Archive pour décembre, 2010

Jean louis MURAT … « MOCKBA » … 2005 …

« MOCKBA » bénéficie d’une production classique.

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  • CD Labels/Virgin n° 8609402 5 – boîtier cristal – sortie le 14 03 2005.

Tracklisting : 1 La fille du capitaine (4’48) – 2 Foulard rouge (2’37) – 3 Oh my love (3’09) – 4 La bacchante (3’52) – 5 Ce que du désires (2’55) – 6 Et le désert avance (4’51) – 7 Nixon (2’57) – 8 Arrête d’y penser (3’47) – 9 La fille du fossoyeur (3’39) – 10 Colin-Maillard (3’42) – 11 L’amour et les Etats-Unis (2’43) – 12 Jeanne la Rousse (3’29) – 13 L’almanach amoureux (5’55) – 14 Winter (5’09) + 2 titres Bonus …

  • CD promo Labels/virgin n° 8735322 – pochette carton hors commerce – avec les 14 titres du CD + les deux bonus.

  • CD pochette Taïwan (plus pour les collectionneurs que pour le marché Asiatique …) références identiques au CD français.

  • CD promo Labels/Virgin n° 86934321 – pochette cartonnée 1 titre « Ce que tu désires » (2’55) – hors commerce.

A noter deux pressages :

  • Le 1er avec la mention Mokba sur la tranche extérieure

  • Le 2ème avec la faute corrigée « Mockba » … A ce jour je ne l’ai pas trouvé.

Lorsque l’on possède cet album entre les mains, deux questions se posent d’emblée :

  • Pourquoi ce titre ?

Dans les « Inrockuptibles »du 23 février 2005 MURAT répond à cette 1ère question : « J’avais en tête l’image de Moscou en flammes, l’idée que MURAT, NAPOLEON  et POUCHKINE  y étaient en même temps en 1812 … »

  • Qu’est-ce qui motive le choix de cette pochette, celle du chanteur les yeux bandés ? 

Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question pour la simple raison que je n’ai pas davantage trouvé de question s’y rapportant. Dans « Le Républicain Lorrain » du 10 avril 2005 une critique acerbe signée « A.G. » nous fournit peut-être un début de réponse : « Le chanteur de variété n’a rien trouvé de mieux pour promouvoir Moscou, son dernier album (…) que de se travestir en victime. En phase terminale ? Et puis victime de quoi ? On se le demande. La datcha auvergnate manque-t’elle à ce point de confort. A-t’il été la proie de quelque rôdeur sadique ? Ou alors serait-ce tout simplement les conséquences désastreuses de l’insuccès qui lui colle à la peau ? Puisse l’artiste qui doit se produire prochainement sur les terres du roi des Belges, Albert II, faire preuve d’un peu plus de bon goût ».

Force est de reconnaître qu’en cette période ou les prises d’otages font le « Une » de l’actualité le choix de cette pochette ne s’imposait pas.

S’agissant de l’aspect purement artistique, la plupart des critiques s’accordent à reconnaître la qualité de cet album. Le journal « Ouest France » dans son édition du 30 mars 2005 lui consacre une chronique qui reflète me semble-t’il l’avis général : « Moscou, sorti le 14 mars est une histoire d’amitié et de passion. Amitié pour ses deux musiciens, Fred JIMENEZ (basse) et Stéphane REYNAUD (batterie) et aussi pour les nombreuses personnalités qui traversent l’album : Carla BRUNI, CAMILLE ou Dickon HINCHLIFFE (Tindesrsticks) entres autres … Passion, pour la littérature … Et les auteurs Russes du 19ème siècle. Moscou et la Russie sont,  en effet, au coeur de ce nouvel album où l’on retrouve toutes les facettes de MURAT : l’amoureux, le facétieux, l’inquiet, le sensuel … ».

