Jean Louis MURAT … « Lilith » … 2003 …

Jean Louis MURAT ...

 

Cet album bénéficie d’une production riche … j’allais dire magnifique.

  • CD Labels/Virgin n° 590613 2 – double boîtier cristal – 23 titres – Date de sortie : le 26 08 2003.

CD 1: 1 Les jours du jaguar (3’45) – 2 A la morte fontaine (3’21) – 3 La maladie d’amour (3’40) – 4 Le mou du chat (7’05) – 5 Tant la vie demande à mourir (5’19) – 6 Le cri du papillon (2’55) – 7 Zibeline Tang (4’35) – 8 Lilith (4’25) – 9 C’est l’âme qu’on nous arrache (4’21) – 10 De la coupe aux lèvres (3’22) – 11 On ne peut rien en dire (7’01) – 12 Le révolver nommé désir (2’55) -

CD 2 : 1 Se mettre aux anges (6’09) – 2 Où est cette fille P (2’55) – 3 Emotion (3’16) – 4 Le contentement de la lady (6’14) – 5 Le voleur de rhubarbe (3’25) – 6 Le désarmement intérieur (4’25) – 7 Elle pleure (4’05) – 8 Le salaud (2’14) – 9 La nature du genre (3’58) – 10 Gel et rosée (4’27) – 11 L’absence de vraie vie (3’14).

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7329 – double pochette carton – hors commerce – comprenant les mêmes titres que ci-dessus.
  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7346 – pochette cartonné 2 titres : 1 Le cri du papillon (version radio) (3’11) – 2 Miura (inédit) (4’52)
  • 33 tours triple vinyle Labels/Virgin n° 7243590613 1 – édition limitée à 5000 exemplaires. (Dans une interview Murat indique qu’il n’a été gravé que 1000 exemplaires de ce triptyque) !!!

1er single : « Le cri du papillon »

 

  • CD maxi Labels/Virgin n° 5532460 – pochette cartonnée – Date de sortie : Le 21 10 2003.

Tracklisting : 1 Le cri du papillon (3’11) – 2 Miura (4’52) – 3 La movida (5’08) – 4 Bye bye Calexico (3’37) – 5 Le cri du papillon (clip vidéo) (3’11)

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7327 – pochette cartonnée – hors commerce – mono-titre (3’11)
  • 1 clip 

2ème single : « L’absence de vraie vie« 

 

  • CD promo Labels/Virgin n° 547685 2 – pochette cartonnée – hors commerce – mono-titre (3’14)

 

3ème single : « L’émotion »

 

  • CD promo Labels/Virgin n° 5481112 8 – pochette cartonnée – hors commerce – mono-titre (3’16)

 

***

Mais qui est donc cette fameuse LILITH ??? Pour ce qui me concerne je ne connaissais pas son existence … MURAT nous donne la réponse dans un article de « TELERAMA » daté du 27 août 2003 et signé Philippe BARBOT  : « Lilith c’est la première femme d’Adam, l’anti-Eve. Au départ Dieu fabrique un homme et une femme à partir de la boue. Il fait Adam et Lilith et ça tourne à la catastrophe, un véritable fiasco : Lilith est incontrôlable, elle fait les 400 coups … Alors Dieu recommence, il prend une côte d’Adam et il fabrique Eve. Voila le symbole qui a conditionné toute notre société et illustre les problèmes actuels du statut de la femme : elle ne peut être l’égal de l’homme puisqu’elle a été fabriquée à partir de lui (…) Lilith c’est la femme maudite, la pute, la salope. En opposition à Eve, la sainte qui représente les valeurs familiales chrétiennes ».

Dans les colonnes du   » MATIN » à la question : « Que représente « Lilith » à vos yeux ? »  il déclare :

« Pour les garçons, les prénoms féminins avec deux « l » sont très excitants loulou, lola, lilith donnent une image de femme libre. Lilith est la salope du diable, une insoumise indomptable. Elle était la première femme loupée d’Adam. Puis est arrivé Eve cette cruche. les vierges sont des tocardes, je préfère les femmes libérées comme Lilith ».

Les journaux spécialisés, les médias en général réservent une critique largement positive à ce nouvel album.  Jean-Philippe BERNARD pour « La Liberté.Ch. » écrit : « Quand on veut vendre des tonnes de disques et fumer le cigare avec le ponte de sa maison de disques dans un restaurant chic au soir des « victoires de la musique », on ne grave pas quelque chose d’aussi fort, d’aussi beau et d’aussi peu franchouillard ». Murat lui déclare : « J’essaye de répondre à l’attente de ceux qui me suivent depuis longtemps et qui ont toujours  plus ou moins préféré Johnn LEE HOOKER à Jacques BREL« .

