- 25 – Jean-Louis Murat … et l’histoire des chansons … 2ème partie …

… C’est à Paris …

(Le Roi de Rien/Delpech/1997).

Ce titre à été écrit par MURAT pour Michel DELPECH  en 1997. L’album s’intitule :  « Le Roi de rien ». Le texte de cette chanson est absolument superbe. Murat y revisite certaines de ses années les plus noires …

En 1993 il déclare à Juliette COPE  : « J’avais 23 ans, j’étais monté à Paris, je faisais le porte à porte pour vendre des encyclopédies littéraires et, la nuit, je fouillais les poubelles du 16ème arrondissement avec un pote pour gagner un peu d’argent aux puces à Montreuil ».

Pour CHORUS sous la plume de Jean THEFAINE, parlant de Paris il confie en 2002 : « J’y ai galéré comme c’est pas permis … A une période où j’étais particulièrement dans la dèche, j’ai fait les poubelles avec un copain, mort depuis d’une overdose, comme beaucoup trop. Aujourd’hui, quand je me rends au studio Davout, porte de Montreuil, et qu’à la porte, sur le trottoir, je vois des mecs vendre des trucs, je me dis : « J’ai fait ça pendant deux mois ». (…)  »On vivait dehors, c’était une vie très bizarre ».

En plus de la galère, à Paris, MURAT  a appris les femmes … C’est ce qu’il nous explique d’entrée dans cette chanson … Ces femmes et le plaisir qu’elles engendrent … Ces femmes … une drogue larvée …  douce et insidieuse à la fois …

« C’est à Paris dans la rue Saint Denis

Que me vint l’appétit, comme un chat pour l’hirondelle 

L’amour m’affaire aujourd’hui

Comme à Paris ».

C’est à Paris, rue Saint Denis et ailleurs, que BERGHEAUD  le petit fils de François va tout apprendre des femmes … dompter son désir pour … davantage donner de plaisir …

Tant que nous y sommes, avec l’Auvergnat promenons-nous dans les rues de Paris. Tous les chats y sont gris. La rue Saint Denis occupe l’emplacement d’une ancienne voie Romaine (chemin de Flandre) qui conduisait à Saint Denis. Au Moyen-Âge, elle menait à la basilique où les rois de France étaient inhumés. Ceux-ci empruntaient cet itinéraire sacré pour leur dernier voyage. Ils recevaient les acclamations de  la foule. Ils passaient sous les arcs de triomphe. Cette rue sera bordée de maisons à compter de 1134. La révolution lui donne le nom de rue :  »La Franciade ».

Prenant naissance à l’angle de la Place du Châtelet et de l’avenue Victoria, la rue Saint Denis traverse la rue Réaumur pour rejoindre les grands boulevards. Un arc de triomphe construit en hommage à Louis XIV marque cette extrêmité. Ce monument plus haut que celui de l’Etoile commémore les victoire du « Roi Soleil » en Hollande et sur le Rhin.

La rue Saint Denis à remplacé Pigalle dans l’esprit de nombreux visiteurs. Elle concentre l’essentiel de la prostitution Parisienne et de nombreux sex-shops.

                           Arc de triomphe rue Saint  Denis en 1890

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                                                 Rue Saint Denis …

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                                      Un sex-shop rue Saint Denis …

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« C’est à Paris, sevré de jalousie

Que son corps ennemi me semble soudain cruel

Il me tient à sa merci

Comme à Paris ».

 Fils de la campagne, le p’tit BERGHEAUD  a beaucoup appris des animaux notamment … l’amour. S’il est un sujet dont on ne parle pas dans les fermes d’Auvergne et d’ailleurs dans les années 60, c’est bien la relation amoureuse. Qu’importe le taureau dans le champ va vous servir de professeur. MURAT  est un primaire et le restera. Son rapport avec les femmes ressort parfaitement dans une interview effectuée en 1993 par une journaliste féminin. Questionné sur le sens pour lui de « LA FIDÉLITÉ DANS LE COUPLE » il a cette réponse sans équivoque : « Une punition. Je ne suis pas encore assez grand garçon, je balance toujours entre la mort (la fidélité, qui est pour moi comme rentrer dans les ordres) et la vie (la curiosité, la recherche de la nouveauté). Je renais à chaque fois que je rencontre quelqu’un d’autre. J’aime Marivaux, les « Mémoires » de Casanova. Mais cette inconstance, bien sur, je la paye. Ma copine avec qui j’étais depuis très longtemps, vient de me quitter ».

La journaliste l’interpelle par cette autre question : « ET VOUS ACCEPTEZ QU’ON VOUS TROMPE ?« . La réponse de MURAT  fuse :  » Ah, non ! Je ne supporte pas que l’autre soit infidèle ». Dernière question « LE COUPLE ? ». Une nouvelle fois MURAT ne donne pas dans la demi mesure : « Je suis hyper réac. Dans un couple, on s’emmerde sexuellement au bout de deux ans. Le nombre de fantasmes et de positions n’est pas illimité. Donc, soit on fait comme ces couples des années 80, qui continuent à baiser en s’emmerdant, soit on passe à un autre type de relation et on fait des bébés ». 

 « De Clichy à Odéon

J’ai tant et tant jeté de ponts

Pour enjamber nos vies

Comme à Paris ».

Je ne sais si MURAT  nous parle de la rue, de la Place ou du Boulevard de CLICHY. Ce dernier est situé au coeur de Pigalle.  Quant à la rue du même nom, elle abrite le casino de Paris ou s’est produit Joséphine BAKER … Qu’importe « de Clichy à Odéon » exprime les rues de Paris dans leur ensemble, ces rues fréquentées par les femmes que MURAT  apprécie « sans culotte »et que l’on trouve de moins en moins selon lui. Ce qui est important c’est la notion de « pont » entre ici et ailleurs … entre aujourd’hui et demain … entre l’enfant qui regardait les taureaux bander et l’homme qui aime les femmes. L’expression « tant et tant » n’est pas dénuée de profondeur … dans ces rues … il a tant souffert … il s’est tant posé de questions … sur demain … sur quoi faire … comment subvenir à ses besoins … celui du petit garçon dont il est le père depuis l’âge de 17 ans … 

                               Place de Clichy peinte par MANET  …

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  Publicité pour le cabaret du Chat noir implanté boulevard de Clichy …

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                       Carte postale de la rue de Clichy …

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« Rue d’Ouessant, de Saïgon

Le corps parcouru de frissons

Par les chemins maudits

J’atteinds Paris ».

                    Rue d’Ouessant de Saïgon … les beaux quartiers …

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En 1991 MURAT  déclare à Christian FEVRET : « J’ai toujours été fasciné par les filles, les femmes … » puis, parlant de son enfance et de ses premiers sentiments amoureux il confie : « J’étais d’une fidélité absolue, j’ai eu un premier amour pendant très longtemps et il ne s’est jamais rien passé. Depuis tout petit, depuis la maternelle jusqu’à 14 – 15 ans. Il ne s’est jamais rien passé. Des fois je me dis que je vis peut-être les autres histoires comme une espèce de dégradation, qu’en amour c’est ce que j’ai vécu de mieux, cet amour chaste. L’amour dans la chasteté, c’est vraiment fort. Quand tu es avec une fille, il y a souvent beaucoup plus à perdre qu’à gagner à s’envoyer en l’air.. et dans l’amour chaste, c’est trouver le plaisir ailleurs … des petits cadeaux, des heures passées à attendre sous une fenêtre, à rêvasser, à ne pas dormir la nuit ».

En novembre 2006 l’Auvergnat répond aux questions de Nicole BALMET  dont celle ci :

N.B. : Quelle place occupent les femmes dans votre vie ?

JLM : « La place numéro un. De ma grand-mère à ma fille, en passant par ma mère ou ma femme, je les aime toutes. Je ne vis entouré que de femmes. Mon manager aussi c’est une femme. Je m’entends beaucoup mieux avec les femmes qu’avec les hommes. On dirait que je les comprends mieux ».

Mais l’homme est aussi de chair … MURAT  n’enfreint pas à la règle (surtout pas devrais-je dire …). pour preuve cet extrait d’une lettre adressée par JLM à Jean-Philippe FREU  à l’occasion d’un séminaire de la gestion du stress en février 1998 (document mis à jour par Emmanuel). Je cite MURAT  : « J’ai décidé pourtant d’aller me taper une pute en ville. Au bout de quelques tours de voiture, je choisis une Black immense en costume Gucci et sac Vuitton. Elle ne me plaisait pas vraiment, mais lorsque je suis passsé près d’elle en voiture elle m’a dit : « Viens me mettre ta grosse queue de salaud, viens m’enculer, jouis moi dessus … ». Ça m’a excité d’un coup. Les hormones sont remontées en un flux massif. Ma queue était revenue à sa taille normale (19,6 cm). Quelques minutes après, elle était en train de me branler dans un parking … ». J’arrête là le récit. Le fils de paysan que je suis a conservé de ses origines trop de pudeur. Visiblement BERGHEAUD  s’en est départit. Tant mieux pour lui. Par cet extrait j’ai souhaité mettre en exergue … « l’homme à femme »dans toute sa composante … qu’est MURAT. Il aime le corps des femmes … il aime la femme … sans aucune vergogne. La scène qu’il nous décrit n’a sûrement pas pour cadre La Bourboule, sans doute pas Clermont-Ferrand … pour la commodité de mon récit je me dis que nous sommes à … PARIS. C’est en effet là, durant ces années de galère notamment, que le p’tit BERGHEAUD  a tout appris des femmes.

Les derniers mots de la chanson n’ont que plus de sens … Ils vont m’accompagner toute la journée …

« C’est à Paris, que je suis chaque nuit

Etrange à l’oubli, dans ma mémoire infidèle

La vraie passion de ma vie

Dors à Paris ».

Dernière question en forme de provocation que m’inspire ce texte de MURAT  … et si, pour le chanteur Auvergnat,  le coeur de Paris c’était le sexe d’une femme … de la femme … (???).

Pour clôre cet article ci joint une vidéo qui voit MURAT et Guillaume DEPARDIEU  déambuler dans les rues de Paris la nuit …

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***

… Qu’entends-tu de moi que je n’entends pas ? …

(Parfum d’acacia au jardin/2004).

Ce titre est extrait du DVD « Parfum d’acacia au jardin » (2004). 

« Qu’entends-tu de moi que je n’entends pas ?

Qu’entends-tu de moi ami, réponds-moi.

Qu’entends-tu de moi, qu’aurais-je oublié ?

Qu’entends-tu de moi devrais-je en pleurer ?

Qu’entends-tu de moi que je n’entends pas ? »

 Cette chanson est l’histoire d’une amitié. Je me trompe peut-être … sans doute … S’agit-t’il de l’amitié avec son voisin EMILE ? Ce vieux paysan qui vit avec sa soeur … ce vieil homme dont Jean-Louis aime tant écouter les silences! Emile est parti en 2007, sans faire de bruit. Jean-Louis a beaucoup pleuré ce père de substitution. dont il dit : « J’aime beaucoup sa façon de ne rien dire, de se lever tôt, de se coucher tôt, de ne pas gémir, de faire le boulot, finement mine de rien … Il incarnait ces valeurs paysannes qui font qu’on se tait et qu’on travaille … ». 

« Que vois-tu de moi que je ne vois pas ?

Que vois-tu de moi, ami réponds-moi.

Que vois-tu de moi, qu’aurais-je oublié ?

Que vois-tu de moi, devrais-je en pleurer ?

Que vois-tu de moi que je ne vois pas ? »

 S’agit-il de Bruno BAYON, né en 1951, journaliste au service culturel du quotidien « Libération » ? MURAT dit de lui : « C’est mon ami, mon seul ami ». BAYON sera le 1er à défendre le travail de MURAT  relayé en celà par A.M. PACQUOTTE.

                                  Bayon …

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« Que sais-tu de moi que je ne sais pas ?

Que sais-tu de moi ami, réponds-moi.

Que sais-tu de moi, qu’aurais-je oublié ?

Que sais-tu de moi, devrais-je en pleurer ?

Que sais-tu de moi que je ne sais pas ? ».

S’agit-il de Marie AUDIGIER son ex compagne  avec qui il a partagé les bons et les mauvais jours ? Lorsque Jean-Louis était au fond du trou, aux portes de l’au-delà … MARIE  était là qui lui tenait la main … pour lui dire reste avec nous. Jean-Louis dit en référence à ces instants de désespoir : « Il y avait quelqu’un qui m’aimait ».  

                  Marie … 

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 En définitive, je reconnais que je n’ai pas la réponse à la question posée. Qu’importe … Je vous propose quelques citations sur le mot « ami » … Certains des auteurs choisis font partie des écrivains préférés du poète Auvergnat …

  • Ce n’est pas un ami que l’ami de tout le monde … (ARISTOTE).

  • Le nom d’ami est courant, mais l’ami fidèle est chose rare (PHEDRE).

  • Le silence est un ami qui ne trahit jamais … (CONFUCIUS).

  • L’ami doit être passé maître dans l’art de deviner et dans  l’art de se taire ... (NIETZSCHE).

  • La persuasion repose sur les lèvres d’un ami fidèle … (HOMERE).

  • Un ami est celui qui vous laisse l’entière liberté d’être vous même … (Jim MORRISON).

  • Il n’y a que la main d’un ami qui arrache l’épine du coeur … (Claude Adrien HELVETIUS).

  • Une femme ne peut devenir l’ami d’un homme qu’après avoir été une camarade, puis une maîtresse … (Anton TCHEKOV).

 Pour terminer … je vous propose la superbe vidéo … (en noir et blanc)  de cette chanson …

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***

… Maudits …

(Taormina/2006).

Ce titre est extrait de l’album « Taormina » (2006). Dans une interview accordée à Bertrand DICALEle 1er septembre 2006, répondant aux questions du journaliste, MURAT nous explique le pourquoi de cette chanson.

B.D.  : Vous vous sentez à l’aise dans cette époque ?

JLM :  Plus ça va, plus je me rends compte que je suis un mec à l’ancienne. J’ai de plus en plus de problèmes avec les gens. Je pense que le disque parle de ça : j’ai de plus en plus de mal à me caser, je me retrouve la-haut chez moi comme un pauvre aigle exilé de tout …

B.D.  : C’est de celà que parle « Maudits » quand vous chantez : « Maudits/Peuples maudits/Que les temps sont mauvais/Je n’y trouve aucun plaisir »

JLM: Et de ceux qui pensent avoir une ligne directe avec Dieu. J’ai même changé la fin parce que sinon, je me serais trouvé avec une fatwa sur le dos. Je ne suis pas contre l’idée de Dieu, mais contre les establishments religieux ou athés qui nous cassent les pieds. D’ailleurs, je mets ONFRAY et KHOMEINY dans le même sac ».

