clermont-Ferrand. Il s’agissait également d’un vieux cinéma à … La Bourboule …

Dans le cadre de la campagne promo de l’album « Toboggan », le 10 mai 2013, lors d’une interview accordée au journal « Le Courrier Picard » MURAT confie au journaliste Philippe LACOCHE : « Au Mont Sans Souci »« En descendant le col de la Ventouse, j’ai dit à ma femme : « Excuse-moi, il faut que je m’arrête ». (…) « J’ai pris un papier, un crayon, j’ai écrit le texte en un quart d’heure. Ca m’est venu en conduisant ma voiture ». Le col de la Ventouse ??? Il se situe dans le Massif Central sur la commune d’Aydat et culmine à 980 mètres.

***

… Je traîne et je m’ennuie …

(Passions privées/1984).

Un adage dit que : « l’oisiveté est mère de tous les vices ». C’est indéniable … MURAT  a connu cette période au milieu des années 70 alors qu’il réside à PARIS. Il y survit plutôt qu’il ne vit. Les p’tits boulots lorsqu’il en trouve … les poubelles du 16ème arrondissement pour revendre aux « Puces » tout ce qui peut rapporter de l’argent … C’est tout ce qu’il a bien voulu nous en dire … A noter cependant cette phrase : « Sans l’écriture je serais devenu délinquant ». C’est d’ailleurs un pote en taule qui écoutant RTL l’informe qu’un responsable de cette station cherche désespérément les membres du groupe CLARA  …

Durant cette période, MURAT fréquente assidûment les salles de cinéma. Autant pour apprendre, s’enrichir intellectuellement que pour tromper son ennui. Il peut voir 4 ou 5 films d’affilée. En définitive ces séances de cinéma lui permettront de s’imprégner de l’oeuvre des plus grands (TARKOWSKI-KUROSAWA-PIALAT-ANTONIONI …). 

Le titre « Je traîne et je m’ennuie »extrait du LP « Passions privées »(1982) nous  décrit parfaitement cette période noire. Plus tard MURAT aura ces mots : « Le travail m’apaise, alors que l’oisiveté me terrorise ».  Les confidences faites au journaliste Jean THEFAINE  sont révélatrices de la dureté de cette période : « Aujourd’hui quand je me rends au studio DAVOUT, porte de Montreuil, et qu’à la porte sur le trottoir, je vois des mecs vendre des trucs, je me dis : « J’ai fait ça pendant deux mois … On vivait dehors » (…) « C’était une vie très bizarre ». Il y évoque : « un copain mort depuis d’overdose … ». Poignant ! 

« Je vis dans un mois de Juillet

Sous titré pathétique

Où des héroïnes en anglais

Me rendent romantiques.

Je sors en chialant des cinés »

(…)

« Je vis une journée d’ennui

Je te cherche et je m’ennuie.

Je vis une journée d’ennui

Je traîne et je m’ennuie« .

(…)

« Je sors en hurlant les cinés ».

(…)

« Je vis une journée d’ennui

Je traîne et je m’ennuie ».

(…)

MURAT nous a  …  « tout dit » … il n’a rien dit … mais il a tellement dit. Il faut savoir lire entre les lignes, tout ce qui figure en filligrane …

(…)

« Puis je cours rue Montlosier

Donner mon sang pour l’Afrique ».

(…)

Rue Montlosier ? Nous sommes à Clermont-Ferrand !  Pour le petit-fils de paysan, toutes les villes se ressemblent. A PARIS Jean-Louis BERGHEAUD a connu la « galère », la vraie … celle qui peut mener en prison ou même au cimetière … A Clermont, le p’tit BERGHEAUD  n’est pas loin de ses racines … Il n’empêche, l’air de la ville ne convient pas, ne conviendra jamais au berger d’Orcival …

   Carte postale de la rue Montlosier …

montlosier-300x192

***

  … Molly …

(Le Moujik et sa femme/2002).

Toujours à la recherche du temps perdu, du côté de chez Swann, MURAT  se baigne dans les eaux de Cabourg lorsque survient l’attentat du 11 septembre 2001 … Dans cette chanson « Molly » il parle à mots « couverts » de ce barbarisme religieux …

(…)

« Et vling les mauvais jours

Quel est ce léger tremblement

Baigade à Cabourg

Jumelles s’écroulent soudainement

Et vling v’là l’incendie »

(…)

« Oui la mort descend »

(…)

« Et vling v’là la déroute

Le bonheur qui nous fait du sang ».

(…)

« Pourquoi courir le ciel

Il n’y a rien à en tirer« .

(…)

Cabourg … Terrasse de la Plage à l’heure du bain …

cabourg-plage2-300x191

Comme pour Salman RUSHDIE,  ils ne sont pas nombreux à avoir évoqué dans leurs chansons ce crime du 11 septembre … A mots « feutrés » MURAT le fait …

Pour « Femme Actuelle » en 2002 sous la plume de Pierre FAGEOLLE  il confesse : « J’avais un loft près du World Trade Center. La nuit je voyais clignoter les tours depuis mon 8ème étage. J’étais à CABOURG  le 11 septembre, c’est comme si on avait dézingué un truc à moi. J’en ai fait une affaire personnelle ! Et ça m’a coupé l’envie d’y retourner ».

***

… Hombre …

(Le Moujik et sa femme).

Pour « Télémoustique » MURAT  répond à cette question :

Il est dix heures à la porte du bonheur  dites-vous dans « Hombre ». Cette phrase est-elle née d’un constat personnel ?

JLM : Sûrement oui. Plus le temps passe, plus il faut se magner le train pour essayer d’être heureux. Ce n’est pas la peine de galèrer tout le temps. C’est la maturité !  Et puis, plus généralement vous ne savez pas ce que l’avenir vous réserve. Les gens pensent toujours qu’ils ont le temps, qu’on va faire un genre de paradis où il n’y aurait plus de conflit … Mais la guerre de 14 personne ne l’a vue arriver, celle de 40 non plus et maintenant il y a des cinglés qui sont capables de se faire sauter avec une bombe atomique. L’état du monde est quand même stressant ! ».

(…)

« Où est la lumière »

(…)

« Il est dix heures à la porte du bonheur »

(…)

« Il est l’heure de se dire

L’heure de se défaire »

(…)

« Il est dix heures à la porte du bonheur ».

(…)

« Et tu veux te retourner »

(…)

« Il est dix heures à la porte du bonheur ».

(…)

« Tu passes le long des lignes »

(…)

« Oiseau des ténèbres »

(…)

« Il est dix heures à la porte du bonheur ».

***

… Le tremplin …

(Le Moujik et sa femme/2002).

Ce titre est également extrait du « Moujik et sa femme » (2002). Toujours pour « Télémoustique » MURAT  est questionné sur le mystérieux Johnny …  référence implicte à Hallyday (???)

JLM : Non johnny c’est moi ! Dans plusieurs de mes chansons je m’appelle Johnny. J’ai pris cette habitude depuis mes débuts, surtout lorsque je mets des paroles en anglais. Ce Johnny est un mec raté qui n’a pas eu de bol comme Johnny Hallyday qui aurait du naître à Nashville, mais a vu le jour à Montmartre, il chante Johnny B. Good mais ça fait rigoler tout le monde …  Il a un côté un peu dérisoire, mais ce n’est pas Johnny Hallyday ».

 (…)

Elle chantait plutôt Sunday afternoon

Elle était plutôt du genre Barstool blues

Comment faire entre eux et eux, eux et nous ?

Se faire un tremplin pour partir n’importe où.

Johnny welcome home

Johnny welcome ».

***

… Tant la vie demande à mourir …

(Lilith/2003).

 Dans le cadre de la campagne promo, en octobre 2003, pour « CROSSROAD » l’Auvergnant est amené à répondre à cette question :

Dans « Tant la vie demande à mourir » tu dis : « Je ne peux pas aimer mourir ». La mort t’angoisse ?

JLM : Comme tout le monde, je pense que la vie de l’humanité s’explique uniquement à travers cette lutte contre la mort. Chacun trouve des stratégies, des façons de faire pour se survivre à lui-même. J’y pense tous les jours et je pense que c’est très sain, c’est bon pour la santé de penser au moins dix minutes par jour à sa propre disparition. Plus on commence tôt,  mieux c’est !  Il n’y a rien de mortifère la-dedans. Tous les autres ont disparus, pourquoi nous on ne disparaîtrait pas ? Il suffit de s’y faire ».

(…)

 

« Tant la vie demande à aimer ».

(…)

« Tant la vie demande à mourir ».

(…)

« Je ne peux aimer mourir ».

 ***

… Suicidez-vous le peuple est mort …

(Suicidez-vous …/1981).

Le 1er mars 2004, pour le journal « L’Express«  Gilles MEDIONI reçoit les révélations de MURAT  concernant ce titre mythique « Suicidez-vous le peuple est mort ». Il déclare : « Pour moi le peuple est mort signifiait que ça ne valait pas la peine de voter à gauche. C’était avant le 10 mai 81. Et tant qu’à faire puisqu’il n’y avait plus de peuple, ce n’était pas la peine d’écrire des chansons populaires ». A Olivier NUC il précise : « Je voulais faire une déflagration et ce morceau reflétait l’état de ma pensée ». Il termine en disant mot à mot ce qu’il a confié à Gilles MEDIONI.

Hormis le titre, dans le texte de cette chanson je n’ai pas trouvé de mots qui corrobore cette explication de MURAT  …

Mai 1981 Mitterrand au Panthéon …

mitterrand-298x300

Chez MURAT il y a toujours plusieurs explications de texte. Celles que l’artiste veut bien donner comme ci-dessus. Mais il y aussi celles que Jean-Louis BERGHEAUD préfère conserver pour lui seul (ou pour Marie dans le cas d’espèce). L’explication la plus probante, comme souvent, c’est dans la jeunesse de l’Auvergnat que nous la trouvons. Elle nous est fournie par le message n° 4666 de la Dolorès liste signé Laurent HEROUX. En effet ce dernier, alors qu’il était enfant ou plus probanlement adolescent, se rappelle avoir vu inscrit sur un mur de Clermont-Ferrand (Cours Sablons exactement), le slogan : « Suicidez-vous le peuple est mort ».  Depuis ce moment une question tarraude Laurent et il le dit lui même : « Je me demandais si Jean-Louis était l’auteur de ce graffiti, ou s’il s’en était inspiré pour sa chanson ? ». Qui plus est, Jean-Louis BERGHEAUD a passé une partie de sa scolarité au lycée Blaise Pascal situé à proximité. A l’occasion d’une rencontre il interroge MURAT sur ce point précis.  Pour toute réponse il ne reçoit de MURAT qu’une réponse ambiguë : « C’était un slogan anarchiste du début du siècle ». Laurent nous indique : « Il était étonné de cette question ».  Pour moi la réponse du « Berger de Chamablanc » vaut acquiescement … Peut-être pas pour l’écriture du slogan lui même (et encore ???) … mais pour l’origine du titre … très certainement ! 

***

… Ceux de Mycènes …

(Le Moujik et sa femme/2002).

Toujours pour « L’Express » MURAT  explique à Gilles MEDIONI les motivations qui l’ont poussé à écrire cette chanson : « Dans une autre de mes chansons, « Ceux de Mycènes », j’interprète à ma façon « L’Illiade et l’Odyssée ». Celà me permet de m’arracher à la barbarie de l’époque, à ma prore barbarie, à la barbarie génétique ».

Ruines du site de Mycènes …

site-de-mycènes-300x150

 (…)

« Que je crève dans l’armure

Par la haine des Dieux ».

(…)

« Mon destin est de bataille

Aux confins des vallées ».

(…)

« Ohé ohé, coursiers des déesses

Allez le dire à ceux de Mycènes ».

(…)

Dans « Les Inrockuptibles » (n° 331 du 27 mars 2002) le journaliste Arnaud VIVIANT nous donne un éclairage nouveau sur ce titre qui selon lui serait : « Les guerres Troyennes revues par un pornographe » ! Je ne suis pas loin de penser qu’il a raison … 

(…)

« Je forcerai ta maîtresse

Lui traverserai l’os« .

(…)

 ***

… Monsieur craindrait les Demoiselles …

(A bird on a poire/2004).

 Pour le journal « Playboy » en 2004, MURAT explique le sens de cette chanson. Le journaliste l’invite à réagir sur les paroles suivantes : « Dans une de tes chansons tu dis aussi : « l’amour masculin refuse tous les contours  ». Ce à quoi il répond : « Souvent les hommes ne veulent pas s’engager. Si tu te lances dans une histoire d’amour, dans quelque chose de fixe, ça te donne un contour, mais les hommes préfèrent rester indéfinis, ils préfèrent rester dans l’idée qu’ils ne sont pas finis, qu’ils ne sont pas encore faits. C’est pour ça que tu as encore des hommes de 40 balais qui se comportent comme des crétins de 18 ans. Mais arrive un moment où ton honneur d’adulte c’est de te dire que tu es fait. Tu ne peux te penser éternellement  dans l’adolescence, dans la fabrication de toi ».

   (…)

« Ainsi Monsieur craindrait le jour

Monsieur refusant toute idée de contour

Monsieur craindrait la salissure »

(…)

« Ainsi Monsieur craindrait les rires

Ainsi Monsieur prendrait à la sauvette »

(…)

« Mon pauvre ami abandonnez ».

(…)

 ***

… Nixon …

(Mockba/2005).

Dans le journal « Polystyrène » (n° 85 d’avril 2005) MURAT  déclare : « C’est une chanson gag contre les anti-américains. Chaque fois qu’il y a une fausse idée à défendre la France la défend ». L’auvergnat déclare même qu’il fait partie des 5% de Français qui étaient « favorables à l’intervention en Irak ». Je pense à un de mes amis de la « Muratie » qui m’a déclaré un jour qu’à partir de ces déclarations MURAT a été classé comme « réactionnaire »  par « certains » … les journaux « Libé » et « Inrock » bien évidemment mais de nombreux fans également …

 Portrait officiel de Richard NIXON le 8 juillet 1971

nixon-237x300

***

… Ce que tu désires …

(Mockba/2005).

Pour « Les Inrockuptibles » le 30 mars 2005 MURAT  et Carla BRUNI  répondent de concert aux questions de Johanna SEBAN.

JLM : La première fois qu’on s’est parlé au téléphone, c’était comme si on se connaissait depuis 10 ans. On est parti sur des bases assez saines, qui ont donné par exemple « Ce que tu désires » que j’ai écrite pour elle, j’ai dit « Ma chère Carla, vous êtes un prédateur, mais sur moi il n’y a pas marqué lapin de garenne. Je suis un prédateur aussi. Si on travaille ensemble, ayons conscience que deux prédateurs vont s’affronter. Une fois qu’on s’était dit ça, les choses étaient posées. Entre nous, on ne peut pas se bluffer, on ne peut pas se tromper, elle sait ce que je pense et elle sait que je vois ce qu’elle pense, qui je suis et qui elle est.Souvent on se dit : « Je vois ce que vous voulez dire ». Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui me le dise aussi volontiers. On est passé au dessus de l’amitié, au dessus de l’attirance sexuelle.

CB  : Au début j’étais très inquiète de le rencontrer et, après, soulagée. La séduction c’est cruel entre les êtres humains, Jean-Louis n’a pas de cruauté, mais beaucoup de douceur. C’est très réconfortant pour chanter de ne pas être dans la cruauté, la distance. On est dans une proximité, une intimité. Il y a quelque chose de très canaille, rigolard chez Jean-Louis. Je peux le charrier. Il n’est pas du tout solennel malgré sa concentration. La séduction existe mais elle est diffuse, dans la durée, pas dans la compulsion ou l’application sexuelle. J’aime sa bienveillance, la sublimation de notre relation. Jean-Louis est tellement séduisant qu’on a envie d’exception avec lui.

JLM : Vous me trouvez séduisant parce que je vous comprends bien.

CB  : Non, je vous trouve séduisant même sans moi. (…) Je vous trouve séduisant physiquement, chimiquement mais d’une façon qui m’est familière. Jean-Louis me regarde d’une manière extrêmement bienveillante. (…) Je ne me sens pas étrangère avec lui.

Question : De quoi parlez-vous ensemble ?

JLM : De poésie, de philosophie, ça ne nous intéresse pas de parler d’autre chose. (…) Carla est la seule que je puisse appeler à 9 heures du matin pour parler de NIETZSCHE  et DANTE. (…) On n’est pas ami, pas amant, pas parent mais quelque chose de plus que ça. 

(…)

« J’aime et je désire

Mais ignorons la suite.

Le long des ténèbres

Allons pas à pas.

Ce bien monotone

N’est qu’une fantaisie.

Ce que je désire

M’emporte loin de toi ».

(…)

« Ce que tu désires attise ma souffrance,

Ce que tu désires t’emporte loin de moi.

Ce que tu désires me fait quitter la France,

Ce que tu désires … »

***

 … Le pape Musulman …

(1829 album de l’année 2005).

(Paroles de Pierre Jean De Béranger)

Dans une interview accordée le 28 avril 2005 au journal « Témoignage Chrétien »Jean-Louis MURAT  explique pourquoi il a mis en musique cette chanson de BERANGER qui parle de « la religion » …

En préambule il confie : « avoir fait baptiser sa toute jeune fille » et « faire restaurer une croix qui tombe en ruine dans son village ». Par ailleurs, il se définit : « comme un croyant sans la foi ». Il s’enflamme : « Je ne supporte pas les gens qui s’efforcent d’être athées au sens le plus stupide, ceux qui confondent laïcité et athéisme. Ce sont les nouveaux gros cons ! Des pseudo-mystiques qui ne croient en rien sauf en leur feuille de paye ». Il poursuit: « Je ne comprends pas les critiques contre RATZINGER. L’église catholique est par nature réactionnaire. Vous voulez quoi ? Un pape PD ? » (…) « Tout est échec quand il n’y a plus de croyance. On peut croire en beaucoup de choses : une goutte d’eau, le regard d’une femme, la beauté d’une marguerite, Dieu. L’essentiel c’est de savoir mettre un genoux à terre devant la beauté du monde« .

 Joseph RATZINGER Benoît XVI

 Ratzinger-207x300

(…)

Un pape né sous le froc

Pris sur mer fut le pauvre homme

Mené captif à Maroc ».

(…)

« Reniant Dieu bel et bien »

(…)

« Aïe Aïe, on le circoncise

Le voila bon musulman ».

(…)

« Il fait de sa vieille bible

Un usage peu chrétien ».

(…)

« Dans un harem il s’ébat »

(…)

« A Maroc survient la peste

Soudain fuit notre forban.

Qui dans Rome d’un air leste

Rentre avec son beau turban ».