Pour beaucoup ce double album est le prolongement du « Moujik ».  La formule trio est conservée. Selon MURAT : » Ce disque est le fruit d’un travail de groupe ». Le critique poursuit : « MURAT  est désormais accompagné d’une section rythmique violente et subtile formée par le batteur Stéphane REYNAUD  et le bassiste Genevois Fred GIMENEZ. MURAT poursuit : « En travaillant avec Denis CLAVAIZOLLE, on était arivé au bout. Denis adore le studio, les sons chiadés. Avec Fred et Stéphane au contraire, il faut que ça pulse. C’est une bonne chose, ça m’a rappelé mes débuts à la fin des années 70, lorsque je faisais partie du groupe CLARA. J’ai d’ailleurs fait écouter quelques titres aux ex-CLARA qui m’ont dit : « Hé ! Tu retournes à la case départ ! ». Ce n’est pas faux. (…) Il y a eu ce tournant dans ma carrière lorsque je suis allé enregistrer « Mustango » aux Etats-Unis avec des gens comme « Calexico » ou Marc RIBOT. Avant cette date, je doutais de mes capacités à la guitare. J’étais persuadé d’être un sacré naze mais lorsqu’un  RIBOT à qui je demandais certains accords m’a rétorqué : « Je comprends ce que tu veux mais tu n’as pas besoin de moi, tu peux le faire toi-même ». C’était comme un coup de pied dans le cul dont je ressens aujourd’hui encore les effets salutaires ».

Le 23 08 2003 Dominique SIMONET procède à l’interview de l’Auvergnat pour le compte de « La Libre Belgique » :

D.S.  : Le titre de la chanson  « Tant la vie demande à aimer » est suivi par « Tant la vie demande à mourir » …

JLM : C’est le fond du truc je crois. tant la vie demande à aimer, mais on est dans un univers ou toute chose meurt, et l’on sent en soi qu’on n’a pas envie de mourir. Cela me paraît être une sorte de rumeur, un bruit de fond que l’on a tous en soi. Tout l’art de bien vivre est peut-être d’arriver un jour à apprivoiser l’idée de sa propre disparition, pour être enfin en paix avec soi-même. C’est ce que la culture nous enseigne, je veux dire une bonne discothèque, une bonne bibliothèque et un bon travail sur soi. Se cultiver, c’est apprivoiser l’idée de sa propre disparition. L’art à tort de ne pas cultiver les gens. S’ils sont de plus en plus attirés par des choses mortifères, c’est parce que la culture ne les prépare pas à affronter suffisamment l’idée de leur propre disparition. Nous, le nez en l’air, en regardant les feuilles des arbres et en écoutant le chant des oiseaux, on n’a pas envie de disparition, alors on fait des chansons ».

Pour la « Dernière Heure » le 25 août Luc LORFEVRE  pose cette question à Jean Louis :

L.L.  : Comment imaginez-vous qu’on écoute ce copieux double album ?

JLM : Il n’y aura pas de dispute dans les ménages. Le premier CD c’est pour les mecs avec des morceaux country-rock qui ont des couilles. Le second s’adresse davantage aux femmes ».

 

Dans le cadre de la promo MURAT répond à une question bien précise d’un journaliste de « Marie-Claire »

M.C.  : « Sohanne » la jeune fille de Vitry/Seine brûlée vive a été le détonateur de l’album ?

JLM : C’est mon 11 septembre intime. Je répétais pour une tournée à 5 kilomètres de l’endroit où s’est déroulé le drame. J’ai tout arrêté. Je suis entré en studio. je ne comprends toujours pas comment on peut brûler vive une femme. « Sohann » est la Jeanne d’Arc du XXIème siècle ».

Les extraits des 3 articles qui suivent nous permettent de mieux appréhender toutes les richesses que recèlent ce double album :

1°- Raphaelle DEDOURGE pour le journal « Métro » le 25 août 2003 :

R.D.  : Coups de gueule rageurs, autoportraits bien balancés, ode au plaisir d’aimer et d’être aimé : les 23 chansons de « Lilith » reflètent avec tempérament les humeurs de Jean-Louis MURAT…

JLM : La précision dans le flou est une notion à laquelle j’attache beaucoup d’importance : ce qui me plaît, c’est de mettre des mots sur ce qui m’échappe.

