Jean louis MURAT … « MOCKBA » … 2005 …

« MOCKBA » bénéficie d’une production classique.

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  • CD Labels/Virgin n° 8609402 5 – boîtier cristal – sortie le 14 03 2005.

Tracklisting : 1 La fille du capitaine (4’48) – 2 Foulard rouge (2’37) – 3 Oh my love (3’09) – 4 La bacchante (3’52) – 5 Ce que du désires (2’55) – 6 Et le désert avance (4’51) – 7 Nixon (2’57) – 8 Arrête d’y penser (3’47) – 9 La fille du fossoyeur (3’39) – 10 Colin-Maillard (3’42) – 11 L’amour et les Etats-Unis (2’43) – 12 Jeanne la Rousse (3’29) – 13 L’almanach amoureux (5’55) – 14 Winter (5’09) + 2 titres Bonus …

  • CD promo Labels/virgin n° 8735322 – pochette carton hors commerce – avec les 14 titres du CD + les deux bonus.

  • CD pochette Taïwan (plus pour les collectionneurs que pour le marché Asiatique …) références identiques au CD français.

  • CD promo Labels/Virgin n° 86934321 – pochette cartonnée 1 titre « Ce que tu désires » (2’55) – hors commerce.

A noter deux pressages :

  • Le 1er avec la mention Mokba sur la tranche extérieure

  • Le 2ème avec la faute corrigée « Mockba » … A ce jour je ne l’ai pas trouvé.

Lorsque l’on possède cet album entre les mains, deux questions se posent d’emblée :

  • Pourquoi ce titre ?

Dans les « Inrockuptibles »du 23 février 2005 MURAT répond à cette 1ère question : « J’avais en tête l’image de Moscou en flammes, l’idée que MURAT, NAPOLEON  et POUCHKINE  y étaient en même temps en 1812 … »

  • Qu’est-ce qui motive le choix de cette pochette, celle du chanteur les yeux bandés ? 

Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question pour la simple raison que je n’ai pas davantage trouvé de question s’y rapportant. Dans « Le Républicain Lorrain » du 10 avril 2005 une critique acerbe signée « A.G. » nous fournit peut-être un début de réponse : « Le chanteur de variété n’a rien trouvé de mieux pour promouvoir Moscou, son dernier album (…) que de se travestir en victime. En phase terminale ? Et puis victime de quoi ? On se le demande. La datcha auvergnate manque-t’elle à ce point de confort. A-t’il été la proie de quelque rôdeur sadique ? Ou alors serait-ce tout simplement les conséquences désastreuses de l’insuccès qui lui colle à la peau ? Puisse l’artiste qui doit se produire prochainement sur les terres du roi des Belges, Albert II, faire preuve d’un peu plus de bon goût ».

Force est de reconnaître qu’en cette période ou les prises d’otages font le « Une » de l’actualité le choix de cette pochette ne s’imposait pas.

S’agissant de l’aspect purement artistique, la plupart des critiques s’accordent à reconnaître la qualité de cet album. Le journal « Ouest France » dans son édition du 30 mars 2005 lui consacre une chronique qui reflète me semble-t’il l’avis général : « Moscou, sorti le 14 mars est une histoire d’amitié et de passion. Amitié pour ses deux musiciens, Fred JIMENEZ (basse) et Stéphane REYNAUD (batterie) et aussi pour les nombreuses personnalités qui traversent l’album : Carla BRUNI, CAMILLE ou Dickon HINCHLIFFE (Tindesrsticks) entres autres … Passion, pour la littérature … Et les auteurs Russes du 19ème siècle. Moscou et la Russie sont,  en effet, au coeur de ce nouvel album où l’on retrouve toutes les facettes de MURAT : l’amoureux, le facétieux, l’inquiet, le sensuel … ».