(…)

« Ce renégat enragé

Veut vider les monastères

Veut marier le clergé)

(…)

« Sous lui, l’Eglise déchue

Ne brûle ni juif ni païen »

(…)

 ***

… Gengis …

(Taormina/2006).

 Initialement  il n’était pas prévu que « Gengis » figure sur ce disque … c’est ce que nous révèle MURAT  lors d’une interview accordée à « La Libre Belgique » le 28 août 2006. La journaliste Marie-Anne GEORGES parle « guitares » avec MURAT puis écrit : « Celà ne l’empêche pas, quand l’occasion se présente, de se mettre aux claviers, comme sur « Gengis » C’est là que MURAT  lui emboîte le pas pour déclarer : « Au studio DAVOUT, où l’album a été produit, il y a un super piano Fazzioli. J’ai joué dessus le dernier jour pendant environ vingt minutes, comme ça. J’ai écrit les paroles après. Cette chanson là n’était pas du tout prévue au programme ». FAZZIOLI  ???  MURAT  révèle : « C’est un facteur de piano Vénitien, assez nouveau, qui réalise des pianos incroyablement bon. Aldo Ciccolini, il joue Fazzioli  ».

Quant au titre « Gengis » il en parle en fin d’interview : « Des fois, je participe à des trucs, c’est impossible de me reconnaître, et souvent je prends le nom de Gengis. Si un jour vous voyez inscrit Gengis, c’est que je suis derrière ». Voilà qui est clair : GENGIS  et MURAT  sont la même personne …

(…)

« Mon nom de scène est Gengis

Je suis né à Valparaiso

Reconnaissez-vous Gengis

Qui enchante les maux ? »

(…)

***

… Raie Manta …

(Taormina/2006).

Pourquoi cette chanson ??? MURAT  est prolixe en révélations avec nos amis Belges. Il faut croire qu’il se sent à l’aide en leur compagnie. Lors de l’interview accordée à M.A. GEORGES  pour « La Libre Belgique » en août 2006 il confie : « J’ai été marqué par la raie manta quand Luc BESSON  m’a proposé, il y a déjà pas mal de temps de participer à la BO d’un film sur les fonds marins. Le projet n’a pas abouti, mais j’ai au moins deux heures de tournage de raie manta par Luc BESSON. Elle me file les jetons. Je vois ce poisson là comme une faux des mers ».

Contrairement à ce qu’il dit parfois, avec MURAT  rien ne se perd …

Vol de raie manta … archipel de Tuamotu …

raie-300x198

« La nuit des temps est en nous

Ne te retourne pas »

(…)

« En eaux troubles et tièdes

Nage une raie manta »

(…)

« Voilà l’étrangère

Au coeur de mon pays ».

***

… L’heure du berger …

(Taormina/2006).

Troisième titre d’affilée de MURAT  qui soit extrait de « Taormina » pour lequel l’auvergnat donne les clefs en une seule phrase : « Dans les romans libertins, l’heure du berger ce sont quelques fractions de secondes où une femme est prête à céder »(Cf : La Libre Belgique le 28 août 2006).

(…)

« Les neiges éternelles

Les plus beaux tourments

Me parlent d’mour

Me parlent d’aimer ».

(…)

« Quoique tu fasses

Je saurai te trouver

Où que tu ailles

Où tu iras j’irai.

Quoique tu fasses

J’attendrai l’heure du berger ».

(…)

***

 … Démariés …

(Taormina/2006).

C’est Véronique MORTAINE  qui, dans « Le Monde » du 29 août 2006, nous donne la clef de cette chanson. Elle nous révèle que MURAT  : « Lassé des médias, désabonné après des décennies de quotidiens hebdos »  …  écrit ces paroles :

(…)

« Déjà le vent se lève

Qui désenchante les bois

Pour une et mille raisons

Nous voilà démariés ».

(…)

Plus que ce désamour de certains journaux, cette chanson cache bien des blessures. L’année qui précède la sortie de « Taormina » a été difficile, rude même, « sévère » dirait JLM.  Pour le journal gratuit « 20 minutes » le 29 août 2006, le chanteur déclare : « J’ai composé cet album dans le noir complet. je venais de perdre l’un de mes meilleurs amis, je baignais dans la mort, et en même temps, étant à nouveau papa, dans les cris de bébé. La dessus se sont greffés des trahisons de vieux copains. J’étais en fin de contrat avec ma maison de disques et pour certains c’est une maladie contagieuse. J’en ai écrit une chanson … Je me sentais abandonné, victime d’une illusion ».

Pour « Chorus » avec Jean THEFAINE (septembre 2006) il aborde cette période sombre : le départ de Fred, le lâchage de plusieurs amis, la maladie d’Emile, la mort de Jean-François et d’Alex … Il confie au journaliste Breton : « J’ai une certaine idée de l’amitié et des rapports humains … L’amitié conçue comme un passe temps, je ne marche pas dans la combine. Alors forcément : « je me « démarie« .

Avec Florence TREDEZ pour « Elle » (25 septembre 2006) MURAT est plus explicite encore. Voici ce qu’il dit : « J’ai été lâché sévèrement deux ou trois fois dans l’année qui vient de s’écouler. Des gens que je connais, avec qui je travaille. des amis qui ne téléphonent plus. Il paraît que je suis trop exigeant, que je les fatigue. Des ruptures aussi plus fondamentales : en Auvergne, la meilleure amie de ma femme et l’un de mes meilleurs copains se sont tués à moto. La chanson « démariés » est une vraie lettre de rupture, avec les gens, avec le monde« . On ne peut pas être plus clair … Merci à mon amie Florence de m’avoir poussé dans mes derniers retranchements … Cette chanson « démariés » est bien plus importante qu’on ne croit pour MURAT … elle est emplie de cicatrices et de fêlures …

Pour être complet avec ce titre, je vais même plus loin, avec le terme « démariés » qui englobe le superficiel et ce qui ne l’est pas, dans le n° 47 de « Femmes d’aujourd’hui » (du 16 novembre 2006) MURAT  confie à Nicolas BALMET : « Je suis « démarié » avec tout ce milieu du show business, de la  télévision ou de la promo ».  Fermez le banc !

***

… Et le désert avance …

(Mockba/2005).

C’est pourtant (peut-être) dans le cadre de la promo de l’album « Taormina », au cours de révélations touchantes faites à Jean THEFAINE  pour « CHORUS » (n° 57 automne 2006)  que l’on trouve les clefs de cette chanson. A moins que l’on ne soit toujours dans « démariés » … Je vous laisse vous faire votre avis. MURAT  révèle au journaliste Rennais les agressions dont il a été victime au cours de l’année  écoulée : 

JLM :  A Saint Malo à 2 heures du matin, un type vient me dire direct, : « Je déteste ce que vous faites ! »  Dans un hall de gare une fille m’aboie à trois centimètres du visage : « Vous n’êtes qu’un branleur ! ». A l’Elysée Montmartre, où j’étais venu écouter John SPENCER,  des mecs me branchent dès l’entrée  : « Tu n’as rien à foutre ici, dégage ! » ; ce que j’ai été contraint de faire au bout de dix minutes. Le tout accumulé, m’a plongé dans un doute extrême … (rire) …

JT    : Des lâchages autour de toi dis-tu ?

JLM : Eh oui … le désert avance. C’est le grand ménage. Pas de ma part, hein … mais c’est comme ça. Je suis de plus en plus isolé et ça m’amène bien sur à me poser des questions sur mon propre fonctionnement. Mais pas tant que ça au fond, car il y a de plus en plus de choses que je n’accepte chez mes contemporains, que je comprends de moins en moins. J’ai une certaine idée de l’amitié et des rapports humains … L’amitié conçue comme un passe-temps, je ne marche plus dans la combine ». (…) « Je vis une espèce d’effondrement ». (…) Ça ne m’empêche pas de vivre ». (…)« Il nous reste les vyniles, les romans, les films et l’imaginaire ».

JT    : Et un cercle solide quand même …

JLM : Il y a déjà ma femme, Laure et ma fille Justine. L’essentiel quoi. Il y a aussi mon manager Marie AUDIGIER, dont j’espère qu’elle ne me lachera pas ! Et puis Alain ARTAUD, le patron de « V2″ qui m’a récupéré chez lui ».

(…)

« Il y a toujours plus grand

C’est ce qu’ignore le petit ».

(…)

« Avant puis arrière

Voilà le chemin.

Oh Dieu des poussières

Voilà donc le destin

Et le désert avance« .

(…)

 

 ***

… Accueille-moi paysage …

(Taormina/2006).

Ce titre est extrait de l’album « Taormina »(2006) qui recèle de merveilleux textes. La clef de cette chanson nous est fournie dans les colonnes du magazine « Platine » daté du 31 août 2006, l’article est signé « JPP »… Non ce n’est pas celui auquel vous pensez … Murat explique le pourquoi de cette ambiance de mort qui rôde autour de l’album : « Depuis 15 ans que je vis la-bas, je vois petit à petit monde disparaître, les voisins mourir ou être malades, les gens céder leurs fermes … ».

 JPP : Il n’y a pas de renouvellement ?

JLM : Non, pas du tout. Il n’y a pas de jeunes qui s’installent. Je suis sensible à l’effacement lent, séculier, d’un monde paysan qui est en train de disparaître, à la disparition de gens de 75 ou 80 ans qui parlent patois et ont un caractère qu’on ne trouve plus ». (…) « C’est plus la fin de ce monde là qui m’inspire. Par exemple, la chanson « Accueille-moi paysage » parle de ça, de la rudesse de la vie dans ces régions. J’ai deux de mes jeunes voisins paysans qui se sont suicidés, étranglés par leur banque. L’un s’est jeté dans la fosse à purin, l’autre s’est pendu. Ça me bouleverse et cela fait la sève de mes chansons ».

(…)

« Dernière lumière

Sur un dernier abat-jour

Dernier bruit »

(…)

« Dernière prière

Aux grands Dieux de la santé.

Dernier « je t’aime »

En dernière volonté ».

(…)

« Dernière lumière

Sur un dernier abat-jour

Dernier bruit »

(…)

« Dernière prière

Aux grands Dieux de la santé.

Dernier « je t’aime »

En dernière volonté ».

« Dernier nuage »

(…)

« Dernière étoile »

(…)

« Dernier soupir

A la fuite du bonheur.

Dernier enfant

Taquiné de tout son coeur ».

(…)

« Accueille-moi paysage

Accueille mon vœu

Fais de moi paysage

Un nuage aux cieux ».

(…)

« Dernier secret

Sur la rigole en sapin

Dernier sang ».

(…)

« Dernière plainte

Dernière grêle sur les blés.

Dernier frisson

Aux dernières réveillées ».

(…)

« Accueille-moi paysage ».

(…)

« Un nuage aux cieux ».

(…)

Lorsque vous avez l’explication de MURAT  cette chanson prend tout son sens. Elle n’est plus belle, elle est magnifique, pathétique … Je connais bien le monde paysan … Le choix de quitter volontairement la terre où père et mère ont courbé l’échine est terrible. A la campagne il appartient à chaque génération d’améliorer ce que la précédente à mis en place. Celui … criblé de dette … qui décide d’en finir … c’est vraiment qu’il n’en peut plus de souffrir. Ces hommes, ces femmes aiment tellement leur terre, qu’ils soient d’Auvergne ou de Bretagne ! Chez MURAT … chaque mot c’est une image, un sens, un sentiment … Ici souvent c’est tout à la fois. « La rigole en sapin » ??? Le cercueil … je pense ! Cette chanson me bouleverse. Cela fait tellement longtemps que je suis imprégné des mots de MURAT … que j’en oublie la mélodie. Riche de tout ce que j’ai appris … il va falloir que je prenne le temps de le réécouter avec ces explications de texte à l’appui. Fabuleux MURAT … Cette chanson mériterait d’être dans tous les manuels scolaires.

Le 26 octobre 2014, l’ami PIERROT sur son Blog nous met une disposition une interview de Frank LORIOUX photographe de son métier, ayant officié sur les derniers albums de MURAT. Cette interview datée du 22 octobre 2014, elle est  signée Steffie MAYA etnous apporte un éclairage encore plus intime sur l’écriture du titre :  »Accueille-moi paysage ». En fait ce titre a été écrit dans des conditions particulièrement douloureuses. La journaliste interroge : « À partager l’intimité de certains artistes, il doit exister des shootings qui ’ont particulièrement marqués … ». LORIOUX répond : « Certaines cessions avec Jean Louis Murat ont été très belles. Je lui avais apporté mon livre, ça lui a donné envie de rouvrir la maison d’un de ses voisins, une personne très importante pour lui. Il avait racheté cette maison, sans doute dans la volonté de rester « maitre » de cet endroit, de la mémoire de cette personne. Je l’ai vu rouvrir les volets, je l’ai fait asseoir dans la cuisine. Il regardait par la fenêtre, il se passait quelque chose de très très fort. Il me dit : « Ça fait 30 ans que je m’assois à cette place, lui à celle-ci, et c’est la première fois que je pose mon regard sur ce qu’il voit par la fenêtre». À la fin du shooting, je lui dis « Il y a un morceau de toi qui m’a particulièrement marqué Accueille-moi paysage », il me répond : « C’est étrange, c’est le morceau que j’avais écrit pour ce voisin 2 jours après son décès ». Dans ces moments là, tu as vraiment l’impression de vivre un moment de grâce, de faire quelque chose qui t’échappe complètement ». MURAT est un homme de cœur …

Ci-dessous le cliché dont fait état Franck LORIOUX  … le regard de MURAT … 

jlmurat2011-30

Nous sommes chez EMILE ! Le poêle ne ronfle plus. Le regard de MURAT est perdu … Dans la maison « vide » il n’y a que silence … celui la même que les deux hommes aimaient à partager …

***

… Au Pays de Giscard …

(Inédit « Black session/…. ).

En quelques mots MURAT y évoque la disparition de ses amis paysans …

(…)

« Y’a pas assez du feu pour les pompiers

C’est dans l’purin que les gars vont se jeter

Comme celui des étables bien trop endetté.

Ton père me jure qu’on va tous y passer ».

(…)

Pour votre compréhension, le (18) … les pompiers sont les 1ers appelés lorsque ces drames surgissent. Ensuite viennent les gendarmes. Dans ma carrière, j’ai vu de mes yeux vu … un père de 50 ans … dépendre sa fille de 25 ans … jeune professeur qui n’en pouvait plus de supporter le poids de son travail … Je ne l’oublierai jamais.

***

 … Chanter est ma façon d’errer …

(Le cours ordinaire des choses/2009).

 Ce titre est extrait de l’album « Le Cours Ordinaire Des Choses » (LCODC/2009). Dans le cadre de la campagne promo, pour le compte de « L’Express » Gille MEDIONI  recueille les déclarations de l’Auvegnat. Concernant ce titre il lui confie : « On me reproche souvent de ne pas être sympa sur scène, trop concentré, peu bavard, en colère. Ma façon d’aimer le public, c’est de chanter comme il le faut, avec une grande générosité et une impudeur totale, comme si je faisais un strip-tease. Dans ce texte, j’emploie des mots que je reprends volontairement ailleurs pour dessiner un circuit souterrain à l’intérieur du disque et qu’un morceau en éclaire un autre. Parmi ces 6 ou 7 mots clefs, il y a « déchet ». Je me sens l’éboueur de la chanson française, j’ai l’impression que son histoire est terminée et qu’il ne reste qu’à cuisiner, les restes de Ronsard, Hugo, Racine ou Baudelaire. Ce n’est pas négatif : Aragon l’a bien fait avec Vilon ou Rutebeuf. La chanson française qui n’est que roucoulade et diplomatie pousse à l’inertie. On parle de la chose sans en parler, comme au 18ème siècle. Du coup, pratiquant la métaphore, je me dois d’être subversif. C’est une responsabilité de tout faire exploser ».

Pour le journal « Platine » dans le cadre de la campagne promo du « Cours ordinaire … » il est amené à répondre à cette question :

« Dans cet album vous dites : chanter est ma façon d’errer, comme si vous disiez c’est ma façon d’aimer ».

MURAT  répond : « Pour moi le son est important, alors que le sens n’est pas fondamental, j’aime la musicalité des mots. Pour un mot qui sonne, je peux changer tout dans une chanson ».

Toujours pour « Platine »Murat est questionné sur le DVD qui accompagne l’album : « Pourquoi Laëtitia MASSON raconte-t’elle l’histoire d’une Solange ? A -t’elle un rapport avec vous ? ». MURAT  révèle : « ‘C’est un prénom qui est dans une de mes chansons. Il est venu du nom d’une actrice dont j’adorais le nom dans les années 60. Elle s’appelait Madeleine SOLOGNE – Je dis Solange pour Sologne. Chaque fois que je passe en voiture dans la région de la Sologne, je pense aussi à cette actrice ».

« Chanter est ma façon d’être au monde

Chanter est ma façon d’aimer.

Mon coeur est sortit de la ronde

Chanter est ma façon d’errer ».

(…)

« La chair s’ouvre avale l’air

D’un autre temps vit de déchets

De nostalgie en abandon

Inconsolables on a chanté ».

(…)

« L’obscurité m’entoure Solange

Rien de nouveau Margot.

Cher ange garde ton orange

Chanter est façon d’être en haut« .

(…)

***

 … Comme un incendie …

« Le Cours Ordinaire Des Choses » (2009).

Il s’agit de la chanson qui ouvre « Le cours ordinaire des choses » (2009) En octobre Eric TANDY  pour les « Rolling Stone » évoque ce 1er titre : « Les paroles de l’album sont souvent assez violentes. Des choses comme « les purins d’idéaux » ou « ce fumier d’occident » par exemple ». Murat embraye aussi sec : « Et encore, je me retiens ! Mais celà me résume plutôt bien. La chanson « Comme un incendie » dont sont extraites ces paroles, c’est tout à fait moi, elles me collent vraiment à la peau ! C’est vrai qu’assez souvent on a tendance à policer un peu trop les choses, ne serait-ce que parce que le public n’est pas forcément prêt à les entendre telle quelles. Ou alors il aime la révolte de manière convenue. Moi je déteste autant les idéaux d’extrême droite et d’extrême gauche, je les renvoie donc naturellement dos à dos. Ce qui passe souvent très mal. Depuis cinquante ans, les gens ont pris l’habitude de consommer des révoltes bidons, sous forme de petits bonbons acidulés. ce qui fait que tous les artistes sont frileux et n’osent pas, par exemple, taper sur l’encrassement des idées de gauche ou d’extrême gauche. Ils se satisfont de fauses révoltes et cela donne « Noir Désir ». C’est à dire quelque chose qui est encore plus ridicule que Sardou ! ».

(…)

« Je t »‘informe de ma présence

C’est un besoin d’infini.

J’invoque ta sustance

Dans ce purin d’idéaux

Où tout fabrique des sots.

