Jean Louis MURAT … « Pierre-Jean DE BERANGER … 1829″ … 2005 …

3 titres de BERANGER  sont inclus sur l’album » Moscou » ce n’est pas assez pour le prolixe MURAT qui adapte 12 textes du chansonnier pour nous donner à entendre … 1829 …

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  • CD Labels/Emi n° 47450129 – boîtier cristal – (date de sortie le 30 05 2005) – 11 titres

Tracklisting : 1 Liberté (2’16) – 2 Le cinq mai (3’48) – 3 Le mort vivant (2’52) – 4 Ma République (2’44) – 5 La chatte (1’52) – 6 Waterloo (2’41) – 7 La fortune (2’19) – 8 A ma filleule (1’55) – 9 Le peuple musulman (3’23) – 10 Les souvenirs du peuple – 11 La petite fée (4’04).

  • CD promo Labels/Emi n° 87383722 – pochette cartonnée – hors commerce – mêmes visuel et mêmes titres que sur le CD commerce.

  • Pas de single.

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Sur le site de « Libération.Fr » le 14 mars 2005, sous la plume d’ Antoine de BAECQUE ont peut lire cet article fort intéressant qui nous explique le pourquoi et le comment de cet album hors norme :

« Allongé sur son lit défait, une guitare à portée de main, le prince Murat reçoit en chambre. Vingt-cinq nouvelles chansons, en deux albums, Moscou et 1829, dont quinze écrites par Pierre Jean Béranger il y a deux siècles. C’est du chansonnier le plus célèbre du XIXe, qui chanta les louanges de l’Empereur, de la femme et de la Liberté, que l’auteur de Lilith nous entretient.

A.D.B. : Béranger : une vieillerie pour profs d’histoire ?

JLM     : Il n’y a rien de plus révolutionnaire, de plus porteur ! Aujourd’hui, j’ai cherché aussi bien, je n’ai pas trouvé… J’avais fait la même chose avec Madame Deshoulières, il y a quelques années. Et je n’ai pas fini mes recherches : le Caveau de la République, les chansonniers de la fin du XVIIIe siècle. Je vais aux puces, je farfouille. Béranger, ce fut de la poésie interdite il y a deux siècles, c’est aujourd’hui de la poésie oubliée. Mais ça reste de la poésie : Hugo, Goethe, Stendhal, le considéraient comme un des plus grands, Chateaubriand lui a proposé l’Académie française. Il les a envoyés bouler. J’ai pris conscience de cette gloire en lisant Pouchkine qui, à la fin des années 1820, prédit que «le siècle sera celui de Béranger». J’ai retrouvé ses recueils de chansons, réédités par Perrotin jusque dans les années 1860, et j’ai puisé dedans.

A.D.B.  : Son rôle historique ?

JLM      : Il le dit lui-même : «J’ai épousé la fille de joie, la fille du peuple, pour la rendre digne des salons de l’aristocratie»… Béranger est celui qui fait d’un art mineur une fierté nationale, c’est le Gainsbourg du XIXe. Avant d’être l’un des hommes les plus aimés et célèbres de son temps, c’est un bohème, un dandy. Pour lui, l’aristocratie n’est pas un titre, ni une apparence, mais une élection de l’esprit. Et surtout un antidote contre la culture bourgeoise.

A.D.B.  : Il a aussi un rôle politique.

JLM      : Il représente un idéal d’autodidacte, admirablement porté : la liberté, ça s’apprend, ça se conquiert. Celui qui veut, peut : Béranger incarne cette possibilité de monter par la liberté, monter par les mots dans la société et dans la culture. Ça me touche, moi qui aurais dû être un ouvrier. Je peux comprendre Béranger, car je suis aussi une victoire de ce système républicain, qu’il a représenté et défendu. C’est le contraire d’aujourd’hui, les 35 heures par exemple. Le mec qui bosse trop, on le condamne. La République de Béranger, c’est celle du travail : il bosse fort et il chante cela.