Le 14 mars 2005, le site de « Libération.Fr » nous décrit un MURAT  : « Moins angoissé, prêt à gazouiller » dans un article titré : « Moscou montre un MURAT plus serein face au vieillissement« . Le journaliste poursuit : « Dans la continuité de Lilith, le lent Moscou est servi par d’amples orchestrations de cordes, celles de Dickon HINCHLIFFE  (Tindersticks) et de Marie-Jeanne SERERO. L’album ne serait pas de si bonne facture mélodique, si notre auteur n’avait entre temps repris son souffle avec Bird on a Poire (2004), où il écrivit, comme jadis avec Julien CLERC, sur les musiques d’un autre : d’avoir ainsi marché dans les pas du compositeur, bassiste et alter-égo Fred JINMENEZ semble lui avoir offert du sang neuf. Cela saute aux yeux dès le 2ème titre de Moscou, un foulard rouge qui tient lieu d’accessoire subtil dans ce jeu de flirt : « Nous n’avons pas vu venir la jalousie/Nous n’avons pas vu venir la maladie/Nous n’avons pas vu venir l’astre qui nous fait souffrir ».

Après le priapisme sous viagra de Bird on a Poire, dont on goûtait la mélancolie, MURAT s’annnonce avec Moscou moins tenu par l’angoisse de ne plus bander. Comme si, dans un retour à un certain classicisme, il acceptait, sous les rictus de la vieillesse, les rires des jeunes saisons. Et d’acquérir une forme de légèreté dans le retrait de soi. Il y a chez ce MURAT quelque chose du renoncement victorieux, qu’il nous sert avec une Carla BRUNI  réjouie dans le duo « Ce que tu désires » : « Je t’aurais mangée, sais-tu/Si grande fille/Je t’aurais mangée/J’en pleure seul en marchant ». Mais c’est peut-être légitimement parmi les chansons de BERANGER  qu’on trouve la perle de Moscou, cette fille du fossoyeur : « Claire habite le cimetière/Ce qu’au soleil on voit briller/C’est sa fenêtre et sa volière/Qu’on entend d’ici gazouiller ».

La fille du capitaine qui marque l’ouverture de cet opus, fait directement allusion à un récit de POUCHKINE … elle contemple Moscou en flammes …

Dans le journal « Le Monde » du 16 mars 2005, Jean-Louis MURAT  répond aux questions de Stéphane DAVET  dont celle-ci qui qui se réfère à l’un des titres de l’album :

S.D.  : Faut-il voir comme une déclaration politique votre chanson j’aime l’amour et les Etats-Unis ?

JLM : J’aime cette phrase qui dit :  »quand tu aimes la philosophie, tu aimes la Grèce ». Pour moi, de la même façon, « Quand tu aimes le rock, tu aimes les Etats-Unis ». Difficile de mépriser les péquenots du Sud, alors que Robert JOHNSON et Elvis PRESLEY  viennent de là,  de se dire antiaméricain et d’aimer Bob DYLAN. Pour la santé de ton développement psychologique, mieux vaut ne pas gerber sur ce qui t’a fait ».

Pour « Le Nouvel Obs » le 17 mars 2005, sous la plume de Christian PAUVERT  on peut lire : « Dans cet opus dont les ambiances rappellent l’excellent « Dolorès » paru en 1996, on retrouve le tendre, le spirituel, le sombre, le charnel, celui qui chante les émotions que procurent la nature et les mots des poètes. Comme le suggère le titre du dique « Moscou » orthographié en alphabet cyrillique sur la pochette, Jean-Louis MURAT  a cette fois été inspiré par la littérature Russe. Dans « La fille du capitaine » qui ouvre le disque, il fait allusion à l’un des plus célèbres récits d’Alexandre POUCHKINE  (1799 – 1837). C’est d’ailleurs en lisant la correspondance de l’écrivain que le chanteur a découvert l’oeuvre de Jean-Pierre BERANGER (1780 – 1857) poète et chansonnier qui jouissait à son époques d’une réputation comparable à celle de Victor HUGO. Jean-Louis MURAT  a revisité trois de ces textes : « La bacchante », « La fille du capitaine », « Jeanne la rousse ».

Les mots choisis pour leur force et leur sobriété résonnent gâce au timbre, à la fois envoûtant et plaintif de l’interprète. Dans le très lyrique « Collin Maillard » porté par une pluie de violons, MURAT joue avec les mots à la fois érotiques et pudiques. Mêmes ambiances lorsque Carla BRUNI le rejoint sur trois titres, dont le brillant « Ce que tu désires ». On passe à un style country-folk plaisant lors du duo avec CAMILLE    »L’amour et les Etats-Unis ». Dans ce nouvel opus, le chanteur est au meilleur de sa forme ». 