Par la chose immuable

Je n’ai plus confiance

En vous ».

(…)

« Tes raclées abondantes

M’auront fait

Ce fumier d’occident ».

(…)

« Le cours ordinaire des choses me va

Comme un

Incendie ».

  ***

… La tige d’or …

« Le Cours Ordinaire Des Choses » (2009).

 Ce titre fait également partie de l’abum « LCODC » (2009). Voici ce qu’en dit MURAT  à Gilles MEDIONI  pour le compte de « L’Express » le 24 septembre 2001 : « Le texte est clairement érotique, mais pas seulement. J’y pointe quelques dérives féministes. Un chanteur n’est pas là pour assurer le fond sonore d’une époque, mais aussi pour intervenir. Moi dont le public est aux deux tiers composé de filles et qui ai tellement défendu les femmes, je trouve qu’elles se comportent aujourd’hui en glacier. C’est Eros et Dionysos qu’elles tuent en nous dévirilisant. Il est donc temps de redevenir machiste, en tout cas quelquefois, d’aimer les corridas, de pincer les fesses des filles, ou de leur dire ta gueule ».

Voilà qui est dit. On peut ne pas être d’accord. Pour une fois je ne le suis pas.  Je vois bien ce que « veut dire » MURAT. Il n’est pas aussi expéditif ou virulent qu’il veut le faire croire. Il est excessif … Il est fidèle à l’image qu’on a de lui. J’espère qu’il n’est pas prisonnier de cette image. Je m’interroge déjà sur la promo du « Grand lièvre » … Quelle image va-t’il donner de lui ???

(…)

« Qui m’a fait cette chose

Giclante à ton gré ? ».

(…)

« Que fait cette tige

D’or dans ton glacier ? ».

(…)

« Quel ténébreux

Conduit bouleverse

Ma nature ? ».

(…)

***

… La mésange bleue …

« Le Cours Ordinaire des Choses » (2009).

mesange-bleue-fiche-poeme-300x225

Nouveau titre de l’album « LCODC » (2009). Toujours pour « L’Express » voilà ce qu’en dit MURAT  à Gilles MEDIONI  : « Je parle de l’amour qui passe inexorablement, de cette marche du temps, de ma façon d’enchanter ma vie. J’ai deux enfants et c’est en pensant à eux que j’ai retiré toutes les complaisances noires de ce disque. Être positif, c’est presque une qualité de père ».

« Passent passent les semaines

Amours s’en vont

Amours s’en viennent

Passent les jours ».

(…)

« On prend plaisir en forêt ».

(…)

« On s’abîme en rage folle ».

(…)

« On vit en état d’ivresse

En petits points d’un S.O.S. ».

(…)

« On perd tout entendement

On pleure comme pleurent les enfants »

(…)

« La mésange arrive à sa fin

On n’aime plus d’amour ».

mesange-bleue3-225x300

***

« Grand Lièvre » (2011)

Lièvre d’Europe …

lievre-2002-230x300

Deux années se sont écoulées entre « Le cours ordinaire des choses » et « Grand lièvre ». Mais que cache donc ce titre énigmatique ??? Comme souvent MURAT s’est évertué à brouiller les pistes. Pour le journal « Les Echos » Thierry GANDILLOT présente le nouvel album en ces termes : « Chez les indiens d’Amérique du Nord, le lièvre, architecte de l’univers, est un esprit sauvage et libre comme l’air. Rétif à toute domestication » (…) Questionné sur l’interprétation qu’il faut donner à ce titre MURAT  précise : « Le sens, je m’en fous un peu. J’aime surtout la graphie de ce titre, sa sonorité. A l’oreille, en bouche ça se tient ».

Pour « Nord Eclair » le 25 septembre 2011, répondant aux questions de Patrice DEMAILLY l’Auvergnat donne la précision suivante : « C’était un titre provisoire. Qui est devenu définitif ». (…) « Le lièvre, c’est aussi une espèce en voie de disparition ».

Le sieur BAYON « passeur de messages et d’inédits »,  nous donne-t’il la réponse dans l’article de « Libé » consacré au « Grand lièvre ? ». La réponse est NON. Il ne fait qu’ajouter au mystère. Voici ce qu’il écrit : « Grand lièvre serait le toutou dans la sexualité du chanteur. Un blouson par-dessus, pour bien cacher le flingue. Grand lièvre ou le grand refoulement de mes talents de mécano. Import export. Est-ce clair ? ». Evidemment non. Mais il n’y a rien d’étonnant à celà venant de la part de BAYON. Et que dire du préambule ??? Parlant de l’échec commercial du « Cours ordinaire des choses »,  il emploie le terme « rumination » et poursuit : « Je voudrais me perdre de vue, qui parle d’avant avant l’accident »BAYON  dans ce même article utilise le mot « ATRALIBE ». L’explication du dictionnaire indique : « bile noire cause de l’hypocondrie » soit d’humeur noire.

C’est Stéphane DUCHENE journaliste au « gratuit Lyonnais » qui confirme, parlant de MURAT  : « Il aurait été opéré de la poche à bile qu’il avait on le sait profuse et diarrhéique ».

Dans le magazine « MAGIC » sous la plume de Frank VERGEADE le chanteur précise : « J’ai choisi « Grand lièvre » comme titre, en souvenir d’une chanson dont j’ai malheureusement perdu le texte. Depuis j’ai changé de méthode : j’écris sur des cahiers, ce qui évite que les enfants jettent des feuilles volantes par inadvertance. J’ai encore les images en tête : un grand lièvre dans des herbes hautes, perdu dans la nuit après avoir été jeté d’une famille et donc condamné à mort ». Voilà une explication qui ne fait qu’ajouter au « brouillard » qui entoure ce titre …

Toujours dans les colonnes de « Magic » MURAT  donne crédit aux informations préalables concernant son état de santé et l’opération de la vésicule biliaire qu’il aurait connue en 2010.  Parlant du titre « Je voudrais me perdre de vue », il révèle à Franck VERGEADE  : « Ma dépression du moment d’écriture de l’album. J’étais au fond du trou … J’étais tellement mal que je m’en suis rendu malade. J’ai fait deux passages aux urgences. La deuxième fois j’ai sincèrement crû que ma dernière heure était arrivée. J’ai ainsi passé de longues nuits sans dormir à l’hôpital. A poil aux urgences et sous morphine, ça te remue pas mal ». (…) Suis-je toujours aussi hypocondriaque ? De moins en moins, car j’ai tellement peur que les enfants le deviennent. On change grâce aux enfants. Ce sont eux qui nous éduquent ». (…) « Si tu veux bien élever tes enfants, commence par changer, sinon ils vont devenir comme toi ».

Patrice BARDOT pour « Serge 7″ reçoit les explications de MURAT  sur ce « Grand lièvre ». Il ajoute à l’énigme : « Un monsieur de 90 ans qui fait la guerre de 39-45, puis deux ans en Algérie et qui a commencé en parlant patois et fini sur internet, c’est aussi une espèce en voie de disparition. C’est irréductible un grand lièvre, c’est un animal sauvage, on ne peut pas en faire de l’élevage. Je crois qu’il faut rester irréductible. Il ne faut pas se laisser transformer lentement mais sûrement en animal domestique ». Voilà une nouvelle approche. Et si ce « grand lièvre » c’était EMILE  … son voisin, son ami, ce deuxième père de substitution   ???

Pour ce qui me concerne, je n’ai donc pas, avec certitude, la réponse à la question : qui est ce … « Grand lièvre » ???

***

  … Qu’est-ce que ça veut dire ? …

« Grand lièvre »(2011).

Sous la plume de Franck VERGEADE dans « Magic » MURAT déclare : « Pour cette chansons d’ouverture, je voulais aborder le sujet de la perte de mémoire, qui touche de plus en plus de gens dans mon entourage, mais pas seulement. Aujourd’hui, on ne peut que constater que notre pays à la maladie d’Alzheimer. J’aurais d’ailleurs pu intituler cet album « Alzheimer ». je dis parfois aux musiciens qu’on va organiser un Alzheimer Tour. Comme ça, si un jour je n’ai pas envie de monter sur scène ou si je m’arrête en plein milieu d’un morceau, j’aurais un bon prétexte … »

Dans une interview accordée à « Catnatt » MURAT va plus loin … « il accuse la société d’être engluée dans cette maladie »

Pour le compte de « Sud-Ouest » sous la plume de Yannick DELNESTE le Brenoï s’enflamme : « Alzheimer est un des phénomènes les plus troublants de notre époque (Qu’est-ce que ça veut dire ?). Un père qui ne vous reconnaît plus, une mère qui a l’insouciance d’un enfant, et nous devant. Qui allons peut-être vivre la même chose. Qu’est-ce qu’on fait ? (…)« On peut élargir à la perte de mémoire collective, dans une Europe qui serait atteinte d’Alzheimer ».  Le journaliste lui rétorque : « La mémoire ça se travaille … ». La réponse fuse : « C’est un autre thème de l’album. Toutes mes sensations  viennent de mon travail. Le travail, c’est lutter contre la paresse, grande cause de l’oubli. J’aime me souvenir des rois de France. A la maison j’embête tout le monde avec ça. Pour ne pas risquer d’oublier à terme le prénom de mes amis« .

Dans le journal « l’Echo Républicain »publié le 10 octobre 2011 MURAT explique :  » Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est un peu l’Alzheimer de notre époque. Au départ, mon idée, c’était d’explorer le phénomène de perte de mémoire et ses conséquences sur l’entourage. Ma génération se retrouve avec des ancêtres frappés par Alzheimer. Je n’ai pas pu m’empêcher de voir ça comme un symptôme de la société actuelle. Ce n’est pas grave de perdre quand on trouve quelque chose d’autre, mais notre vraie crise actuelle c’est qu’on perd sans rien retrouver ». 

 (…)

« Du garçon de la montagne

Qui n’était pas paysan »

(…)

« Qu’est-ce que ça veut dire ?

Hello, hello, hello, Papa … »

Vous trouverez ci-dessous deux communiqués, l’un rédigé par Ronald REAGAN  et le second par Charlton HESTON  portant à la connaissance du public la maladie dont ils sont atteints …

 » … J’ai appris récemment que j’étais atteint de la maladie d’Alzheimer, comme des millions d’autres Américains. Nous avons longuement réfléchi, Nancy et moi, pour savoir si comme tout le monde, nous devions garder cette nouvelle pour nous ou si nous devions la faire connaître. … Nous avons eu le sentiment qu’il était important de partager cela avec vous. … J’entre aujourd’hui sur le chemin qui me mènera au crépuscule de la vie. …  » (Ronald Reagan, 5 novembre 1994 … extrait traduit de l’anglais)

 » … Mes médecins m’ont dit récemment que je souffrais de troubles neurologiques dont les symptômes sont conformes à la maladie d’Alzheimer. Alors… je voulais préparer quelques mots pour vous maintenant, car lorsque le temps viendra, je ne pourrai plus le faire. … Pour l’instant, je ne vais rien changer. J’insisterai sur le travail tant que je le peux ; les médecins mettront l’accent sur le repos quand il sera nécessaire. Si vous voyez moins d’enthousiasme dans ma démarche, si votre nom n’apparaît plus sur mes lèvres, vous saurez pourquoi. Et si je vous raconte une plaisanterie pour la deuxième fois, riez tout de même. … S’il vous plaît, n’éprouvez aucun sentiment de pitié pour moi. Malgré mes souhaits, je vous serai juste un peu moins accessible. … « 

(Charlton Heston, 9 août 2002 … extrait traduit de l’anglais).

 A la 1ère lecture de ce 1er titre du « Grand lièvre » la référence à la maladie d’Alzheimer ne m’avait pas effleuré. A la seconde pas davantage. Ce n’est qu’en découvrant les interviews de MURAT  que j’ai saisi le sens de cette chanson. Pour moi, c’était Gaspard sur les épaules de son père n’arrêtant pas de lui poser des questions. MURAT dit lui même qu’il souhaite que chacun ait sa propre lecture des titres qu’il nous propose.  je ne retire donc rien à ce que j’ai dit et vous propose le perçu de ce titre tel qu’il figure dans le ditionnaire « muratien »  … sans y changer un iota …

 

313 mots dont 156 différents.Pour ce nouvel album MURAT commence fort ! Ce sont des mots simples … ceux d’un père à ses enfants. La clef de ce 1er titre du « Grand lièvre » porte un nom majuscule : « Papa ». Il s’git du dernier mot de cette chanson. Je ne suis pas certain que MURAT l’ait déjà employé dans aucun de ses textes précédents. Il s’agit donc des paroles d’un père à son fils à sa fille … à Gaspard … à Justine. Ces paroles valent pour tous les papas et tous les enfants. MURAT utilise le (je) à 14 reprises. Ce n’est pas rien. Dans ses textes préalables, il utilise très peu la 1ère personne du singulier. Les mots sont intimes, intimistes même : « Ton visage contre le mien ». Les mots sont choisis : « Passion attentive ». Sans cesse revient cette question : « Qu’est-ce que ça veut dire ? ». Une question que se posent tous les enfants … ou du moins … ceux qui ont la chance de bénéficier d’une écoute « attentive ». Une question qu’ils posent bien souvent sous d’autres formes plus terre à terre : « Dis pourquoi le ciel est bleu ? », « Pourquoi les chiens sautent sur le dos de leur copine ? », « Pourquoi maman pleure ? »…Les yeux d’un enfant dans les bras de son père sont emplis autant d’admiration que d’interrogation. A ces questions, voici la réponse de MURAT : « Désolé, je ne comprends pas, Il n’y a pas de réponse pour tout ». Quel formidable aveux !!! Disant cela il regrette des études trop tôt interrompues … Il a une phrase qui, en tant qu’admirateur, me remplit d’aise et de bonheur :     « La vie est une beauté/Merveilleux d’être en vie ». Il poursuit : « Je te donne mon sourire ». Mais le bonheur est décidément trop court, soucieux, il s’interroge : « Au chapitre de ma vie/Est-ce le dernier voyage ? ». Comme les enfants n’ont jamais la réponse voulue à leurs questions, celle-ci revient lancinante : « Mais qu’est-ce que ça veut dire ? ». Pour y répondre MURAT parcourt les chemins de son enfance. Il écoute parler François, son grand-père qui « disait peu » mais « disait bien ». Il se souvient d’Emile et de son bon sens. Il revoit les veaux, les vaches, les chevaux, ces animaux familiers qui lui ont tout appris. Il revoit défiler les images d’un temps qui n’est plus et ne sera jamais plus ! Hélas !!! Il écrit : « Du garçon de la montagne/Qui n’était pas paysan ». Plus loin il évoque le « Berger malade ». C’est souvent, c’est toujours dans son enfance que MURAT va chercher les réponses à ses incertitudes. Les mots sont simples. Ce sont les mots d’un père à ses enfants. Deux mots ont retenu mon attention qui rejoignent le dictionnaire « muratien » : « Messie » et « Nostalgique » . J’emporte avec moi l’écho de cette voix charmante : « Qu’est-ce que ça veut dire ?/Hello, hello, hello, Papa … » .

Je m’étais complètement fourvoyé … Qu’importe les mots de MURAT  sont « ouverture » et permettent bien des lectures …

Ce dimanche 23 octobre sur le blog de Pierrot une interview de MURAT  accordée à Alain BRUNET « La Presse/Canada » nous explique clairement le pourquoi et le comment de cette chanson : « Dans le cercle familial assez proche, je me tape l’Alzheimer. Mon père en est atteint. Alors que mes plus  jeunes enfants structurent leur mémoire, mon père est en pleine déstructuration de la sienne. Parler à ton père qui te fait face et te dit qu’il a un fils sans le reconnaître, et puis aller chercher les enfants à l’école et les accompagner ddans leurs devoirs. Ma vie a été un peu comme ça pendant l’écriture des chansons. je me suis vu coincé entre ces deux réalités extrêmes. Grand lèvre est sorti de cette situation très inconfortable ». (…) « J’aimerais vraiment créer un album carrément la-dessus. Cette fois, je n’ai pas eu le courage, c’était trop difficile ».

Complètement fourvoyé … Je pensais que c’était GASPARD  qui asssis sur les épaules de son père criait « Hello, hello, hello, Papa !  » En fait c’était Jean-Louis qui dit ces mots à son père qui ne le reconnait pas  … Terrible maladie, tellement destructrice !!!

 ***

… Sans pitié pour le cheval …

« Grand lièvre » (2011).

(…)

« Prions pour les disparus

Tous emportés par l’obus »

(…)

 Murat confie à Franck VERGEADE pour « Magic » le pourquoi de ce titre : « La guerre 14 – 18 … Bataille de la Marne … mon nom d’état-civil n’est pas le mien : j’ai celui d’un arrière grand-oncle, qui se prénommait également Jean-Louis. On m’a donc redonné le nom de Jean-Lous BERGHEAUD. Etant le 1er garçon à être né, je me suis retrouvé dans la famille en charge de l’hérédité imposée d’un combattant héroïque de la guerre 14 – 18″. (…) « Ainsi, je suis resté sensible à la guerre 14-18, où je suis donc mort une première fois. DE’où cette chanson « Sans pitié pour le cheval ». (…) « Les êtres humains ont perdu le rapport aux animaux. Je regrette le temps où les hommes circulaient à cheval ».

« L’homme est saisi d’horreur devant une bête mourante, ce qu’il est lui-même - ce qui le constituera est en train de s’anéantir – de cesser de vivre sous ses yeux ». (Léon TOLSTOÏ - « La guerre et la paix »).

Durant cette 1ère guerre mondiale, le cheval est un véritable compagnon du combattant. L’homme et le cheval vivent dans les tranchées et partages les mêmes horreurs. Le cheval est indispensable à la conduite de la guerre (traction des hommes et des vivres et de l’armement). Durant cette « sale guerre » près de 2 millions de chevaux ont été mobilisés, plus de 800 000 sont morts. Les hommes sont réquisitionnés pour la guerre, les chevaux aussi. Les campagnes se vident doublement. La présence des chevaux a un effet positif sur le moral des troupes mais elle favorise aussi la transmission des maladies et la dégradation des conditions sanitaires sur le front, notamment par le fumier et les carcasses.  Les conditions de vie ou de survie sont aussi difficiles pour les hommes que pour les chevaux. Décimés par l’artillerie, ils souffrent de dermatose et subissent eux aussi les attaques chimiques. L’homme n’a d’autre solution parfois que d’abattre son compagnon d’infortune pour abréger ses souffrances. Au mieux celà se fait au révolver, au pire et c’est souvent le cas … à l’arme blanche !