                                  Michel ONFRAY

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Issu d’un milieu très modeste, ce professeur de philosophie démissionne en 2002. Il prône un athéisme sans concession considérant que les religions sont indéfendables en tant qu’elles sont des outils de domination et de coupure avec la réalité. Il se réclame de NIETZSCHE.

                                       KHOMEINY  …

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Il a longtemps été l’hôte de la France avant de devenir le « fou » que l’on sait … Il symbolise tous les extrêmismes … même si depuis on a fait pire. Mais, notre « bon Pape » … j’ai nommé « JP2″ n’est guère mieux … lui qui interdit aux femmes bosniaques violées par les Serbes de MLADIK  de se faire avorter …

Pour ce qui me concerne, je crois en Dieu, mais n’ai aucune confiance dans les hommes qui le représentent sur cette Terre … Peu importe l’habit qu’ils portent.

(…)

« Sans la moindre idée

De ce qui sera après

Dans ce séjour des morts

De quoi veux-tu me parler ?

Dans ce vaste séjour des morts

Où je m’ennuie

A l’heure de la fin

Dégage de ma prairie ».

(…)

« Maudits

Peuples maudits

Que les temps sont mauvais

Je n’y trouve aucun plaisir ».

***

… Polly jean …

(Mustango/1999).

En août 1998 MURAT assiste au spectacle de « PJ HARVEY » dans le cadre de la « Route du Rock »à Saint-Malo. Il tombe sous le charme de la jeune anglaise. Le titre « Polly Jean » extrait de l’album « Mustango » (1999) est un hommage à cette prestation Malouine.

« Je voulais voir des corsaires

user des espadons

Me baigner nu dans la mer

Changer de religion ».

(…)

                                                     P.J. HARVEY  … 

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Polly Jean HARVEY née le 9 octobre 1969 dans le Comté de Somerset au Royaume Uni, est une chanteuse de rock altenatif. Sur scène elle dégage une énergie pas possible … MURAT  est un fan inconditionnel …

« J’avais rêvé de poursuivre

Sur des rochers luisants

Le galurin de PJ

Galure rouge sang ».

(…)

Barbara LE GOFF sur le site « Chronicart.com » nous présente ce titre en ces termes : « C’est à l’air iodé que MURAT  s’est shooté … et au parfum de Miss HARVEY ». 

« La houle du désir

Emportait Saint Malo

Nos coeurs évanouis

Gisaient au fond de l’eau ».

 

Christophe CONTE pour « Les Inrockuptibles » le 29 août 1999 évoque le cas « PJ » avec MURAT. Voici ce qu’il en dit, qui ne manque pas de croustillant : « Quand je parle de son galurin rouge, je fais allusion à son collant. PJ HARVEY  m’a littéralement mis en transe avec son collant rouge. Quelqu’un qui l’a vue de près m’a raconté qu’en plus elle ne se rasait pas, qu’elle avait des poils qui dépassaient de son collant  … Cette chanson sur PJ HARVEY est née l’an dernier pendant son concert à la Route du Rock. C’était la nuit des étoiles filantes et moi, j’étais en plein milieu, face à la scène, et j’ai clairement vu une étoile filante qui arrivait droit sur elle. Les 30 personnes qui étaient dans mon périmètre ont vu la même chose et on s’est tous regardés,  on était pétrifiés. C’était comme si Dieu l’avait montrée du doigt pour nous dire : Regardez voilà ma fille bien aimée«  !!!

Murat avait toute latitude pour ne pas évoquer la « touffe » de la jolie dame … Mais c’était sans doute plus fort que lui … C’est tout MURAT  ça … Un enfant qui s’émerveille constamment des choses belles, plus encore lorsqu’elles sont naturelles … Et qui, tout simplement le dit … On est comme ça à la campagne ! Si loin des artifices de la ville … J’aurais du employer le terme « hypocrisies » qui sied tellement à la bien pensance Parisienne … Celle de certains journalistes du style « JOFFRIN » ou de critiques qui passent plus de temps à discourir autour d’un café crème, qu’à réellement travailler et encore moins à souffrir pour vivre ou survivre …

En 2004, dans le cadre de la promo « A bird on a poire » MURAT  questionné par Pierre DERENSY pour le « MAGUE » parle de « P.J. » en ces termes : « Elle aime bien ce qui est brut comme moi mais elle doit être plus intello depuis qu’elle a quitté son royaume pourri d’Angleterre pour aller frayer au milieu des intellectuels New Yorkais. (…) En plus, elle est en ménage avec Vincent GALLO qui est l’archétype de l’intello qui ne veut surtout pas être pris pour un intello mais qui en est quand même un à fond ! ».  

« Voilà déjà que claque

Son tissu pur sang

Elle en coiffe sa tête

Et me glace le sang ».

(…)

Ci dessous un extrait du concert donné le 16 août 1998 par PJ HARVEY au festival de Port St Père …

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« Sur les mats de misaine

Les marins vous diront

Que la galure de la reine

N’existe qu’en chansons ».

***

… New-Yorker …

(Muragostang/1999).

Cet inédit de la tournée MURAGOSTANG (1999) nous conte tout simplement l’histoire de l’album « Mustango ».

« Soudain les dimensions peinent

Puis un jour pareil au même

On se dit assez rêvé

Tiens, pourquoi pas New-Yorkais ? ».

Le 24 août 1999 jour de sortie de l’album « Mustango », Jean-Louis MURAT répond pour « RFI » aux questions de Bertrand DICALE.

B.D.  : Pourquoi avoir enregistré ce disque aux Etats-Unis ?

JLM : J’avais envie de me dépayser, d’aller vers de vrais musiciens, de prendre des risques, de sortir de France. Je ne suis pas pro-américain, mais je suis resté 4 mois la-bas et je peux dire que c’est vraiment le pays idéal pour faire de la musique et enregistrer. L’ambiance est super, les musiciens sont compétents, les studios sont sympas, l’album s’est fait tout seul.

« On compte les fuseaux horaires

On se bouscule les manières

On se dit putain poussière

Vole dans une autre lumière ».

  

« On loue de grandes automobiles

On croise des milliers de filles.

On se sent l’esprit tranquille

New-Yorker en New-Yorkais ».

 Dans le n° 33 de « Magic » de septembre 1999 MURAT  répond aux questions de Franck VERGEADE.

F.V.  : Mustango est ton 7ème album. Tu avais une idée précise avant de t’atteler à la tâche ?

JLM : Enregistrer un disque à l’étranger ! Même si j’ai longuement hésité avant de franchir le pas. Au départ, je souhaitais le faire en Egypte. Mais ça n’a pas été possible. Finalement je l’ai enregistré à New-York et TUCSON en Arizona. J’ai toujours des problèmes de motivation avant cet album. Ce n’est pas tout d’avoir des chansons, il fait encore avoir l’excitation de rentrer en studio.

F.V.  : Tout à très mal démarré …

JLM : En arrivant à New-York, je suis allé voir Mark EITZEL  après un de ses concerts pour lui demander d’enregistrer une chanson avec moi. Mais il m’a jeté, et avec une violence … (rires). Ça m’a complètement refroidi. D’autant que c’était la première personne que j’allais voir. Joey BURNS  et John CONVERTINO  de « Calexico » étaient d’accord, mais ne voulaient pas venir à New-York. Et moi je n’avais pas le budget pour aller dans l’Arizona. Je me disais : « bon d’accord, la catastrophe continue ». Enfin je connaissais Marc RIBOT, mais je n’avais jamais vu sa tronche. Un soir, après un concert de Chocolate Genuis, je vais voir le guitariste, je lui dis : « Salut Marc, je suis un artiste Français blahlahblahblah … Et le mec me répond : « T’es gentil comme artiste Français, mais je ne suis pas Marc RIBOT ». Heureusement, après, le désastre s’est arrêté et tout s’est passé sur des roulettes. Un enregistrement vraiment sans histoire ».

        Mark EITZEL … auprès de qui MURAT  essuie un 1er échec …

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Né en 1959 à Walnut Creek (Californie), auteur compositeur interprète et guitariste du groupe US (American Music Club) de San Francisco.

« Un jour revient le spleen

D’une autre guitare on s’entiche

Elle a un prénom rêvé

New Yorker en New Yorkais ».

 « Viennent alors d’autres chansons

Qui nous surprennent par ce ton

Ce ton un peu moins fragile

Qui nous laisse tout étonné ».

    

« On traîne les soirs au Tonic

Voir ce Mark EITZEL  que l’on flique

On pense que viens-tu chercher

New-Yorker en New-Yorkais ». 

                                                         New-York …

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                                                Le « Tonic Bar » à New York …

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Le 16 janvier 2000 MURAT  répond aux questions de Manuel PLAZA  dans le cadre de la promo « Mustango ».

M.P.  : Tu as collaboré sur cet album avec des musiciens renommés dans le milieu underground américain (Calexico, Marc RIBOT, Elysian FIELDS). Quelle a été leur réaction ?

JLM : Ben … si tu es sympa …  et pour être prosaïque, si tu as les moyens, ça va. les Américains sont  très réalistes la dessus. En France tout est cloisonné, impossible par exemple de travailler avec des gens du milieu hip-hop ou gospel comme j’ai pu le faire la-bas. Ça me fait beaucoup de bien d’être considéré comme un musicien ; ici (en France) on ne considère mon travail que sous l’angle de la poésie, de l’image ou du caractère. Pour les gens du milieu indé de New-York, je suis le Français qui figure sur la compilation « I’m your fan » (hommage à Léonard COHEN avec REM, Pixies, Nick CAVE  entre autres). Et puis Robert WYATT  a aussi déclaré un jour à un journal New-Yorkais que « Dolorès » était son album préféré de 1998. Tout ça m’a fait de bonnes cartes de visite qui avaient du sens pour les gens que j’ai sollicités.

Les propos qui suivent ont été recueillis par Franck VERGEADE 

JLM : Dans un premier temps je suis parti à New-York pour changer de vie. je m’y suis installé pour peindre. Il règne dans cette ville un ambiance très stimulante pour la créativité. Les gens ne se posent pas de question, n’érigent pas de barrière, tout se fait le plus naturellement du monde, sans cynisme. Je sortais pratiquement tous les soirs pour voir des concerts, j’ai découvert des gens épatants comme Daniel JOHSTON (songwriter culte de l’underground pop américain) qui est le type le plus incroyable que j’ai jamais vu sur scène. Et petit à petit j’ai rencontré des musiciens, que j’allais voir à la fin des concerts pour leur proposer de travailler avec moi. C’est comme ça qu’est né ce « Mustango ». Je n’essayais pas de me comporter en Français, mais plutôt de me fondre dans le paysage, tout en conservant mes particularités, évidemment j’ai eu l’impression de me recentrer, d’être au coeur de ce que j’aime et écoute. Rien de Français n’a façonné mon univers » …

  »Puis la neige fixe nos pas

On sent d’où l’on vient où l’on va

Vois qu’y a t’il à changer

New-Yorker en New-Yorkais ».

 

 

« On sent une affaire de style

On est dans le difficile

On sait que tout recommencer

Serait aussi vain que prier ».

Ce fameux Daniel JOHNSTON  c’est qui ??? Il est né en 1961 à Sacramento. Il est à la fois dessinateur, chanteur, pianiste et guitariste. Dans les années 1990 sa carrière est interrompue par une instabilité mentale. Sa vie et sa musique sont indissociables. Un MURAT  américain ??? Trois thèmes sont très présents dans ses chansons : l’amour, le diable et la mort. Ses dessins sont à mi chemin entre la BD et les dessins pour enfants.

                 Daniel JOHNSTON …

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          Les dessins du monsieur …

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Je ne connaissais pas … MURAT  a une nouvelle aiguisé ma curiosité … J’ai cherché à connaître Daniel JOHNSTON … Je suis tombé sur cette vidéo et j’ai découvert un artiste

FABULEUX …

Ecoutez … regardez …

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Pour le journal « Libération » l’Auvergnat déclare : « J’ai commencé à m’intéresser sérieusement  à la philosophie boudhiste. J’ai fait tout l’album avec un bouquin de méditation. Si le disque semble un peu plus naturel ou détendu ça vient beaucoup de ça. Jusqu’à présent j’ai toujours fait des disques « contre », il fallait que je fasse des chansons autre chose que ce qu’elles étaient. Là j’ai essayé d’aller dans leur sens et de les laisser faire (…) Après la tournée DOLORES j’ai d’abord perdu 8 kgs et j’ai commencé à vivre beaucoup en plein air, à dormir à la belle étoile, à pratiquer la méditation et à peindre. J’en ai marre de la tristesse, je préfère la sérénité. Aux Etats-Unis, j’étais obligé de penser différemment, de projeter de moi des choses inhabituelles et de ne pas me contenter d’être le teigneux qui fait tourner tout le monde à la cravache. C’est peut-être que je vieillis.  Tout ça c’est sous-tendu par des problèmes d’homme. J’ai juste la chance d’en faire des chansons. Aujourd’hui, je ne peux plus penser pareil, j’ai envie d’être étranger et je ne me sens qu’une seule obligation voyager … ».

« On file dans un autre club

Ou l’autre Marc

Jusqu’à plus d’heure

Laisse toutes les notes danser

New-Yorker en New-Yorkais ».

                                     Marc RIBOT …

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RIBOT est un guitariste et compositeur américain né en 1954 à Newark dans le New Jersey. Outre MURAT  il a collaboré avec Alain BASHUNG  et Norah JONES. Il a accompagné Tom WAITS  sur nombre de ses albums et tournées.