J’ajoute à cette revue de presse le papier de  Jean THEFAINE qui dans « CHORUS »  (n° 51) écrit : « Spontanément, c’est la qualificatif somptueux qui vient sous la plume, pour désigner ce énième ovni de l’irréductible auvergnat, dont la course folle est de plus en plus fascinante! Car aucun autre artiste n’a cette capacité à produire encore et encore, à brouiller les pistes, à inventer, à se remettre en question, à bousculer toutes les normes du métier. Ce pourrait n’être que de l’agitation, c’est le plus souvent magique. Comme si le fleuve des mots qui ruisselle de MURAT trouvait naturellement son chemin dans un mangrove de mélodies et peintures sonores, balançant entre minimalisme acoustique et griffures électriques, draperies contemportaines et vêtures quasi médiévales ».

Pierre IGOT pour« BETALOGUE » enfonce le clou lorsqu’il écrit le 5 avril 2005 : « MURAT continue de surclasser ses contemporains, mais le succès commercial continue de lui échapper … et il se retrouve laissé de côté par une industrie peu attachée à la qualité artistique ».

Comment expliquer cette frénésie créatrice ??? Philippe BARBOT pour « TELERAMA »  nous parle de :  « l’effarante prolixité de l’auvergnat boulimique »  … Il a cette formule qui a le bon goût de regrouper deux artistes talentueux … « C’est comment qu’on freine » demandait BASHUNG » ????  « Suffit d’accélérer »répond MURAT » !!! Langue

 

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Publié dans:Non classé |on 31 décembre, 2010 |10 Commentaires »

Jean Louis MURAT … « A bird on a poire » … 2004 …

Faisant fi de toutes les considérations commerciales, moins de six mois après « Parfum d’acacia au jardin » MURAT  nous offre son nouvel opus au goût pop : « A bird on a poire ». L’Auvergnat se contentant d’écrire les paroles des douze chansons de cet album, laissant le soin à Fred JIMENEZ d’écrire toutes les musiques.

 

Pour les « Inrockuptibles » le 23 avril 2004 sous la plume de « T.B. » il déclare : « J’étais en retrait, je tirais les ficelles, ce qui m’intéressait était que Fred fasse les choses à sa façon, qu’il aille au bout de ses idées. Un travail main dans la main, un truc amical, deux amis qui décident de faire quelque chose ensemble, on est tous deux collectionneurs de vinyles, très fans de 45 tours des années 60. On passe notre temps à en chercher, à se faire des compils ».

 

Quant à la sensuelle Jennifer CHARLES, chanteuse d’Elysian FIELDS venue prêter sa voix MURAT  raconte : « Elle a adoré chanter en Français, elle et son mari Oren apprennent la langue, ils aiment Paris et la France, qui le leur rend bien d’ailleurs. Un petit snowbisme New-Yorkais ».

 

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Ce nouvel album bénéficie d’une production variée :

… A bird on a poire …

abird.jpg

  • CD boîtier cristal Lables/Virgin n° 47383427- 12 titres – date de sortie : le 31 08 2004.

Tracklisting : 1 Monsieur Mirabeau (3’02) – 2 Monsieur craindrait les demoiselles (3’35) – 3 Le temps qu’il ferait (3’55) – 4 A bird on a poire (3’01) – 5 Mahpotétisés (3’14) – 6 Gagner l’aéroport (3’40) – 7 French kissing (3’20) – 8 Une orgie de sainteté (3’10) – 9 Tu n’auras pas le temps (2’26) – 10 Elle était venue de Californie (3’40) – 11 Petite luge (2’49) – 12 L’anéantissement d’un coeur (3’40)

  • 33 tours Labels/Virginn° 72434738341 – 10 titres – Face A : 1 Monsieur Mirabeau – 2 Monsieur craindrait les demoiselles – 3 Le temps qu’il ferait – 4 A bird on a poire – 5Mashpotétisés. – Face B : 1 Gagner l’aéroport – 2 French kissing – 3 Tu n’auras pas le temps – 4 Elle était venue de Californie – 5 L’anéantissement d’un coeur. Deux titres manquent donc à l’appel : « Une orgie de sainteté » et « Petite luge ». (Ce produit a rapidement été retiré de la vente) !!!
  • CD promo hors commerce – Labels/Virgin (pas de n° de référence) pochette papier – 12 titres.