Carte postale de 1917 … soldat russe se protégeant derrière son cheval …

carte-postale-soldat-russe1-300x195

Ci joint mon perçu initial :

138 mots utilisés par MURAT dont 91 différents. Peu de répétitions donc. Cette chanson nous dit l’horreur de la guerre et plus particulièrement celle de 14-18. « Au détail de nos souffrances » « Prions pour les disparus/Tous emportés par l’obus » « Tombe, creusé à l’avance » « Mon sang coule dans la boue » « Tous les cris sont insensés/Quelle force de gémir ». Les animaux ne sont pas mieux lotis : « Et le cadavre des bêtes/Robe rouge dans le sang ». Que des mots simples d’enfants pour tous ces hommes qui meurent à la guerre et n’ont d’autre ressource que de crier «Maman» …Un seul mot rejoint le dictionnaire « Muratien » : « linceul ».

 ***

… Rémi est mort ainsi …

« Grand lièvre » (2011).

C’est toujours pour « Magic » sous la plume de Franck VERGEADE que MURAT nous donne les clefs qui permettent de comprendre ce titre et les mots de cette chanson. Il déclare  : « La encore la résistance a été un élément essentiel dans notre famille. J’ai appris à lire et à écire dans un manuel dont les deux héros s’appelaient Rémi et Colette. Ces deux prénoms me sont revenus en écrivant Rémi est mort ainsi ». 

 Livre de classe « Rémi & Colette » …

Rémi-et-Colette-229x300

Pour « RTL.Be »évoquant « Rémi » et « Sans pitié … «  MURAT  confie : « C’est comme si je sentais encore en moi les secousses incompréhensibles de ces guerres là ».

Pour « Serge » c’est le jeune homme qui voulait être prof d’hisoire qui s’exprime : « Je trouve que c’est bien de taper dans l’histoire, je l’ai toujours fait dans mes chansons. Le passé est fondamental, on ne peut pas être des passeurs de sensations sans parler du passé. C’est un domaine totalement inexploré dans la chanson Française, au contraire des pays Anglo-saxons ». (…) « Nous, c’est comme si la guerre 14/18, 39/45, la guerre d’Algérie, c’était la honte. Effectivement c’est la honte, mais c’est quoi ces façons de ne pas chanter la honte ? « . (…) « C’est surtout la volonté de se présenter plus beau qu’on est. Nous sommes le produit d’une civilisation de l’honneur, pour ce qui concerne les résistants, mais aussi de la lâcheté : 99% des Français ont balancé leur voisin pendant la guerre. La honte et la lâcheté font partie de la réalité, je n’ai pas connu cette époque mais ça mérite d’être chanté ».

(…)

« Maquis de mon âme

Giroflée de ma folie

Dans l’air des montagnes

Entends-tu l’hallali ? »

(…)

 Combien furent les résistants dans le département du Puy de Dôme ? Difficile de les chiffrer avec certitude. Cependant, une estimation donnée le 20 janvier 1944, lors de la 1ère réunion du comité départemental du Puy de Dôme de la sûreté (CDL) avance le chiffre de 12000 résistants .  Plusieurs évènements ont concouru à renforcer le nombre de ces hommes, qui en 40 n’étaient pas légion :

  •  Juin 1941 l’invasion de l’URSS par les troupes Nazies et l’entrée en résistances des communistes.

  •  Novembre 1942, invasion de la zone sud et instauration du service travail obligatoire en Allemagne (S.T.O.)

  • La concentration du « Mont Mouchet ».

Dans le département du Puy de Dôme, 70 % des  résistants se répartissent entre employés, ouvriers, commerçants, agriculteurs, policiers et militaires. La concentration au « Mont Mouchet » a fait participer, de façon plus importante encore,  les agriculteurs à la résistance contre l’envahisseur. Elle leur a donné l’opportunité de retrouver un combat de libération, proche de celui qu’ils avaient pratiqué pour la plupart d’entre eux lors de la 1ère guerre mondiale avec, cette fois ci, la possibilité de combattre dans leur région natale et non sur un front éloigné.

L’âme de la résistance dans ce département d’Auvergne a pour nom Emile COULANDON dit « Gaspard ». Ce cadre supérieur chez « Philips » est à l’origine du rassemblement des hommes qui vont lutter contre les troupes Allemandes. Mobilisé en 39, fait prisonnier en 40, il s’évade et rentre à Clermont-Ferrand. En 1941 il intègre le mouvement « Combat ».Le STO (service travail obligatoire) … conduit COULANDON  à passer à la clandestinité avec ses compagnons. En avril 1943 ils ont pour camp de base une ferme isolée sise à l’ESPINASSE. De là ils mènent des  coups de main contre l’ennemi. Traqués par la Gestapo et le Police Française (à la botte de Vichy), ils s’installent en mars 1944 dans la zone isolée du Mont Mouchet, qui deviendra le maquis du même nom.  Le lieu culmine à 1465 mètres. De violents combats vont opposer ces résistants locaux aux troupes d’occupation sur le départ, puisque nous sommes en Juin 1944.

  • En juin 1945 le Général DE GAULLE visite la commune de MURAT.

  • En 1959 le même DE GAULLE  rencontre COULANDON  au Mont Mouchet.

  • En 1974, Giscard d’Estaing, nommé Président de la république honore de sa présence ce haut lieu de la résistance Auvergnate.

  • Le 5 juillet 1981 c’est François MITTERRAND qui y salue le courage de ces Français de l’ombre.

La résistance ce sont des gens simples, ces sont parfois des femmes … telle Marinette MENUT  pharmacienne à RIOM … Voici son histoire qui nous est contée dans « Les Amitiés de la Résistance »  signé Charles GUYOT JEANNIN : « Que l’on rende justice à notre souvenir après la guerre, cela suffit… » (dernière lettre de Boris Vildé, jeune ethnologue du musée de l’Homme, avant d’être fusillé par les Allemands le 23 février 1942, in : Journal et Lettres de prison, 1941-1942).

Marinette MENU …

lien10-menut

Un livre d’or consacré au martyrologe de la pharmacie française durant la guerre de 1939-1945 fait état de la mort de 174 pharmaciens et étudiants en pharmacie, dont 16 consœurs et parmi elles un nom, celui de madame Menut-Lafaye, dont le souvenir est toujours très vivace en Auvergne, reflète le pur symbole de l’absolu et la magnifique image d’un engagement intransigeant.

Anne-Mary, Jeanne Lafaye est née à Laprugne (Allier) le 16 mai 1914 d’un père et d’une mère instituteurs.

Après des études secondaires sanctionnées par l’obtention d’un baccalauréat « A – Philo » en octobre 1933, elle fait son année de stage à la pharmacie Perrier à Cusset (Allier) du 21 octobre 1933 au 26 octobre 1934, s’inscrit à l’École de plein exercice de médecine et de pharmacie de Clermont-Ferrand où elle effectue ses quatre années de scolarité et passe ses deux premiers « probatoires » (8 novembre 1934 – 22 juillet 1938), puis à la faculté de pharmacie de Toulouse pour son troisième « probatoire ». Elle termine avec succès (mention assez bien) la deuxième partie de celui-ci le 12 mai 1939.

Elle se marie le 15 avril 1941 avec Max Menut qui avait fait son stage en pharmacie, puis avait été mobilisé en 1939, fait prisonnier et s’était évadé. Tous deux créent une pharmacie, la « Pharmacie nouvelle », place Paul Doumer, à Riom (Puy-de-Dôme).

Au début du mois de décembre 1941, Max Menut entre dans la Résistance en plein accord avec son épouse, bien qu’elle soit enceinte de quelques mois. Responsable du mouvement « Combat » pour l’arrondissement de Riom, puis chef du 1er Bureau (organisation des effectifs) de l’état-major des M.U.R. (Mouvements unifiés de la Résistance) du Puy-de-Dôme, il sera l’intrépide « commandant Bénévol ».

Échappant de justesse à la Gestapo venue pour l’arrêter, il devient un « combattant de l’ombre ». Sa femme assure dorénavant la transmission du courrier de l’organisation clandestine. Elle ravitaille en médicaments, en pansements et autres produits de soins le Premier Corps franc d’Auvergne et les maquis de la région. Elle constitue un important maillon de la chaîne qui permettra, en août 1943, l’évasion de onze prisonniers à la gare de Pontmort en fournissant les renseignements et les horaires, en particulier celui du départ du convoi de Riom qu’elle tient d’un gardien de la Maison centrale acquis à la Résistance. Elle recueille chez elle durant cinq mois Lucette Ingrand, pharmacien, épouse du Dr Henry Ingrand, chef régional des M.U.R. et futur commissaire de la République de la région de Clermont-Ferrand à la Libération. Ce sont quelques exemples d’actions qu’elle accomplit tout en s’occupant de son officine.

Surveillée de très près par quelques miliciens riomois et sentant se resserrer les mailles du filet, elle prend le maquis à la fin 1943 accompagnée de son père, Fernand Lafaye, confiant à sa mère sa petite fille née un an auparavant.

Un ami de son mari, pharmacien, accepte de prendre la pharmacie en gérance, mais devant les visites répétées de certains collaborateurs notoires et les pressions exercées par un membre de la profession, ce jeune pharmacien doit abandonner et la pharmacie est alors vendue en catastrophe, sous la menace d’être fermée, malgré les réticences de certains collègues.

Ayant donc rejoint son mari au maquis, Anne-Mary Menut, devenue « Marinette », participe à l’organisation du réduit du Mont Mouchet – un des sommets de la Margeride situé dans le sud-est de l’Auvergne, dans le département de la Haute-Loire – avec les épouses d’Émile Coulaudon (« colonel Gaspard ») et du commandant Dumas, installés à la Voute-Chilhac (Haute-Loire). Dès la mise en place du réduit, elle participe à la direction de l’hôpital de campagne comme lieutenant-pharmacien avec son amie Laurette Meyer, infirmière d’un patriotisme et d’un dévouement exemplaires.

Une première attaque allemande échoue le 2 juin 1944, mais des troupes de la Wehrmacht en plus grand nombre, accompagnées de quelques compagnies de l’Ostlegion et avec de puissants moyens, attaquent de nouveau le 10 juin sur trois fronts. Les combats sont violents, mais après une résistance farouche, les maquisards sont contraints à se disperser. De petits groupes atteignent le réduit cantalien de la Truyère, mais celui-ci, le 20 juin, est attaqué en force par artillerie, blindés et aviation ennemis ; les Allemands portent leur attaque en quatre points à la fois. À 22 heures, les ordres ayant été donnés d’évacuer ce réduit, l’infirmerie où s’est installée Marinette doit quitter le petit village de Maurines (Cantal) au moment où la bataille fait rage et se diriger vers la Lozère avec une soixantaine de blessés. Malheureusement la route s’arrête au fond de la vallée un peu avant la rivière le Bès et le transport des blessés a lieu à dos d’hommes sur une passerelle de l’usine électrique située de l’autre côté de la rivière.

Pendant ce temps, deux résistants vont chercher du secours au village d’Albaret-le-Comtat (Lozère) pour transporter les blessés hors d’atteinte des soldats allemands qui ratissent la région, se servant de fusées éclairantes qui illuminent les collines. Réveillés par le maire, tous les paysans vont dans les prés récupérer leurs attelages constitués par des bœufs ou des vaches et, au petit jour, les blessés sont remontés sur les chars à bœufs vers le village et soignés avec du matériel récupéré dans le convoi abandonnés. Après une attente anxieuse, après l’angoisse de ces blessés et de leurs convoyeurs, peut-être un espoir…

Le lendemain, toujours avec les mêmes et braves paysans, deux convois sont organisés, le premier marchant relativement vite avec les blessés pouvant supporter les cahots des chemins de terre empruntés et le deuxième se déplaçant très lentement, escorté par Marinette Menut, son père, son mari, le Dr Reiss (« Raymond »), professeur de la faculté de médecine de Strasbourg, et le Dr Canguilhem (« Lafont »).

Un collaborateur de Saint-Chély d’Apcher (Lozère), chiffonnier de son état, révèle aux Allemands la deuxième partie du convoi qui n’a pu franchir à temps la route de Saint-Flour à Saint-Chély. Alors, le 22 juin après-midi, une unité de la Wehrmacht l’encercle à Estremiac tout près du village de Saint-Just (Cantal). Les Allemands achèvent les blessés couchés sur les chars, tuent également le Dr Reiss et Fernand Lafaye, le père de Marinette. Quant au Dr Canguilhem, il a réussi par miracle à se cacher dans le petit ruisseau bordant le lieu du massacre avec Jean Simon, un Parisien, ancien du collège Michel de l’Hospital de Riom, où il avait connu Max Menut.

Au cours de cet engagement, Marinette, qui est restée avec ses blessés, se saisit de la mitraillette de l’un d’entre eux et fait feu, jusqu’à ce que, blessée dans la région rénale, elle soit faite prisonnière. D’abord emmenée à la mairie de Chaudes-Aigues, elle est ensuite transportée dans le petit hôpital de Saint-Flour. De nouveau, un faible espoir… Elle met au point une tentative d’évasion, et ce, grâce à une religieuse de l’hôpital, sœur Marthe, qui a placé sous son matelas un habit de son ordre, afin qu’ainsi vêtue elle soit confondue avec une des religieuses de l’hôpital et puisse quitter la place. Mais avant que ce projet soit mis en œuvre, la Gestapo vient à l’hôpital avec un agent français à sa solde, qui l’identifie comme étant l’épouse du commandant Bénévol, malgré la fausse identité qu’elle a donnée. Son sort est alors définitivement scellé, mais son calvaire n’est pas encore terminé. Nous sommes le 27 juin…

Immédiatement transférée au siège de la Gestapo de ClermontFerrand, le sinistre « 2 bis, avenue de Royat » à Chamalières, elle y est atrocement torturée avec interdiction au médecin gestapiste de lui apporter quelque soulagement. Mais les interrogatoires « poussés », accompagnés de coups de nerf de bœuf et autres tortures, n’ont pas raison du caractère indomptable et de la résistance farouche de la prisonnière. Finalement, sans avoir jamais dévoilé aucun renseignement, elle est emmenée le 19 ou le 20 juillet au petit matin au terrain d’aviation d’Aulnat, près de Clermont-Ferrand, où elle est fusillée par un peloton d’Allemands du S.D. (Service de renseignements et de répression allemand). Enterrée, sans même avoir été achevée, dans un trou de bombe, on a retrouvé sa dépouille après la libération de la région, avec de nombreux autres résistants qui avaient subi le même sort.

Ainsi est morte, à l’âge de trente ans, mère d’une petite fille de deux ans (qui plus tard sera pharmacien comme sa maman), notre consœur Marinette Menut, fidèle jusqu’au bout à son idéal de liberté, valeureuse figure, la plus emblématique de la vraie Résistance et dont la pharmacie française peut être fière. Elle avait fait sienne cette maxime énoncée ultérieurement dans un livre émouvant sur la déportation : « Il n’y a pas d’ambiguïté : nous restons des hommes, nous ne finirons qu’en hommes… ». La Légion d’honneur lui fut attribuée le 1er mars 1945 à titre posthume, ainsi que la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance. Le souvenir de Marinette Menut a été perpétuée par le baptême d’une place portant son nom à Riom et de deux rues, l’une à Clermont-Ferrand, l’autre à Cusset. C’est d’ailleurs dans le cimetière de cette petite ville de l’Allier qu’elle fut inhumée. Une plaque a été posée à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand ».

***

Comme pour les titres précédents du « Grand lièvre » voici le perçu initial que j’en ai eu … avant lecture des diverses interviews de MURAT. Pour « Colette » je me suis fourvoyé … pour le reste … je suis dans les clous !

 

160 mots utilisés pour ce titre dont 99 différents. C’est dans la moyenne. 5 noms propres utilisés, des noms de lieux-dits peut-être ou de petits villages où les maquisards régnaient (Colnage/Langogne/Le Puy) et « Espagne » proximité de frontière ??? Nous sommes de l’autre côté de « La Loire »« Colette » sans doute un nom de code. Dans la résistance chacun prenant un nom d’emprunt souvent un prénom d’ailleurs. On y parle « d’embuscade » de « maquis » de « colère » de « sanglots » et de « chaos » ainsi que « d’arme blanche » et enfin « d’hallali ». Sur cet album MURAT nous gratifie de deux chansons l’une qui chante les héros de la guerre de 14-18 et celle-ci qui fait l’éloge de la résistance face à la barbarie allemande. Le monde paysan a donné un fort tribut aux victimes de ces deux guerres notamment en 14-18. Dans les p’tits villages de France jusqu’à ces dernières années les cérémonies du 11 novembre par exemple ont une vraie importance. On y parle de ceux qui sont morts, on boit un cou, deux coups trois coups. Et l’on revient pompette à la maison. Ce monde là disparaît. Ce monde est mort. J’imagine que le p’tit BERGHEAUD qui avec son père faisait partie de l’harmonie municipale a vécu ces cérémonies, a entendu parler les « grands » de ces héros mort au combat, morts pour la France … Ces deux chansons sont un rappel de ces journées où le «Jean-Louis » revêtait l’uniforme de la fanfare et participait de par sa présence aux discussions du « bistrot » … C’est toujours au bistrot les jours de marché, les après-midi à ne rien faire que MURAT, en compagnie d’Emile et de ses amis paysans discutait de la dureté de la vie … de l’Europe qui décide de tout … mal à propos …du prix du St Nectaire … de José BOVE et de « ses conneries » … et toujours de la guerre, de ceux morts au combat. Ces deux chansons sont un hommage à ce monde qui n’est plus. 

 

 ***

… Alexandrie …

« Grand lièvre » (2011).

C’est à Franck VERGEADE pour « Magic » que MURAT  a confié les clefs de ses chansons. Concernant ce 4ème titre il déclare : « De son vrai nom Alexandrie, Alex, était une amie très chère, qui est décédée dans un accident de moto avec le bassiste de CLARA, mon 1er groupe. Ils sont morts dans la nuit sur une Harley Davidson il y a quelques années. Je leur avais dédié l’album « Taormina » (2006), c’était très émouvant de faire ces choeurs « Alexandrie, Alex » en pensant à elle. Elle devait avoir 23 ans lorsqu’elle est morte. Encore une chanson sur la mémoire, la disparition, le passé. ce n’est pas l’approche de la soixantaine, qui me fait avoir ces pensées. Dans « Suicidez-vous le peuple est mort » (1981) j’étais déjà la-dedans … »

Effectivement en 2006, dans le cadre de la promo « Taormina » MURAT  confie à THEFAINE que cet album est un hommage à Alexandra (la meilleure amie de Laure) et Jean-François, le bassiste du groupe CLARA, décédés au cours des mois précédents la sortie de ce disque.

Le 29 septembre 2010 MURAT  se confie au journal « La Montagne ». Il répond notamment à la question suivante : « L’amour, la mort sont des thèmes récurrents des textes de vos chansons. Selon vous, c’est ce à quoi la vie se résume ? ». 