Le 14 mars 2005, le site de « Libération.Fr » nous décrit un MURAT  : « Moins angoissé, prêt à gazouiller » dans un article titré : « Moscou montre un MURAT plus serein face au vieillissement« . Le journaliste poursuit : « Dans la continuité de Lilith, le lent Moscou est servi par d’amples orchestrations de cordes, celles de Dickon HINCHLIFFE  (Tindersticks) et de Marie-Jeanne SERERO. L’album ne serait pas de si bonne facture mélodique, si notre auteur n’avait entre temps repris son souffle avec Bird on a Poire (2004), où il écrivit, comme jadis avec Julien CLERC, sur les musiques d’un autre : d’avoir ainsi marché dans les pas du compositeur, bassiste et alter-égo Fred JINMENEZ semble lui avoir offert du sang neuf. Cela saute aux yeux dès le 2ème titre de Moscou, un foulard rouge qui tient lieu d’accessoire subtil dans ce jeu de flirt : « Nous n’avons pas vu venir la jalousie/Nous n’avons pas vu venir la maladie/Nous n’avons pas vu venir l’astre qui nous fait souffrir ».

Après le priapisme sous viagra de Bird on a Poire, dont on goûtait la mélancolie, MURAT s’annnonce avec Moscou moins tenu par l’angoisse de ne plus bander. Comme si, dans un retour à un certain classicisme, il acceptait, sous les rictus de la vieillesse, les rires des jeunes saisons. Et d’acquérir une forme de légèreté dans le retrait de soi. Il y a chez ce MURAT quelque chose du renoncement victorieux, qu’il nous sert avec une Carla BRUNI  réjouie dans le duo « Ce que tu désires » : « Je t’aurais mangée, sais-tu/Si grande fille/Je t’aurais mangée/J’en pleure seul en marchant ». Mais c’est peut-être légitimement parmi les chansons de BERANGER  qu’on trouve la perle de Moscou, cette fille du fossoyeur : « Claire habite le cimetière/Ce qu’au soleil on voit briller/C’est sa fenêtre et sa volière/Qu’on entend d’ici gazouiller ».

La fille du capitaine qui marque l’ouverture de cet opus, fait directement allusion à un récit de POUCHKINE … elle contemple Moscou en flammes …

Dans le journal « Le Monde » du 16 mars 2005, Jean-Louis MURAT  répond aux questions de Stéphane DAVET  dont celle-ci qui qui se réfère à l’un des titres de l’album :

S.D.  : Faut-il voir comme une déclaration politique votre chanson j’aime l’amour et les Etats-Unis ?

JLM : J’aime cette phrase qui dit :  »quand tu aimes la philosophie, tu aimes la Grèce ». Pour moi, de la même façon, « Quand tu aimes le rock, tu aimes les Etats-Unis ». Difficile de mépriser les péquenots du Sud, alors que Robert JOHNSON et Elvis PRESLEY  viennent de là,  de se dire antiaméricain et d’aimer Bob DYLAN. Pour la santé de ton développement psychologique, mieux vaut ne pas gerber sur ce qui t’a fait ».

Pour « Le Nouvel Obs » le 17 mars 2005, sous la plume de Christian PAUVERT  on peut lire : « Dans cet opus dont les ambiances rappellent l’excellent « Dolorès » paru en 1996, on retrouve le tendre, le spirituel, le sombre, le charnel, celui qui chante les émotions que procurent la nature et les mots des poètes. Comme le suggère le titre du dique « Moscou » orthographié en alphabet cyrillique sur la pochette, Jean-Louis MURAT  a cette fois été inspiré par la littérature Russe. Dans « La fille du capitaine » qui ouvre le disque, il fait allusion à l’un des plus célèbres récits d’Alexandre POUCHKINE  (1799 – 1837). C’est d’ailleurs en lisant la correspondance de l’écrivain que le chanteur a découvert l’oeuvre de Jean-Pierre BERANGER (1780 – 1857) poète et chansonnier qui jouissait à son époques d’une réputation comparable à celle de Victor HUGO. Jean-Louis MURAT  a revisité trois de ces textes : « La bacchante », « La fille du capitaine », « Jeanne la rousse ».

Les mots choisis pour leur force et leur sobriété résonnent gâce au timbre, à la fois envoûtant et plaintif de l’interprète. Dans le très lyrique « Collin Maillard » porté par une pluie de violons, MURAT joue avec les mots à la fois érotiques et pudiques. Mêmes ambiances lorsque Carla BRUNI le rejoint sur trois titres, dont le brillant « Ce que tu désires ». On passe à un style country-folk plaisant lors du duo avec CAMILLE    »L’amour et les Etats-Unis ». Dans ce nouvel opus, le chanteur est au meilleur de sa forme ». 