1er single : Mashpotétisés

  • CD maxi Labels/Virgin n° 81679227 – carton – 4 titres : 1 Mashpotétisés (3’14) – 2 Vu de trois quart (3’13) – 3 Samedi soir à Paris (3’34) – Peu me chaut (3’26) – les 3 derniers titres sont inédits.
  • CD promo – hors commerce -  Labels/Virgin n° 07243816791 2 – mono-titre « Mashpotétisés » (3’14)
  • CD promo – hors commerce – Acétate – mono-titre « Mashpotétisés » (3’14)
  • 1 DVD promo avec le clip vidéo « Mashpotétisés ».
  • 1 clip

2ème single : Le temps qu’il ferait

  • CD promo Labels/Virgin – format papier – sans référence -  mono-titre (3’55)
  • CD promo Labels/Virgin – acétate – mono-titre (3’55)

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Chaque promo est l’occasion pour MURAT de nous faire découvrir un facette nouvelle de son caractère. Le plus souvent c’est le côté bougon qui est mis en exergue. Chacun sait combien le Brenoï  exècre ces périodes de promotion. Dans cette interview d’Anthony  AUGENDRE  en Juillet 2004, MURAT nous dévoile et il le dit lui même : « son côté primitif ». C’est pour cette raison que j’ai choisi les extraits ci-après :

 

A. A.  : Le duo avec Jennifer est vécu comme une sorte de jeu de séduction, parfois même d’érotisme assez crû ?

JLM : Ah non ! Nous sommes très adultes et amis avec Jennifer, alors nous sommes très largement au dessus de ça.

A.A.  : Ce jeu est pourtant bien présent dans « A bird on a poire » ?

JLM : Disons que j’aime beaucoup foutre par l’oreille. Donc j’ai toujours fait une musique qui aille dans ce sens. C’est un peu ce qui s’est passé avec le collaboration de Jennifer mais pas plus que d’habitude.

A.A.  : Benjamin PERRET  a publié en 1919 des poèmes pornographiques interdits à l’époque. La magie de son style d’écriture avait rendu ses écrits poétiques. As-tu recherché cet effet ?

JLM : Je pense que la pornographie réussie est poétique. « Mignonne allons voir si la rose » c’est pornographique. Pour le comprendre il faut être très cultivé. Par exemple, j’ai toujours trouvé archi-nul « Annie aime les sucettes à l’anis » – c’est vraiment dans le style de « je rougis de me faire rougir », une sorte d’auto-érotisme de faire dire des cochonneries aux filles. Je n’ai jamais trouvé ça érotique. Ou alors on reste dans le cercle strict de l’intimité d’un couple et on n’en fait pas des chansons. Si tu bascules dans les chansons, le sexe c’est qu’il y a de plus émouvant. Une partie sexuelle est réussie si la fille et le mec ont une forte dimension poétique. A mon avis, deux esprits matérialistes doivent avoir beaucoup de mal à atteindre des orgasmes efficaces. L’orgasme est fait pour des esprits poétiques. Les matérialistes baisent bêtement comme des lapins ».

A.A.  : Tu es assez rock’n roll dans l’âme mais cela ne se manifeste pas forcément de façon évidente. On a le sentiment que la rébellion et le caractère d’éternel adolescent bouillonnent en toi et ne demandent qu’à s’exprimer.

JLM : Je suis double. J’ai un vernis de culture plaqué sur une mentalité de hooligan. Je suis très primitif et vulgaire.Une sorte d’animal. J’adore être sale. Je ne suis pas du tout civilisé dans ce sens là. Mais j’adore alterner l’extrême vulgarité avec l’extrême sophistication. Je peux montrer ma bite aux passants en récitant des vers de SHAKESPEARE  (rires).

A.A.  : Le jour où tu en auras marre de communiquer avec les autres, arrêteras-tu la musique pour te consacrer pleinement à la peinture, une discipline plus introspective ?