JLM : Apparemment, il n’y a rien d’autre. Plus on avance dans la vie, plus on se rend compte qu’il n’y a que ça qui compte, notre façon d’envisager l’un et l’autre. Il n’y a rien de plus important que ça.

Mème si vous l’abordez de manière assez sombre, voire déprimante ?

JLM :  Ha non … mais on est tous pris la-dedans. On connaît tous des gens qui meurent, on voit la difficulté qu’ont les amis à affronter ça. On connaît des gens qui s’aiment, qui se quittent. Je crois que c’est central, l’axe même d’une vie humaine. C’est d’aimer et de savoir aimer. Je ne vais pas faire des choses sur la politique ou sur le changement climatique ! On peut toujours se faire plaisir en disant que le monde est affreux, qu’il faut absolument le changer, mais les leçons de l’histoire ont été tellement cuisantes … Les destins sont individuels et il faut donner le bon exemple aux quelques personnes autour de soi. Je ne suis pas un utopiste de la politique. je suis plutôt un pragmatique « proche environnement ». J’essaie de bien vivre et de donner l’exemple autour de moi ».

Si j’ai fait référence à cette interview c’est pour vous démontrer que MURAT  est cohérent avec lui-même. Il est loin d’être le fou furieux que l’on décrit.

(…)

« Dernière légion

Jusqu’au tombeau

Quitter ce monde

Comme un héros ».

(…)

« Moi le parti

On ne sait d’où

Risquer le pire

Aimer toujours ».

(…)

 Voici le perçu initial que j’ai eu de cette chanson :

 Un total de 127 mots pour 99 différents. Une véritable densité dans ce texte où verbe et adjectifs s’ajoutent les uns aux autres dans une course folle « risquer/pire » « aimer/toujours ». Même observation pour les noms communs et les adjectifs « art/silence » « monde/clos » « rondeur/monde » « jupon/court » « pleine/voile » « grand/beau » « champ/bleu » « orage/rouge sang » « prince/perse » « souffle/coupé » « langue/grecque » « crécelle/or ». Les mots foisonnent et parlent de la mort d’un être cher. Les souvenirs sont pourtant joyeux « sortit en mer en pleine nuit » « prendre la mer sans testament » « en jupon court » « te voir nue ». Ce récit nous parle d’un voyage en mer en pays d’Egypte « Ptolémée ». Beaucoup de nostalgie où foisonnent pourtant les mots joyeux, laissant transparaître de belles images « champ bleu » «à pleine voile ». En préambule sonnent d’autres mots plus sombres «L’ art du silence/Aura ma peau » « Dernière légion/Jusqu’au tombeau/Quitter ce monde/comme un héros ». Au bout du compte ce sont les images belles qui l’emportent « Aimer/Toujours ». Rejoignent le dictionnaire « muratien » « Ptolémée » et l’expression « coup-férir ».

Voici le perçu de Florence LOHEAC le 27 août 2013 … 

Cette chanson constitue un hommage à Alexandra, la meilleure amie de Laure, morte ainsi que son copain Jean-François dans un accident de moto en 2005 (je crois). Me fiant aux seules déclarations de MURAT je m’étais dit que cette chanson parlait de vacances communes en Egypte …

 Florence,  Muratienne « distinguée » et pleine de classe, non je suis sérieux … Florence donc,  nous donne un autre éclairage sur cette chanson. Voici ce qu’elle nous dit : « La chanson  parle des amours de Marc Antoine et Cléopâtre et de la fameuse bataille navale d’Actium en 31 av JC qui opposa la reine d’Égypte aux côtés de son amant à Octave, fils adoptif de Jules César. La bataille se solda par la reddition de Marc Antoine et la fuite de Cléopâtre et ce fut la fin de la guerre pour le trône. Les amants moururent un an plus tard, ensemble. Leur fils, Ptolemée fut élevé par Octavie, femme répudiée mais seule légitime de Marc Antoine ».

(…)

 » Ce monde est clos »

(…)

« L’expression est employée pour évoquer l’encerclement des bateaux ».

(…)

« Dernière légion

Jusqu’au tombeau

Quitter ce monde

Comme un héros ».

(…)

 « Ces vers s’appliquent à Marc Antoine » … 

(…)

« sortir en mer,

En pleine nuit,

rondeur du monde,

Alexandrie »

(…)

Voilà qui peut s’appliquer à des vacances de concitoyens d’aujourd’hui … Ce propos est le mien …

(…)

« En jupon court,

A pleine voile »

(…)

« Se rapporte à la navigation ». 

(…)

« Te voir nue

Comme un champ bleu,

Tenir la mer

En amoureux »

(…)

« Vaut pour la belle, l’ambitieuse et mystérieuse CLEOPATRE ».

 (…)

«  Àspic attend

Que sonne l’heure »

(…)

 « Se réfère à la mort de Cléopâtre par la piqûre d’un cobra en guise de suicide ».

 (…)

« L’orage rouge

Comme le sang »

(…)

« Evoque la mer ensanglantée ».

(…)

« Le bout du voyage

En Ptolémée ».

(…)

«  La dynastie dont est issue Cléopâtre ainsi que le nom du fils qu’elle a eu avec Marc Antoine ».

 (…)

« Souffle coupé ».

(…)

  « Se rapporte au suicide  de ce dernier personnage qui s’est jeté contre son épée ».

 Voici les conclusions fort à propos de Florence LOHEAC : « Ceci pour vous  dire qu’entre ce que dit ou veut bien dire M BERGHEAUD et la signification de ses textes….quelquefois , il y a un monde (un précieux monde sans nom !).

Merci  à Toi … Florence … 

***

… Haut Arverne …

« Grand lièvre » (2011).

MURAT confie à F. VERGEADE pour « Magic » : « Ma chanson préférée et celle qui me colle le plus à la peau. Il n’y a pas un poil de cul de jeu, elle est règlée comme une voiture de forule 1″. (…) « Moi j’habite dans le haut de l’Auvergne/L’homme captif a besoin d’aide ». (…) « Jamais l’âme ne rejoint le sang ». Le texte est d’une telle noirceur ». (…) « Je pense avoir fait du goudron ». (…) « A l’origine je voulais d’ailleurs l’intituler « Haut Arverne », mais j’ai finalement décidé de ne pas remttre une couche sur l’Auvergne ».

Pour « Libé » MURAT  déclare à son ami BAYON : « Haut Arverne, à chaque écoute je me sens tremblant comme une feuille. Je sors de l’arbre pour les foins ».

(…)

« Visible ou non tout cesse d’être

Destin d’amour

Destin d’amant ».

Comme pour les autres titres, voici mes premières impressions : 

 185 mots utilisés dont 133 différents. Que des mots simples pour nous parler de l’Auvergne. Pourtant ce texte ne se dévoile pas facilement. Vous arrivez au terme de la chanson et vous n’avez rien compris. C’est du … « Bayon »… Tous les mots recèlent les images de l’enfance du p’tit Bergheaud. « L’heure de la verdure fraîche » c’est l’herbe que l’on apporte au bétail. Faire manger les bêtes, les aider à bien vivre, à supporter les rigueurs du temps est ce qu’il y a de plus important en ce pays de montagne. Chez le paysan Auvergnat pour l’ensemble de la famille, le « taureau » occupe une place particulière, privilégiée. Le « taureau » constitue la fierté de son propriétaire. Les enfants de la ferme l’admirent. Dans le village on parle du taureau du père « François » et de celui d’ «’Emile » … Le père n’a de cesse de soigner l’animal, de le briquer aux fins qu’il soit digne de « ses dames » et que les éloges qu’on en fait rejaillissent sur son propriétaire et l’ensemble de la famille. Entre enfance et adolescence, les attributs masculins du « taureau » sont selon le cas, source de méditation, d’admiration ou d’interrogation pour l’enfant de la ferme. Le p’tit Jean-Louis n’aura pas fait exception à la règle. Ce « taureau » fait partie intégrante de la famille. Il assure la pérennité du troupeau, il est source de chaleur … En ce monde, ne pas pêcher « demeurer pur »n’est pas une mince sinécure … la liberté nous poussant au péché selon des dogmes fixés par le curé du village « la voix du seigneur » qui est tellement restrictive … Le p’tit Bergheaud est un grand « timide ». Il regarde les filles entre envie, délectation et restriction. Sera-t’il à la hauteur ??? Non cette fille n’est pas pour moi ??? L’odeur du fumier … Avec le temps on gagne en assurance. « Plus tout vieillit » … moins on sait se faire une raison … « le coeur se soigne à la torture »« L’harmonium » représente les chants et les préceptes religieux et leur cortège d’interdits. En réalité, en définitive, en amour réussite ou pas, échec ou bonheur, le « destin » décide de tout ou presque. On dit « c’était écrit » …. « destin d’amant » … « destin de chose » … Trois mots ont retenu mon attention « captif » « amant » et harmonium » …

 

 ***

… Je voudrais me perdre de vue …

« Grand lièvre » (2011).

Le 22 septembre 2011 sur « RTL.be » il est écrit qu’au travers de cette chanson : « MURAT y avoue : son envie d’être un autre ».  Aussitôt le chanteur renchérit : « Mais je ne pense pas qu’on puisse changer. S’améliorer oui, mais on est qui on est, c’est la fatalité ».

 (…)

« Je voudrais me perdre de vue

Finir le pain d’un long exil ».

(…)

 Pour « Magic » sous la plume de Franck VERGEADE  il confie : « Ma dépression du moment d’écriture de l’album. J’étais au fond du trou ».

(…)

« Je voudrais me perdre de vue

Dans un simple chant de berger ».

(…)

 

A Patrice DEMAILLY du journal « Nord Eclair » il déclare : « J’ai beaucoup de mal avec moi-même. je me connais tellement bien qu’il y en a marre de ressentir le soi-même stéréotypé et génétique. J’ai tout essayé. j’ai changé de nom » … DEMAILLY  l’interrompt : « Vous vous sentez inadapté à la société ? » Ce à quoi MURAT  répond : « La société est une folle. je ne vois pas pourquoi il faudrait qu’on s’adapte à une folle. Elle est égocentrique, maniaque, dépressive mais folle d’elle-même surtout ».

(…)

« Je voudrais me perdre de vue

Venir d’une  source étrangère

Sortir d’un sommeil profond

Inaccessible à la tristesse ».

(…)

Ci joint mon perçu  inséré dans le « Dico » :

 211 mots utilisés dont 107 différentssoit un ratio de presque 50% ce qui n’est pas courant chez MURAT. MURAT/BERGHEAUD … lequel aime le moins « l’autre » ??? « Je voudrais » : « ouvrir mes tubes de couleur » « Sortir d’un sommeil profond » « ne plus être contraint de vivre au rythme dolent de nos jours » « pouvoir regagner les prairies/avant la tombée de la nuit ».Qui parle ansi MURAT ou BERGHEAUD ??? Un mot résume l’ensemble c’est « clinique »qui (en langage poétique) remplace « malade ». Il y a toujours quelqu’un de MURAT à BERGHEAUD qui reproche à « l’autre » son manque d’insouciance. Savoir se satisfaire de « choses simples »sans se poser de questions, profiter tout simplement de la nature Auvergnate qui est si belle ! Le voisin ??? C’était Emile et son bon sens paysan. Le voisin ??? C’est le jeune paysan qui s’est pendu l’année dernière faute de pouvoir payer ses dettes. MURAT/BERGHEAUD n’aspirent qu’à des choses simples … des « riens » qui font qu’on « est bien ensemble ». C’est s’enquérir du voisin, de ceux qui vous entourent. C’est « comme lorsqu’il était enfant » que MURAT n’existait pas. Ce bonheur avait un nom : « Lecreux » … la ferme de François et de la grand-mère … les taureaux, les animaux de la ferme qui tenaient chaud l’hiver … C’étaient les corvées du jeudi ou le p’tit BERGHEAUD avec sa brouette chargeait le fumier pour le transporter dans les jardins des voisins … Que des mots simples. Deux ont retenu mon attention « requis » et « dolent ».

***

… Vendre les prés …

« Grand lièvre » (2011).

Dans la « Tribune de Lyon » MURAT  explique à Vincent RAYMOND les motivations qui l’ont conduit à écrire une chanson comme « Vendre les prés » qui traite de l’exode rural. MURAT  ne parle pas que de désertification, il y voit autre chose … : « Personnellement, c’est la décadence morale que je vois dans l’abandon des terres, une déchéance immorale et mémorielle. Ce n’est pas la fission de l’atome que je crains, mais celle de la détermination et du sens de l’avenir. C’est peut-être un gros mot, mais les chansons sont soutenues par des grands mots. L’exode rural ce n’est plus que l’exode rural. C’est un éloignement des racines qui amène une sorte de folie. Aujourd’hui, 80 % des gens vivent dans les villes. Imaginez ce que ce sera à 90 % ». 

Pour « Magic » MURAT déclare à Franck VERGEADE : « Je parle là de l’exode rural et pas seulement français ». (…) « Chez nous, il y a de moins en moins de troupeaux, les forêts poussent, le paysage n’est pas entretenu. Un beau jour, comme au Japon, on va devoir subventionner des jeunes pour redevenir agriculteurs. C’est le monde à l’envers ».

Dans le journal « Nord Eclair » sous la plume de Patrice DEMAILLY l’Auvergnat  se targue de chiffres : « C’est un constat à l’échelon mondial. En France, c’est plié depuis longtemps. la fin de l’agriculture était déjà scellée vers les années 60. Cela commence après 14-18 : on est passé de 35 million de Français paysans à 7 millions en 45. Aujourd’hui ils sont 200 000. Dans 30 ans, 85 % de la population mondiale sera dans les villes. Une folie douce ! »

  (…)

« Voilà monde moderne

Et son cul plein de boue

Accusant la montagne

D’être obstacle à la joie ».

(…)

Ferme en vente … et à l’abandon …

ferme-300x225

Voici mon perçu initial :

253 mots utilisés par MURAT pour 146 différents. Chanson poignante. Comment pourrait-il en être autrement quand un paysan n’a d’autre choix que de « vendre sa terre ». Pire encore puisque le plus souvent c’est celle des ancêtres. Pour un agriculteur il ne peut y avoir plus terrible traumatisme. C’est faillir aux espoirs mis en soi par les « anciens » … faillir à tout ce que l’on attendait de la vie. La peur de devoir quitter cette terre se propage sur l’ensemble de la famille (enfants compris). Il faut trouver les « sous » pour éviter la débâcle. A table on ne parle que de ça. Les enfants ne sont pas sans savoir les périls que court la famille … « Les yeux semblent traqués/Comment nourrir les bouches ? » Quoi de plus terrible pour un paysan que de ne pouvoir subvenir aux besoins des siens … de ne pouvoir nourrir sa propre famille ??? Ne pas dormir la nuit … ne plus dormir la nuit … les yeux dans le brouillard. Travailler, travailler toujours, ne pas compter les heures mais avoir la tête ailleurs … Compter et recompter … le moindre sou … ceux que l’on espère engranger et ceux que l’on sait devoir au Crédit Agricole. Telle est la vie de nombre de paysans aujourd’hui, qu’ils soient d’Auvergne ou d’ailleurs. « Les filles à marier/Et le linge à broder »Par ces paroles MURAT évoque les projets pour demain, ceux que l’on fait pour ses enfants. Mais comment aborder sereinement l’avenir pour ceux que l’on aime, alors que le lendemain se révèle être si sombre ??? « Enfants d’histoires d’amour/Enfants de la liqueur » A la campagne, dans nos fermes avant, boire un p’it coup, un ch’tit canon » faisait partie du quotidien. La liqueur amène de la chaleur … cet exotisme que les travaux de la terre ne procurent guère. On coupe les blés, on boit une larmiche et on s’envoie en l’air avec Suzanne ou Marie … femme ou bonne … légitime ou pas. Cela se fait dans « la bruyère inconnue », dans le foin de la grange ou sur l’herbe des prés … « Tiens nous v’l l’ivre mort » Inventé par MURAT … une contraction de « livre » et de « ivre ». Le p’tit BERGHEAUD né à la culture par le dictionnaire et pour qui, l’ivresse et les rugissements de François le grand-père sont le quotidien. Dans ce monde les « je t’aime » ne se disent pas. Ils se lisent dans les yeux. Dieu sait combien BERGHEAUD a adoré cet homme qui pouvait être violent. Dieu sait combien les silences de ce vieil homme étaient synonymes d’amour pour ce petit garçon rêveur … aux yeux si bleus … aux yeux si verts … Trois mots ont retenu mon attention « cul-terreux » « prudement » et « pétrin » ainsi qu’un juron « Nom de Dieu » … qui porte toute la colère du monde.

 

***

… Le champion espagnol …

« Grand lièvre » (2011).

Dans le cadre de la campagne promo dans les colonnes de « Serge »MURAT explique à Patrice BARDOT  le pourquoi de cette chanson : « J’ai une faiblesse absolue pour les champions. le dopage ça n’existe pas ». (…) « Supprimez le dopage la hiérarchie reste la même ». (…) « Si tu juges les performances humaines en te demandant si le mec a pris des adjuvants ou pas, tu deviens complètement dingue. Si tu empêches BALZAC  de boire soixante dix cafés par jour, eh bien, le Père Goriot, il ne le publie plus. Tu interdis aussi RIMBAUD parce qu’il tournait au shit 24/24. Et si tu enlèves la dope tu n’as pas le jazz. je suis pour le dopage ». (…) « Nous avec les musiciens, nos meilleurs concerts c’est quand on est chargé comme des mûles ! (rires). Dans la musique je ne connais que des mecs chargés et je n’aime que des mecs chargés. : si tu mets GAINSBOURG à l’eau, ça devient Jean-Jacques DEBOUT ! ».

Pou « Magic » l’Auvergnat déclare à Franck VERGEADE : « J’aime tous les champions, ils sont irrésistibles, les grands champions sont des futurs héros. C’est comme si j’avais l’occasion de voir Achille ou  Ulysse en action. D’ailleurs j’avais transformé PLATINI  en Achille à Mexico (ndlr, un titre figurant sur une compilation « Amour Foot » 1998). J’aurais aimé être un champion. Cette année je suis allé voir le Tour de France, qui passait à côté de chez moi. Mes enfants chantaient à tue-tête « Cadel Evans est un suceur de roue » (sourire). J’aime les héros : Saint Anquetil, saint Hinault, saint Lance (qui n’est autre que l’abréviation de Lancelot) ».

 « Le champion espagnol »

(…)

« Sur la route du ciel »

(…)

« Le maillot jaune en tête »

Le vainqueur espagnol

Figure d’éternité

Vient renforcer mes bords ».