R.D.  : Quand d’autres évoqueraient un bonheur sans nom, une tristesse sans fond, un sentiment indéfinissable, MURAT  remonte ses manches et pioche dans tous les registres de la langue pour faire naître, à partir de la sonorité et de la charge sémantique et affective des mots, des émotions délicates et contrastées. Les syllabes sa carambolent, les sons s’entrechoquent, assonances et allitérations s’entremêlent pour que jaillisse l’évocation poétique. La diversité des mélodies et des rythmes ravira aussi bien celles qui raffolent des chansons calquées sur les battements de coeur qui préfèrent quand ça dépote, pied au plancher, dans la lignée d’un rock plus Américain. Sur une pente ascendante, Jean-Louis MURAT  approfondit les thématiques qui lui sont chères : son rapport à la nature (« humanisant bête dedans son ami »), son rapport sacré au corps de la femme (« diamant qui brille à l’entrecuisse de la joie ») et un rapport à la mort (« tant la vie demande à mourir »). Pari tenu d’un triple vinyle indispensable, voué à devenir un classique ».

2° – Propos recueillis par Antoine DE BAECQUE  & Ludovic PERRIN pour « Libération » le 26 août 2003 :

Libé : On écrit en pensant toujours à quelqu’un ?

JLM : Ça m’arrive régulièrement. Je me souviens avoir sympathisé en Hante Vienne avec une vieille dame qui tenait un bar, Chez Mamie. On s’adorait, on s’envoyait des confitures de rhubarbe. pour son anniversaire je lui ai posté un CD avec une chanson « Bon anniversaire mamie mamie ». Elle n’existe qu’à un seul exemplaire. Ça m’est arrivé d’autres fois pour des amis qui étaient dans la peine. C’est une façon de partager, comme des lettres.

(…)

Libé : Y a t’il des refuges quand même ?

JLM : Les vaches, les ânes, les moutons, les framboises, les fresnes, les girolles grises. Mais tout est attaqué : la sélection génétique sur les vaches c’est terrifiant. Chez nous en Auvergne je suis entouré de vaches. On voit les troupeaux d’Aubrac. A 40 degrés elles trouvent la flotte et se couchent à l’ombre. Un chien errant se pointe. Elles se mettent devant ou le tuent. Elles changent d’endroit selon l’inclinaison des rayons du soleil. Cet été j’ai observé les holsteins et les charolaises qui ont toutes bouffé du gêne. Sidérant : c’est toutes des frangines, elles n’ont plus de cornes. Un teckel et elles s’enfuient. Elles ne se mettent plus à l’ombre. L’espérance de vie d’une vache est passé de 20 à 5 ans – on les épuise en leur faisant donner jusqu’à 70 litres de lait par jour. Elles ne voient jamais leur veau, jamais un taureau. C’est comme si on nous tuait à 20 ans  après nous avoir fait produire un maximum. Un paysan Auvergnat ressemble à sa vache : même mutisme, même sens de l’ellipse, même façon de négliger certaines choses. Si on les modifie aussi ça va être terrible. Il faut garder un rapport aux animaux, à la nature. Mon prochain projet de vie sera donc un troupeau. Un troupeau c’est un fusible entre soi et le monde. La cruauté du monde est amortie par les animaux ».

3° – Conclusion d’un article du « Nouvel Observateur » sous la plume de Sophie DELASSEIN  le 4 septembre 2003 :

« Jusqu’ici il était entendu que « Mustango » était le disque culte de MURAT. « Lilith »pourrait bien lui faire de l’ombre. A moins que ce double CD ne soit qu’une manifestation de plus du souffle créatif et du besoin d’expérimentation qui l’habite depuis ses débuts et pourrait l’amener encore plus haut. Un peu à l’image des deux seuls artistes devant lesquels il mettrait volontiers un genou à terre : Neil YOUNG  et Bob DYLAN« .

 

***

La vie, la mort, les hommes, les femmes, la nature … je crois que le tour est fait. Bizarrement il y a une chose dont il ne parle jamais dans ses chansons et pas davantage dans « Lilith » … les enfants …

 

***

Je ne peux terminer sans vous donner les réponses faites par JLM à  2 questions qui lui ont été posées au cours de cette promo … Les questions peuvent paraître insignifiantes, les réponses ne le sont jamais.

