- 37 – Jean-Louis MURAT … et l’idée de la mort …

 

cimetière

Comme tous les enfants de la campagne, plus encore dans les années cinquante-soixante que maintenant, l’enfant BERGHEAUD est rapidement mis au courant des choses de la vie … parmi lesquelles il y a LA MORT  !  C’est un vêlage qui se déroule mal et le nouveau né qui passe de vie à trépas sous vos yeux. C’est voir le grand père pleurer parce que c’est une vie qui s’en va mais également un manque à gagner non négligeable. Dans nos campagnes, dans nos montagnes on ne roule pas sur l’or. C’est la jeune truie qui, mettant bas, écrase se petits puis les dévore …

Provocation ou pas ? Inconscience ou pas ? Toujours est-il que le 1er titre de MURAT est : « Suicidez-vous, le peuple est mort ».

(…)

« Suicidez-vous, le peuple est mort »

(…)

« A Manille respire encore

Ma mère dépouillée de son or

Frapper pour moi si elle vous mord

Sa tête dure, tête de mort ».

(…)

Le texte est dur pour une maman. Il faut dire que sans François et sa femme, l’enfance du p’tit BERGHEAUD  aurait été bien plus difficile encore. Malgré l’inconfort, grâce aux grands-parents, ces années passées dans la ferme sise au lieu-dit « Lecreux » auront été heureuses … MURAT confiera que sa mère lui a fait grief (bien des années après),  des termes employés dans cette chanson culte … « Suicidez-vous le peuple est mort » !

En Avril 1994 pour « Les Inrockuptibles » MURAT  déclare : « Avec les animaux, j’ai eu des expériences parfois un peu effrayantes. Chez moi, à la maison, on tuait un cochon par semaine. J’aidais. C’étaient des choses absolument épouvantables, mettre le couteau dans le cochon pour récupérer les boyeaux (…) J’ai l’impression que je peux tuer n’importe quel animal ».

Au préalable en 1993, au cours d’une interview accordée à Juliette COPPE il fait référence à la mort de François son grand-père : « J’étais resté toute une nuit, seul, face à sa dépouille mortelle. (…) Cette expérience a du provoquer mes pulsions. C’est comme si le corps froid du grand-père m’avait amené à m’épanouir sexuellement ». Le propos est brut, terre à terre, ne s’embarrasse pas de préjugé …

Cette référence à la mort est omniprésente dans l’album « Cheyenne Autumn » . Qu’on en  juge plutôt :

… Paradis perdus …

« Cheyenne Autumn » (1989).

(…)

« Je veux trouver la mort

en voiture de sport »

(…)

Cette phrase fait référence au mythe James DEAN. Pour « Les Inrockuptibles », sous la plume de Christian FEVRET l’Auvergnat regrette le choix de cette phrase : « Je trouve que cette phrase est l’un des points faibles du disque. J’aurais préféré trouver autre chose. C’est un peu facile. Ce n’est vraiment pas ce dont je suis le plus fier. Ce qui me gêne c’est que c’est trop clair. Je n’ai pas envie de dire des évidences. Ma tendance est d’éviter toutes les évidences, puisque j’essaye de dire la vérité ». (…) « La recherche des évidences, c’est bon pour les publicitaires ou pour les ringards ». (…) « Je ferai mieux la prochaine fois ».

« Je n’ai pas envie de dire des évidences »… c’est le type de phrase qui résume MURAT. Dans aucune chanson il ne dit « Femmes je vous aime »… Par contre lorsqu’il parle du bout de leur seins que l’on devine sous un peull bleu marine … du dessous de leurs jupes … qu’il préfère sans culotte … il nous dit la même chose … « Femmes je vous aime ! »

… Paradis perdus …

« Cheyenne Autumn » (1989).

(…)

« Pour un tombeau païen

A ma vie occidentale

J’ai une vie de chien

Dans le monde animal ».

(…)

… L’ange déchu …

« Cheyenne Autumn » (1989).

(…)

« Je crains tant le souffle

Du temps sur moi.

J’ai connu sa bouche

Dans l’au-delà ».

(…)

Une référence directe à sa tentative de suicide … Voilà qui n’est pas une évidence …

… Amours débutants …

« Cheyenne Autumn » (1989).

(…)

« Sous la menace

Du temps qui passe ».

(…)

… La lune est rousse sur la Baie de Cabourg …

« Cheyenne Autumn » (1989). 

(…)

 

Je vois mon ami à contre jour

Quitter ce corps où bouillonne toujours

La sueur de nos amours »

(…)

… Te garder près de moi …

« Cheyenne Autumn » (1989).

 (…)

« Nos amours se défont

Tout s’efface

Pressé par le temps qui passe ».

(…)

… Le troupeau …

« Cheyenne Autumn » (1991).

 (…)

« Dieu que cette vie me lasse ».

(…)

« Va je déteste la vie ».

(…)

« Je partirai cette nuit

Sous un ciel peuplé d’étoiles

Je ne connais qu’une envie

Je veux retrouver mon âme ».

 (…)

***

En juin 1989 pour « Max » il confie à  Jean-Marc THEVENET  : « Je crains tant le souffle du temps sur moi ».