(…)

Fédérico BAHAMONTES  …

bahamontes_f19-276x300

Je vous livre mon perçu initial :

 201 mots utilisés dont 147 différents. Cette chanson est autant un hommage à l’Aigle de Tolède surnom donné à Fédérico BAHAMONTES, qu’une résurgence des images de l’enfance et de l’adolescence de JL BERGHEAUD. En eftet, longtemps ce dernier s’est vu dans la peau d’un champion, d’un héros et Fédérico faisait partie de ceux qu’il admirait. Il faut reconnaître qu’il avait belle allure l’espagnol lorsqu’il escaladait la montagne. Pour le jeune BERGHEAUD tous ceux qui participent au Tour de France sont de véritables héros des temps modernes. Plus encore, lorsqu’ils gravissent les grands cols en tête. Les images sont légères : « Le champion espagnol » (…) « Précédé de motos » (…) « Sur la route du ciel » (…) « Aux portes des villages/A la faveur du vent/Sur les pentes légères/Pense à son temps compté/Le maillot jaune en tête/Comme un chien affamé » (…) Jean Louis a 14/16 il écoute les exploits de ces champions sur le transistor de sa mère. Avec les copains du village, ils font des courses de vélo, chronomètre en main. Il rêve d’être ce « Dieu » qui vire en tête au sommet du « Tourmalet ». Il a choisi « Bahamontes » … « figure d’éternité » …Il aurait pu opter pour Jacques ANQUETIL pour qui il voue une admiration sans borne. Anquetil toujours vainqueur, « beauté glacée » qui cachait tant de timidité ! Jean-Louis doit acheter « Miroir Sprint » … Il connaît tous les champions de l’époque de Rick Van Loy à Rudi Altig … (C’est le début de la mondialisation et personne ne s’en rend compte) … Mais le rêve s’arrête là, la réalité reprend ses droits. Il dit : « Mais chercher l’aventure/Au plus profond des mots/Chercher sans gouvernail ». Pire encore, l’époque vire au cauchemard : « Parmi ces charlatans/Quel est celui qui compte/Dans ce trop vieil Empire/Où est donc ton cheval/Vassal des bénéfices ?» Une question : « Qui pour renforcer mes bords ? » et … au bout du compte : « carton rouge ». Enfin, deux interrogations: « Fach fol vi fon » et « Ro to fa qui »… C’est qui ??? C’est Quoi ??? C’est MURAT et sa part d’insondable. C’est un poète … le seul qui nous reste !

 

 ***

… Les rouges souliers …

« Grand lièvre » (2011).

Une chanson choisie pour constituer le 1er single de ce nouvel album. Pour ce qui me concerne : j’aime bien, notamment le rythme. L’auteur quant à lui est plus perplexe. Voici ce qu’il déclare à Franck VERGEADE  pour « Magic » : « J’ai mis cette chanson sur l’album sur l’insistance de tout le monde ». (…) « Une chose est certaine, je ne l’écrirai plus aujourd’hui. Je trouve le texte un peu trop facile et cynique à mon goût. Musicalement, en revanche, elle me plaît beaucoup ».  

Dans les contes de GRIMM ou de PERRAULT, la chaussure symbolise le sexe féminin. La couleur rouge marque l’entrée dans l’adolescence avec les premières règles. MURAT dit avoir été marqué par les contes pour enfants … ceux qu’il récite à Gaspard et Justine avant qu’ils ne ferment les yeux. Difficile dans ce cas de ne pas faire la relation avec les « rouges souliers » d’ANDERSEN … L’héroïne Karen est pauvre. Elle marche les pieds nus. Le jour de l’enterrement de sa mère elle porte des chaussures rouges. La jeune adolescente est mal à l’aise de devoir porter des chaussures aussi rutilantes en une telle circonstance. Les « rouges souliers » ??? Les questions d’un père qui déjà voit grandir  … sa petite fille ??? Je ne sais pas ??? Je ne suis sur de rien !

(…)

« De la neige où j’ai grandi

A l’idéal tout petit ».

(…)

« Toute idée qui m’élève

Ressemble alors à la forêt »

(…)

Les rouges souliers d’Andersen …

andersen

Mon perçu initial :

 146 mots utilisés dont 100 différents. J’attends de lire les interviews de JLM pour connaître la véritable significations des « rouges souliers ». Légende indienne ??? Conte pour enfants ??? N’ayant aucune certitude je préfère m’attarder sur la remarquable qualité d’écriture du Brenoï. Ce titre n’est qu’une succession de phrases superbes dont MURAT a le secret : « Etre amoureux de toi/Pour qu’on s’occupe de moi » « Les choses à vivre ici/N’ont jamais nom de paradis » (…) « Toute éponge gorgée d’eau/Se croit la forme du beau » « Je pense à cette idée bleue/Je vole dans la nuit des Dieux ». Les mots sont simples. Un seul rejoint le dictionnaire « Muratien » il s’agit de « gourbis ».

 ***

 … La lettre de la pampa …

« Grand lièvre » (2011).

L’article de Franck VERGEADE pour « Magic » est vraiment remarquable. Il n’est pas courant que MURAT  donne ainsi les clefs de toutes ses chansons. Pour le dixième et dernier titre, les explications de MURAT  éclairent le texte d’un jour nouveau : « Comme je le dis souvent, je ne sais pas où me mettre, j’ai l’impression qu’il n’y a pas de lieu approprié sur terre. Je suis à l’Ouest, voire au Sus-Ouest ou dans la pampa. Artistiquement ou musicalement, je ne sais pas où me situer dans le paysage français. Depuis que je suis tout petit il n’y a jamais eu de place nulle part pour moi ». (…) « C’est un peu l’idée de la chanson. Je tenais aussi à commencer et finir l’album en parlant du travail. La valeur du travail est une notion essentielle ». (…) « Le travail est finalement mon seul lieu de séjour. En dehors de ça, j’ai toujours l’impression d’être un étranger. Et ce n’est pas à un âge canonique que cela va changer ». 

« Depuis que je suis tout petit … » cette phrase en dit long sur l’état d’esprit de l’artiste. On y retrouve :

  • Le petit garçon qui chaque jeudi traînait sa brouette de fumier pour gagner un peu d’argent …

  • celui que les filles repoussait parce qu’il sentait mauvais …

  • celui qui passait sa journée, au cul des vaches à ne dire mot …

  • celui  dont le papa avait quitté la maison, la maman n’ayant d’autre ressource que de le confier Jean-Louis … à ces aïeuls d’un autre âge …

  • celui qui pour seul loisir n’a connu que le travail …

  • celui qui écoutait le transistor de maman en cachette dès ses 15 ans …

  • celui qui, de devoir aller en ville, s’allongeait sur le plancher de la voiture et vomissait son dégoût du citadin …

  • celui humilié à 5 ans par des camarades l’obligeant à embrasser un amour d’enfance …

(…)

« Quelle paix intérieure – Dieu quelles promenades

Toutes les sensations viennent de mon travail ».

(…)

« Jouir et puis manger me font pertes inouïes

Comme me donnent raison ces sales évènements ».

(…)

 Voici mon ressenti initial de ce 10ème titre :

 Un total de 152 mots pour 119 différents.Très peu de mots compliqués pour nous parler de ce voyage dans la pampa. Une phrase à mettre en exergue : « Toutes les sensations viennent de mon travail ». JLM nous parle de « l’Europe »qu’il avait en estime dans un premier temps. Il en a même fait une chanson pour Julien CLERC lequel ne l’a jamais chantée. Pour MURAT comme pour beaucoup de gens de la campagne, « l’Europe » et ses technocrates est source de tous les maux. Il dit : «L’Europe est le désordre qui tourmente à son gré ». Une façon de dire qu’au lieu de régler les problèmes et donc faciliter la vie de ceux qui travaillent, « l’Europe » n’a de cesse de compliquer les règles  … Une fin de chanson et donc d’album en forme d’au-revoir : « Les travaux, la maison me font beaucoup de bien/Je ne crains pas l’hiver ». Il signe même « Bien à toi/jlm » !!! Deux mots font leur apparition dans le dictionnaire « Muratien » : « jouir » et « échafaud ».

 

 ***

… Ne t’attends qu’à toi seul …

« Grand lièvre » (Inédit figurant sur le 33 tours/2011). 

Murat n’a à ma connaissance donné aucune explication à ce texte. Je vous livre donc mon perçu. Ai-je raison ??? Ai-je tort ??? Qu’importe chacun pouvant s’attribuer les chansons de MURAT  selon son vécu personnel, ses origines … son enfance …

(…)

« Ne t’attends qu’à toi seul 

En instinct de jouir

 Cours comme à la plage

 Vers la rangée de filles

Ne t’attends qu’à toi seul

Sinon c’est le martyre

La passion comme fin

Traverse les cimetières

Ne t’attends qu’à toi seul

Chaque chambre est commune

L’amour en est la cause ».

(…)

323 mots utilisés dont 170 différents. Une chanson dense comprenant 16 fois la phrase « Ne t’attends qu’à toi seul ». Une autre façon de dire qu’il ne faut compter que sur soi pour être heureux, ne pas être malheureux, se sortir de l’ornière … Un adage que JLM s’applique à la lettre semble-t’il. Une phrase que je trouve merveilleuse : « La fente du volet/Est une vaste plaine » pour qui veut bien se donner la peine d’y jeter un oeil. Une forme d’invitation à la curiosité pour tout … la lecture, la peinture, la musique … Aller voir ailleurs … ne pas avoir peu de l’inconnu. Deux mots ont attiré ma curiosité : « salope » et « gibet ».

Dans les colonnes du magazine « Grand Seigneur«  (2012), le chanteur Auvergnat répond à cette question du journaliste Olivier MALNUIT :

O.M.  : La chanson  « Ne t’attends qu’à toi seul » sur le « Grand lièvre », c’est un rejet du couple  ? » 

JLM : Oui, le couple ne ressemble à rien. Même un couple très amoureux. Le salut n’est pas dans le couple. Le couple est un état intermédiaire pour faire des enfants. Moi, avec ma femme, on tient admirablement parce qu’on est d’accord la-dessus. Et pourtant, c’est une vraie parisienne macro-bio, alors qu’elle peut me cuisiner du sanglier pendant deux jours ». Ca c’est un vrai signe d’affection ».

***

… Si je devais manquer de toi …

« Cheyenne Autumn » (1989)

Indéniablement, il s’agit du titre le plus chanté par Jean-Louis MURAT  au cours de sa carrière, notamment lors des concerts. Longtemps j’ai pensé qu’il pensait et parlait de … MARIE ou d’une autre femme connue de l’Auvergnat  … mais que nenni. La réponse je l’ai trouvée dans un article écrit par Régine CERFONTAINE  qui date de 1989 pour le mag « Le Vif/L’Express ». MURAT  déclare  : « Le toi dans la chanson c’est en l’occurence cette habitude assez douloureuse mais assez exaltante de faire des chansons. Si je devais un jour vivre sans écrire, ce serait la peur de n’avoir rien à dire ». 

Dernièrement MURAT  révélait : « ne pouvoir chanter que des mots auxquels il pensait profondément ». C’est pourquoi, il s’abstenait en concert de chanter certaines paroles, préférant les remplacer par des « lalala … ». Ce ne sont pas les termes exacts, mais l’idée essentielle est résumée dans cette phrase.

Voilà qui dénote parfaitement la personnalité de MURAT. Toujours en 1989 il déclare à Christian FEVRET pour « Les Inrockuptibles » : « Quand je fais un disque je ne pense qu’à moi ». (…) « Quand je fais des chansons, je cherche ma vérité. La vérité que je porte est mon seul souci ». A présent lorsque je regarde chanter tel ou tel à la télé … je le regarde avec un oeil différent. Je cherche à percevoir s’il pense ce qu’il dit … s’il chante ce qu’il pense … ou s’il chante la ritournelle pour plaire à son public, le caresser dans le sens du poil (???). Le plus souvent c’est le cas. Pire encore … puisque le playback  est roi … Sur scène MURAT  fermes fréquemment les yeux … Il est habité par ses chansons … Et dire que certains (critiques notamment) … prennent cela pour du mépris envers son public …

Le titre « Si je devais manquer de Toi » … suit MURAT  depuis « Cheyenne ». En 1994 il l’a chanté  sur « RTL » – au « Casino de Paris » – sur « Europe 1″ – sur « France Inter » dans l’émission « Pollen » – … le 20 décembre 1998 au « Divan du monde » … le 22 novembre 2000 à « La Cigale » … Le 4 février 2006 à Romont … le 17 août 2007 aux Sables d’Olonne … le 11 avril 2009 à Nice …

Voilà de la constance … de la cohérence … L’écriture … c’est ce qui nous permet (depuis 30 ans) …  d’avoir la chance de profiter de cet artiste  essentiel qu’est MURAT.

« Si je devais manquer de toi »

(…)

« Toi l’encolure de mes chansons »

(…)

« Si je devais manquer de toi

Autant me priver pour toujours

Des bords de Loire au point du jour

De la douceur de ton amour ».

(…)

Cette chanson est essentielle dans la discographie de MURAT. Elle marque sa relation à l’écriture, son amour des mots et de la langue. MURAT ne vit que pour ceux qui l’aiment et pour les mots qui remplissent sa vie …  

En 1991 Christian FEVRET dialogue avec MURAT  :

C.F.   : On peut avoir l’impression que tes chansons ne te servent plus d’instrument pour dompter les sentiments, mais, qu’au contraire, elles s’en nourrissent. Qu’au début, elles étaient là pour mettre du baume sur les douleurs et qu’elles sont maintenant devenues raison d’être. C’est presque « Si je devais manquer de toi » … je ne pourrai plus écrire de chansons.

JLM : Non, ce n’est pas presque, c’est tout à fait ça. Je ne parle pas d’une personne en particulier, bien sûr. Ce sentiment là est indéfinissable, mais si ça devait être coupé,  je meurs dans l’heure qui suit, je ne sais pas comment j’arriverais à tenir debout. Lorsque je dis ça, ce n’est pas une pose … Je crois que je ne tiendrai pas une heure si on m’enlevait ça. »

***

 … Johnny Frenchman …

« Passions privées » (1982)

« Attends que la crinière

pousse au lionceau

Le sexe imaginaire

Dans le cerveau ».

(…)

« C’est la guerre de cent  ans inachevée

J’ai le complexe dit du perroquet ».

« Je suis Johnny Frenchman

Je suis Johnny Frenchman

Johnny Frenchman … »

Chaque fois que MURAT prononce le mot « Johnny » dans une chanson c’est de lui qu’il parle … Voilà le premier postulat …

En 1991, dans le n° 31 des « Inrockuptibles » Christian FEVRET  lui demande : « Faites-vous des complexes vis à vis des anglo-saxons ? » Il répond : « Dans « Johnny Frenchman », (…)« je dis « Attends que la crinière pousse au lionceau« , je parlais pour moi. Cette chanson était au départ une lettre ouverte à COSTELLO, car j’avais lu une interview où il nous traitait de minables. C’était à l’époque des Pales Fountains : d’un seul coup je sentais quelque chose de neuf, que je pourrais aller dans cette direction. Je voyais les anglais comme des voyageurs modernes, avec une langue invincible mais je leur disais : « Attends que la crinière pousse au lionceau », je sentais qu’il faudrait du temps. Ca peut s’apprendre, il faut avoir des connaissances en art poétique, aimer la grammaire, le vocabulaire; écouter beaucoup de musique, trouver son rythme à soi, ne pas se précipiter. J’avais conscience de partir de très loin. Un peu comme le retard de la Renaissance Française sur la Renaissance Italienne ».

En septembre 1999, dans le cadre de la promo « Mustango » le  Brenoï est rattrapé par le compexe « Johnny Frenchman« .Cécil DEJOUX pour « Nouvelle Vague » lui pose cette question : « Dans « Passions privées »,  une réponse indirecte à Elvis COSTELLO qui se moquait des chanteurs Français, vous chantiez « Attends que la crinière pousse au lionceau ». Le fait de réaliser et album aux Etats-Unis est-il pour vous une sorte d’accomplisement, votre passage à l’état de musicien adulte ? ».

JLM : (Rires) C’est vrai oui. Je pense avoir suffisamment de « poils dans la crinière » (rires) pour aller me frotter aux américains ».

***

… Ami, amour, amant …

« Muragostang » (2000).

En 1999 Joël METREAU interviewe MURAT sur le sujet « Ami, amour amant » … Il lui pose cette question : « Vous qui explorez les rapports amoureux comment définiriez vous un bon amant ? » Ce à quoi le chanteur Auvergnat  répond : « J’ai fait une chanson sur scène où j’en parle. Ca rappelle « amour, amant, ami ». Il me semble que l’être parfait, un homme qu’on peut aimer, il doit être les trois à la fois : amour, amant, ami. Dans un rapport affectif, il faut savoir être très performant en amitié, parce que parfois la demande qu’on reçoit est amicale, il arrive aussi que ce soit une demande amoureuse et caressante. le côté amant c’est beaucoup plus sexuel, c’est lié aux circonstances ».

 (…)

« Sans paravent

En mélodie

Aux qutre coins De la vie

Tour à tour

Fidèlement

Ami, amour, amant ».

(…)

 ***

Achille à Mexico …

« Compilation Libération – Amour Foot » (1998)

Il s’agit de la seule chanson de MURAT  qui aborde le football. MURAT  a longtemps été passionné par ce sport collectif. L’argent y pue tellement qu’il s’en est éloigné pour ne plus s’intéresser qu’à des matchs de niveau régional. S’agissant du haut niveau la « Liga » a sa préférence. Comme on le comprend  !!!

Mais revenons à cette chanson « Achille à Mexico« . Il s’en explique en 2005 dans un article signé « P.A. & J.B » pour « So Foot » : « Les gens n’avaient pas compris, mais bon, c’est un truc de spécialiste. PLATINI avait mal au tendon d’achille à la coupe du monde 86. Sachant qu’une grande équipe est d’abord un grand joueur, sans cette blessure on aurait été champions du monde et personne ne nous aurait cassé les couilles en 1998. Donc « Achille à Mexico » … il y avait quelque chose d’homérique en 86″. 

« Le genre humain, tous les oiseaux

Dans le ciel bleu de Mexico.

Tout devenait si personnel entre eux et nous

C’est l’unité, il faut me croire.

(…)

« Attention MULLER

Non on ne passe pas non AMOROS.

Les petits sachets d’eau sur le terrain

Et ZICO qui s’échauffe

Et le petite balle la petite balle

Rebondit sur le terrain ».

(…)

« Dans le ciel bleu de Mexico ».

(…)

« Solennité il faut me croire ».