Ci joint 4 vidéos ou le guitariste en solo nous fait montre de tout son talent …

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Au cours de ces 4 mois partagés entre New-York et Tucson, entre peinture et musique MURAT  va rencontrer et se « frotter » à certains des musiciens les plus réputés des States … Jean-Louis va même réussir à les convaincre d’apporter leur contribution à « Mustango »

  • Harvey BROOKS né à Manhattan le 4 juillet 1944 … bassiste ayant accompagné Dylan

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  • Winston WATSON 

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  • Elysian FIELDS groupe qui s’est formé en 1995 avec Jennifer CHARLES  et Oren BLOEDOW

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  • Calexico avec Joey BURNS et John CONVERTINO 

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De ce groupe …j’adore le titre qui suit …

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Un article signé Yves Ferdinand BOUVIER daté de   1999 fait le parallèle très intéressant entre « Cheyenne Autumn » et « Mustango »: « A dix ans de distance, de l’aube au crépuscule des années quatre vingt dix, l’auteur a construit un subtil jeu de miroirs inversants entre « Cheyenne autumn », un album enregistré à Cordes, Picherande, Paris et Clermont-Ferrand qui évoque l’Amérique à touches délicates (par la chanson titre et ses vers « Les loutres endormies/Près des torrents », par « Le chant du très vieil Indien » de « Te garder près de moi » et par tout « Le troupeau » : « Je rêve parmi les chevaux/D’horizon mauve et d’espace/Tous les gens de Durango/De Catane et Minor Track/Trouvent trop bon le Très-Haut) et« Mustango », enregistré à New-York et Tucson mais qui ne cesse d’évoquer la France (« Les hérons » : « Le vent de foehn/Et de Lombarde »,  »Polly Jean » : « La boule du désir/Emportait Saint Malo », « Nu dans la crevasse » : « J’avais pris des places/L’autre jour à Tignes » et « Dites que son homme/Brillant au Kandahar/Traîne à Chamonix », « Mustang » : « Au Mezenc interdit/Sous la glycine enflammée/Après la rêverie/D’un embouteillage au Canet », « Belgrade » : « Ballerine à Lausanne/A l’aise dans le dédale/Dieu que la Corrèze est liquide/Les faubourgs de Brive/ et « Brouillard sur la Chabanne/Dans l’âme acétylène/Rendez-vous au forum/A droite après Charonne/Oradour pour mieux dire », « Au Mont Sans Souci » : « Allez suer belles têtes blondes/Aux thermes de Choussy » et « Les filles de Cadet Rousel/Pendant ce répit/Venaient pour une heure à peine/Voir les gars du pays/Venaient chanter/Dans la bruyère:Au Mont Sans Souci ».  Dans une autre interview c’est MURAT lui même qui déclare : « J’aime les noms de lieux … tous ceux dont je parle, j’y suis allé« .

 « On sait que la musique est amour

Qu’il ne faut plus tourner autour

Même si nos mots en Français

Ne réparent que de l’usé ».

 « C’est donc le chemin d’une vie

Quand on n’a plus le choix du pays

Un jour, pas plus avancé

On se dit, tiens, faut rentrer« .

 « Pour quelques mois au moins

New-Yorker en New-Yorkais ».

 ***

… Mashpotétisés …

(A bird on a poire/2004).

Ce titre tarabiscoté est extrait de l’album « A bird on a poire » qui date de 2004.

Pour le « Mague.net »Jean-Louis MURAT s’en explique avec Pierre DERENSY :

P.D.  : Viens ensuite ce « Mashpotétisés » ou comment règler certains comptes avec la culture musicale « yé-yé » ?

JLM : Je les appelle les « machins », toute la culture de l’ersatz Français. Le peuple Français est le conglomérat qui reprend le plus de choses aux américains avec des chanteurs aux noms débiles comme Dick RIVERS, Eddy MITCHELL ou Johnny HALLYDAY. La moitié des Français pensent qu’Elvis PRESLEY  a tout piqué à Johnny. Ce qui explique la misère de la variété ici, on confond le vrai et le faux. On prend Claude FRANCOIS pour James BROWN.

P.D.  : Sacha Distel a tué Burth BACCARACH ?

JLM : Par exemple, je me souviens que le jour où j’ai écouté un vieux Phil SPECTOR  avec « Da Doo Ron Ron » en version originale, ma mère m’a demandé qui avait repris la chanson de Sylvie VARTAN. La culture de l’ersatz a complètement faussé le jugement de beaucoup de gens. C’est le terreau où pousse encore, de nos jours, la variété Française : ils sont tous dingues et l’arrogance de ces gens qui n’ont pas de culture musicale est très comique. Mes amis anglo-saxons en rigolent bien en tous cas ».

« Vous nous aurez « mashpotétifiés »

Bien tous « mash popo disposés »

Du bon boulot gougnafier

Allez Twist à St Tropez »

Le chanteur « yé-yé » est celui qui, au début des années 60, s’inspirait des rythmes des chansons anglo-saxonnes adaptées en Français et contenant généralement la double onomatopée « yea yea » traduite en « yé-yé ».

En Juin 1964 Brigigitte BARDOT  déclare : « Oui, j’aime le rock, tout ce qui est rythme est pour moi synonyme de vie. Je ne reproche qu’une seule chose aux yéyés Français, la pauvreté de leurs textes« .

                                                  B.B.  … pas folle la guêpe …

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                        Une photo culte des années 60Jean-Marie PERIER

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C’est l’époque de l’émission « Age Tendre et Tête de Bois » présentée par Albert RAISNER  sur les ondes de l’ORTF et celle de « Salut les Copains »(SLC) …

« Nous v’là tous bien « ringarnisés »

Limite « endalidanifiés »

Du bon boulot gougnafiers

Allez Twist à St Tropez »

« Encore on confond Johnny vacances et Elvis PRESLEY

C’est vous dire si c’est un succès ».

Des recherches sur le net font rapidement apparaître que les propos de MURAT  ne sont que la transcription de la réalité. Il n’y a dans ce qu’il dit aucune exagération.

                                             Phil SPECTOR  …

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Né le 25 décembre 1939 à New-York dans le Bronx, il est chanteur du groupe « Teddy Bears » … il écrit la chanson « To knom him il to love him » soit l’épitaphe qui figure sur la tombe de son père qui s’est suicidé …

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Par la suite, il se contente de produire des chansons dont le fameux « Da Doo Ron Ron » interprétée par un groupes de filles noires magnifiques … « The Chrystals »

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En mars 1970 il produit l’album « Let it be »qui sera le dernier album des Beattles. Il n’y aura que la fin de triste. En effet, en mars 2009 il est condamné pour le meurtre de Lana CLARKSON  comédienne de série B découverte morte dans son manoir de l’Alhambra en 2003

« Vous les a « débalajodifiés »

En trois coups « engaulinifiés

Du bon boulot gougnafiers

Allez Twist à St Tropez »

La chanson « J’entends siffler le train » qui aura fait la fortune de Richard ANTHONY  n’est que l’adaptation de « Five hundred miles » … chantée par

  • le duo « Peter & Gordon »  …

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  • le « Kington trio » … 

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« On passerait son temps à maronner

A s’en « naurasthéniniquer »

A s’en « napalmimifier »

Allez Twist à Saint Tropez ».

Le titre « Si j’avais un marteau » chanté par Claude FRANCOIS nous donne en anglais « If I had à hammer » … Ils ne se sont pas foulés les méninges … B.B. à raison … Cette chanson  est chantée outre atlantique par :

  • Pete SEEGER

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  • Trini LOPEZ 

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« On passerait son temps à maronner

A s’en « neurasthéniniquer

Miterrand « Chiraquéqué »

Allez Twist à Saint Tropez ».

Plus édifiant encore le titre emblématique de Johnny HALLYDAY  « L’idole des jeunes »  … il a d’abord été chanté par Ricky NELSON… pâle copie (blanc et bourgeois) d’Elvis PRESLEY

         Ricky NELSON

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Ce chanteur de rock’n roll et de country né en 1940 dans le New Jersey meurt en 1985 dans un accident d’avion. Ci joint « Teenage idole » et des images du film « Rio Bravo »ou le beau Ricky figure à l’affiche en compagnie de John WAYNE   et Dean MARTIN 

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Encore on confond Johnny vacances et Elvis PRESLEY

C’est vous dire si c’est un succès”.

Et le twist ??? C’est Français ??? Eh bien non ! Une nouvelle fois les “yéyés” Français se sont servis outre atlantique.

                             Chubby CHECKER 

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Il est né le 3 octobre 1941 en Caroline du Sud. En 1960 il popularisera “The twist” repris en Français par “Les Chaussettes noires : “Le twist”.

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Ce titre est suivi de “Twist again”repris par HALLYDAY  (Johnny vacances …) Richard ANTHONY  et “Les Chats Sauvages” … excusez du peu. Dans notre beau pays la chanson a pour titre “Viens danser le twist”

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Bien évidemment je ne vous propose que les versions anglaises … Concernant CHECKER il y a une ressemblance manifeste avec Fat’s DOMINO  d’où son pseudo “Chubby” (synonyme de Fat’s) et “CHECKER (synonyme de Domino).

“Vous nous aurez “mashpotétifiés

Bien tous “mash popo disposés”

Du bon boulot gougnafiers

Allez Twist à Saint Tropez”.

Et SHEILA me direz-vous ??? Elle n’échappe pas à la règle. Le meilleur exemple la chanson “Vous les copains …” est un remake de “Do Wah Didi” …

  • Version originale “The Exciters”

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“On passerait son temps à maronner

Bien tous “mash popo disposés”

Du bon boulot gougnafiers

Allez Twist à Saint Tropez”.

Nous pourrions multiplier les exemples. MURAT  a encore raison. Seule exception à la règle Françoise HARDY  et sa chanson “Tous les garçons et les filles” … Ouf l’honneur est sauf. Merci Françoise. Je vous propose la reprise de cette chanson par “Eurythmics”.  Et merci surtout à Jean-Louis MURAT  de nous avoir permis de voyager au coeur des années “yéyés”

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“Encore on confond Johnny vacances et Elvis PRESLEY

C’est vous dire si c’est un succès”.

***

… Couleurs …

(Inédit 1998/2000).

Inédit de la période 1998/2000 mis à disposition des internautes sur le site jlm.com cette chanson qui a également pour titre « Carta de colores » témoigne de la passion nouvelle de Jean-Louis pour la peinture. Il utilise les noms des couleurs pour faire ressortir ses sentiments, sa passion, ses désirs, ses plaisirs … Il passe de l’ombre au soleil, du clair au gris, pour mieux se mettre à nue. Les couleurs du ciel, de la terre et du sang nous amènent à l’extase, la jouissance.

« Oui, je jure au monde amour pour ce qu’il nous fait

Quand il baigne chaque jour dans son rouge Anglais.

Nous avons le même rêve

Terre d’ombre au naturel, traces de violet« .

 Le rouge anglais ? Il est légèrement rosé …

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Depuis le Moyen Âge ce rouge se trouve fréquemment sur les uniformes Britanniques.

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Le drapeau de l’Angleterre porte en son sein la fameuse croix de Saint Georges …

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Autre emblème national … la rose « Tudor » …

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                 Le violet s’obtient par le mélange du bleu et du rouge …

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Bizarrement, par Décret de l’église, au Moyen Âge, dans le monde chrétien occidental, le violet était interprété comme un mélange de rouge et de noir. Le puissant pouvoir religieux de l’époque désignait le mélange des couleurs comme une pratique « diabolique » …

En peinture, le violet pose en 1er lieu, le problème de la lumière. Les violets lumineux purs sont rares. Le violet apaise. En psychiatrie cette couleur est souvent utilisée pour le traitement des malades souffrant de peurs et d’obsessions.

Cette couleur convient aux lieux destinés à la méditation et à la prière.

En Belgique et au Canada on dit mauve.

            Un champignon violet le « cortinarius violaceus » …

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« Emeraude en permanence, voilà le désir

Qui nous prend sous l’avalanche, veux nous voir jouir.

Sens-tu venir le vertige

Quand se mêle le blanc de chine au noir de fumée ? »

 « Emeraude » est le nom d’une couleur du champ chromatique vert. L’origine de ce mot est Persane et veut dire « coeur de pierre ». Son vert intense rappelle les couleurs de la nature, en fait un symbole d’amour, d’espoir et de renaissance ou de jeunesse éternelle.

                                                 Emeraude …

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   Les plages de Thaïlande … couleur émeraude … secteur de Ko Kham …

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Le blanc de Chine est un blanc pur. Le blanc est assimilé à la pureté, à l’innocence, à la propreté, à la virginité, au vide, aussi bien en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’oppose au rouge et marque la fin des hostilités. Il révèle la noblesse et la délicatesse (on se blanchissait la peau pour se différencier des paysans au teint halé du à leurs travaux à l’extérieur). Le blanc est assorti à l’au-delà. Dans les pays d’Extrême Orient c’est la couleur du deuil.

Le noir de fumée nous ramène au noir peint par Pierre SOULAGE, dont il nous parles  en ces termes : « J’aime l’autorité du noir, son évidence, sa radicalité. Le noir a des propriétés incoupçonnées et je vais à leur rencontre. Un jour, je peignais. Le noir avait envahi toute la surface de la toile, sans formes, sans contrastes, sans transparences. Dans cet extrême j’ai vu qu’il était une sorte de négation du noir. D’autant plus intense dans ses efforts qu’elle émane de la plus grande absence de lumière. Je me suis engagé dans cette voie. (…) J’ai inventé le mot « outrenoir », au delà du noir (…) qui  désigne aussi un autre pays, un autre champ mental que celui du simple noir ».

                      SOULAGE  … « surface noire » …

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« Ocre jaune est la poussière où le soir descend

Au loin brûle la terre de Sienne en feuilles de sang.

Nuages gris dans le ciel

Quels signes surnaturels ce monde nous fait ? ».

L’ocre est une roche ferrique composée d’argile pure (kaolinite). En France on en trouve en Bourgogne ainsi que dans les Monts du Vaucluse. La dernière carrière en activité est située à Gargas. L’ocre naturelle est utilisée comme pigment depuis la préhistoire comme à Lascaux. Elle est toujours appréciée pour sa non toxicité et sa grande longévité en décoration, beaux arts et maçonnerie.

                                                  Couleur ocre jaune …

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La terre de Sienne nous vient, comme son nom éponyme l’indique d’Italie. En France on en trouve dans les Ardennes.

    La terre de Sienne mise à sécher … usine Villers de Tourneur …

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                        Un érable du Japon aux feuilles rouge sang …

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Le gris n’est pas une couleur mais une valeur d’intensité lumineuse dont la perception par l’oeil humain se situe entre le noir et le blanc.

                                            Le ciel est gris …

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                               Le gris vous va si bien Mesdames …

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« Creuse et marche dans la paille, vue sur l’outre-mer

En lambeaux dans chaque larme, ton vert Véronèse.

Enfin sur l’autre rive

Et ton sourire à la manière dont ce monde est fait ».

                                             Couleur jaune paille …

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                             Bleu outre-mer …

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Ce bleu est très prisé en peinture. Jusqu’au 19ème siècle il était excessivement cher. Au Moyen Âge, il était plus cher que l’or !

   Le vert Véronèse … du nom du peintre dont voici un tableau …

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              Vincent Van GOGH fuit Paris et se rend à Arles en 1888 …

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Partageant la vie des nomades il peint les roulottes et écrit à son frère Théo : « Pas de temps à perdre. Entre un vert véronèse intense et une ocre blanchie imposante, l’errance se pose. Entre ciel et terre, hommes, femmes, enfants, chevaux, s’installent sous la lumière d’août ».

  « Oui je jure au monde amour pour ce qu’il nous fait

Détrempé en ondes pourpres sur tous les chantiers.