JLM : Mais je n’en aurais jamais marre. J’écris des chansons pour trouver ma voix (V.O.I.X.). Je travaille sur ma voix intérieure pour trouver un timbre apaisant qui soit efficace sur mon système nerveux. J’écris des chansons, je chante, je m’entends chanter en studio. Et d’un seul coup j’écoute la voix intérieure qui me dirige, qui est la voix du sain, du salopard, du flic et de la nonne. Pour mes chansons, avec le casque sur les oreilles, j’essaie de domestiquer cette voie au forceps de chansons en chansons. Je lui donne une forme humaine et civilisée. J’écris des chansons et je chante pour me civiliser.

A.A.  : Celà rejoint beaucoup l’idée d’une thérapie ?

JLM : Mais ce n’est que ça ! Tu penses bien que Jennifer écrit des chansons et chante pour faire sa propre thérapie. Tous les cinq, nous ne sommes pas dupes, nous sommes complètement frappadingue. Jennifer est frappée, Raphaël il a du bobo en lui. Moi je sais bien que je suis largué. Il y a une dimension comme ça.  Et sûrement que toi aussi tu peux dire ça de toi. Comment veux-tu que nous ne soyons pas affectés par ce monde de fous !

A.A.  : Pourquoi dis-tu que tu écris des petites chansons ?

JLM : Parce que c’est plus facile à retenir.

A.A.  : Mais tu déprécies ton travail en disant ça ?

JLM : Je ne dis pas « petite chanson » dans le sens « petit boulot », « petite vie », « petite femme ».

 

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Publié dans:Non classé |on 22 décembre, 2010 |1 Commentaire »

Jean Louis MURAT … « Parfum d’acacia au jardin » … 2004 …

Ce DVD a été enregistré et filmé le 3 décembre 2003 aux studios Guillaume TELL. Il comprend 13 titres inédits. Y est adjoint un CD 7 titres (dont 2 inédits).

Tracklisting : DVD : 1 Parfum d’acacia au jardin – 2 La petite idée derrière la tête – 3 Ce qui n’est pas donné est perdu – 4 Au cabaret – 5 Call baby call – 6 Fille d’or sur le chemin – 7 Ton pire ennemi – 8 Elle avait le béguin pour moi – 9 En souvenir de Jade – 10 Dix mille (Jean) Louis d’or – 11 Plus vu de femmes – 12 On se découvre en regardant – 13  Qu’entends-tu de moi que je n’entends pas ?

CD : 1 On se découvre en regardant – 2 La petite idée derrière la tête (guitare/voix) – 3 En souvenir de Jade – 4 Elle avait le béguin pour moi – 5 Chappaquiddick – 6 La petite idée derrière la tête – 7 Marquis.

A signaler que peu avant la sortie de ce DVD, une bande annonce était disponible sur le DVD « Digital rock vision » volume 6.

Voici la production détaillé de ce « Parfum d’acacia au jardin » :

parfum.jpg

  •  DVD + CD – Editions Scarlett n° 59939698 (DVD) et 59844923 (CD) – édition limitée.
  • DVD (sans le CD) … je recherche …
  • DVD promo – offert par « Télérama » format slim » n° 509992378.
  • CD promo – Editions Scarlett – hors commerce – pochette cartonnée – comprenant les 7 titres du CD-  enregistrés les 1 et 2 décembre 2003 au studio Guillaume Tell (mention figurant sur la pochette).
  • DVD promo – Editions Scarlett – hors commerce.
  • Une version acoustique comprenant 15 titres avec mention « Cadeau de JL MURAT pour les 5 ans de la Dolo » a été offerte à certains membres de la fameuse liste … Combien ??? Je ne sais pas. En plus des 13 titres du DVD « Chappaquiddick » et « Marquis » ont trouvé place sur cette version acoustique. Sur le titre 1er …  « Ton pire ennemi » en ouverture,  on entend « JLM » échanger des paroles avec ses musiciens … sur le dernier …  « En souvenir de Jade » c’est Murat lui même qui dit … « Merci beaucoup »! Détail qui a son importance la pochette comporte la mention « version acoustique le 01 12 2003« .