(…)

Je revois encore les images … C’était il y a un siècle …  MULLER  est l’attaquant redouté de l’équipe d’Allemagne … AMOROS défenseur gauche de l’équipe de France … joueur au grand coeur … ZICO …  « BRASIL » … fabuleux technicien paré de jaune … Comme MURAT  j’aimais encore le foot … Aujourd’hui je n’aime du foot que celui appris aux enfants. Le monde du « ballon rond » me révulse. Ces gens ne parlent que fric, ne vivent que fric.

Au cours de cet interview décernée à « So Foot« , MURAT  évoque les parties de football pratiquées avec ses copains des « Rancheros ». A la question posée de savoir à quelle place il joue sur le terrain il répond : « Moi, la seule question de base, c’est le complexe de l’échec, c’est à dire que si on est archi-dominé, je passe en défence centrale, si on domine je passe devant. On peut faire l’analogie avec la musique. Les batteurs font les bons gardiens de but. Les solistes aiment bien jouer devant. Les bassistes n’aiment pas trop le foot ». (…) « Quand je joue, de toute façon, c’est moi qui dirige les manoeuvres, j’ai une vision d’ensemble, je suis d’emblée PLATINI, un peu BECKENBAUER, un peu PELE ».

Tout MURAT, tout BERGHEAUD  est résumé dans ces quelques lignes …

MURAT  voue une vraie admiration pour PLATINI, vrai capitaine, joueur talentueux et intelligent. En comparaison il dit de ZIDANE qu’il a : « Le Q.I. d’une courge ». Ce en quoi il a parfaitement raison.  Il dit même, toujours pour « So Foot » (2005)  : « ZIDANE est nul … parce qu’il n’est pas un grand capitaine ».

Dans ce même article il égratigne la génération championne du monde qui ne trouve pas grâce à ses yeux. Il déclare donc : « En 98, ils avaient besoin de JACQUET, un type qui leur dit des trucs de blaireaux puisqu’ils ne sont perméables qu’à des raisonnements de blaireaux ».

Coupe du monde 88… but de Giresse contre l’Allemagne

coupe-du-monde-1988-300x211

***

 … J’ai un coeur trop laid …

(Bonus sur la vidéo « MURAT  en plein air » et Inédit diffusé sur le site jlm.com).

Ce titre est adapté d’un poème à la Vierge du XIIème ou XIIIème siècle signé du mystérieux THIBAUT d’Amiens. MURAT s’est souvent vu dans la peau d’un trouvère ou d’un troubadour. Ce titre est donc un hommage à ce trouvère Picard.

Les trouvères sont des poètes du Nord de la France au Moyen Âge (du XII au XIVème siècle). On les appelait aussi vulgairement  jongleurs. Les trouvères composaient en langue d’oil des chansons de gestes, romans, contes, ballades … avec leur accompagnement musical. Le trouvère se fixait généralement auprès d’un grand Seigneur et mécène.

Trouvère signifie : trouveur, inventeur et répond dans la langue d’oil, à celui de troubadour dans la langue d’oc.

Les trouvères ont été particulièrement encouragés et protégés par les ducs de Brabant, les contes de Champagne et de Flandres. Ils ne jouissent pas du même prestige et de la même considération que les troubadours. A l’inverse de leurs confrères du midi, les trouvères sont pauvres pour la plupart et beaucoup d’entre eux vivent ignorés, tirant un mince profit de leurs oeuvres, que les jongleurs de gestes exploitent en les chantant ou en les multipliant par la copie. Souvent l’oeuvre d’un trouvère se borne à refaire un poème déjà fait où à le compléter. Presque toutes les chansons de gestes qui nous sont parvenues sont le fait de poètes dont on ne connaît pas le nom. Quand leur nom est connu il est difficile de réunir quelques indices sur leur vie.

Thibaut d’Amiens est le confrère de Colin MUSET  cité par MURAT  dans l’une de ses chansons : « La surnage dans les tourbillons d’un steamer ». Les trouvères les plus réputés ont pour nom : RUTEBEUF, Charles d’Anjou …

- I -

  »J’ai un coeur trop laid

Qui souvent mefait

Et peu s’en émaie ;

Et le temps s’en va,

Et je n’ai rien fait

Ou grand fiance aie

Assez ai musé

Et mon temps usé,

Dont j’attends grief paie,

Si par bonté

La fleur de pur’té

Son fils ne m’apaie ».

 

 - II -

  »Mon coeur est trop vain

Et vil et vilain

Et gai et volage

Il n’est mie sain

Ains est faux et feint

Plein de grands outrages.

Il est hors de sens,

De pauvre pourpens,

De mauvais usages.

Un chétif dolent,

Paresseux et lent

Obscur et ombrage ».

 

 

- III –

   »Il est fol à droit

Qui assez accroît

Et rien ne veut rendre;

Souvent me déçoit,

Tels présents reçoit

Qui le fait méprendre.

Bien sait en muser,

En rire, en jouer,

Sa cure dépendre,

Mais en bien pleurer

Ni en bien orer

Ne sait-il entendre ».

 

 

- IV -

« Il veut peu veiller

Et peu travailler

Et doute poverte

Il veut peu prier

Et veut grand loyer

Avoir sans desserte

Il veut sans semer

Assez moissonner,

C’est folie aperte.

Nul ne peut trouver

Grand fruit sans oeuvrer

En terre déserte ».

-V-

He, Dieu que ferai !

Comment finirai

Au jour de juïse ?

Comment conterai

Au juge verai

Au roi de justice ?

Nul conseil n’y vois

Si ne m’en pourvois

Devant celle assise :

Qu’a donc pri’ pour moi

La mère le roi

Par sa grande franchise ».

- VI -

« Helas, je comment

Par lequel hardement

Requerrai s’aïe,

Quant à escient

Et mauvaisement

L’ai tant mésservie !

Je m’enhardirai

Et si lui dirai :

« Très douce Marie,

Je m’amenderai

Et vous servirai

Très toute ma vie ».

- VII -

« Ma vie, m’amour,

Ma joie, m’honneur,

Ma paix, ma lumière,

Qui de vrai secours

Faire aux pécheürs

Etes coutumière,

Mon coeur méhaigné

Mets à votre pied,

Noble trésorière,

Faites le haitié,

Vous qui de pitié

Etes bouteillère ».

- VIII -

« Pucelle royaux,

Reïne loyaux,

Mère débonnaire

Précieux vaisseaux,

Esmerés cristaux,

Pleins de saintuaire,

Temples aornés,

Trés enluminés

De grands luminaires,

M’âme confortez,

Douce qui portez

Le doux laituaire ».

- IX -

« Celle de pigment

Que fait doucement

Le coeur sobre vivre,

Clef de l’oignement

Qui la morte gent

Peut fait revivre,

Grande est votre odeur,

Et votre douceur,

Nul ne peut décrire

Comm’ la votre amour

Humble pécheür

Volontiers délivre »

 

- XX -

« Tres nobles palmiers,

Tres doux oliviers

Pleins de médecine,

Très gentils rosiers,

Et souefs eglantiers

Qui n’a nulle épine

Délicieux cyprès,

Que loin jette et près.

Odeur si très fine,

Purgez m’âme adès

Et la tenez près

De votre doctrine ».

- XI -

« Arbre de haut fruit

Qui a notre nuit

Apportâtes joie

Moult à cil déduit

Et seür conduit

Qui à vous s’apoie

Tres sainte clarté

Qui les égarés

Ramenez en voie

Ne me trépassez,

Voir’, j’aurais assez

Si je vous avais ».

- XII -

« Etoile de mer,

A mon coeur amer

Ne soyez amère.

Seigneur l’entamer

A vous bien aimer

Belle douce mère

Par Dieu car m’oyez

Et si ne soyez

Vers moi si amère :

Clarté m’envoyez

Et me raviez

Très sage et très chère« .

Voici la traduction qu’en fait MURAT  (Extrait) :

(…)

« J’ai un coeur trop laid

Qui souvent méfait

Sans en être inquiet

Et le temps s’en va et je n’ai rien fait

Sans confiance je vais

J’ai trop musardé, perdu mon temps

J’en attends paiement

Si dans sa bonté la fleur de pureté

N’apaise ce fils

Mon coeur est trop vain, et vil et vilain

Et gai volage

Il n’est pas sain, il est faux, feint

Plein de grands ouvrages ».

(…)

MURAT  c’est trop la classe je vous le dis …

***

… L’amour qui passe …

« Le moujik et sa femme » (2002).

Le 20 mars 2002, dans le cadre de la promo « Le Moujik et sa femme », Joëlle LEHRER pour le « Soir Belge » interviewe le chanteur Auvergnat :

J.L.   : En écoutant « L’amour qui passe » on se demande si c’est la vie qui nous dévore ou nous qui la dévorons ?

JLM : Elle nous dévore c’est sur. La vie n’est pas faite pour les petits estomacs, les végétariens et ceux qui mangent du bout des lèvres ou des dents. Ca se croque. Il ne faut pas se ménager. Il ne faut pas avoir peur d’être stupide. Il faut y aller franchement, ne pas se retenir. Il faut essayer d’être un esprit libre. N’avoir ni regrets, ni remords. Pas s’emmerder avec ça. En profiter au max. Bouger. Tous les mois faire faire un tour aux meulbes. Voilà en théorie ce que celà devrait être ».

Des propos qui sont loin de ceux du migraineux que l’on imagine parfois. MURAT  aime la vie qu’on se le dise …

« Oh oh oh v’là l’amour qui passe

Les magnifiques chevaux

Non c’est l’amour qui passe

Au galop »

(…)

« Oh oh oh le désir qui passe

Quel énigmatique o

Non c’est l’amour qui passe

Qui vient le prendr au mot ».

(…)

« Oh oh oh v’là l’azur qui passe

Irons nous nous y baigner

Non c’est l’amour qui passe

Qui vient nous décoiffer ».

(…)

***

 … Le lien défait …

« Le manteau de pluie du singe » (1991). 

« Comme l’ange blond

Noyé dans la Durance

Comme un démon

Tu déferas le lien ».

« Comme l’oiseau borgne

Comme Jeanne de France

Dans ta démence

Tu déferas le lien ».

« On se croit d’amour

On se croit féroce enraciné

Mais revient toujours

Le temps du lien défait ».

« On se croit d’amour

On se sent épris d’éternité

Mais revient toujours

Le temps du lien défait ».

« Comme la vipère

Comme la reine des prés

Morte terre

Tu déferas le lien ».

« Comme la femme douce

Comme l’homme léger

Au moment d’oublier

Tu déferas le lien ».

« On se croit d’amour

On se croit féroce enracine

Mais revient toujours

Le temps du lien défait ».

« On se croit d’amour

On se sent épris d’éternité

Mais revient toujours

Le temps du lien défait »

Remarquable texte que j’ai pris plaisir  à transcrire ici ans son intégralité. MURAT  s’en explique dans les colonnes des « Inrockuptibles » (n° 331- année 1991) sous la plume de Christian FEVRET  : « Chaque fois qu’on noue quelque chose, on sait que ça va se dénouer. J’ai fait beaucoup de chansons sur le lien serré. On se plaint parce qu’on a l’impression que le noeud est trop serré et puis une fois que le lien est défait, on se sent toujours aussi malheureux ».

Le 31 octobre 1991, pour « L’Evènement du Jeudi » (n° 331) MURAT  confie à Yann PLOUGASTEL : « Tous les liens se défont. C’est une banalité rare … Vivre, ce n’est que défaire des liens pour terminer nu comme tu es né. Comme lorsque tu défais les noeuds de la robe d’une jolie femme, à la fin il y a la nudité … Je voulais que ce morceau ressemble à une chanson du Moyen Âge, composée par un trouvère dépressif qui aurait recours à un langage amoureux digne de RONSARD. Il s’agit de mieux désespérer l’être amoureux pour qu’il s’abandonne ».

Dans une interview parue dans le journal « l’Express » (23 octobre 2013) signée Juliette COTTIN le « Berger de Chamablanc » évoque à nouveau « le lien défait »  : « Dans mon enfance ma famille a été éclatée. J’ai été élevé en grande partie par mes grands-parents, dans leur ferme. Mes parents étaient ultra-modernes, ils ne voulaient pas s’emmerder et ont tout bazardé. Pour eux, la famille n’était pas une priorité : je me suis retrouvé avec une case manquante. Alors, dès que j’ai gagné quatre sous, j’ai acheté une ferme et j’ai essayé de refaire le lien avec les grands-parents, notamment pour donner à mes enfants une idée de l’histoire de la famille. Je pense qu’on est plus équilibré si on connaît l’histoire de sa famille. C’est aussi pour ça que je tiens à rester dans la région. Je veux donner à mes enfants la continuité qui m’a manqué et ne pas leur communiquer ce manque. Les enfants de la génération du divorce – divorce d’avec le mode de vie des grands-parents, d’avec la terre d’origine et les racines familiales – n’ont qu’une idée, c’est refaire le lien qui a été rompu ». Cette déclaration est importante pour MURAT. Derrière chacune des virgules, on devine un silence et une profonde réflexion …

MURAT est dans la constance et donc : la cohérence. Il est cohérent avec lui-même, avec les siens, avec ce qui l’a fait (bien ou mal) … Les propos de 2013 sont les mêmes que ceux de 1991. D’une interview à l’autre il conserve également cette cohérence de vue et d’idées. C’est ainsi que le 21 octobre 2013, dans les colonnes du journal « L’Alsace » (propos recueillis par Olivier BREGEARD) il déclare parlant de ses chansons : « Quand on gratte, on s’aperçoit que j’écris toujours la même chanson, comme les écrivains écrivent toujours le même bouquin. J’espère m’inscrire dans cette tradition-là plutôt que dans la veine des opportunistes, qui chantent n’importe quoi à chaque fois ». Et si cette chanson, celle que l’on ré-écrit toujours, s’agissant de MURAT,  avait pour nom : « LE LIEN DEFAIT » ???  Je ne suis pas loin de la vérité … Dites-moi si je me trompe …

Constance ? Oui. Déjà en 1989 MURAT  confie à Christian FEVRET (Les Inrockuptibles n° 18) : « Je me sens attaché à la terre » (…) « Moi, j’espère vendre pas mal de disques, mais l’une de mes motivations essentielles est de passer mon diplôme agricole, de racheter une ferme et de refaire le lien avec ce que j’ai vécu dans l’enfance. C’est une idée fixe chez moi. Refaire le paysan, reprendre les choses où mon grand-père les a laissées ». (…) « J’ai envie de refaire le lien c’est évident ».

89 – 91 – 2013 … le discours est le même. Le « lien défait » revient comme un leitmotiv … Dites moi si je me trompe …

***

 … USCHI (Où es-tu passée) ? …

« Passions privées » (1982).

 

« Les sherpas longent le glacier

La neige mouille les rochers.

Que serai-je

Sans la force de te quitter ?

Comment exister ? »

« Uschi

Où es-tu passée ?

Je t’en prie

Je vais bientôt rentrer.

Je poursuis

Le terrible secret

De la vie

Qui ne t’a donné

Que des peines

Chagrin et peine ».

« La neige recouvre mes pas

J’ai du mal à respirer

J’avance au devant de toi

Dans la fragile beauté ».

« Uschi

Où es-tu passée ?

Je t’en prie

Il faut patienter

Uschi.

Et les quatorze sommets

Maudits

Sur mon territoire sacré

Sous le règne du froid

Nos gars se mesurent à toi

Dans la peine ».

Voici surement l’un des textes les plus énigmatiques de MURAT. Il nous parle de qui, il nous parle de quoi ??? USCHI  est un personnage féminin … ça aurait pu être la montagne aussi. Dans la tête de BERGHEAUD  tout est possible. L’explication je viens de la découvrir ce jour dans le reportage de BAYON  effectué en 1988 lors de son déplacement à Clermont Ferrand. Voici ce qu’écrit BAYON en toute fin d’article  : « Marie (USCHI 2) professeur et centre de gravité, qui a d’ailleurs ramené MURAT  à la surface chaque fois qu’il a « disjoncté »Sans MARIE …  ni MURAT  ni BERGHEAUD  ne seraient là. Au travers de ces lignes on devine le bonheur et le malheur (les deux confondus) les plus extrêmes  : « Le terrible secret/De la vie/Qui ne t’a donné/Que des peines/Chagrins et peine » … Au cours de cette interview MURAT  nous parle également de l’admiration sans borne qu’il voue à Reinhold MESSNER  alpiniste Italien né en 1944 dans le Tyrol. Il est le premier à avoir vaincu l’Everest sans apport d’oxygène et le premier à avoir escaladé les 14 sommets de plus de 8000 mètres dans les mêmes conditions. Voilà ce que MURAT  déclare à BAYON  sur cet alpiniste : « On se demande ce qu’il cherche, cette obstination, il veut monter tout seul, il  ne sait même pas pourquoi ».

Cette chanson est un hommage au courage de MARIE, à sa beauté aussi …  « La neige qui recouvre mes pas/J’ai du mal à respirer  »… une façon d’effacer … d’oublier … « le terrible secret/De la vie » ???  MURAT  lui demande d’être patient : « Je t’en prie/Il faut patienter »

Je ne peux m’empêcher de penser qu’Uschi est également une référence voilée à Uschi OBERMAIER  mannequin et actrice allemande sex symbole des année 1968. Un temps membre de la gauche allemande  … On lui prête des amours avec Keith RICHARDS, Mick JAGGER  et Jimy HENDRIX … excusez du peu … autant d’artistes que MURAT  admire …

Ci-dessous quelques clichés de la « belle » … dont on ne peut pas dire qu’elle « manque de chien »

Uschi OBERMAIER …

 Uschi Obermaier, 1969uschi obermaier 2

uschi ober 3

… Madame vit actuellement aux Etats-Unis …

En Juin 1989 pour « Max » MURAT  déclare à JL THEVENET  parlant de MESSNER  : « Lui c’est l’archange de la solitude ».

 ***

… L’amour en fuite …

« Tristan » (2008)

En Mai 2008 MURAT  répond aux questions de Joëlle LEHRER  pour « Ciné Revue«  dont celle-ci qui traite du titre « L’amour en fuite » : « Parlez-vous des rencontres amoureuses sur le net ? » Réponse de MURAT : « Vaguement, la sexualité sur internet est assez rétrograde et pathétique. Les gens y changent de nom chaque jour, on ne sait jamais à qui l’on a affaire, c’est marrant, il y a eu un glissement de la langue sur le mot « site ». Pour beaucoup de gens, ce n’est pas, par exemple, un site géographique ou religieux ».

Comme MURAT a raison. L’hypocrisie sur le net est reine. Les imbéciles y ont toujours raison …

(…)

« Patronnesse au coeur stupide

Idée équipée d’un con

Sombre garce des tropiques

Maîtresse de ma chanson

J’ai voyagé sur ton site

Tu changes mille fois de nom

L’amour est toujours en fuite ».