J’aime comme tes pluies me tiennent

Enfoncé dans l’édifice de ton grand secret ».

Le pourpre : est une teinture rouge violacée, d’origine animale, découverte par les Phéniciens. Les cardinaux de l’église romaine catholique portent un vêtement de couleur pourpre.

                         Le cardinal CANIZARES …

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Nous sommes bien au 21ème siècle le cardinal de la région de Tolède porte une traîne de 12 mètres … Quel imbécile !

Pour reproduire une sensation immédiate, les impressionnistes définissent peu à peu l’espace par une décomposition des couleurs. La fragmentation des coups de pinceaux suggère les formes et les volumes. On ne voit plus le modèle, mais on l’imagine. Il n’est qu’une vision abstraite, irréelle.

L’autre caractéristique des impressionnistes, c’est l’utilisation exclusive des couleurs primaires (rouge, bleu, jaune), et de leurs complémentaires (orange, violet et vert). L’usage du noir est rare. Même les ombres sont représentées par des couleurs vives ; c’est la juxtaposition de ces couleurs qui produit une impression d’ombre. L’image se compose dans les yeux du spectateur. L’art impressionniste est fondé sur l’utilisation de la couleur, qui doit, à elle seule dessiner le motif sans recours à la ligne.

L’écriture de MURAT  ressemble à la peinture des impressionnistes, tellement il nous donne à voir par petites touches, par des mots qui disent une vie, des amours, des plaisirs, des chagrins, des sourires …

***

… Foule Romaine …

(Le Moujik et sa femme/2002).

Ce titre est extrait de l’album « Le Moujik et sa femme« (2002).  MURAT  y évoque un séjour au Lac de Côme. Cette chanson est un  hymne à l’amour et aux femmes … Les belles Italiennes … les femmes infidèles …

Dans ses chansons MURAT ne parle que de choses vécues dans des endroits visités … où il a mis les pieds. Le lac de Côme, situé dans les Alpes Italiennes, en Lombardie, à 45 km de Milan,  n’est pas la destination la plus désagréable qui soit. Le charme de cet endroit n’a pas échappé aux musiciens (Puccini, Verdi, Liszt, Wagner …), écrivains (Flaubert, Stendhal …), réalisateurs (Visconti, Hitchcock, Orsdon WELLS …), personnalités diverses (Sinatra, Maria CALLAS) …

                           La mer et la montagne dans le même bleu …

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« Au lac de Côme l’autre mardi-gras

J’allais faire un tour en cabine

J’allais faire un tour dans le petit bois

Tâter l’âme soeur qu’on devine

Dans la foule Romaine

Il y a foule à Rome … »

« L’âme soeur est un concept qui désigne une compatibilité amoureuse, amicale et/ou sexuelle. PLATON  aborde cette théorie et l’explique ainsi :  les êtres humains, à l’origine auraient été constitués de 4 bras, 4 james et d’une seule tête à deux visages. ZEUS qui craignait leur pouvoir les aurait coupé en deux, les condamnant à passer le reste de leur existence à rechercher la part manquante.

MURAT  est plus pragmatique … il recherche partenaire, si possible jolie pour une partie de jambes en l’air.    

                                                       Autre bleu …

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   « Buongiorno amore v’la la bête humaine

Me reconnais-tu ?

Oh quand même

Alors le lion qu’en as-tu pensé ?

Ah on aurait tort de se gêner !

Dans la foule Romaine

Il y a foule à Rome … » 

Le « lion »aurat tôt fait de satisfaire Madame qui semble regaillardie des égards qui lui ont été montrés. Il me semble avoir lu (je vais rechercher) que MURAT  ne peut se satisfaire de moins de deux rapports sexuels par jour (???). C’était du temps de sa splendeur … Mais l’homme doit être bien plus « vert » qu’on ne le croit …

                                                        Bleu et noir …

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« Tes baisers mamie

Tes gestes de reine

Tes orgasmes doux

Comme on aime

Destins d’animaux

Et désirs idem

Basta on s’en fout

On s’entraîne

Dans la foule Romaine

Il y a foule à Rome … ».

La comparaison avec l’animal lui semble tout à fait naturelle. Destin et désirs sont les mêmes. Là ou il y’a de la gêne … Y’a pas de plaisir !  Il est vrai que les charmes du Lac se prêtent à ces agapes. STHENDHAL parlant de ce lieu dit : « Rien d’aussi beau ne peut se voir au monde ». Une partie du roman « La Chartreuse de Parme » a pour cadre cet endroit idyllique. L’écrivain Julien GRACQ  parlant de son illustre prédécesseur écrit : « STENDHAL fonde pour ses vrais lecteurs une seconde patrie habitable, un ermitage suspendu hors du temps, non vraiment situé, non vraiment daté, un refuge fait pour les dimanches de la vie, où l’on est plus sec, plus tonifiant, où la vie coule plus désinvolte et plus fraîche – un Éden des passions en liberté, irrigué par le plaisir de vivre, où rien en définitive ne peut se passer très mal, où l’amour renaît de ses cendres, où même le malheur vrai se transforme en regret souriant ». Le lac de Côme correspond parfaitement à cette description.

Pour « Femme actuelle »MURAT  parlant de sa compagne Laure,  confie à Pierre FAGEOLLE : « Foule Romaine raconte une de nos escapades en Italie ».

Pour le journal Belge « Le Soir » le 20 mars 2002, il ne fait pas référence à Laure : « J’ai toujours beaucoup aimé Rome. C’est la ville du sexe et c’est un peu une chanson la-dessus. Tu passes ton temps à bander dans les rues. Il fait beau, les filles sont belles … Quand tu es à Rome, tu te dis que chaque jour sans baiser est un jour perdu. Cette ville te remet au top de ton énergie sexuelle ».

***

 … Le troupeau …

(Cheyenne Autumn/1989).

Ce titre est extrait de l’album « Cheyenne Autumn » (1989).

Dans le cadre de la campagne promo, dans un article paru le 8 novembre 1989, Anne Marie PAQUOTTE interviewe MURAT.

A.M.P. : Pourquoi avez-vous choisi la chanson comme mode d’expression ?

J.L.M.  : Peut-être que ne suis pas assez doué pour être romancier. Comme si je faisais de la varape à défaut de pouvoir affronter les sommets. Et puis, il arrive un moment dans la vie où il faut choisir. Chanter c’est une activité de liberté, c’est sain, pas très difficile, ça occupe l’esprit, ce n’est pas la façon la plus idiote de gagner sa vie.  Je ne crois pas aux vocations passions irrépressibles. Je crois plus aux rêves d’enfant. Celui de ma grand-mère était de chanter … Enfant, je ne me demandais pas ce que je ferais plus tard : je vivais dans la ferme de mes grands-parents, sur les plateaux. Et puis, ils ont dû vendre. Tout s’est arrêté. Et ça, je ne l’ai pas encore digéré. Alors je vais essayer de faire chanteur et fermier ! La chanson le troupeau c’est ça : un rêve, une nostalgie, peut-être une utopie – mais pour le savoir, il faut que je la vive. Je ne ferai pas forcément chanteur toute ma vie. Mais j’écrirai toujours, je crois …

  « D’avoir mené les chevaux

D’avoir traversé les glaces

Pour me batir un troupeau

N’apaise pas mon angoisse ».

 

 

« Pourtant le soleil est haut

Dans l’azur pas de menaces.

Je rêve parmi les chevaux

D’horizon mauve et d’espace ».

                             Chevaux auvergnats dans la neige …

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 « Je voulais donner mon sang

Ma vigueur et mon audace

Mais sans passion à présent

Dieu que cette vie me lasse« .

  

« Tous les gens de Durango

De Catane à Minor Track

Trouvent trop bon le très haut

De m’avoir sauvé des glaces ».

 Va, je déteste la vie

De ces bâtisseurs d’Empires

De ces voleurs de prairies

Où tu trouveras ta place ».

Le même troupeau … en été du côté de St Bonnet de Condat dans le Cantal …

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« Je partirai cette nuit

Sous un ciel peuplé d’étoiles

Je ne connais qu’une envie

Je veux retrouver mon âme« .

   « D’avoir mené les chevaux

D’avoir traversé les glaces

Pour ma bâtir un troupeau

N’apaise pas mon angoisse ».

A n’en pas douter, il s’agit des paroles, des désirs d’un p’tit garçon dénommé BERGHEAU  qui revoit les jours heureux, sans eau, sans confort, vécus dans la ferme de « Lecreux » … Comme quoi l’argent ne fait pas toujours le bonheur ! Est-ce une douce utopie ??? Pour le savoir … il faut le vivre …

***

… Je n’ai plus que toi animal …

(Le manteau de pluie/1991).

Ce titre est extrait de l’album « Le manteau de pluie » (1991).

Une seule phrase et des bruits …

« Vois

Comme je vis mal

Je n’ai plus que toi, animal ».

En 1989, dans un article signé « P.F. » pour « Paris Première » on peut lire ceci : « Sinon Jean-Louis MURAT a été contacté par Luc BESSON pour écrire un morceau de la musique de son prochain film, « Atlantis ». A cette occasion BESSON aimerait le faire plonger. Le monde sous-marin sera surement une découverte pour le chanteur, tant il est attaché à la terre de son Auvergne ». 

Sous le plume de Laurent RIGOULET,  le 7 octobre 1991, dans les colonnes de « Libération »c’est MURAT lui-même qui évoque les titres du « Manteau » en ces termes : « La première je n’ai plus que toi, est à l’origine une commande de Luc BESSON pour la bande son d’Atlantis(à laquelle doivent alors participer STING  et Peter GABRIEL). Une idée d’avant l’été. Il en a fait une version de 9 minutes essentiellement instrumentale, brute et animale : guitares, étable, champ, bourdonnement. Pas vraiment sous-marin, plutôt marécageux : « Vois comme je vis mal ! Je n’ai plus que toi animal » appelle-t’il : « Je regardais désespérément l’extrait que BESSON m’avait envoyé. Une vidéo où il n’y avait que des poissons. Je pensais au pauvre plongeur. C’est la seule phrase qui me soit venue. Puis l’idée de lui faire une musique truffée d’éléments. Des bruits de surface pour des images de fond ». 

                               Image extraite du film « Atlantis » …

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Mais en définitive, dans cette chanson c’est encore de lui que MURAT parle. En 1991 pour les « Inrockuptibles » le Brenoï répond aux questions de Christian FEVRET :

C.F.  : Tu étais déjà surpris par des réactions morbides suscitées par tes chansons. Peux-tu encore t’en étonner, lorsque tu commences cet album par quelque chose comme : « Vois comme je vis mal ? »

JLM: Ca va surement amener de l’eau à leur moulin, mais je le ressens comme ça, je trouve que je vis mal, donc je le dis, c’est tout ». 

 ***

… Col de la Croix Morand …

(Le manteau de pluie/1991).

Aussi bizarre que celà puisse paraître ce titre phare du « Manteau de pluie » a également été écrit pour BESSON. C’est ce que confirme MURAT à Laurent RIGOULET  : « Les volcans d’Auvergne enneigés renversés dans les abîmes de la grande bleue … »

Sous la plume de Christian FEVRET  en 1991 dans les colonnes des « Inrockuptibles » MURAT précise : « Col de la Croix Morand … c’était en fait la croix du mourant au départ car un type a été pris dans une tempête de neige la-haut et avait juré de dresser une croix s’il s’en sortait.  Le col s’est longtemps appelé « Col de la Croix du Mourant », puis la contraction s’est faite. J’aimais bien cette histoire ».

                               Image extraite du film « Atlantis » …

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Laurent RIGOULET termine ce paragraphe BESSON/MURAT par cette conclusion : « A l’automne, BESSON perturbé, congédie tout son monde; les deux chansons en apnée qui ouvrent l’album survivront au plongeon ». En définitive, « Atlantis » qui est un documentaire muet sur le monde de la mer sera mis en musique par Eric SERRA

 (…)

« Par mon âme et mon sang

Col de la Croix Morand

Je te garderai ».

(…)

Avec le sieur MURAT il y a toujours plusieurs approches possibles. Le caractère sexuel de ce titre semble évident. D’ailleurs MURAT  n’en fait pas , mystère lorsqu’il déclare sans fausse honte à Christian FEVRET pour les « Inrockuptibles » (n° 31/1991) : « Oui, quand je dis Col de la Croix Morand », c’est vulgaire mais c’est col de l’utérus, sans problème ». Voilà le langage d’un primaire, ce qu’est MURAT … Mais n’y voyez aucune désobligeance … A la campagne on est comme ça … nature !

***

… On n’attend que ça …

(Face B « Si je devais manquer de toi » 45 Tours/ 1987).

Ce titre date de 1987 et constitue une face B de du 45 tours :  « Si je devais manquer de toi ». MURAT rechigne à donner les clefs qui permettent de comprendre et d’aller au plus profond de ses chansons. Cependant, lorsqu’il se sent bien avec un journaliste, sa faconde le conduit à être généreux, à se laisser aller … C’est probablement ce qui s’est passé avec Christian FEVRET  dans l’article intitulé « Mon âme de berger » (Les Inrockuptibles/1991). Au cours de cette interview MURAT  révèle : « Si je ne fais pas une chanson dans la journée, je me sens sale. Comme si je n’étais pas allé courir, si je ne m’étais pas lavé ou si je n’étais pas allé aux chiottes. J’ai une chanson la dessus, un de mes textes préférés qui s’appelle : « On n’attend que ça » : les trois minutes trente qu’on passe toute sa vie à attendre pour trouver une trajectoire un peu limpide. Un instant de clarté ».  

« Dans nos heures de solitude

Dans nos rêveries glacées

Brisés par l’altitude

Que nos coeurs ont deviné

On n’attend que ça

On n’attend que ça ».

 « Que la vérité pointue

Dans les mains du magicien

Jaillisse comme a jailli

De son chapeau le lapin

On n’attend que ça

On n’attend que ça ». 

 « On espère la rectitude

Entre ces deux points du jour

On cherche de lumineuses trajectoires

Pour nos amours

On n’attend que ça

On n’attend que ça

Et on fait lalalalalalalalalala … »

  » Quand le retour des cigognes

Chaque jour est retardé

On scrute à l’horizon

Les prémices de l’été

On n’attend que ça

On n’attend que ça ».

 « Dans une simple mélodie

Que l’on trouve bête à pleurer

Deux minutes trente secondes

De bonheur à partager

On n’attend que ça

On n’attend que ça ».