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Six mois se sont écoulés entre la sortie de « Lilith » et ce DVD … un nouvel opus est déjà annoncé … Pourquoi une telle frénésie ? Dans une interview accordée à J.P. BERNARD  pour« La Liberté.Ch »MURAT déclare : « C’est mon métier et surtout ma passion. Et faire ce que je fais à un rythme soutenu est une nécessité ».

Dans la deuxième partie de cet article MURAT précise les conditions de cet enregistrement : « L’affaire a été rapidement bouclée. Le 1er décembre, j’ai d’abord chanté 17 nouveaux titres aux musiciens. Ils les ont appris dans la foulée et le lendemain on a installé le matos. Le 3 décembre, on a joué deux fois seize chansons entre 15 heures et 22 heures devant les caméras de Don KENT, le vétéran des « Enfants du Rock ». Le lendemain, on a mixé le son et Don KENT a effectué le montage, façon ORTF 1965 et tout était dans la boîte selon mon souhait. J’essaie en effet de travailler à la source, au plus près, je fais avec les défauts ».

 

Les articles concernant ce DVD sont nombreux. Celui qui résume le mieux l’avis des critiques selon moi est celui paru le 13 février 2004 dns les colonnes des « Inrockuptibles » sous la plume de Pascal BERTIN :

« Quelques mois seulement après son dernier album, Jean Louis MURAT s’est offert une journée en studio pour 13 nouveaux titres dont l’enregistrement fait l’objet du DVD « Parfum d’acacia au jardin.

Jean-Louis MURAT  ne fait rien comme tout le monde. Ça on le savait depuis longtemps. Mais il continue. En 2003,  il nous avait offert un double album studio (Lilith), objet devenu rare, d’autant plus quand il est de qualité. (…) Quelques mois plus tard, le voila qui ressurgit avec un nouveau projet inattendu, Parfum d’acacia au jardin ; un DVD qui retrace une journée en studio filmée en noir et blanc par l’oeil de la caméra de Don KENT.

Mais attention, point de recyclage de vieillerie puisque cette journée passée au studio Guillaume TELL  de Suresnes à servi à MURAT à enregistrer 13 nouvelles compositions écrites en 2003. Face aux caméras, ces titres sont mis en boîte lors de la première prise, celle qui suit immédiatement les toutes premières répétitions d’une nouvelle composition. Aux côtés de MURAT, la section rythmique croisée sur Lilith, Fred GIMENEZ et Stéphane REYNAUD à la batterie, auxquels s’ajoutent Christophe PIE aux claviers et à la guitare, et la chanteuse CAMILLE (à qui on doit l’album le sac des filles sorti l’an dernier) aux choeurs. Avec cette formation inédite, MURAT  privilégie la spontanéité et le retour à un son brut qui met immédiatement en évidence la clarté de la mélodie et ne laisse aucune chance aux fautes de goût dans les textes. La prise de risque en valait la peine puisque le quota des bons titres est largement dépassé sur ce Parfum d’Acacia au Jardin au format vidéo qui ne fera pas l’objet d’un album, même si le coffret DVD offre également un CD audio contenant des versions alternatives de cinq des titres ainsi que deux inédits.

En fan de folk-rock américain MURAT  s’offre des envolées vers les grands espaces en s’affranchissant totalement de sa précédente collaboration avec Calexico, dressant les guitares dans son rodéo sonore et s’octroyant quelques passages à l’harmonica, le tout colorisé en Cinémascope par la voix proprement soul, voire parfois ryhm’n blues de CAMILLE.

Avec quelques titres et textes bien sentis (Ce qui n’est pas donné est perdu, ce que tu gardes est foutu … ou encore le coquin on se donne en regardant), MURAT  prouve que sa source créatrice n’est pas encore prête de se tarir. Normal pour qui vit au pied des volcans d’Auvergne, hé hé hé. Puisse la jeune génération prendre graine de ce projet d’un genre nouveau, et ainsi oser briser la monotonie d’une carrière afin de régénérer son processus créatif ».