Pour « Podium » en Octobre 1991 MURAT  déclare : « J’ai peur du temps qui passe. C’est infernal. Mais en faisant des chansons, en étant créatif, on garde tout le temps le nez sur ses déceptions, ses chagrins. Même si tu crois avoir oublié, arrive toujours le jour où ça remonte ».

… Col de la Croix Morand …

« Le manteau de pluie » (1991).

(…)

« Oh ! Je meurs mais je sais

Que tous les éperviers

Sur mon âme veilleront ».

(…)

… Cours dire aux hommes faibles …

« Le manteau de pluie » (1991).

  (…)

« Cours dire aux hommes faibles comme moi

Qu’il n’y a plus à parier

Que mourir est la même loi

Pour l’homme et le sanglier ».

(…)

… Le lien défait …

« Le manteau de pluie » (1991).

(…)

« On se croit d’amour

On se sent épris d’éternité

Mais revient toujours

Le temps du lien défait ».

… Le mendiant à Rio …

« Le manteau de pluie » (1991).

(…)

« Non je n’ai plus la moindre envie

Le manque me suffit.

Comme si j’avais eu une autre vie

Mieux que celle-ci ».

(…)

… Sentiment nouveau …

« Le manteau de pluie » (1991). 

(…)

« Nous étions du dernier regain

Condamnés à mourir demain

Issus du troupeau décimé

Promis au boucher ».

(…)

… Gorge profonde …

  »Le manteau de pluie » (1991).

(…)

« Quel est ton nom ?

Es-tu la fille d’un roi ?

Je veux bien mourir pour Toi

Mais, réponds moi ! »

… L’éphémère …

« Le manteau de pluie » (1991).

 « Tout est éphémère

La vie

La terre

Les choses vues

Qui nous ont plu

Les papillons

L’hiver, les loups, les cerfs

… Je ne sais plus …

(…)

« Je parcours les rues

Du monde disparu

Où j’étais volontaire

Naguère.

Non, je ne me souviens plus

De tout ce temps perdu.

Je me sens éphémère ».

(…)

***

En 1993, sous la plume de France MOSCONI, à l’occasion de la sortie de « Venus » pour « Femme Actuelle » MURAT déclare : « C’est une injustice de vieillir, c’est mourir à petit feu. C’est dégueulasse qu’on nous ait mis là pour qu’on disparaisse et qu’il ne reste rien. » 

En 1996 MURAT  déclare à Richard ROBERT  (Les Inrockuptibles n° 71) :« Pour moi, la course contre la mort a commencé quand j’avais 26 ans. Sur un lit d’hôpital, après avoir lamentablement loupé un suicide qui, cette fois devait être définitif ».

… Libellule …

« Le moujik et sa femme » (2002). 

(…)

« Dites le les filles »

(…)

« Il vaut mieux jouir ici bas ».

(…)

… Molly …

« Le moujik et sa femme » (2002).

(…)

« Oui la mort descend

La mort est bien comme on le dit

Oh Molly d’amour.

Oui la mort descend

Je vois son plus souple appareil

Oh Molly d’amour ».

… Le monde intérieur …

  »Le moujik et sa femme » (2002).

(…)

« On voudrait être poussière

Poussière pour savoir ce qu’il en est ».

(…)

« Quitter tout

Quitter l’âme et voyager ».

… L’au-delà …

« Le moujik et sa femme » (2002). 

(…)

« Mon amour est-il dans son quartier de lune

Mon amour veut-il faire un tour dans l’au-delà ?

Mon amour a-t’il mis ses habits de fête ?

Mon amour veut-il faire un tour dans l’au-delà ? » 

… La maladie d’amour

« Lilith » (2003). 

« C’est la maladie d’amour

Qui nous tient le corps trempé ».

(…)

« Sur le mol lit de fleurs

Où s’échangent nos baiser

Et le rêve dont on meurt

(Mourir sous vos baisers) ».

… Tant la vie demande à mourir …

« Lilith » (2003).

 

  (…)

« Mais tant la vie demande à aimer

Et tant la vie demande à mourir

Je ne peux aimer mourir« .

… Elle pleure …

« Lilith » (2003).

  (…)

« Sa vie lui semble

Etre une vraie folie

Sans queue ni tête

Tout riquiqui.

Elle voudrait

Partir d’ici

Retrouver la longue nuit ».

(…)

… Call baby call …

« Parfun d’acacia au jardin (2004). 

(…)

« Sonne le glas du temps pour nos aurores brèves ».

(…)

« Plutôt mourir de trouille on ne sait pas refuser ».

(…)

« Nous voilà pélerins à la chair périssable ».

(…)

… En souvenir de Jade …

« Parfun d’acacia au jardin » (2004). 

(…)

« Cette crémation,  d’os pure le destin atroce ».

(…)

… Une orgie de sainteté …

« A bird on a poire » (2004).

(…)

« S’est-on aimé dans une autre vie

Pour n’avoir rien à cacher ? ».

(…)

… L’annéantissement d’un coeur …

  »A bird on a poire » (2004).

(…)

« Accoudé à la balustrade du quai

Une foule de détails me parle de me tuer ».