                                   Caricature de Zola sur le pot …

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Murat qui nous parle du pot … nous mène à ZOLA dont le combat en faveur de DREYFUS ne fut pas de tout repos, loin s’en faut. Cette caricature en atteste. Cet extrait de : « Proust, à la recherche du temps perdu, Tome II page 449″ le confirme : « Mais ZOLA  n’est pas un réaliste Madame ! C’est un poète !  dit Madame De Guermantes (…) ZOLA un poète !  Mais oui répondit en riant la Duchesse. Que votre altesse remarque comme il grandit tout ce qu’il touche. Vous me direz qu’il ne touche justement qu’à ce qui … porte bonheur ! Mais il en fait quelque chose d’immense, il a le fumier épique ! C’est l’Homère de la vidange ! Il n’a pas assez de majuscules pour écrire le mot de Cambronne ». 

Voilà comment l’on parle et vit  dans certains milieux, à cette époque … pendant ce temps là, le petit peuple peine à manger, à nourrir sa famille. Comme quoi peu de choses ont changé ! Tout ceci pour vous dire qu’avec MURAT  tout ramène à PROUST  c’est d’ailleurs lui qui le dit …

***

… Bang Bang …

(Mustango/1999).

 

Ce titre est extrait de l’album « Mustango » (1999) puis repris en live dans « Muragostang (2000).

Répondant aux questions de Cécil DEJOUX  pour « Nouvelle Vague » MURAT  nous donne la clef pour comprendre le texte de cette chanson : « Bang Bang est une chanson sur mesure que j’ai faite pour Jennifer CHARLES: j’ai essentiellement pensé à elle lors de l’écriture. C’est cette sensation que je cherchais : sortir de moi, être plus au service de quelqu’un, être moins impliqué dans la chanson. J’ai tellement l’habitude d’écrire des chansons personnelles qu là, écrire de manière impersonnelle était comme un soulagement ».

                    La belle Jenifer … Murat a bon goût n’est-ce pas ???

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« Tous vos désirs me dominent

Tous vos rires tous vos enchantements

Chaque geste

Même inutile

Mêle au désir un affolement.

Est-ce ainsi d’écorce

Fille

Que l’on va au mondé épais

En quelques battements de cils

Que la pluie de ci de là

Inonde ».

(…)

  »Bang ban bang

You shot my heart »

(…) 

On ne peut pas être plus explicite :  « Tous vos désirs me dominent … » puis, comme se ravisant … Suis-je allé trop loin ???  Ai-je trop dit ???  … « Est-ce ainsi d’écorce … » Tout redevient abstrait … Pour terminer par cette phrase en anglais « You shot my heart«  !!! Voilà « TOUT EST DIT » …

***

… Libellule …

(Le Moujik et sa femme/2002).

Ce titre est extrait de l’album « Le Moujik et sa femme » (2002).

(…)

« Chaque jour sans rire/Est un jour perdu »

(…)

MURAT  donne les clefs de cette chanson à JL CAMBIER  pour « Télémoustique » le 27 mars 2002  : « Je l’ai écrite en pensant à Laure. Il faut avoir la noblesse ou juste la politesse, de faire rire une fois par jour la personne qu’on aime. C’est le minimum. Dans les cinq premières minutes après le réveil, je dois la faire rigoler. Je me suis programmé. Je veux commencer la journée par son rire sonore ».

Dans le cadre de la campagne promo … épisode qu’il exècre … MURAT  est amené à répondre à cette question :

T.M.  : Cette quête du bonheur semble vous obséder puisque dans « Libellule » vous ajoutez : « Mais il faudrait au moins tenir le bonheur par la queue … » ?

JLM: J’ai écrit ça pour faire rigoler les filles ! C’est fait pour rigoler aussi une chanson. moi j’en fais asssez qui ne sont pas rigolotes ».

(…)

« Mais il faudrait au moins

Tenir le bonheur par la queue.

Dites le les filles

Oh dites le.

Les filles aux dernières

nouvelles qu’on a

Il vaut mieux jouir ici-bas ».

(…)

« Chaque jour sans rire

Est un jour perdu

Toi après le rire

Que fais-tu ?

Montre à la lumière

Tout ce que tu es

L’amour n’est jamais meurtrier ».

(…)

***

… Baby carni bird …

(Le moujik et sa femme/2002).

Ce titre est extrait de l’album « Le Moujik et sa femme » (2002).

Pour « Télémoustique » MURAT  répond à cette question :

T.M.  : A propos de queue, ça ne vous gêne pas de parler de bite dans baby carni bird ?

JLM : (éclats de rire) En fait,  je dis : « si tu veux bien vivre dans cette poubelle, y te refont une bite en or » en référence à « Loft Story » parce que des types gagnant un maximum de blé en restant enfermés dans un truc pourri ! C’est ahurissant : on prend de petits cons qui sont dans leur loft à dire des conneries et qui reçoivent en trois mois ce que mon grand-père n’a pas gagné dans toute sa vie. Moi j’habite à la campagne, où il y a beaucoup de personnes âgées, et ces gens ont beaucoup de mal à croire qu’une telle ineptie soit plus récompensée qu’une vie de labeur passée à travailler à la ferme ou à élever des enfants« . 

         Je n’ai pas voulu vous imposer … Loanna ou Jean-Philippe …

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Voilà pour le fond, voyons à présent la forme.  Sur le site « Albumrock » on peut lire cette critique : « Baby carni bird débute comme un folk défoncé envoyant quelques vers d’anthologie :

« Eh bien regarde c’te nouvelle

C’est-y pas un truc énorme ?

Si tu veux bien vivr’ dans une poubelle y t’refont une bite en or » 

« Quand soudain une guitare ultra saturée hurle des  stridences jouissives, lançant le morceau sur des rails répétitifs et hypnotiques, sans réel refrain, laissant place à ses délires instrumentaux et textuels. Le texte en question est à peu près incompréhensible, comme tous ceux de l’album. Certains y ont vu des allusions à la télé réalité ou aux attentats du 11 septembre 2001, pourquoi pas ? En fait on s’en fout, le véritable apport de MURAT  se trouve plutôt dans l’adaptation de la langue française à la pop, une gageure de toujours pour des auteurs et interprètes (problèmes de rytmique, d’accents toniques). Serge GAINSBOURG ayant résolu cela en découpant sans régularité les phrases et les syllabes. MURAT  adopte une autre démarche et adapte son chant plutôt que ses vers. Il joue sur le rytme et la sonorité des phrases en modulant, en déformant les mots, rejoignant en celà une forme d’écriture très américaine. Sa diction, se fait musicale privilégiant le son au sens. En résulte que l’auditeur n’est jamais pris à parti, forcé d’écouter un texte dont il se contrefiche peut-être. Certains déplorent un chant tendant vers le marmonnement, toujours est-il que MURAT évite d’alourdir ses mélodies avec un débit mitraillette collant mal avec la langue employée qui navigue entre l’argot (« J’ai dit quoi un mec qu’a perdu ses cheumes qu’a la berline toute inondée ») et la retenue chaste (« Tu me veux dans la démesure, que je gicle une eau noire, que je crève dans l’armure par la haine des Dieux »).

Alors JLM « réac » … ??? Et si ce n’était que du bon sens ??? A écouter les silences d’Emile on ne peut que gagner en lucidité …

****

… Ginette Ramade …

(Le cours ordinaire des choses/1999).

Ce titre est extrait est extrait du dernier album de Murat : « Le cours ordinaire des choses » (1999).

Souvent je me suis dit que les journalistes qui rencontraient MURAT aux fins d’interview avaient du talent … une belle plume du moins. C’est le cas de Jean THEFAINE  le Rennais. La clef de ce titre je l’ai trouvée sur le Blog de l’ami JEAN …

Murat nous explique qui est cette fameuse Ginette Ramade (???) : « C’est la femme démoniaque. C’est une idée de femme comme Dolorès ou Vénus ! Pour embêter Laure mon épouse, je dis toujours que j’aime beaucoup les filles de paysan. Mon type de femme, ça a toujours été la caissière de chez SHOPI, que j’ai l’habitude avec mes copains d’appeler Ginette Ramade. Au fil du temps la Ginette Ramade est devenue pour moi le type absolu de la fille de paysan Auvergnat. De ma longue expérience sentimentale, je retiens d’ailleurs que les filles les plus rudes sont les plus satisfaisantes (rire) ».

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« Tous descendront des hautes montagnes

Quand l’amour sera oublié

Il n’y aura pas de quartier

Madame D ».

(…)

« Approchez-vous tous héros de ces larmes

Au 3ème coup de fusil

Au matin est morte

Ginatte Ramade

Dite D ».

Pour étayer mon propos, j’ai longtemps cherché le portrait d’une femme de la campagne qui ressemble à Ginette Ramade … la caissière de chez SHOPI … Je n’ai pas trouvé. Sur la vidéo que je vous propose, qui nous parle du monde paysan dans le département de La sarthe (1969) on entend surtout parler les hommes … On y voit une femme … mère de famille … tout le portrait des femmes à la campagne en ces années là. Madame n’a pas son mot à dire … elle doit être « dure » au travail et « attentionnée »avec les enfants. Ginette Ramade est moins « effacée » elle porte le soutien-gorge et arbore un rouge à lèvre aguichant …

***

… M maudit …

(Le cours ordinaire des choses/1999).

Ce titre est extrait du dernier album de Jean-Louis « LCODC » (2009) déjà … Il me tarde que notre « lapin de garenne » soit dans les bacs …

« M. maudit

Plein de déchets.

 

M. chéri

Plein de baisers.

 

M. maudit

Plein de secrets.

 

Hara kiri

Comme un b.b.

M. groggy

Plein de raclées ».

Mais de qui peut donc parler MURAT  dans cette chanson « M. maudit ». Chanson minimaliste, (peu de mots) … énigmatique … D’emblée il me vient à l’esprit le film de Fritz LANG de 1931 « M. le maudit ». D’autant plus que, dans une interview de 1989 pour « Paris 1ère » MURAT  nous dit toute son admiration pour cet auteur et ce film plus particulièrement : « J’adore le procès avec les mendiants. J’aime beaucoup la pudeur que l’on retrouve de moins en moins au cinéma, du ballon qui s’envole quand Peter LORRE coince la fillette. Quand on aime le cinéma on aime ça ».

                                              L’affiche du film …

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Quelle est la trame de ce chef-d’oeuvre ? A Berlin vers 1930, un homme (Peter LORRE  dans le film, aborde une petite fille, lui offre un ballon et l’entraîne vers un terrain vague où il la tue. La panique gagne la ville lorsque les journaux annoncent que le tueur d’enfants déjà recherché a fait une nouvelle victime. La police multiplie les rafles et harcèle la pègre. Gênés dans leurs « activités », les chefs du « milieu » décident de mener une enquête parallèle pour retrouver l’assassin.

Ce film s’inspire de l’histoire authentique  de Peter KURTEN surnommé le vampire de Dusseldorf. Celui-ci est né le 26 mai 1883. Il est le troisième enfant d’une famille modeste qui en compte treize. Au cours de son interrogatoire il reconnaîtra près de 80 crimes. Le jugement  d’accusation retiendra contre lui 9 meurtres et 7 tentatives. Il est guillotiné le 2 août 1931 à Cologne.

                                                     Peter KURTEN  … 

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Ce film porte par ailleurs un regard lucide sur l’Allemagne née du traité de Weimar, en proie à la crise et à la montée du nazisme. Le 6 février 1919, trois mois après l’armistice qui a mis fin à la grande guerre (14/18), une assemblée constituante se réunit dans le théâtre de Weimar, ville de GOETHE et SHILLER, illustres représentants de l’âme allemande. Elle régularise les institutions républicaines nées  de la défaite allemande et de l’abdication de l’Empereur Guillaume III. Cette période (1919) est particulièrement trouble. Un mouvement révolutionnaire « Les Spartakistes » proches des Bolchéviques russes déclenchent une grève générale à Berlin. La grève est écrasée par l’armée dans la semaine du 11 au 15 janvier 1919. A Berlin toujours, d’anciens combattants et des chômeurs se constituent en corps francs pour s’opposer dans la rue aux communistes.  A Munich où l’insurrection a été particulièrement virulente, un ancien combattant est désigné par l’armée comme officier politique … il a pour nom Adolphe HITLER  !

Alors, hommage au film de Fritz Lang ? Que nenni ! La réponse nous est donnée le 26 février 2010 dans une interview qu’accorde MURAT  à « Respect Mag ». A la question de B. LORENZI  : « M. Maudit est une chanson qui permet de mieux comprendre le film de Fritz Lang de 1931 ? » … Murat répond : « Il y a aussi un autre M : c’est peut-être bien le chanteur maudit ? Il paraît qu’il se déplace avec 50 personnes et 3 semi-remorques. Il se fout du monde (rires). En temps de crise, on se déplace en 2CV, avec un ampli, un jack et sans éclairagiste ! (rires). Sans oublier les massages avant et après concert … On peut se permettre de lui taper dessus gentiment ! Mais il est très gentil, trop même, c’en est douteux ! (rires) ».

                                                             M

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M … nouvelle tête de turc de J.L.M. ??? Pour ce qui me concerne, je trouve peu productive ces critiques répétées contre « tout ce qui bouge ». Je suis du même avis que MURAT  …  (concernant ces chanteurs qui n’en sont pas …) d’ailleurs … je ne les écoute plus … Mais ces affirmations desservent surtout celui qui les clame …

Le 30 mars 2010, dans les colonnes du journal « Nord Eclair » le journaliste P. DEMAILLY interroge MURAT : « On vous colle souvent l’étiquette de poète maudit. La chanson « Ma Maudit » est-elle une manière de répondre ? ». MURAT acquiesce : « Certainement. Je me dis souvent que c’est une malédiction d’être comme je suis. Cela m’arrive au moins une fois par jour ». Voilà je préfère ce type de réponse …

****

… Cadavre débit …

(B.O. Mademoiselle Personne/1995).

Ce titre fait partie de la B.O. du film « Mademoiselle Personne » (1995).

« Plus de tête hors de l’eau

Pour l’accueil au verger »

(…)

« C’est le débit

Cadavre débit »

(…)

« Oh triangle d’oiseaux morts

Du vinaigre sur la plaie ».

(…)

« C’est le débit

Cadavre débit ».

(…)

« Un harpon dans la cruauté

La grenade dans la gorge des Dieux ».

(…)

 On sent bien que le langage est guerrier. Seul MURAT  connait la signification de cette chanson … ce que cache les mots … Lors d’une interview en décembre 1993, il en donne la clef à son amie Anne-Marie PAQUOTTE (Cf n° 2290 du journal « Télérama »). Murat y explique que les paroles sont inspirées par les images du conflit Yougoslave. Il  déclare : « Chaque fois que je les vois à la télévision, j’ai l’impression que c’est la guerre à la maison. Ce pays ressemble tellement à l’Auvergne : les oiseaux, les troupeaux, les neiges qui arrivent en même temps que chez nous … ».