A.D.B.    : C’est aussi un martyr…

JLM        : Ses chansons grivoises sont pourtant d’une gentillesse extrême. Mais la Bacchante, ça vaut trois mois de taule, c’est le tarif. Pourtant, c’est la prison qui le rend célèbre. La presse joue un grand rôle : elle publie les chansons interdites et en fait un héros. Les écrivains viennent alors à son secours ; des banquiers, comme Casimir Périer et Laffite, l’ont à la bonne. Mais il ne leur demande rien, pas un centime. Il refusera même le ministère de l’Education quand on le lui proposera en 1830. Il avait mis une condition à son acceptation, assez géniale : qu’on distribue ses chansons à toutes les jeunes filles de France. Seul un migraineux qui a pris la foudre peut avoir une idée comme ça ! Sa calvitie vient de la migraine. De ce côté-là, on ne se ressemble pas. Béranger n’a pas vraiment le look romantique, c’est un saint républicain.

A.D.B.   : Il est surtout connu pour avoir chanté la gloire de l’Empereur…

JLM       : Là-dessus, j’ai blindé l’affaire, et j’ai lu Furet : «La légende napoléonienne est la forme la plus simple et la plus populaire sous laquelle la Révolution continue de hanter le pays.» Je trouve ça juste : Béranger déteste le pouvoir, n’aime pas tant Napoléon lui-même, mais il a besoin d’une légende. C’est par sa légende que l’Empire devient la continuation de la Révolution de 1789, une planche pour passer le ruisseau des monarchies. Béranger déteste deux choses : l’alliance des rois et des curés d’une part, les nostalgiques de la Terreur d’autre part.

C’est un libertaire : les rois l’ennuient, les curés l’exaspèrent, les rêves de Terreur peuvent tuer son idéal. Et il a vécu dans la peur de l’invasion étrangère : il a vu les Cosaques camper rue de Rivoli… Napoléon représente pour lui le corps de la nation, c’est un rempart à sa peur. Tandis que le frangin, Lucien Bonaparte, le sort de la misère en lui donnant un salaire de l’Institut. Béranger est l’un des premiers poètes à vivre de sa plume.

A.D.B.    : Zélé napoléonien ?

JLM        : Je suis un Murat tout de même ! Un Murat du peuple. Donc un fan de l’épopée napoléonienne. Enfant, j’habitais à Murat(le Quaire), un piton rocheux du Massif central, je voulais être Murat ou rien, ce fils d’aubergiste, mauvais garçon, qui devient le prince de l’Empereur, et je me suis choisi son nom… Il finit bien, fusillé avec grandeur, rêvassant sur une image de Pauline. Au combat, c’était Keith Richards, Elton John et Marilyn réunis, chargeant suivi de vingt cantines de fringues. Il se changeait plusieurs fois par jour sur le champ de bataille. Un jour, les troupes russes l’ont applaudi…

A.D.B.     : Et la musique pour ces mots-là ?

JLM         : Des musicologues ont reconstitué les mélodies de Béranger, mais je n’ai pas écouté ça. Je le chante à l’instinct, comme si j’étais ébéniste : démonter une commode du XIXe pour savoir comment Béranger travaillait la langue; c’est de l’espionnage industriel. Ce qui m’intéresse, c’est le niveau de langue, et je vais le chanter comme si c’était de moi. Je ne vais pas faire de l’histoire de la chanson, c’est plutôt une lutte d’ego : le mien contre le sien ! Je me dis alors que je devrai être très populaire. Car on est proches, sur les thèmes et sur la langue. Cherchez l’erreur … Aujourd’hui, pour devenir populaire, il faut laisser de côté le meilleur de soi, alors que Béranger a rencontré le public avec le meilleur de lui-même.

A.D.B.     : Pourquoi ?

JLM         : Sans doute que l’Histoire s’est arrêtée. Du temps de Béranger, l’Histoire en marche chantait ses poèmes, alors que pour nous, il n’y a plus d’Histoire. Béranger chantait les oppositions entre Lamartine et Hugo, on va pas faire ça aujourd’hui sur Hollande et Emmanuelli ! Béranger nous dit pourquoi il est quasi impossible d’être un chanteur populaire travaillant en français aujourd’hui. Lui, il avait le corps de Napoléon comme corpus, nous, c’est fini… Le dernier corps, ce fut de Gaulle, et la dernière grande chanson populaire, c’est Sardou : Ne m’appelez plus jamais France… On vit dans une crise de l’Histoire qui a provoqué une catastrophe de la langue. »

 

***

 

Un article du « Monde » daté du 16 mars 2005 nous donne des informations complémentaires :

Question : De quand remonte votre rencontre avec l’oeuvre de ce chansonnier du 19ème siècle ?