(…)

Pour « Télérama » le 14 juillet 2005, MURAT  déclare à Philippe BARBOT  : « J’écris par volonté de rejeter le plus loin possible tout ce qui veut mourir en moi. Je hais les forces de la mort partout en action ».

Dans le cadre de la promo « Taormina » en novembre 2006 pour « Femmes d’Aujourd’hui » il évoque avec Florence BALMET  « l’idée de la mort »

F.B.  : De quoi parlent vos chansons ?

JLM : Elles parlent de ce que j’ai vécu durant l’année 2005, notamment le décès d’un ami et de la meilleure amie de ma femme. Mais je parle de la mort très sereinement, car le fait d’être à nouveau père m’a ouvert les yeux. Quand vous allez à la maternité, vous ne vous dites pas que la morgue se trouve juste à côté, mais c’est pourtant le cas. Et quand ma fille est née, je me suis dit qu’elle me verrait mourir, qu’elle me fermerait probablement les yeux. Mais ce n’est pas sombre, c’est comme ça ».

La mort de son voisin Emile au cours de l’année 2007 le marque profondément. A Laurent MEREU pour « Le Figaro Madame » il déclare en 2008 « C’est un gros chagrin qui m’habite encore ». En fin d’interview il répond à cette autre question :

L.M.  : De quoi avez-vous peur ?

JLM : De la mort. Elle m’obsède depuis que je suis enfant. J’ai peur de ne pas être prêt au moment de mourir« .

… Foulard rouge …

  »Mockba » (2005). 

(…)

« Mon amour

Mon désir

Ma force de vie

Je saurai moins

Te perdre

Que perdre la vie ».

… Arrête d’y penser …

« Mockba » (2005).

(…)

« Comment mourir

Comment céder

Comment partir

Sans rien regretter ? ».

(…)

… Caillou …

« Taormina » (2006).

« Tout ce qui mène au tombeau

Ici-bas devient beau

Fais la mélancolie

Des gens de mon pays.

Je voulais te dire ne pleure pas caillou

Je t’aime ».

(…)

« Tu ne vas pas mourir demain

Tu ne vas pas mourir encore ».

… Taormina …

« Taormina » (2006). 

« Mon dalhia bleu

Je suis trempé

Trempé de mort

Et de Dieu.

Sous la pluie fine

Quel est ce sens

La mort est

Dégueulasse ».

(…)

« Coupe la mort

Coupe la mort ».

(…)

« A Taormina

Je mesure ma peine

A Taormina … »

… Démariés …

« Taormina » (2006). 

« Tout au long du chemin

J’entends un dernier glou-glou

Il faut cesser de vicre

Je ne veux pas mourir sans vous ».

(…)

… La légende dorée …

« Tristan » (2008).

 (…)

« Tournent tournent mille lèvres

Qui me parlent de mort ».

(…)

« Hydre froide mortelle »

(…)

« Ton ennui de mortel

M’aura fait inconstant ».

(…)

… Les voyageurs perdus …

« Tristan » (2008).

« Tu quittes mon amour

Je suis mort ».

(…)

« Tu quittes mon amour

Déjà je ne suis plus ».

(…)

« Tu quittes mon amour

Grand malheur est donc advenu ».

(…)

« Nous quittons

Prisonniers de ce qui n’est plus

Orphelins de chair si confus

Nous les voyageurs perdus ».

(…)

… Dame souveraine …

 « Tristan » (2008).

(…)

« Reviens beauté entière

Au dernier baiser

Est-ce boire la mort ? »

(…)

« Aimer une louve

Dois-je m’en blâmer

Faut-il que ma chanson

N’ait rien d’insensé

Où naissent les lys

Unique secours

Viens me faire mourir ».

(…)

… Il faut s’en aller …

« Tristan » (2008).

(…)

« Il faut savoir

Dans le grand soir

Quand l’amour

S’en est allé

Seul au grand feu

Des regrets

Il faut s’en aller ».

… Marlène …

« Tristan » (2008)

(…)

« Voilà la faux du temps, cuisses entr’ouvertes »

(…)

« Ma cyprine céleste

Près du cercueil que devient la beauté

Vous périrez ma chère

Peut-être même m’entendrez-vous chanter ».

… Le vent mauvais …

Inédit Internet

(…)

Et quand vient le vent de mort

A la tête, à la tête

Oui, quand vient le vent de mort

A la tête connais tu

Le puant, le corps, les chiens

Les arrimages lointains

Dis, connais-tu le vent mauvais ? ».

(…)

 

En 2009, dans le cadre de la Promo « LCODC » il évoque la mort en ces termes : « Je veux être présent et être un bon père à savoir : constituer une référence solide, même une fois disparu« . Propos graves et lucides, d’un père aimant.

… Comme un incendie …

« Le cours ordinaire des choses » (2009).

« Inutile de me chercher

Parmi les morts ».

(…)

« Je ne désespère pas

De mourir sans compagnon »

(…)

« Pitié pour les défunts

Est-il besoin de le dire

Horizons lointains ».

(…) 

… Lady of Orcival …

« Le cours ordinaire des choses » (2009).

(…)

« La faux lancée

Nous coupe les jarrets ».