La ville de MOSTAR  en Bosnie Herzégovine est un des symboles de la guerre dans cette partie des Balkans …

                  Mostar et le Pont sur la Nevetna qui date de 1556 …

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                        Le Pont de Mostar détruit en 1993 …

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                                  Le Pont reconstruit en 2004 …

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(…)

C’est le débit

Cadavre débit ».

***

… La lune est rousse sur la baie de Cabourg …

(Cheyenne Autumn/1989).

Ce titre est extrait de « Cheyenne autumn » (1989). CABOURG … Marcel PROUST est un habitué des lieux. A y regarder de près  »Cheyenne » est profondément marqué par la nostalgie … par l’univers de PROUST. Tout est référence à l’enfance … au temps qui passe et l’insouciance qui s’effiloche … 

Pour le magazine « Lire » MURAT  déclare le 1er mai 2005 : « Je crois que tous les livres ramènent à PROUST ! Il y a tout chez lui, et tous les sens sont rassasiés. J’ai du passer une dizaine d’années  avec un de ses livres à portée de main, et une bonne partie de ma bibliothèque lui est consacrée. Je traque toujours tout ce qui touche à lui ».

Sans doute pour mieux s’imprégner de l’oeuvre de PROUST, l’Auvergnat passe quelque temps dans la région de Cabourg … Murat est également à « la recherche du temps perdu » … Tous les titres de « Cheyenne » nous ramènent à la nostalgie du temps qui passe, du temps passé et qui ne se rattrape plus … « Paradis perdus » – « L’ange déchu » – « Amours débutants » – « Déjà deux siècles … 89″ – « Pluie d’automne » – « Te garder près de moi » – « Le garçon qui maudit les filles » – La lune est rousse sur la baie de Cabourg » – Si je devais manquer de toi » – « Le venin » … « Le troupeau » et « Cheyenne autumn » ne dérogent pas à cette règle …

  •  L’ange déchu : « Chaque jour les nostalgies/Nous rongent » …

  •  Amours débutants : « Sous de multiples souvenirs/J’ai l’unique plaisir/De ton silence/De ta confiance » …

  •  Te garder près de moi : « Nos amours se défont/Tout s’efface/Pressé par le temps qui passe » …
  •  Paradis perdus : « Châteaux en Espagne/Paradis perdus » …
  •  Le venin : « Ton amour est comme un enfant » …
  • Pars : « Pars si tu dois m’abandonner » (…) « Je saurai t’oublier » …

  • Le garçon qui maudit les filles : « Goûtez de l’enfant dont elles rient » (…) « Ce temps perdu que mes chansons l’essuient » …

 

  • Si je devais manquer de toi : « Mon vague à l‘âme mon poisson chat » …

  • Déjà deux siècles … 89 : « Deux siècles/N’ont pu tuer/Ce chant heureux/De la jeunesse » …

  • Pluie d’automne : « A nous séparer terre fière/J’ai l’âme blessée désemparée/Pluie d’automne sur les hommes » …

  • Le troupeau : « Je partirai cette nuit/Sous un ciel peuplé d’étoiles/Je ne connais qu’une envie/Je veux retrouver mon âme » …

  • Cheyenne autumn : « Ton amour s’en va  » (… ) « Que l’amour est loin » …

  • La lune est rousse sur la baie de Cabourg : « Je vois mon âme à contrejour/Quitter ce corps où brillera toujours/La sueur de nos amours/ » (…) « Aux mémoires infidèles/La douleur est la même/Quand la pluie quand la grêle/Parcourent le ciel/Courent les chemins du rêve » …

Marcel PROUST fut un grand adepte de la station de CABOURG. Son 1er voyage il le fait à dix ans accompagné de sa grand mère pour soigner son asthme, mais c’est surtout entre 1907 et 1914 qu’il profitera du temps passé à BALBEC(c’est le nom qu’il donne à CABOURG dans son oeuvre).

                           Le grand hôtel où PROUST  séjourna …

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Ci dessous les extraits de deux lettres écrites par PROUST qui nous disent sa vie à CABOURG  …

A 10 heures, le concert …

« A 10 heures, le concert éclatait sous mes fenêtres. Entre les intervalles des instruments, si la musique était pleine, reprenait, coulé et continu, le glissement de l’eau d’une vague qui semblait envelopper les traits du violon dans ses volutes de cristal et faire griller son écume au dessous des échos intermittents d’une musique sous-marine ». 

                  Jeunes filles sur la plage …

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Lettre écrite à Louise De Mornand … Grand hôtel de Cabourg 1ère quinzaine d’août 1908

« Ma petite Louisa, je vous remercie tendrement de votre lettre, elle a devancé de bien peu celle que j’allais vous écrire pour vous dire que j’étais fatigué et sortais peu, mais que je pensais beaucoup à vous, et je viendrai bientôt, et même avant vous récrirai pour tacher d’arranger un petit dîner. C’est la meilleure manière de se voir avec l’heure si tardive où je me lève en ce moment. Je suis rarement levé pour le goûter. Si vous veniez à cette heure là, téléphonez d’abord pour ne pas risquer que ce soit un jour où je sois en crise, où un jour que je serais sorti (ce qui est rare d’ailleurs). J’ai rencontré sur la digue de Cabourg Lucy GERARD. C’était un soir ravissant où le coucher de soleil n’avait oublié qu’une couleur : le rose.  Or, sa robe était toute rose et de très loin mettait sur le ciel orangé la couleur complémentaire du crépuscule. Je suis resté bien longtemps à regarder cette fine tache rose, et je suis rentré, enrhumé, quand je l’ai vue se confondre avec l’horizon à l’extrémité duquel elle fuyait comme une voile enchantée. Tendrement à vous. Marcel.

                Lucy GERARD  (1872/1941) actrice réputée de l’époque …

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Souvent PROUST  contemple de la fenêtre de la chambre du Grand hôtel les mouvements de la marée : « Le soleil me désignait au loin d’un doigt souriant. Ces cimes bleues de la mer qui n’ont de nom sur aucune carte géographique, jusqu’à ce qu’étourdi de sa sublime promenade à la surface retentissante et chaotique de leurs crêtes et de leurs avalanches, il vint se mettre à l’abri du vent dans ma chambre … » (Extrait des … « Jeunes filles en Fleurs »).

*******

… Le berger de Chamablanc …

Ce titre est extrait du hors commerce mis à disposition des lecteurs de « Libération » (tirage limité).

Dans une interview accordée en Juin 1992 à Fabrice PLISKIN pour  « Le Nouvel Observateur »MURAT  nous reconte le pourquoi et le comment de cette magnifique chanson  : « Mes grands-parents étaients bergers. Ils se sont rencontrés à Chamablanc, pendant les fêtes de la Saint Jean. « Le berger de Chamablanc » est une chanson sur la démence et la solitude. J’appartiens à une famille de paysans suicidés tout droit sortis des romans de GIONO et POURRAT ».

Plus loin il explique les conditions d’enregistrement des trois chansons inédites  « Dordogne »« Terre de France » et « Le Berger de Chamablanc » dans cette chapelle romane « Notre Dame de Roche Charles » (XIIème siècle) au coeur du Mont Dore. Ces trois chansons évoquent le déclin du monde paysan. Ecoutons le : « La Roche Charles est une petite chapelle presque désaffectée. On n’y célèbre plus qu’un office par, le 15 août. Un chemin de petite randonnée vous y conduit en trois heures de marche. Il a fallu transporter un groupe électrogène la-haut. Comme nos 4×4 flanchaient, les paysans de Bos-Labert nous ont aidé à transporter les trois tonnes de matériel à dos de tracteur ».(…) Murat renchérit : « La voix qui parle en patois est celle de ma grand-mère. Elle racontre une journée type de sa jeunesse : le fenaison, etc. Ces derniers temps, je remplis des cassettes entières avec ces souvenirs. Avec elle, c’est toute une époque de la paysannerie qui disparaîtra ».

Cécile TESSEYRE il confie : « Mon grand-père était berger à Chamablanc, c’est en allant sur la montagne avec son troupeau qu’il a rencontré ma grand-mère une bergère ».

Ce sont des choses simples, des choses de la vie, vécues entre les deux guerre sur ce coin de terre que je n’ai jamais fréquenté mais où MURAT me conduit tous les jours …

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Cette chanson est magnifique … C’est si peu de le dire !

« Saurez-vous m’attendre

Une année entière

De jours de novembre

En longues nuits d’hiver ?

Viendrez-vous aux fêtes

De la Saint Jean

Nous rejoindre comme avant

Amour, amour, amour ?

   (…)

   D’estives rentrent

Les troupeaux

Nous manquons toujours

Beaucoup d’eau.

A ma lettre je joins

Cette photo.

Ne m’oubliez pas

A bientôt.

(…)

 Qu’en termes simples cet amour est traduit … celui de parents qui ne sont plus … amour de l’autre … amour du troupeau qui manque d’eau …

Un jour tout le monde saura que MURAT  est un immense poète … Je hais notre Société « pourrie » … incapable de reconnaître les vrais talents dont elle regorge … qui n’a plus le sens d’aucune valeur. Il est 8 heures … J’ai passé deux heures en votre compagnie Monsieur MURAT … pour la journée, vous avez fait de moi un p’tit garçon heureux qui … à son tour, a envie de rendre les autres heureux ! Merci, merci, merci …

***

… Sentiment nouveau …

(Le manteau de pluie/1991).

Ce titre est extrait du « Manteau de pluie … » (1991). Dans toutes les interviews que j’ai pu lire jusqu’à présent MURAT  indique ne pas aimer cette chanson … concession faite aux « Labels » (???) … chanson pour midinette (???). Avec MURAT rien n’est jamais simple. Pour preuve cette déclaration faite au journal « Podium » en mai 1992 : « Sentiment nouveau ? C’est un peu une chanson pour ma copine. Elle a vachement d’importance dans ma vie. Elle m’a permis longtemps de faire de la musique. Elle a le sens du sacrifice vis à vis de ma carrière. Je n’allais pas lui dédier l’album, je trouve ça idiot, je lui ai dédié cette chanson. Elle le sait donc, c’est bien ». 

Les mots sont fort, pesés. Jean-Louis sait tout ce qu’il doit à MARIE. Leur séparation est proche …

L’interview  de « Podium » précitée nous permet d’entrer un peu plus dans l’univers de l’Auvergnat. Intrusion ? Oui peut-être. Ce qui me semble important au travers de ses écrits, c’est de chercher à mieux connaître l’homme avec ses défauts, ses qualités, ses zones d’ombre. Je ne vais pas fouiller dans les poubelles. Je recherche dans ce qu’il a bien voulu laisser transparaître. La réponse à la question qui suit nous renseigne donc, un peu plus sur « le Murat de tous les jours »

Podium : Quel est au quotidien ta pire habitude ?

JLM : Tu sais, ma devise, c’est qu’il faut être conservateur dans les petites habitudes et révolutionnaire dans les grandes. J’aime les repas à heures fixes, le rituel du quotidien. L’esprit est beaucoup plus libre quand la vie est enfermée dans des habitudes définies. Donc ce qui pourrait me rendre insupportable, c’est que je tiens à certaines habitudes. Et je vais devenir assez antipathique en ajoutant que la fille qui veut partager ma vie doit se plier à mes habitudes« .

Podium : Es-tu possessif, jaloux, exclusif ?

JLM : Je suis un emmerdeur ! Par peur d’être abandonné … C’est pénible ».

En Avril 1992 répondant aux questions de Laurence FERRAT  pour « Téléstar » MURAT  confirme qu’il est attaché à certaines habitudes  : « A la campagne les gens ont toujours quelque chose à faire et n’ont pas  de temps pour les états d’âme. Vivre auprès d’eux me stabilise beaucoup. Notamment à cause des horaires bien calés : l’inactivité me pèse. Alors, même dans ma ferme, je m’organise un planning très précis : me lever, manger, travailler toujours aux mêmes heures. C’est en partie pour cela que je déteste les vacances et les voyages : les repères n’existent plus ». 

A Laure MALZIEU  il déclare en février 1992 : « J’adore travailler le matin, après dix heures du soir, je ne peux plus. J’aime bien dormir la nuit ».

(…)

« J’avais perdu le goût des choses

Sans avoir idée de la cause ».

(…)

« Puis il y eut ce sentiment nouveau

Ce souffle sur ma peau ».

(…)

« Depuis ma tristesse est un monde ancien

Un monastère Tibétain

Une jonque pleine d’oeillets

Prête à chavirer ».

 ***

… Saint Amant …

(Dolorès/1996).

Ce titre est peut-être choisi pour la rime … Murat évoque cette chanson extraite de l’album « DOLORES » (1996) lors d’une interview accordée au journal Belge « Le Soir » en octobre 1996, il déclare  : « Saint Amant, c’est un patelin près d’où j’habite ». 

36 communes Françaises portent ce nom dont deux dans le Puy de Dôme :

  • Saint Amant Tallende

stamanttallnde.jpg

  • Saint Amant Roche Savine

L’orthographe peut varier (Aman – Amand ou Amant). Il est vraisemblable que Murat fait référence à Saint Amant Tallende situé non loin de chez loin … St Amant Roche Savine se trouve bien plus à l’Est non loin d’Ambert.

Saint Amant naquit en Aquitaine, au début du 7ème siècle. Adolescent, il s’engage chez les moines … à l’Ile d’Yeu. Il séjourne ensuite à Tours puis à Bourges. Au cours d’un pélerinage à Rome, il a des visions, et reçoit mission de St Pierre d’aller évangéliser la Gaule. Il meurt en 676. Le nom d’Amant lui fut conféré en raisonde sa grande bonté …

 (…)

« Oublie cette histoire

De tétines

Aime-moi »

(…)

« Alors misère prions Saint Amant

Prions Saint Amant« .

 ***

… Aimer …

(Dolorès/1996).

Ce titre est extrait de l’album « Dolores » (1996).

En compagnie de Didier PERON journaliste à « Libération »  (septembre 1996) MURAT  parle de « la couleur singulière de chaque titre ». Parlant de ses musiciens lors des répétitions et de la chanson « Aimer » il déclare : « Pour la chanson « Aimer » je leur disais « Chabroloche »C’est un patelin, où ados, on allait au bal lever les filles. Je voulais qu’on ressente cette ambiance 70′s ». Ce morceau faisait partie de ceux écrits pour Jeanne MOREAU … A noter que le journaliste parle de « Chabroloche » alors qu’il s’agit de Chabreloche.

Cette agglomération est située sur l’axe Clermont – St Etienne – Lyon. Elle doit d’ailleurs son développement à cette position stratégique doublée de la présence d’une gare  sur le territoire de la commune.