JLM :  Il y a cinq ans, je suis tombé sur une lettre de POUCHKINE, qui à la fin des années 1820, s’étonnait de constater qu’en France la star des lettres était plus BERANGER  que Victor HUGO. J’ai plongé dans son oeuvre, sa biographie. Je lisais ses textes, une guitare à mes côtés, quand un truc m’inspirait, je composais. J’ai un côté prof frustré. Celà me plaît de faire découvrir celà aux gens, comme je l’avais fait avec Madame Deshoulières.

Question : Qu’est-ce qui vous touche chez Pierre Jean DE BERANGER  ?

JLM : Sa simplicité, son amour de la langue, sa volonté de ne pas être esclave de sa notoriété. Sa façon aussi de faire de la chanson populaire en fixant des idéaux républicains.

Question : Les deux thèmes principaux sont l’amour libertin et la politique. Vous même êtes souvent inspiré par le premier, moins par le second ?

JLM : En France la liberté d’expression me paraît moins garantie qu’en 1830, les mythes de la « bien-pensance » étaient moins nombreux au temps de BERANGER. Quand une chanson grivoise comme « La bacchante » l’envoie en prison, les journeaux de toute l’Europe reproduisent le texte de la chanson le jour du procès. Ses chansons politiques n’étaient pas incriminées. Aujourd’hui on peut se mettre à poil, mais bien d’autres sujets sont tabous. En entretien avec des journalistes, comme en chanson, je sais qu’il y a des thèmes que je ne peux pas aborder sous peine de me faire dézinguer par une censure sans visage« . 

 

***

 

Poète, chansonnier PJ DE BERANGER est connu pour ses citations …  En quelques mots les défauts de la Société, les travers de l’homme sont plantés – Voici quelques exemples découverts dans le Littré :

 

  • Trinquer est un plaisr fort sage Qu’aujourd’hui on traite d’abus.

 

  • Viens mon chien, viens ma pauvre bête, mange malgré mon désespoir.

 

  • D’un bout du monde à l’autre l’habit fait tout.

 

  • Où l’ambition règne, la gaieté perd son coin.

 

  • Des distances l’amour peut rire, l’amitié n’en supporte point.

 

***

Le 19 mars 2005 Murat déclare à Olivier HORNER pour le compte du journal suisse « Le Temps : « Béranger c’était l’essence de l’impertience et de ce que devait être la chanson Française. Ce n’est plus le cas ».

***

Ci joint un lien qui vous permettra de mieux découvrir ce poète chansonnier … j’ai nommé : Jean-Pierre DE BERANGER  … 

http://lhistgeobox.blogspot.com/2009/01/132-pierre-jean-brangerles-souvenirs-du.html

 

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Publié dans : Non classé |le 2 janvier, 2011 |5 Commentaires »

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5 Commentaires Commenter.

  1. le 3 janvier, 2011 à 22:59 Armelle écrit:

    Pierre-Jean et non Jean-Pierre… mon cher Didier.
    1829 a bercé mon chemin vers le travail aujourd’hui, dans ma voiture japonaise.

    Répondre

  2. le 3 janvier, 2011 à 23:04 didierlebras écrit:

    Rectificatif effectué … merci ma grande.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

    Répondre

  3. le 8 mai, 2011 à 13:23 L@urence SERRE écrit:

    si quelques une de mes photos peuvent etre utiles pour JLM, ça sera avec plaisir !
    j’ai déjà une belle réference qui passe actuellement à la pub sur TF1 avec l’album de chants grégoriens Credo :
    cf ici :

    http://www.moipourvous.net/article-universal-music-france-et-laurence-serre-70205854.html

    Répondre

  4. le 17 mai, 2011 à 21:37 matthieu huard écrit:

    Il est bien ton blog didier

    Répondre

  5. le 29 mai, 2011 à 12:10 Muse écrit:

    Bel album, plus réussi je trouve que Charles et Léo. A ma filleule, la Bacchante, le pape musulman (chef d’oeuvre de drôlerie), les souvenirs du peuple…
    J’avais bien aimé aussi sur Mockba, la chanson de la fille du fossoyeur, parmi les plus réussies qu’il a faites dans la série PJ de Béranger.

    Répondre

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