J’ajoute à cette revue de presse le papier de  Jean THEFAINE qui dans « CHORUS »  (n° 51) écrit : « Spontanément, c’est la qualificatif somptueux qui vient sous la plume, pour désigner ce énième ovni de l’irréductible auvergnat, dont la course folle est de plus en plus fascinante! Car aucun autre artiste n’a cette capacité à produire encore et encore, à brouiller les pistes, à inventer, à se remettre en question, à bousculer toutes les normes du métier. Ce pourrait n’être que de l’agitation, c’est le plus souvent magique. Comme si le fleuve des mots qui ruisselle de MURAT trouvait naturellement son chemin dans un mangrove de mélodies et peintures sonores, balançant entre minimalisme acoustique et griffures électriques, draperies contemportaines et vêtures quasi médiévales ».

Pierre IGOT pour« BETALOGUE » enfonce le clou lorsqu’il écrit le 5 avril 2005 : « MURAT continue de surclasser ses contemporains, mais le succès commercial continue de lui échapper … et il se retrouve laissé de côté par une industrie peu attachée à la qualité artistique ».

Comment expliquer cette frénésie créatrice ??? Philippe BARBOT pour « TELERAMA »  nous parle de :  « l’effarante prolixité de l’auvergnat boulimique »  … Il a cette formule qui a le bon goût de regrouper deux artistes talentueux … « C’est comment qu’on freine » demandait BASHUNG » ????  « Suffit d’accélérer »répond MURAT » !!! Langue

 

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Publié dans : Non classé |le 31 décembre, 2010 |10 Commentaires »

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10 Commentaires Commenter.

  1. le 2 janvier, 2011 à 0:49 Armelle écrit:

    pour moi, c’est le titre « Colin Maillard » qui a inspiré la pochette de MOCKBA. Si le critique du Républicain Lorrain avait écouté le cd plutôt que ce contenter de ne regarder que le boitier… heureusement qu’il y a des gens comme J.Théfaine pour ne citer que lui!

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  2. le 2 janvier, 2011 à 8:30 didierlebras écrit:

    Tu as raison Armelle pour Colin Maillard … Je n’y avais pas pensé.
    Tenir une plume est un vrai pouvoir … je ne suis pas certain que les critiques … s’en rendent compte … ou plutôt si … Quand la plume se transformme en guillotine …

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  3. le 24 janvier, 2011 à 10:22 Jean-Luc écrit:

    Succès commercial mitigé sans doute mais coup de coeur personnel pour Mockba. J’ai vaiment beaucoup aimé cet album. La voix de Murat est plus chaude et sensuelle que jamais avec des graves presque envoûtants (colin maillard par exemple). La musique est encore particulièrement soignée avec notamment des séquences de cordes inhabituelles mais vraiment de toute beauté. Et ne parlons pas des textes toujours d’une grande poésie. J’ai vraiment adoré l’almanach amoureux, le sublime colin maillard et tant d’autres…. Un disque de référence pour moi.

    Jean-Luc

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  4. le 24 janvier, 2011 à 11:56 didierlebras écrit:

    Merci Jean Luc
    habitué de ce Blog … Je me reconnais dans ce que tu dis … chaque fois que je te lis … c’est la réflexion que je me fais. Tu dois faire partie des passionnés comme moi de JLM qui restent dans leur coin … Il faut dire que lorsqu’on va vers les « caciques » l’accueul n’est pas toujours très chaleureux. On a l’impression d’être pris pour un « has been » …

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  5. le 19 août, 2011 à 15:49 sophia écrit:

    Carla à su garder un esprit critique malgré le poids de sa fonction

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  6. le 19 août, 2011 à 16:41 didierlebras écrit:

    Je suis d’accord.

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  7. le 21 août, 2011 à 9:19 sophie écrit:

    carla à bien su garder son caractère musical indépendant malgré le poids de sa fonction, c’est remarcable.

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  8. le 24 février, 2013 à 9:07 didierlebras écrit:

    Thank’s.

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  9. le 27 août, 2013 à 13:25 ROBERT écrit:

    Mockba, c’est un album génial comme son auteur… JLM est comme Mozart ou Picasso, il crée en permanence des choses hors du commun. Malheureusement, le commun des mortels se laisse entrainer à écouter la soupe indigeste que les producteurs lui concocte… Aimons tous la fille du capitaine!

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