                                              Chabreloche … la gare …

chabrelochelagare.jpg

                            Chabreloche … la rue Nationale  …

chabrelocheruenationale.jpg

                               Chabreloche … aujourd’hui … son église …

chabrelocheeglise.jpg

La commune de Chabreloche compte plus de 1300 habitants. Le nom du village vient de deux nom patois : « chabre » (chèvre) et « oche »(oie). La venue en ce lieu du bandit MANDRIN  qui se serait restauré de « chabre » et d’oche » est selon la légende à l’origine de cette appellation …

Ce qui n’est pas une légende c’est la salle de danse dénommée …  » D.H.C. » qui dans les années 70 drainait tous les jeunes de la région. Cette salle a reçu les meilleurs groupes régionaux « Louis Grand »orchestre de St Etienne – « Santa Fé »orchestre de Thiers mais également Yvette HORNER  – Georges JOUVET  et même Enrico MACIAS … Des jeunes sont à l’origine de ce projet. A présent la salle des fêtes n’est plus … transformée qu’elle a été en … stand de tir. Il n’y a donc plus bal à Chabreloche … L’esprit de fête est toujours présent puisque l’école de musique fondée en 1933, florissante, s’est transformée en « banda » à partir de 1998. Sa réputation n’est plus à faire …

                                       La banda de Chabreloche …

chabrelochebanda.jpg

En toutes circonstance avec MURAT,  l’enfance ou l’adolescence ne sont jamais loin …

« Il faut aimer

S’évader, troubler la ronde

Choyer l’âme vagabonde

Qui sait montrer le chemin ».

 (…)

« Il faut aimer

Prendre le train bleu des songes

Contourner la grande éponge

Éviter le malin ».

 (…)

« Il faut aimer

Attiser les feux de joie

Qu’allumera pour toi

Le stratège bienveillant ».

(…)

 ***

… La fin du parcours …

(Vénus/1993).

« Assis sur un banc, j’attends un mirage »

L’impossible voyage et le tourment me rattrape

Me détraque, le grand vent m’attaque.

Je sens la beauté m’échapper

Rongé, je me sens esquinté.

J’ai des visions de prisons brutales

Comme Pilate je sens la mise à sac

C’est mafin du parcours ».

(…)

Ce titre est extrait de « Venus » (1993), il est évocateur d’une vraie déprime. Le 28 octobre 1993 MURAT  répond aux questions de Fabrice PLISKIN :

F.P.  : La fin du parcours est un texte sur le déclin du corps ?

JLM : C’est le vin de Boudes qui m’a dicté ces paroles. Depuis 15 jours, j’étais seul à la ferme où j’essayais désespérément d’écrire des chansons. Le coup de bourdon minable. J’étais saoul comme un cochon, en train de pleurnicher, avec la tempête autour de la maison. Maintenant je trouve ça plutôt rigolo. J’ai écrit 24 chansons en 15 jours, celles de « Venus » et celles du prochain disque de Jeanne MOREAU ».

Blanc, rouge ou rosé … fameux !

1boudes.jpg

 (…)

« Quelque chose m’échappe, mes réflexes se détraquent

Contraint je vomis toujours plus loin de la vie.

Mais j’ai autant de désir qu’un vampire,

Qu’un yack, j’ai le désir intact

C’est la fin du parcours ».

(…) 

En novembre 1993, pour « l’Express », Sophie GRASSIN interviewe MURAT. Elle dit en préambule : « MURAT, quadra exténué, avoue un certain vague à l’âme« .  Il déclare : « Quand j’ai conçu le disque, je fricotais avec le bout du rouleau. Vieillir m’est insupportable. Je prends un siècle chaque matin. Regardez-moi, mais regarder-moi ce vieux beau ».

(…)

« Puis un fossé grandit, à la jeunesse on envie

L’irruption brutale du désir animal.

Et le corps trahit cheveux dent, un souci.

Par instants on trouve normal dans le coeur une balle

C’est la fin du parcours ».

(…)

***

… La momie mentalement …

(Vénus/1993).

En octobre 1993 Murat explique le pourquoi de ce titre, extrait de « Venus » (1993) à Fabrice PLISKIN :

F.P.  : Le chef-d’oeuvre de l’album c’est « la momie mentalement », un texte sur le dégoût de soi ?

JLM : La mortification, j’ai toujours été la-dedans. Là, un homme se voit chaque jour désespérément comme le même steack à machouiller … »

« La même ordure même amant

Mêmes gerçures même sang ».

(…)

« Même destin polyvalent

Même brèche mêmes dents ».

(…)

« Même vermine, même sang ».

(…)

« Même novice partisan

Même steak stoïquement ».

(…)

« Mêmes pleurs, même plein vent ».

(…)

« Même mépris, même menton

Même mine, même nom

La même momie mentalement ».

Le mesage n° 769 daté du 31 mars 1999 de la Dolorès liste nous indique que MURAT  écrivant « même ordure » « même sang » … évoque son propre père. C’est fort possible. Chanson bien pessimiste !

   ***

 Suite de l’histoire des chansons page 38 :

http://didierlebras.unblog.fr/38-lhistoire-des-chansons-3eme-partie/

 ***

Lien pour accéder au nouveau dictionnaire Muratien 

http://didierlebras2.unblog.fr/

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Publié dans : ||le 10 juin, 2011 |27 Commentaires »

27 Commentaires Commenter.

  1. le 14 juin, 2011 à 10:04 Muse écrit:

    Qu’entends-tu de moi que je n’entends pas peut être aussi une forme d’introspection, d’interpellation à cette part de soi trouble, où nous ne maîtrisons pas tout, l’inconscient?
    Chacun passe par ces interrogations…qu’il s’agisse de référence à des amis de chair ou de sang ou à ce qui nous dépasse et nous intrigue de nous-mêmes.
    On peut aussi dire ça dans une sorte de relation plus ou moins métaphysique et spirituel…tout dépend de ce que nous acceptons de cela dans nos vies.

    Pour ce qui est des femmes, je crois que JLM est plus un obsédé textuel que sexuel. C’est la crudité du verbe qui l’excite, pas la représentation physique même si celle-ci peut participer à l’extase.
    Je comprends fort bien cette dimension d’excitation par le verbe et je la partage.
    Je pense que du coup, comprendre que c’est le verbe qui l’excite plus que l’image, permet d’appréhender mieux pourquoi il a choisi ce métier de chanteur, permet d’appréhender aussi davantage le pourquoi de ce grand écart permanent qu’il fait entre chasteté-fidélité et sexualité débridée. C’est dans l’extrême qu’il soit dans la répression du désir ou sa satisfaction animale que se trouve à la fois pour lui le plaisir et la sensation d’exister pleinement.
    Maintenant vivre ainsi est fatigant nerveusement et psychiquement, affectivement. Parce que ça plonge aussi bien tout en bas que ça fait monter tout en haut.

    Paris fut certainement le lieu d’apprentissage pour lui du libertinage et dans une certaine mesure du plaisir sans morale. Une façon de jouer « les curés au bordel » comme il l’a déjà dit de nombreuses fois, de transgresser la morale religieuse et bourgeoise si présente en Auvergne au plan culturel sur le chapitre sexualité, de pouvoir peut-être aussi d’une certaine façon s’affirmer, sortir de sa timidité, de sa peur d’autrui et sortir aussi de temps en temps d’un oedipe qui a tendance à paralyser et freiner beaucoup d’hommes dans leur vie, dans leur accès à eux-mêmes et aux autres.
    L’idéalisation de la femme via le sexe cru et/ou la maternité permet souvent aux messieurs de pouvoir continuer à vivre de manière fusionnelle le rapport affectif primaire à la mère qu’il ait été positif ou négatif. La séparation d’avec la mère est souvent le combat intérieur de toute une vie d’homme.
    Et parfois cette séparation n’est rendue possible qu’après la mort physique de la mère. D’où la difficulté et la diversité des rôles des femmes pour les hommes et ce qu’il nous faut parfois de patience et d’abnégation pour qu’enfin, l’homme que nous aimons arrive à nous voir réellement en tant que compagnes et non pas comme substitut maternel avec qui vivre sexuellement l’oedipe.

    Répondre

  2. le 14 juin, 2011 à 10:56 didierlebras écrit:

    Muse,
    merci de ce commentaire … qui pour le moins constitue une véritable +value pour ceBlog …
    Merci …

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  3. le 21 juin, 2011 à 10:48 Armelle écrit:

    alors là je te dis merci Didier! Merci de m’avoir fait connaître un peu plus l’histoire de Poly Jean et surtout découvrir celle de New-Yorker… comme quoi les gens qu’on aime ont des points communs : ainsi Jean-Louis a tenté la même aventure que CharlElie dont l’avant-dernier albums s’intitule « New-YorCoeur »; ce dernier s’est installé à NY et y à ouvert sa galerie d’Art, mieux compris et accepté qu’en France où on ne le reconnait qu’en tant que chanteur (ça commence à changer).
    Merci aussi pour la découverte, par Jean-Louis, de ce Monsieur épatant qui chante avec une justesse extra-ordinaire au regard de son handicap…
    Enfin, bravo et merci pour tous ces trésors que tu partages!
    et bravo à Muse pour son commentaire absolument réaliste!

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  4. le 21 juin, 2011 à 11:21 didierlebras écrit:

    Salut Armelle,
    la comparaison entre Charlélie et JLM s’impose à bien des égards de même pour D. Johnston …
    Quand je pense à la daub qu’on va nous servir encore ce soir pour la fête de la musique … A la TV seuls certains ont droit à la parole …

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  5. le 28 juin, 2011 à 16:12 Muse écrit:

    « On attend que ça » montre tout ce vers quoi peut tendre une seule de nos journées…Les attentes varient selon l’âge: qu’il se passe quelque chose, que les choses soient différentes, plus faciles, que ce que l’on ressent vis à vis d’une personne soit plus simple, plus vrai, plus apaisé et apaisant…que les soucis s’envolent, qu’enfin les choses du fond du fond soient dites…
    Et j’aime bien sa conclusion sur l’idée que souvent, même une toute petite mélodie peut nous aider à repartir quand tout nous semble désespéré et fichu. C’est une belle image pour un créateur. Parce qu’il prend conscience qu’il a lui aussi besoin de la création des autres pour aller bien, et donc je trouve l’aveu plutôt sympathique…Et ça le replace aussi dans l’idée qu’il doit aussi créer parce que les gens ont besoin de ça pour ensoleiller leur journée. Et que si quelque part il ne le fait pas, il plonge les autres encore plus dans l’abîme…
    Dans la création, il y a bien sûr quelque chose qui nous aspire et qui fait qu’on créée une musique, un livre, un tableau, une danse, etc…Mais il y a aussi la prise de conscience de notre utile inutilité pour les autres. Bien sûr, créer nous apprend des choses sur nous-mêmes, sur le monde, sur la vie en général mais cela constitue aussi notre façon de communiquer et de donner aux autres ce qui nous traverse. Et si l’on ne le fait pas, on trahit l’art, on trahit ce pourquoi l’on est fait et on trahit les autres aussi. D’où la nécessité de créer comme une hygiène de vie, comme courir ou aller aux chiottes, se purger.A la fois devoir et nécessité de libération, de transmission aussi…Tout est parfois tellement entremêlé qu’on arrive pas à dire ce qui domine finalement dans la démarche.

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  6. le 28 juin, 2011 à 17:01 didierlebras écrit:

    J’ai beaucoup de plaisir à lire tes commentaires Muse. J’y retrouve sous une autre version ce que j’ai pu écrire au préalable. Merci.

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  7. le 28 juin, 2011 à 22:26 Muse écrit:

    Merci à toi, Didier.
    Par contre, ce que tu as mis comme extrait de Proust n’a pas grand-chose à voir avec le reste de la réflexion que tu portes, si je peux me permettre. Ce que dit Mme de Guermantes sur Zola, c’est une réflexion antisémite puisqu’elle assimile Dreyfus (juif) à de la merde.
    Et elle qualifie Zola de poète qui ne s’intéresse qu’à ce qui concerne ce qu’elle considère comme étant la fange de la société (bourgeoise et bien-pensante), à savoir les pauvres, les laissés pour compte et les juifs.
    Rien à voir avec JLM qui dans ses écrits n’évoque que lui-même ou la nature.
    Contrairement à Zola (qui va tenter par ses écrits de comprendre au scalpel les ressorts des drames de la pauvreté, du vice, de ce qui fait basculer l’humain dans des comportements abjects ou au contraire ce qui rend l’humain digne et honorable), JLM est dans des préoccupations d’écriture plus nombrilistes et sur lesquelles il n’aura jamais aucun reproche…

    Donc il me parait un peu bancal d’amener Proust et Zola sur ce sujet de l’urgence et de la nécessité à créer. L’extrait est je pense mal choisi.

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  8. le 28 juin, 2011 à 22:34 didierlebras écrit:

    Tu as raison Muse … enore une fois. Moi je n’ai fait que le raccourci Murat/Proust … Je voulais montrer comment l’on parle dans certains milieux … Je reconnais que c’est « tiré par les cheveux » …

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  9. le 5 juillet, 2011 à 9:15 Muse écrit:

    Coucou Didier!

    Je ne sais pas pourquoi mais dans ce que je ressens de Ginette Ramade, pour moi, c’est une chanson qui parle de façon anticipée de la mort de sa mère et de toutes ces vieilles dames auvergnates qui vivent seules et encore en hameau isolé dans la montagne et que les pompiers découvrent mortes sur leur lit ou tombées dans leur cuisine quelques jours après…
    La disparition progressive des petits hôpitaux de campagne en Puy de Dôme (cf la lutte pour la préservation de l’hôpital d’Ambert sur le site de Daniel Mermet, Là-bas si j’y suis), la difficulté qu’ont beaucoup de personnes âgées à accepter la maison de retraite, la difficulté de passage régulier des médecins et infirmières pour visiter ces personnes âgées (surtout l’hiver), qui veulent farouchement rester dans leur maison ou ferme, c’est la résurgence d’un problème de santé publique inquiétant et qui ira en s’aggravant du fait de la suppression des services publics de proximité en milieu rural qu’ils soient administratifs, éducatifs ou de santé.

    Mais l’origine de la chanson semble beaucoup légère si l’on s’en rapporte l’entretien de JLM sur le sujet. J’y sens pourtant beaucoup de gravité et d’angoisse que ne le formule JLM. Et j’y sens toujours quand il la chante, une peur souterraine de perdre sa maman. Maintenant, peut-être que c’est moi qui fait une projection malvenue, c’est possible.
    Mais c’est le ressenti émotionnel que j’ai au moment où j’entends cette chanson.