(…)

« Parure d’or

Cimetière d’amphores

Tout casse

Tout s’évapore  ».

(…)

… La mésange bleue …

 « Le cours ordinaire des choses » (2009).

(…)

« On s’abime en rage folle

Incertitude tout affole

On change de fatigue au matin

On tue pour un anneau d’or.

On empile un million de morts

On ne voit plus que peuples humiliés.

Ne viendront jamais les renforts

Tous les compagnons sont morts.

On part muré dans un grand silence

On n’aime plus d’amour ».

(…)

« Chacun devra souffrir la mort

Morne province, morne Mont D’Or ».

(…)

… La tige d’or …

« Le cours ordinaire des choses » (2009).

(…)

« Quand tout badine

Avec la mort

Dans tes jupons

Partout mon coeur va

Occupé de démons ».

(…)

« Qui te traverse

En grand silence

Qui va mourant ».

(…)

… Yes Sir …

Inédit de la tournée  »L.C.O.D.C »

(…)

« La mort inonde tout

La mort me désarme

Mon absence dans tout

Me fait perdre courage

C’est ma vie

Une vie à fleur de peau ».

(…)

Pour le journal « Le Soir » le 8 octobre 2003 sous la plume de Didier STIERS, l’Auvergnat nous parle encore et encore de « La mort » … Obsession (???)

« Je suis bien obligé de le dire, mais je pense que c’est notre lot à chacun. (…) Plus que l’idée de la mort, ce sont les choses périssables que je vois. (…) Moi-même, je ne me comprends que sous cet angle. Je ne suis qu’un témoin de disparition, c’est moi disparaissant en même temps que je vois disparaître les choses. Ce n’est pas obligatoirement triste. Mais on a beaucoup de mal avec ça : t’as des parents, t’as des disparitions de maladies aussi … On veut tous avoir 20 ans de moins qu’on en a sur l’état-civil, on veut tous retarder ce truc là et se donner l’illusion qu’il nous en reste 20 de plus qu’en réalité : toutes ces stratégies sont un peu infantiles, mais c’est peut-être le symptôme le plus révélateur du fiasco de notre civilisation, de n’exister que par une idée de soi-même jeune et tonique ».

En septembre 2011« Grand lièvre » nous montre enfin le bout de ses oreilles. Sur cet album la mort est omniprésente. Celle des êtres aimés, mais aussi celle du monde rural …

… Qu’est-ce que ça veut dire ? …

« Le grand lièvre » (2011). 

(…)

« Puis voila ce dernier truc

Mort au pingouin au zoo.

Je te donne mon sourire

Le v’là pour tes gros cideaux

Pur

Pur novice en la matière

Au chapitre de ma vie.

Est-ce le dernier voyage ?

Mais enfin

Qu’est-ce que ça veut dire ? »

(…)

… Sans pitié pour le cheval …

« Le grand lièvre » (2011).

 (…)

« Prions pour les disparus

Tous emportés par l’obus« .

(…)

 … Rémi est mort ainsi …

« Le grand lièvre » (2011).

 (…)

« Je n’ai pas vu venir

L’ombre sur les blés

Je n’ai que vous à sauver ».

(…)

« Maquis de mon âme

Giroflée de ma folie

Dans l’air des montagnes

Entends-tu l’hallali ? »

(…)

 … Alexandrie …

« Le grand lièvre » (2011).

 (…)

« Dernière légion

Jusqu’au tombeau

Quitter ce monde

Comme un héros »

(…)

« Alexandrie

Alex ».

 … Haut Arverne …

« Le grand lièvre » (2011)

(…)

« Amour et nous peu de sommeil

Jamais l’âme ne rejoint le sang

Autant finir où tout commence« .

(…)

 … Il faut vendre la terre …

« Le grand lièvre » (2011).

 (…)

« Comme la lumière est grise

Nous traversons les prés

Quand réciter par coeur

Est souvenir des lieux

Reste de vie stagnant

Comme reste une eau morte.

Misère nom de Dieu

Il faut vendre la terre

Il faut vendre les prés« .

Fin 2011 (date non précisée), Adeline LAJOINIE pour « WAXX music«  interroge MURAT  sur le net : « Votre prochain voyage intérieur ? »  Réponse de l’Auvergnat : « Des trucs tristes. Je connais trop de gens qui sont en train de mourir. C’est plutôt ça : ce qui se passe dans la tête des gens qui partent. C’est pas très jojo. La teinte sombre, triste et mortifère est trop forte. J’aurais du mal à être gai. Etre cynique à la limite. Mais enjoué, impossible. Je suis entouré de futurs morts« . A.LAJOINIE renchérit : « Pour terminer, c’est quoi qui, comme le grand lièvre, est en voie de disparition sur cette terre, pas vous ? ». La réponse fuse : « Moi. Moi et moi. Y’a que moi qui m’intéresse ».