(…)

***

… Le fier amant de la terre …

« Mustango » (1999).

Dans le cadre de la promo de l’album « Mustango » en novembre 1999 MURAT  déclare à Marita CALVEZ  pour le compte de « Computer Music » : « Tous les textes de cet album sont nouveaux excepté : « Le fier amant de la terre » qui date de 1979. C’est une exception car tous les textes de tous mes albums ont toujours été récents. Je ne me vois pas recycler de vieux mots qui me paraîtraient totalement décalés. je fais les paroles et la musique en même temps. Le piège pour moi serait d’avoir une musique sans texte. Et écrire pour les autres n’est pas un vrai plaisir car un mot peut être choisi pour sa musicalité, dissocier les deux ne me plaît pas. Si à l’inverse, un « boys band » reprenait une de mes chansons ? Ce serait comme s’il me kidnapait en enfant ».

1979 … nous sommes en plein dans la période « Clara » … Murat sort d’années terribles, MURAT  les désignera sous le terme « sévères » … la vie à Paris avant le retour en Auvergne … 1979 ??? MURAT  est tiraillé par le doute … de quoi demain sera fait ??? Est-ce que le projet fou pour un fils et petit-fils de paysan de vouloir être musicien est crédible, réalisable …  ??? Peut-t’on ainsi vivre de la musique lorsque l’on est de La Bourboule  ??? MURAT  qui n’est encore qu’un BERGHEAUD « bercail » a pour seule ambition de jouer de la musique et notamment du saxo. BONNEFONT est le leader d’un groupe qui en est à ses premiers balbutiements. Une engueulade dans un bistrot entre BONNEFONT  et BERGHEAUD … ce dernier reprochant au premier sa lenteur à écrire de nouveaux textes … BERGHEAUD  qui se « casse » dans le buron situé à flanc de montagne  et prend la plume pour ne plus arrêter d’écrire …  Voilà l’histoire de ce titre « Le fier amant de la terre » … Il recèle tous les doutes de BERGHEAUD … tellement d’images sombres … des copains qui sont partis emportés par la « défonce » , la « came » … le vie en marge avec tous ses excès … Ce titre est essentiel, fondateur,  dans la carrière de MURAT … les mots y sont forts, ils recèlent tellement d’images terribles  … BERGHEAUD  à 27 ans ! Qu’il reprenne (stricto sensus) cette chanson écrite  20 ans au préalable, qu’il l’ait déjà conservée par devers lui … Voilà qui prouve toute l’importance de ce texte … « Le fier amant de la terre » … Le titre à lui seul recèle tellement de secrets, d’images connues de « jlm » lui seul … mais d’ambition aussi … être un inconnu et vouloir être « le fier amant de la terre » … Tout MURAT résumé dans ce titre …

« Je suis du peuple nu qui se déchire en toi ».

(…)

« Je suis un étrangrer dans tes wagons d’amour ».

(…)

« J’avance dangereux fort comme l’ours blanc ».

(…)

« Je te laisse imbécile avancer dans la joie »

(…)

« J’ai vécu tant d’années malade à en crever »

(…)

« Si le temps nous sépare le temps comme un sorcier

Lui saura te reprendre ce que tu m’as volé.

Tu ignores la pénombre je sais où me cacher

Moi le fumier du monde où tu veux te planter ».

Les mots de BERGHEAUD  sont d’une force terrible … voilà le texte fondateur de la carrière de MURAT … Je peux me tromper mais je pense quand même ne pas faire fausse route et vous induire en erreur. Donnez-moi votre avis. Merci ! 

****

… MIURA  …

Maxi CD « Le cri du papillon » (2003).

Dans ma naïveté, j’ai longtemps pensé que « Miura » qui se rapproche de « Murat » n’était autre que « le cri du papillon ». Que nenni … Mais qu’est-ce donc ??? Jean-Louis BERGHEAUD qui n’aime les animaux qu’en liberté, les aime encore plus lorsqu’ils sont rebelles … comme les taureaux des arènes par exemple. « Muria » est un célébre élevage « ganaderia » de toro de lidia ou toro bravo soit des taureaux de combat.

Les taureaux de  « Mirua » sont considérés comme les plus dangeureux, les plus fougueux, les plus combatifs. Hauts sur pattes, ils constituent des adversaires difficiles à maîtriser. Ces taureaux sont à l’origine de la mort de plusieurs matadors (Pepete tué à Madrid en 1862El Espartero tué à Madrid en 1894Dominguin tué à Barcelone en 1900Manolete tué en 1947 à Linares – Nimeno II  gravement blessé à Arles en 1989 lequel se suicidera en 1991 ne pouvant plus toréer).

Celà dit, les paroles de MURAT nous semblent tout de suite plus compréhensibles. Il se met dans la peau d’un taureau et nous déclare …

(…)

« Amour, je me fous tant, de ce que vous pensez.

C’est une affaire de sang, voilà plus qu’assez.

Amour, après tout, faire la bête, n’est pas si mauvais.

Je sais l’enclos est dans la tête, attention MIURA va rentrer« .

(…)

Empoignez-moi la toison, dites que vous m’aimez.

(…)

Voilà le fond du tunnel, c’est vertigineaux ».

(…) 

Spécimen « Miura » …

miura-300x225

Les mots employés par BERGHEAUD ne laissent aucune place à l’équivoque. Le Brenoï aime aller à contre-courant. A l’occasion de la sortie du « Cours ordinaire des choses » il déclare à la journaliste Suisse Sabrina CHAMPENOIS pour le journal  « Le Temps », le 15 septembre 2009 :  » A l’école, j’étais chef, au foot ou au rugby, j’étais toujours capitaine … J’ai jamais été sous-fifre ». Elle lui rétorque : « Et à la maison ? » Il répond : « Pareil, c’est moi le patron ». S’ensuit une diatribe contre le « féminisme » et les « hommes politique » … MURAT  termine : « On est dans un monde ultra-moral où la virilité est vue comme un défaut. On me reproche de faire trop de disques, de parler trop, de dire n’importe quoi … Pour moi, tout ça, ce sont des effets secondaires de la virilité. Moi j’aime la corrida, le vin rouge, la virilité, le machisme« . 

 Je ne cherche pas à mettre en avant ce côté de MURAT  que je n’apprécie pas. je n’ai d’autre choix que de le prendre comme il est …

  ***

 … La Movida …

Maxi CD « Le cri du papillon » (2003).

Nous sommes en 2003 et décidément, il faut croire que l’Espagne inspire de plus en plus l’Auvergnat. La « Movida » que l’on peut traduire par le « Mouvement » est pour la jeunesse Espagnole l’équivalent de ce qui s’est passé en France dans les années 60.

Après la mort de FRANCO, au début des années 80 donc, l’Espagne puritaine, et surtout sa jeunesse se libère de ses carcans. Les intellectuels, les artistes osent, inventent, créent, s’amusent … Le meilleur exemple de cette émancipation nous est donné par Pédro ALMODOVAR. Avant d’être le réalisateur réputé qu’il est devenu, il se présentait en concert dans des sketchcs totalement déjantés (bas résille, maquillage féminin …).

Pédro ALMODOVAR  …

almodovar-300x224

Les jeunes Espagnols et la société Ibérique en son entier ont décidé de rompre avec les vieux tabous (sexe, drogue, religion, alcool …). Ce mouvement est porté par un vrai désir de renouveau. L’autre figure de proue de « La Movida » a pour nom Victoria ABRIL. Autre exemple la jeune chanteuse  ALASKA dont les pochettes de disque sont représentatives … Le titre de cet album ??? « Désir charnel » !

alaska

MURAT exprime le désarroi, le questionnement de cette société en mouvement par ces mots simples …

(…)

« C’est la Movida

Qui me détraque

J’ai perdu la foi

Dis, que vois-tu, dis ? ».

(…)

***

 Je choisis de clore cette page par ces propos de Sophie BERTHIER  pour « Star 90″ : « Le bonheur, Jean-Louis MURAT le vit. C’est sa quête qu’il chante ». 

  ***

Ci-dessous le chemin pour accéder à la 4ème partie de ce voyage en « Muratie » 

http://didierlebras.unblog.fr/54-lhistoire-des-chansons-4eme-partie/

***

Publié dans : ||le 9 août, 2011 |18 Commentaires »

18 Commentaires Commenter.

  1. le 15 août, 2011 à 20:37 Armelle écrit:

    c’est vrai que passé un certain âge, on a tendance à y penser, de plus en plus, on sait que c’est inéluctable et pourtant on essai de nier que ça va arriver, même en sachant pertinemment que la mort fait partie de la vie…

    une autre chanson qui traite du 11 septembre :
    http://youtu.be/9YLhOazpc3s

    Répondre

  2. le 19 août, 2011 à 16:40 didierlebras écrit:

    La chanson est magnifique, les guitares sont magnifiques. Je en connaissais pas Armelle. Merci.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

    Répondre

  3. le 21 août, 2011 à 15:34 Muse écrit:

    Pour moi, le Pape Musulman de Béranger est une chanson contre l’intégrisme et l’hypocrisie des institutions religieuses en général.
    Ce qui était très courageux de la part de Béranger à une époque où malgré la Révolution, la religion au plan institutionnel avait quand même encore pas mal d’importance.

    En tant que catho pratiquante et croyante avec la foi, je conspue cette institution catho véreuse et hypocrite qui devient de plus en plus intégriste dans ses orientations, de plus en plus intolérante, criminelle et parjure.
    J’attends pas de Ratzinger qu’il soit homo, j’attends qu’il cesse de tuer l’institution en la radicalisant toujours plus avec les pires barjos qui soient: fachos patentés tradis, fachos patentés de l’Opus Dei, des légionnaires du Christ…
    La foi, Dieu n’ont rien à voir avec ces branques.
    Pas besoin d’être athée ni laïc pour le comprendre.

    L’institution religieuse qu’elle soit catho, juive, musulmane, hindouiste peut exister autrement qu’en étant réactionnaire. Mais pour ça, faut quitter la logique de pouvoir et de domination et entrer dans le coeur de la foi à savoir le partage…

    Et j’aurais envie de dire à JLM qu’il ne confonde pas son attachement patrimonial aux traditions religieuses (que je pourrais qualifier de folklore néo-rural et néo-bourgeois) avec une quelconque croyance en Dieu.
    Croyance en Dieu qui ne se fonde pas sur l’institution, la pratique communautaire (contrairement à ce que beaucoup y compris JLM croient) mais sur la rencontre personnelle que ce soit via la nature, les rencontres humaines, l’art, le dépassement de soi…

    Répondre

  4. le 23 août, 2011 à 22:52 Armelle écrit:

    merci de nous ouvrir de nouveaux horizons avec l’explication de texte des chansons de JLM.

    Répondre

  5. le 23 août, 2011 à 22:58 didierlebras écrit:

    Armelle,

    c’est un plaisir …

    Murat a encore bien + de talent que je ne le pensais …

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

    Répondre

  6. le 31 août, 2011 à 12:04 Muse écrit:

    Concernant le féminisme, JLM se trompe totalement de combat et m’insupporte quand il fait son Zemmour (lui qui prétend ne pas apprécier les discours extrémistes, ben là il est en plein dedans).

    Il n’y a pas de dévirilisation des hommes par les femmes. Il y a un malaise des hommes par rapport à eux-mêmes. Ca vient essentiellement des exigences professionnelles accrues qui dévorent l’individu sans plus lui laisser le temps de se penser, de se vivre correctement, décemment. Ce mépris de l’individu dans le travail amène à un grand désarroi intérieur d’autant plus que la société patriarcale ultra libérale attend des hommes qu’ils refoulent tout mal-être intérieur, ce qui est quand même assez abject.
    En même temps, l’homme a gagné depuis les avancées féministes et la féminisation du travail, le mariage d’amour et un début de libération sexuelle, le droit de pouvoir revendiquer une sensibilité dont il a vite mesuré que ça lui permettait enfin de se vivre mieux.

    Du coup, l’homme est coincé actuellement entre un mode de vie professionnel écrasant, niant totalement ses aspirations sensibles et un mode de vie personnel où il commence à se sentir bien (il peut enfin exprimer sa sensibilité, ses sentiments sans être moqué) mais bien-être qu’il doit sans cesse refouler pour être jugé crédible et bancable au plan professionnel.

    Et c’est ça qui le rend malheureux.

    Dommage que JLM oublie que s’il peut se vivre de façon aussi sensible sans avoir besoin pour autant de jouer les gros durs pour se faire une place en tant qu’artiste, c’est en grande partie grâce aux avancées féministes.

    Il fait partie de la génération des premiers chanteurs masculins populaires qui ont pu chanter sous un autre mode que celui de la mise en avant de la testostérone.
    Sans le féminisme, sans la libération sexuelle, la société française encore très patriarcale ne lui aurait jamais permis de pouvoir gagner sa vie correctement avec les chansons sensibles qu’il produit.

    Ce n’est pas un hasard si beaucoup de chanteurs ayant des textes sensibles, tendres, ne commencent à pouvoir se faire entendre qu’à partir des années 70.
    Le féminisme, la libération sexuelle et mai 68 sont passés par là et ont permis une meilleure prise en compte de la sensibilité masculine.

    Je me trompe peut-être mais je ne le vois pas pincer les fesses des filles. Par contre être violent verbalement voire physiquement envers les filles et les femmes, ça j’en suis quasiment sûre. Mais je pense que c’est plus lié à des problèmes interpersonnels qu’il refuse d’assumer et de traiter (peur d’y perdre peut-être en créativité, en intégrité psychique, physique). Rien à voir avec le féminisme…mais comme souvent, le féminisme castrateur c’est l’alibi commode de très mauvaise foi pour ne surtout pas se remettre en question.

    Quand on lit ses réflexions machistes, ça donnerait envie de lui botter les fesses par moment, mais bon…tant qu’il est dans le déni, ça changera pas le fond du problème.
    Mais par contre, ce déni persistant peut accentuer sa violence verbale et physique. Et ça, c’est quand même préoccupant. Pas seulement par rapports aux promos d’albums mais aussi dans la vie quotidienne.

    Répondre

  7. le 17 octobre, 2011 à 20:40 Armelle écrit:

    Murat ne se fait plus de bile, n’est plus aussi anxieux et par conséquent s’est enfin libéré d’un carcan étouffant! Il devient l’homme sage des grandes plaines décidé à fumer le calumet de la paix avec lui-même et qui veut transmettre le meilleur à ses enfants… c’est beau la soixantaine!

    Répondre

  8. le 17 octobre, 2011 à 20:53 Armelle écrit:

    rectificatif : il devient l’homme sage d’au-dessus des grandes plaines…

    Répondre

  9. le 17 octobre, 2011 à 21:06 didierlebras écrit:

    J’espère que tu dis vrai Armelle. Mais je n’en suis pas sur. Enfin ce n’est pas nous les admirateurs qui y changeront grand chose.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

    Répondre

  10. le 26 octobre, 2011 à 21:29 Armelle écrit:

    Vas-tu aller le voir et l’écouter sur cette tournée Didier? Tu verras que JL est vraiment apaisé et serein et même s’il dit ne pas avoir changé, il a maintenant acquis une maturité qui lui permet d’être plus proche de son public tout en continuant à se donner à fond sur scène… il ne se cache plus derrière un semblant de froideur et dégage au contraire toute la chaleur et la générosité qu’il a toujours eu en lui! et c’est un vrai bonheur de le voir ainsi, libéré de la peur de ne pas être à la hauteur et vraiment heureux d’être sur scène! Il sait (enfin) pourquoi il est là…

    Répondre

  11. le 26 octobre, 2011 à 23:24 didierlebras écrit:

    Salut Armelle,

    S’il ne passe pas dans l’Ouest, je ne pourrai pas aller le voir malheureusement … Je pense qu’il f’ra un p’tit effort pour passer par chez nous …

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

    Répondre

  12. le 27 octobre, 2011 à 18:19 Armelle écrit:

    S’il passe à Alençon ou à Falaise, je te fais signe, promis!
    et encore merci pour ton travail Didier!

    Répondre

  13. le 20 février, 2012 à 14:04 Muse écrit:

    Concernant cette chanson du Fier Amant, j’y ai toujours senti un JLM rageur, prédateur, revanchard et séducteur tout à la fois. La terre est tout à la fois les femmes, le public, les maisons de disques à séduire, à conquérir mais aussi la terre au sens littéral, terre qu’il lui faut à la fois nourrir, dominer. Une façon de s’ancrer, de dire « j’existe » dans un monde qui à l’époque où il a écrit cette chanson, ne lui accorde aucune place hormis la misère et la précarité. On retrouve cette dimension de rage, d’impuissance et de bravade dans beaucoup de textes de jeunes rappeurs. L’envie de dévorer le monde, une bonne dose de colère et un besoin de domination.

    Répondre

  14. le 23 mai, 2012 à 13:34 Matthieu écrit:

    Bonjour mon brave,
    J’ai picoré dans cet article qui semble très riche et je voudrais répondre à une de vos interrogations. Vous vous demandez en effet à propos de « Qu’est-ce que ça veut dire » si JLM avait déjà employé le mot « Papa » dans une de ses chansons. Je n’ai pas enquêté sur le sujet, mais, spontanément, je me souviens de la berceuse rock qui se trouve en titre fantôme sur l’album « Moscou » dans laquelle il chante : « Papa, Papa s’éveille ».
    Vous faites du bon boulot, M. Le Bras, et vous n’êtes pas un gougnafier. Continuez comme ça.
    Salutations.

    Répondre

  15. le 3 juillet, 2012 à 14:06 Matthieu écrit:

    Cher DLB, vous oubliez de préciser dans votre analyse de « Je traîne et je m’ennuie » que cette chanson se passe à… CLermont, pas à Paris. Au-delà de la mention qui est faite de la rue Montlosier (filmée récemment par votre confrère Pierrot), cela a été confirmé par Murat lui-même lorsqu’il a repris cette chanson le 16 juin 2012, à la Coopérative de mai : il s’agissait bien pour lui, dans ce titre, de décrire l’ennui de la vie clermontoise.

    Répondre

    • le 3 juillet, 2012 à 15:19 didierlebras écrit:

      Mathieu,
      Merci de ces infos. Je vais m’en servir pour donner un nouvel éclairage à ce titre. Par contre je pense que JLM a été très très marqué par les années de galère pssées à vivre dans les rues de Paris … C’est là qu’il a compris « que ne rien faire » ne mène qu’au précipice. Pour moi le sens de ce titre se trouve dans cette perception des choses. Je vais donc me mettre au travail … rechercher la rue Montlosier. merci de ton amitié.
      Didier.

      Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

      Répondre

Laisser un commentaire

midnightspecial |
2NE1 |
Publications et éditions Mu... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MEGA TOON
| alsevenement
| guitare1