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  10. le 5 juillet, 2011 à 10:04 didierlebras écrit:

    Salut Muse, salut à ta pertinence…
    Je me suis tellement imprégné des textes de JLM qu’à présent il va falloir que je réécoute les chansons une à une pour m’imprégner de la musique … J’y découvrirai surement de nouvelles choses …
    Merci de cette perception qui va aiguiser ma curiosité.
    Didier.

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  11. le 5 juillet, 2011 à 17:20 Muse écrit:

    De rien, Didier.
    JLM m’amuse en disant que les filles les plus rudes sont les plus satisfaisantes. Il serait pas un peu maso sur les bords? ;-) )) Je vais noter que pour plaire à ces messieurs, faut que nous les filles on sorte un peu plus souvent not’ fouet! ;-) )

    Par contre je ne sais pas, contrairement à lui, s’il y a un modèle type de la fille du paysan auvergnat.
    Ca me parait présomptueux d’enfermer ainsi les personnes.

    Peut-être dit-il ça pour les filles de sa génération nées au début des années 50 et les générations avant?

    Pour celles d’aujourd’hui mais aussi de ma génération, il devient beaucoup plus compliqué d’établir un profil type de destinée, d’attitude, tellement les destinées de filles d’agriculteurs sont diverses, multiples…
    Tu dois bien le constater également en Bretagne.

    Répondre

  12. le 7 juillet, 2011 à 16:17 Muse écrit:

    Ben moi, j’aime bien Matthieu Chedid! Je le trouve très créatif au plan musical, il a l’air très gentil comme garçon, j’aimais bien son père et j’adorais sa grand-mère, grande poétesse et écrivaine.
    Il a beau être fils et petit-fils de, il ne vole pas sa place, il a du talent et je suis contente qu’il ait du succès. Ce que je peux lui reprocher, c’est que souvent ses albums ne sont pas à la hauteur de ses concerts où il se lâche et est capable d’improvisations fabuleuses et délirantes.
    C’est un peu comme Emilie Simon, les deux n’osent pas lâcher les chevaux suffisamment, ce qui fait qu’il faut les voir en concert pour les apprécier pleinement.
    Et je trouve un peu puérile la critique de JLM vis à vis de M. Un peu facile aussi. Y a un côté je suis jaloux mais je crèverais plutôt que de le reconnaître…qui a tendance à m’agacer bougrement.
    En plus, cette critique lui permet de ne pas dire la vérité vraie sur la chanson.

    M de M Maudit, c’est Murat qui à la fois le protège et l’enferme et le perturbe et est exigeant avec lui, un double qui est à la fois ce qu’il voudrait être et qui ne peut pas lui permettre d’exister pleinement, qui le séduit et le dégoûte. Qui est insupportable pour la galerie et les autres alors que Bergheaud doit être finalement très gentil.
    Murat est son mauvais génie, un génie brillant et tentateur comme tous les génies, mais finalement assez pervers.

    C’est bien qu’il exprime à travers cette chanson, ce malaise du dédoublement lié à une vie publique d’artiste. Il en souffre peut-être moins que d’autres, plus exposés médiatiquement et vivant sur Paris ou la région parisienne, mais quand même!

    C’est jamais facile de devoir faire la part des choses et ça doit être compliqué à vivre par moments. Je ne connais pas cette vie là mais je suis suffisamment empathique pour ressentir la difficulté à exister pleinement en étant déchiré entre ces deux personnages. Dont parfois peut-être, quand il est fatigué ou anxieux ou plus fragile, il n’arrive plus à savoir qui est le vrai du faux.

    Faut être sacrément solide pour tenir dans cette dualité. Et comme l’artiste quel qu’il soit est quand même ultra sensible…pas évident de trouver l’équilibre!

    Mais, punaise, au lieu de présenter un alibi qui n’a en fait rien à voir avec le fond du fond de l’affaire, faut qu’il assume! On lui en voudra pas pour ça. Au contraire, c’est plus sain de reconnaître ce qui perturbe, plutôt que le garder enfoui et que ça continue à lui dévorer les entrailles.

    Répondre

  13. le 7 juillet, 2011 à 16:33 didierlebras écrit:

    Merci de tes commentaires Muse … un vrai plaisir de te lire … A tel point que je lis et relis …
    Moi ce qui m’énerve chez lui c’est cette insistance puérail à dire du mal de Pierre, Paul ou Jacques … attitude négative qui ne lui rapporte rien.

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  14. le 7 juillet, 2011 à 17:17 Muse écrit:

    Tout à fait, Didier. Ca ne lui rapporte rien et en plus, si tu creuses un peu derrière la surface, généralement, JLM fait ça non pour la critique super méchante mais parce qu’il est malheureux en interview, a besoin d’évacuer son stress et du coup, ben il lance une vanne méchante qui en plus d’être gratuite et le plus souvent sans fondement, ne dit pas la vérité vraie sur ce qu’il ressent réellement.

    Le plus souvent que ce soit contre M, Voulzy, Higelin, c’est pure jalousie de gosse, façon bisquebisquerage, t’artagueuleàlarécré, et puis surtout je me cache d’éprouver ou de dire des choses du vrai fond, que j’ai écrites ou dites en chanson, genre je me planque dans mon trou de peur qu’on me découvre et je pratique l’attaque tellement je suis apeuré du lien social.
    Sinon, c’est de la pure provoc pour faire du buzz.

    Avec JLM, faut toujours brancher le décodeur.
    Ca devient usant par moment et parfois très décevant.
    En plus, forcément, quand il est comme ça, juste après, il s’en veut à mort. Grosse culpabilité, encore plus de malaise et la boucle est bouclée.

    Parfois j’aurais envie de le secouer et de lui dire qu’il arrête cette forme d’automutilation. Qu’il se fait du mal pour rien et qu’en plus il fait du mal aux autres et à ceux qui l’aiment bien quand même!
    Même avec son caractère de cochon-lièvre mal embouché et provoc qui dégaine l’agressivité plus vite que l’amour comme s’il avait peur de perdre je sais pas quoi, sa virilité s’il osait être vraiment lui! ;-) )
    Bon, ça j’oserai jamais lui dire en face à face (déjà que je me planque toujours quand je vais aux concerts, c’est pas pour lui adresser la parole), mais je crois que si j’avais avec lui une relation amicale de confiance, je crois que je pourrais pas m’empêcher de lui dire. Sans doute que ça lui plairait pas du tout que je lui dise ça, mais je pense que ça serait plus lui rendre service au plan humain que l’entretenir comme font certains médias dans l’idée qu’en jouant à ce jeu de dupes, il y gagne de la notoriété.

    Répondre

  15. le 12 juillet, 2011 à 0:32 Armelle écrit:

    ne t’inquiètes pas Muse, Jean-Louis est tout à fait conscient de sa double personnalité et il en parle d’ailleurs très bien dans une interview différente que j’ai trouvé il y a quelques jours; il explique même à la fin que s’il a dit autant de choses sur lui-même lors de cette interview, c’est parce qu’il avait face à lui quelqu’un qui l’écoutait vraiment, quelqu’un qui ne posait pas des questions en en n’ayant rien à foutre de ses réponses comme c’est le cas la plupart du temps… il y en a pour 30 mn mais il faut vraiment tout écouter:
    http://www.dailymotion.com/video/xbb2nv_jean-louis-murat_music

    moi non plus, je n’ai jamais douté que le M de « M Maudit » n’était autre que le M de Murat.
    Bonne écoute

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  16. le 12 juillet, 2011 à 11:21 Muse écrit:

    Merci beaucoup, Didier! Je connaissais déjà cette interview. Mais ça m’a fait plaisir de la réécouter par ton entremise. Elle fait partie des quelques rares où JLM fait tomber le masque et où il exprime des choses du vrai fond. Et où je crois qu’il montre aussi une clairvoyance vis à vis de la création artistique en général même s’il ne parle que de la poésie, qui rejoint une même source qui dépasse grandement l’artiste. Pour moi c’est une évidence depuis toujours pour tous les arts. C’est un élan d’amour qui nous dépasse et nous traverse pour se donner au monde depuis la nuit des temps. Et c’est bouleversant parce que c’est d’une intensité amoureuse rare…et libre de tout.

    Répondre

  17. le 18 juillet, 2011 à 10:37 Muse écrit:

    Je connais beaucoup mieux St Amant Roche Savine que St Amant Tallende. Plus dans mon coin de Puy de Dôme émotionnel…un endroit du Livradois-Forez qui me parle et m’inspire par sa sauvagerie, sa beauté, ce que j’y sens de magie vibratoire, de poésie, de mystère, de secrets. Et qui fut aussi apprécié et vanté autant par Vialatte que Pourrat, grands amoureux de ces paysages.

    Répondre

  18. le 26 avril, 2014 à 19:46 Flo Réal écrit:

    Je regrette de ne pas être d’accord avec toi Didier sur ton interprétation du « troupeau » ou de ce que veut bien en laisser entrevoir l’intéressé mais LE TROUPEAU n’est pas une chanson sur la nostalgie d’avoir élevé des bêtes ! … écoutons bien les paroles :

    « D’avoir mené les chevaux ( qui mène les chevaux à part un cavalier en charge de commandement des hommes ?)

    D’avoir traversé les glaces ( quel pays possède des glaces ?)

    Pour me batir un troupeau

    N’apaise pas mon angoisse ( de quelle angoisse s’agit il ? )».

    « Pourtant le soleil est haut

    Dans l’azur pas de menaces( traversée de la Pologne en fin d’été ).

    Je rêve parmi les chevaux

    D’horizon mauve et d’espace ».

    « Je voulais donner mon sang(mon sange ! ce n’est pas une parole de guerrier ??=)
    Ma vigueur et mon audace ( paroles de guerrier )

    Mais sans passion à présent ( la passion !)

    Dieu que cette vie me lasse« ( tiens donc ? quelle vie regrette-t-il ? ).

    « Tous les gens de Durango
    (Durango est une bataille du Premier Empire qui s’y est déroulée en 1808).

    De Catane ( Sicile, lieu ou Joachim Murat trouva la mort, fusillé ) à Minor Track

    Trouvent trop bon le très haut ( Dieu )

    De m’avoir sauvé des glaces ».( retraite de Russie ??)

    Va, je déteste la vie

    De ces bâtisseurs d’Empires ( quels bâtisseurs d’Empire ?? Napoléon ? )

    De ces voleurs de prairies

    Où tu trouveras ta place ».( les conquêtes où chacun y trouve son compte)

    quant à ce que pense Murat de l’âme…je comprends très bien le propos de sa chanson LE MONDE INTERIEUR mais il ne faut pas en déduire que seule la jouissance corporelle importe … l’âme existe bel et bien et j’oserai dire, il le sait pertinemment.

    Répondre

    • le 26 avril, 2014 à 21:13 didierlebras écrit:

      Salut Flo,
      pour l’interprétation de ce titre je me suis fié aux seules paroles de MURAT qui dans une interview dit en substance :  » La chanson le troupeau c’est ça : un rêve, une nostalgie, peut-être une utopie – mais pour le savoir, il faut que je la vive. Je ne ferai pas forcément chanteur toute ma vie. Mais j’écrirai toujours, je crois … ». Voilà je ne suis pas allé chercher plus loin. Je garde sous le coude tes observations pour une étude + détaillée et ultérieure …
      Amitiés.
      Didier.

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    • le 28 avril, 2014 à 16:43 didierlebras écrit:

      Salut Flo,
      Joachim n’est pas mort à Catane mais dans la petite ville de Pizzo en Calabre …

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  19. le 27 avril, 2014 à 11:36 Flo Réal écrit:

    Sans doute… je connais bien ta démarche. Mais le Berger sait parfois nous détourner de la vérité de ses chansons, par amusement, par pudeur ou pour nous forcer à chercher plus loin… en tout cas pour cette chanson, son début d’explication… ne me va pas du tout.
    Amitiés.

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    • le 27 avril, 2014 à 11:54 didierlebras écrit:

      D’accord avec toi … les éléments relatifs à la période Napoléonienne sont particulièrement intéressants … Il s’agit là de la période préférée de Murat …
      Encore une fois … tu m’auras conduit Flo dans mes derniers retranchements. Merci !

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  20. le 27 avril, 2014 à 14:24 Traum écrit:

    Quel magnifique travail, Didier !!

    Perso, je m’attarde à ce qui me parle de Murat… Je vais sur Paris les jours prochains; mon fils habite non loin de la Porte St-Denis. Et grâce à toi, je ne la regarderai plus du même œil… L’ombre de JLM ne sera pas loin !!!

    Merci à toi
    !

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    • le 27 avril, 2014 à 15:05 didierlebras écrit:

      Salut Nelly,
      L’ombre de JLM … l’œil de JLM … les mots de JLM …
      Souvent je trouve que les admirateurs de tel ou tel interprète sont bètes … être béat n’est pas forcément flatteur.
      Te voyant, sachant ce que tu penses de JLM … sur le coup je me suis dit : « Voilà une belle image … voilà une belle personne » …
      Amitiés.
      DLB

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  21. le 27 avril, 2014 à 18:51 Traum écrit:

    Merci Didier !!

    Amitiés à toi aussi et au plaisir de te retrouver lors d’un prochain concert de JLM.

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  22. le 4 janvier, 2016 à 1:24 Florence écrit:

    Interressant de rechercher qui est l’ami dans la chanson Qu’entends tu de moi que je n’entends pas ? mais cet ami est aussi présent dans de nombreuses chansons Falling in Love again > « ami de cage inondée », Royal cadet, Marquis, Michigan «  » je ne vois pas de véritable ami » Long John etc… est-ce un ami virtuel, son double, son inconscient ? autre chose ?
    je ne pense pas qu’il s’agisse de Bayon ou d’Emile, cela va beaucoup plus loin.
    Quant à l’explication sur GINETTE RAMADE, elle ne tient pas une seconde. Les paroles de cette chanson sont à la fois vindicatives et violentes, on dirait qu’il s’agit d’une tournante, d’une pauvre fille violée par plusieurs personnes, il traite quand même Ginette de salope des plus salées et il promet qu’au troisième coup de minuit elle sera morte? c’est une vengeance amoureuse cette chanson, pas une chanson sur la solitude des vieilles dames en campagne , encore moins la caissière du Shopi…
    avec JLM il faut le décodeur comme dit Muse. et comme si ça ne suffisait pas, quelquefois il t’oriente dans la bonne direction et à d’autres moments il te ballade complètement.
    Il ne faut pas prendre tout à la lettre.
    Et je suis d’accord avec Armelle , M Maudit c’est lui.

    Répondre

  23. le 4 janvier, 2016 à 9:40 didierlebras écrit:

    Merci de ce commentaire Flo … à chacun sa part de vérité … moi je ne la détiens pas … c’est bien évident !

    Répondre

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