Pour « Serge », le 24 septembre 2011, répondant aux questions de Patrice BARDOT le chanteur MURAT évoque le devenir de la chanson. Les propos de « JLM » sont sans équivoque : « La messe est dite. Dans ma catégorie, je pense effectivement être en voie de disparition ». MURAT est également amené à répondre à cette question :« L’an prochain, vous aurez 60 ans, vous y pensez ? « . Il déclare : « Pas du tout. Ta responsabilité quand tu vieillis c’est de prendre une certaine sagesse. C’est le devenir des gens qui m’entourent et que j’aime qui compte avant tout ». (…) « La vieillesse te gagne quand tu n’as plus qu’une seule idée en tête rester jeune ». Autre interrogation en guise de conclusion : « Qu’aimeriez-vous qu’on dise de vous, quand vous ne serez plus là ? ». La réponse jaillit : « Il fut un bon papa ». 

***

Depuis la sortie de « Grand lièvre » Jean-Louis BERGHEAUD a dépassé le cap des 60 ans. Ce n’est pas rien pour qui aime la vie, pour qui aime ses enfants et petits enfants. Passé un certain âge on s’inquiète davantage pour ceux qu’on s’aime  que pour soi-même. Ces interrogations, ces inquiétudes, trouvent leur place dans le nouvel album « Toboggan » sorti le 25 mars 2013.

 … Agnus Deï Babe  … 

(Toboggan/2013).

(…)

« Des trépassés j’ai le tourment

Tranchement d’épée

Choix de mort ».

(…)

« Quelle mère en ma vieillesse

Tout à l’écart me tient.

Que j’eusse aimé l’automne

L’automne ou bien l’hiver« .

(…)

Dans ce titre MURAT  évoque les « trépassés »,   la « mort » ainsi que « l’automne » et « l’hiver ».

Avant même la sortie de l’album dans les colonnes du « Petit Bulletin » de Grenoble (n° 881) le chanteur d’Orcival répond à cette question de Stéphane DUCHENE : « L’hiver c’est aussi une métaphore de la fin d’un cycle, de la mort encore très présente sur ce disque ». Voici sa réponse :  « C’est à dire qu’à part l’amour et la mort il n’y a pas grand chose. C’est ce qui nous inspire le plus. On cherche l’amour et on attend la mort. C’est comme ça depuis la nuit des temps et moi je reste assez simple et assez basique, classique (rires). Je suis un petit mec de France qui voit disparaître la campagne, les paysans. La disparition des gens, la disparition de soi et l’amour qu’on peut avoir pour les autres, ce sont deux mamelles, de la créativité. On peut bien sur s’intéresser à d’autres choses mais il n’y a rien d’aussi inépuisable ».

Lors d’un entretien accordé à « Paris Match » (n°3332) MURAT est questionné par Benjamin LOCOGNE  sur son âge : « Avoir eu 60 ans l’an passé, ça a changé quelque chose ? »  Réponse de J.L.M. : « Avant, chaque anniversaire était une sanction. Passé 60 ans, chaque année qui passe est une bénédiction ».

 … Amour n’est pas querelle …

(Toboggan/2013).

(…)

« Que veux-tu déchirer

Au compte de mes ans ?

Que je perde courage,

Que je meure en t’aimant ?

Qu’ai-je fait pour mourir,

Pour mourir en ce lieu,

Sur le sentier vulgaire

Ou pleurent les amoureux ? ».

(…) 

Ce sont peut-être ces allusions faites à la mort qui amènent Christian EUDINE  pour « Bretagne actuelle.com » le 30 mars 2013, à questionner MURAT  sur le sujet : « Tu m’avais dit un jour : heureusement que l’homme n’est pas immortel, c’est à cause de cela qu’il travaille ? ». MURAT  embraye : « C’est le fait de se savoir mortel qui pousse à faire quelque chose, pas pour faire quelque chose, c’est transmettre quelque chose, et je ne crois pas forcément que ce soit de l’orgueil ou de la vanité, mais je pense qu’il faut transmettre quelque chose de soi. Je suis papa, grand-père, tout ça m’a toujours paru très important. je suis d’une lignée paysanne où tout a disparu, les fondations tout ça, tout avait été gommé. J’ai été élevé dans une ferme où il n’y avait pas d’eau courante par exemple, et j’ai vu la génération de mes parents tout laisser tomber, ne pas reprendre les fermes, et les bâtiments s’effondrer, les touristes arriver et des lotissements pousser. J’ai vu le monde que j’ai connu jusqu’à 15 ans se fracasser et disparaître. Il n’existe plus, alors j’ai quelques reliques, des brabants, des charrues de mon grand-père, ses chaînes comme il était forestier. Il me reste très peu de choses qui pour moi sont sacrées, quelques outils. J’ai donc cette idée la de transmission, je me fabrique des outils que je veux transmettre, pour que l’on puisse dire un jour, tiens grand-père il a fait ci, il a fait ça, il a essayé de se bouger. Mais c’est vrai que si on était immortel on n’aurait plus de raison de faire quoi que ce soit ».

 … Extraordinaire Voodoo …

(Toboggan/2013).

(…)

« Dégage, laisse-moi mourir« .