 

Joëlle LEHER  : Pourquoi vous vouvoyez les personnes avec lesquelles vous travaillez ?

JL MURAT    : Je pense que c’est de la politesse, et dans le travail c’est plus efficace. Le vouvoiement amène du professionnalisme et de la maturité dans les rapports de travail. Le tutoiement, lui, amène du laisser aller … Même ma femme de ménage je la vouvoie et cela l’agace. Je déteste cette manie du show-business qui impose le tutoiement et fausse les rapports »

 

***

ANP              : Quels chanteurs Français trouvent grâce à vos yeux ?

JL MURAT : Alain BASHUNG. Quand j’ai entendu son dernier disque « L’imprudence », j’ai été stimulé. En commençant « Lilith » j’avais dans l’idée de réussir un album aussi brillant, voire plus. Il est le seul chanteur avec qui je suis en concurrence …

 

En conclusion :

  • une confidence de MURAT  à Florence TREDEZ pour le journal « Elle » le 1er septembre 2003 :

« Ma maison de disque m’a conseillé de me faire blanchir les dents. Plutôt crever ! Les gens se pensent comme des produits. Ça fait partie de l’industrialisation de notre société ».

  • Les réponses  de JLM à  Véronique MORTAIGNE pour « Le Monde » :

Quelle est la prison de cet homme là ?  … « L’angoisse ».
Comment s’en évade-t’il ?  … « En travaillant. Je ne peux rester sans rien faire ».

 

***

 

 

 

Publié dans : Non classé |le 18 décembre, 2010 |6 Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

6 Commentaires Commenter.

  1. le 20 décembre, 2010 à 22:49 Chérouvrier Daniel écrit:

    Très beau travail sur l’un des ACI les plus intéressants et méconnu.

    Répondre

  2. le 20 décembre, 2010 à 23:05 didierlebras écrit:

    Merci Daniel de ta visite … Qu’est-ce que tu entends par ACI ?

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

    Répondre

  3. le 29 mars, 2011 à 20:17 emmanuel andre écrit:

    auteur compositeur interprète, peut être?

    Répondre

  4. le 29 mars, 2011 à 20:21 emmanuel andre écrit:

    Merci pour ce blog. Ici sont publiés des interviews que je ne connaissais pas, moi qui pourtant aime beaucoup JL Murat.

    Répondre

  5. le 29 mai, 2011 à 12:40 Muse écrit:

    Lilith n’était pas du tout une salope. C’était juste une femme qui refusait de se soumettre à Adam. Elle se considérait comme son égale et donc ne voyait pas pourquoi elle devait accepter de lui tout et n’importe quoi et notamment qu’il soit toujours en position de choisir de la dominer sexuellement. Elle voulait aussi pouvoir de temps en temps le dominer sexuellement et rester libre. Mais Adam a trouvé ça anormal et est allé sangloter auprès de Dieu en disant que c’était trop injuste, qu’il se sentait humilié, que franchement il refusait l’égalité de la femme avec lui, qu’il voulait être le seul dominant.
    Donc Dieu a cédé et a fabriqué Eve à partir d’Adam, ce qui permit à l’homme de la dominer et de n’avoir jamais à lui octroyer une égalité.
    D’où effectivement la difficulté de l’ensemble des hommes à reconnaître aux femmes une considération et une égalité avec eux.
    D’où le combat des féministes qui sont quasi les seules à évoquer Lilith (soit dit en passant, jamais enseignée aux croyants que ce soit au catéchisme pour les catholiques, les protestants ou au niveau des cultures religieuses juives et musulmanes). Il y a comme une sorte de haro sur ce personnage, qui montre pourtant qu’au départ, l’homme et la femme sont égaux. C’est juste la bêtise des hommes qui fait que les femmes n’ont quasiment jamais pu obtenir l’égalité.

    JLM a réveillé un peu cette Lilith même si j’ai regretté qu’il n’évoque pas franchement son histoire. C’est tout le problème avec JLM. Il donne des titres à ses albums sans forcément évoquer ce qui s’y rattache. A part en interview…

    Répondre

  6. le 12 octobre, 2011 à 20:53 brossard jean claude écrit:

    isabelle le doeuff – ex collegue DOUX – ex nantais – isabelle leostic ? j’aimerai bien avoir de tes nouvelles

    Répondre

Laisser un commentaire

midnightspecial |
2NE1 |
Publications et éditions Mu... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MEGA TOON
| alsevenement
| guitare1