(…)

MURAT dit souvent que la mort est « Dégueulasse ! ». Comme il a raison. Et pourtant elle est là qui nous attend au détour du chemin … au bout de la nuit …

Le 25 mars 2013, dans les colonnes de « Libération » Bruno BAYON  dit « B » interroge son ami MURAT : « Tout ce que tu fais et chantes vibre de peur. Peur de quoi au fond ? » .  L’auvergnat répond : « La peur d’y passer, la peur de vivre pour moins que rien ». La peur n’empêche pas l’inéluctable

Le journaliste Belge Géry LEFEBVRE pour « Rif-Raf » (mai 2013) interroge MURAT  : « Ca t’inspire quoi de penser que ce que tu crées ne prendre peut-être toute sa mesure que lorsque tu auras disparu ? ». A cette question abrupte l’Auvergnat a cette réponse sans concession : « C’est Français ça. STENDHAL disait qu’il ne serait reconnu qu’en l’an 2000. Le risque de n’être compris qu’après-coup, ça n’est pas mon problème. La postérité artistique je m’en fous. Ca serait une sorte de vanité, d’orgueil, de penser que l’époque n’est pas assez bien pour moi. Ce qui compte, c’est la survivance de certains comportements que l’on peut inculquer à nos enfants. C’est peut-être la seule façon de ne pas mourir. Ce serait une blague de penser autrement avec mes petites chansons ». Voilà MURAT  qui donne dans la modestie … et si c’était tout simplement de la lucidité ???

Le 20 mars 2013 dans « Le petit Bulletin » en compagnie de Stéphane DUCHENE, le chanteur Auvergnat évoque la mort. Voici ce qu’il en dit : « A part l’amour et la mort il n’y a pas grand chose. C’est ce qui nous inspire le plus. On cherche l’amour et on attend la mort. C’est comme ça depuis la nuit des temps ». (…) « La disparition des gens, la disparition de soi et l’amour qu’on peut avoir pour les autres, ce sont les deux mamelles de la créativité ».

Pour le compte du magazine « Magic »(avril 2013) Renaud PAULIK pose cette question sans concession à MURAT  : « Par son caractère unique, ta discographie entrera dans l’histoire. Qu’aimerais-tu que l’on garde de toi dans les siècles à venir ? » La réponse de l’Auvergnat est édifiante : « J’aimerais que mes chansons soient chantées par des enfants, dans les écoles » !!! Ainsi va MURAT … le cœur sur la main …

***

Ajout le 4 novembre 2014 …

Jean-Louis MURAT aime la Belgique, rien d’étonnant donc à ce que, en préambule à la sortie du nouveau « Babel » il s’exprime dans les colonnes du journal « Le Soir Belge » avec Thierry COLJON comme interlocuteur. Il lui déclare : « L’écriture de ce disque s’est étalée sur une période où je perds mon père et surement les trois amis très chers que je pouvais avoir. De maladie longue, visites à l’hôpital, etc … J’ai beaucoup baigné là-dedans ».    

L’écriture de ce double album porte donc les stigmates de la mort. Le 1er octobre 2014, pour « Télérama » Valérie LEHOUX interroge le chanteur Auvergnat : « Dans votre dernier disque, le thème de la mort, et même du meurtre, revient plusieurs fois. Cela vous intrigue, voire vous fascine ? ». Réponse de Jean-Louis : « Quand je vois des scènes de décapitation, je suis à la fois horrifié et fasciné. C’est un sujet de chanson. J’aime beaucoup les murders songs que peuvent faire des gens comme Nick CAVE. Des chansons de meurtre. La guerre de 1870 est très présente chez RIMBAUD … Alors oui, j’ai écrit quelques textes là-dessus. J’ai aussi esquissé des choses sur la maltraitance des enfants, sur l’Alzheimer de mon père. C’est intéressant cette décomposition de la mémoire qui fait écho à un pays qui semble lui aussi atteint par un Alzheimer ». Bizarrement dans ses réponses MURAT n’évoque pas les décès qui l’ont touché au plus près. Est-ce difficulté pour la journaliste d’aborder ces sujets très personnels ou bien pudeur du chanteur qui ne veut pas étaler sa peine au grand jour ???

Encore une fois, c’est dans un média Belge que MURAT va dévoiler le fond de sa pensée. Pour « Focus/Le Vif » MURAT déclare à Philippe CORNET : « La science fait beaucoup trop de progrès. Les gens vivent trop longtemps. Si ça se trouve, on va tous devenir centenaire, franchement, c’est quoi c’te blague ? On va emmerder tout le monde. Pour moi, à 60 ans tu devrais dégager, tu fais pas chier le peuple … ». Je suis certain que MURAT est sincère dans ce qu’il dit, quand bien même il ait déjà 62 ans, feignant de n’en n’avoir que 60 auprès d’un jeune journaliste (je présume) qui ne veut pas  se mettre à mal avec cet « ours mal léché » où qui tout simplement ignore l’âge véritable de MURAT qui aime à « jouer » avec ses interlocuteurs. Au cours de ce monologue, le chantre Auvergnat décline : « Le dernier jour, à l’ultime instant, quelle image va surnager, qu’est-ce qui va surnager ? Il y a un lac en haut de chez nous, peut être que ce qui restera comme chez LAMARTINE, ce sera le léger clapotis de l’eau ». J’aime cette réponse qui peut paraître surprenante et montre surtout l’attachement de Jean-Louis à ce qui fait son pré carré : la montagne, les lacs, les rivières … son « Babel » à lui …

… Chacun vendrait des grives …

(Babel/2014)

(…)

« C’est la fin du village/Pas la ville à la campagne ».

(…)

Par ces mots MURAT nous fait comprendre que la mort ne vaut pas que pour les hommes, elle touche d’abord et aussi tout un mode de vie, la paysannerie …

… Les ronces …

(Babel/2014)

(…)

« Qu’irions-nous sur la neige/Pister le loup, le mettre à mort« 

(…)

« Je suis sur le grand lit/Tendu entre moi et la nuit« .

(…)

La mise à mort du loup ? Non ! Du symbole sexuel qu’il représente ? Oui ! La « nuit » ??? Sans doute la mort …

Vallée des merveilles …

(Babel/2014)

(…)

« Pourtant tu sais, papa est mort/Chacun se pense paix et harmonie ».

(…)

Point n’est besoin de commentaires. Et pourtant si ! MURAT est dans un état second, la mort du père se rappelle à lui …

… Le jour se lève sur Chamablanc …

(Babel/2014)

(…)

« Je veux voir les avis de décès/C’est à 9 heures pour le Fernand

Faudra y aller non de non ».

(…)

« Yvonne est partie en auto/Encore huit jours m’a dit Pierrot

Avant qu’on la retrouve au tombeau« 

(…)

A la campagne, on discute sans difficulté de la mort. C’est même un sujet de prédilection. Le plus important dans la saccoche du facteur ? Le journal local « La montagne » et « les avis de décès ». Ce serait une honte que de n’être pas à l’enterrement du « Fernand ».  En Bretagne la mentalité est identique. Je m’imprègne des mots de MURAT et je me retrouve dans la cour de chez moi, il y a plus de cinquante ans  à attendre l’arrivée du facteur. Je me rappelle Bertrand. Il était grand, il était beau, je voyais bien qu’il plaisait aux dames … Une fois le journal entre ses mains, le premier geste de ma mère ou de mon père, était d’aller à la rubrique obsèques. En ce temps là le facteur qui venait en vélo n’était pas souvent porteur de factures. Nous n’étions pas riches, mais n’étions pas endettés. Tout cela c’est venu plus tard, dans les années soixante … Mais revenons au journal local … Chez nous c’est « Ouest France » et en dernière page il y a : « Les aventures de Lariflette » … Dès que ma mère a lu les nouvelles, je me jette sur « Lariflette » … C’est peut-être là que j’ai pris le goût de la lecture et plus modestement celui de l’écriture (???)

Le personnage de « Lariflette » …

 lariflette2

Notre héros  a même trouvé le chemin de l’école, le voici sur nos buvards …

lariflette 1

(…)

« Encore ton père/Mauvais qu’il est

Qu’a pas encore fini de cuver/Cuver le vin de nos moissons

Ca vaurien/Mérite pas son nom »

Le propos est terrible. Il clôt cette superbe chanson. « Chamablanc » veut tant dire pour Jean-Louis BERGHEAUD ! Ici, MURAT fait parler les morts. C’est en effet Thérèse, la grand-mère paternelle qui parle  de son fils qui n’est autre que le père de Jean-Louis ! Voilà des propos qui ont longtemps résonné dans la cervelle du p’tit garçon. Devenu homme il ne les a jamais oubliés. Le père mort, il les expurge de son esprit.

… Col de Diane …

(Babel/2014)

(…)

« Au pont de la mort/Trouver son âme ».

(…)

Le pont de la mort sur la commune de MENET …

menet pont de la mort 1

… Frelons d’Asie …

(Babel/2014)

« Il avait la maladie/Le mal amer

Et puis la fatigue aussi/Depuis des semaines ».

(…)

« Il voulait finir sa vie/Au nid des frelons

Rayer le temps des soucis« 

(…)

« Voilà le coma sans abri/Au grand cimetière le vent avait l’air joli ».

(…)

« Digne fils, dernier cri« .

(…)

Au chevet de quelqu’un qui va mourir, on parle peu, on parle bas … Ce ne sont que des bribes …

Le 7 novembre 2014, au cours de l’émission radio « La bande passante » sur « RFI » le chanteur Auvergnat déclare : « Avec l’âge, je vais de plus en plus souvent dans les cimetières ». En fin d’émission Sylvain PILOT l’interroge : « A 60 ans on compare l’âge à une horloge ? ». Réponse agacée de MURAT : « Il faut essayer de faire les choses finement pour ne pas mourir comme un con ». 

***

Ajout le 17 mars 2015 …

En février 2015, dans les colonnes de « Philosophie Magazine » le chanteur Auvergnat est interrogé par Sylvain FESSON : « La belle mort selon vous ? ». La réponse ne tarde pas : « Mourir très curieux en me disant : « Chic ! je vais voir ce qui se passe après !  ».

***

A suivre …

http://didierlebras.unblog.fr/37-bis-jean-louis-murat-et-lidee-de-la-mort-suite/

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http://didierlebras2.unblog.fr/

Publié dans : ||le 8 août, 2011 |8 Commentaires »

8 Commentaires Commenter.

  1. le 9 août, 2011 à 0:18 rhiannon écrit:

    La mort toujours aussi omniprésente…
    j’ai cotoyé la mort souvent Didier et je peux en parler car elle fait partie de la vie ce qui m’a rapprochait de Jean Louis Murat …ce n’est pas seulement l’auteur compositeur interprete bien que ces textes reflètent parfaitement mes états d’ame…mais aussi la mort et l’enfance troublante et paradoxalement d’une grande maturité…la première fois que j’ai pensé à la mort …j’avais 5 ans mes parents effrayés par mes propos ….m’ont emmené voir un psychologue…je n’ai pas compris..j’ai également fait une tentative de suicide au meme age…il me semble que depuis mon plus jeune age je l’ai cotoyé et apprivoisé pour ainsi dire… s’il me venait à l’idée de disposer de ma vie …non pas par déprime ou par dégout …c’est un choix que je ferais parce que je l’aurais décidé ainsi…nous sommes maitre de nos vies…et surtout je n’en ai plus peur..

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  2. le 9 août, 2011 à 9:04 didierlebras écrit:

    Très touché par ton commentaire RHIANNON … Je pense que la vie vaut toujours d’être vécue. Pour ce qui me concerne, j’essaye de ne pas trop y penser … Pourtant elle me fait peur je l’avoue. Je t’embrasse.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

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  3. le 21 août, 2011 à 23:57 Muse écrit:

    Ce qui est peut-être plus difficile à accepter que la mort en soi, c’est apprendre à se défaire, à se séparer à chaque étape, de quelque chose et/ou quelqu’un auquel nous tenons énormément.Parce que nous ne possédons jamais rien dans la vie, ni les choses, ni les êtres chers… La grande épreuve de toute existence, c’est la séparation…Or toute la vie n’est que séparations. Le plus souvent douloureuses, même si elles font avancer et grandir. Avec pour ultime étape, la séparation d’avec notre propre corps.

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  4. le 22 août, 2011 à 7:54 didierlebras écrit:

    J’aime te lire MUSE … Non pas que tu me confortes dans mes idées … mais j’aime tes tournures de phrases, les absences de fautes … le style …
    La 1ère qualité d’un Blog consacré à MURAT se doit d’^tre la qualité de l’écriture … Ce n’est pas toujours le cas.

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  5. le 22 août, 2011 à 16:18 Muse écrit:

    C’est gentil, merci Didier. J’essaie d’écrire correctement et sans trop de fautes. Après, je pense que ce qui fait la qualité de ton blog, dépasse grandement les questions d’orthographe et de style. C’est la qualité de ce que tu y déposes, la qualité des échanges, des témoignages des différents intervenants qui en fait un blog intéressant et vraiment interactif. Ton travail de recherche sur JLM, le coeur que tu y mets, ta gentillesse participent grandement à la qualité de ton blog. Un vrai plaisir de venir ici te lire et lire Armelle, Rhiannon, Audrey ou d’autres…

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  6. le 3 février, 2013 à 18:09 Florence L écrit:

    Bonjour Didier,
    Comme je le disais sur un autre article, je prends le train en marche et je picore de ci de là selon les thèmes qui me parlent le mieux : les contradictions, la politique et puis voilà… la mort. Grand sujet qui m’habite également depuis…la naissance (oui, on peut dire ça comme ça).Je suis très sensitive, très branchée sur l’au-delà car j’ai la sensation que nous avons un pied dans ce monde, un pied dans l’autre. Pour apprivoiser la peur de la mort (qui commence quand tu es jeune et que tu regardes le plafond, la nuit avant de t’endormir dans ta chambre…)je me suis lancée dans l’étude de diverses sciences, la psychanalyse, l’astrologie, la spiritualité. J’ai lu, j’ai cotoyé, j’ai discuté, échangé. Aujourd’hui, la mort fait partie de mon quotidien , je n’en ai plus peur, et j’accompagne quelquefois des amis ou des gens qui sont à l’approche de la mort, afin qu’ils fassent le grand saut sereinement. Ce qui arrive souvent… et celà me réjouit.La mort et la vie, c’est pareil,c’est juste l’autre face de la pièce de monnaie… »Ce pour quoi on lutte…résiste, ce qu’on observe…disparaît ». Je crois que c’est une maxime bouddhiste, en tout cas, ça pourrait. Celà signifie que si on a peur de quelque chose ,on renforce le pouvoir effrayant de cette chose alors que si on la regarde enface…elle disparaît.
    Bien à vous, Muse, Rhiannon et Didier.

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    • le 3 février, 2013 à 22:28 didierlebras écrit:

      Merci Florence de tes divers commentaires. Je suis flatté qu’une personne de goût prenne le temps de lire MURAT …

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      • le 6 février, 2013 à 16:34 Florence L écrit:

        Euh… de rien , Didier… je te remercie pour le compliment et je te le retourne sans hésiter! Néanmoins,je voudrais ajouter que devant l’étendue du talent de JLM je ne suis qu’un humble vermisseau (!) et que mon temps ne vaut rien en face du plaisir de m’enrichir à son contact.
        Bonne journée, Didier.

        Répondre

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