 

***

 

… Ton pire ennemi …

(extraits)

 

Sous son apparence bleue, des fois

Tu lui donneras le Bon Dieu, ma foi

Mais plus malin que toi puissance trois

L’aut’ cinglé ne te lach’ra pas

(…)

Il te prend d’abord le droit de rêver

Insensiblement celui de penser

Il te réveille même la nuit

Le salaud nuit et jour sourit.

 

***

 

Quel formidable portrait de notre … pire ennemi !!!! emoticone

 

***

 

… Parfum d’acacia au jardin …

(extraits)

 

Aucun rêve ne tient ce qu’il promet

Aux coeurs en allés en lambeaux

S’épuise ma vie en virelai

Petite pichenette au boulot

 

Que me plaît la beauté des choses

Si tout doit finir en chemin

Oh, Dieu pourquoi pas ma pomme

Un parfum d’acacia au jardin

(…)

 

 

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 21 décembre, 2010 |1 Commentaire »

Jean Louis MURAT … « Lilith » … 2003 …

Jean Louis MURAT ...

 

Cet album bénéficie d’une production riche … j’allais dire magnifique.

  • CD Labels/Virgin n° 590613 2 – double boîtier cristal – 23 titres – Date de sortie : le 26 08 2003.

CD 1: 1 Les jours du jaguar (3’45) – 2 A la morte fontaine (3’21) – 3 La maladie d’amour (3’40) – 4 Le mou du chat (7’05) – 5 Tant la vie demande à mourir (5’19) – 6 Le cri du papillon (2’55) – 7 Zibeline Tang (4’35) – 8 Lilith (4’25) – 9 C’est l’âme qu’on nous arrache (4’21) – 10 De la coupe aux lèvres (3’22) – 11 On ne peut rien en dire (7’01) – 12 Le révolver nommé désir (2’55) -

CD 2 : 1 Se mettre aux anges (6’09) – 2 Où est cette fille P (2’55) – 3 Emotion (3’16) – 4 Le contentement de la lady (6’14) – 5 Le voleur de rhubarbe (3’25) – 6 Le désarmement intérieur (4’25) – 7 Elle pleure (4’05) – 8 Le salaud (2’14) – 9 La nature du genre (3’58) – 10 Gel et rosée (4’27) – 11 L’absence de vraie vie (3’14).

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7329 – double pochette carton – hors commerce – comprenant les mêmes titres que ci-dessus.
  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7346 – pochette cartonné 2 titres : 1 Le cri du papillon (version radio) (3’11) – 2 Miura (inédit) (4’52)
  • 33 tours triple vinyle Labels/Virgin n° 7243590613 1 – édition limitée à 5000 exemplaires. (Dans une interview Murat indique qu’il n’a été gravé que 1000 exemplaires de ce triptyque) !!!

1er single : « Le cri du papillon »

 

  • CD maxi Labels/Virgin n° 5532460 – pochette cartonnée – Date de sortie : Le 21 10 2003.

Tracklisting : 1 Le cri du papillon (3’11) – 2 Miura (4’52) – 3 La movida (5’08) – 4 Bye bye Calexico (3’37) – 5 Le cri du papillon (clip vidéo) (3’11)

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7327 – pochette cartonnée – hors commerce – mono-titre (3’11)
  • 1 clip 

2ème single : « L’absence de vraie vie« 

 

  • CD promo Labels/Virgin n° 547685 2 – pochette cartonnée – hors commerce – mono-titre (3’14)

 

3ème single : « L’émotion »

 

  • CD promo Labels/Virgin n° 5481112 8 – pochette cartonnée – hors commerce – mono-titre (3’16)

 

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Mais qui est donc cette fameuse LILITH ??? Pour ce qui me concerne je ne connaissais pas son existence … MURAT nous donne la réponse dans un article de « TELERAMA » daté du 27 août 2003 et signé Philippe BARBOT  : « Lilith c’est la première femme d’Adam, l’anti-Eve. Au départ Dieu fabrique un homme et une femme à partir de la boue. Il fait Adam et Lilith et ça tourne à la catastrophe, un véritable fiasco : Lilith est incontrôlable, elle fait les 400 coups … Alors Dieu recommence, il prend une côte d’Adam et il fabrique Eve. Voila le symbole qui a conditionné toute notre société et illustre les problèmes actuels du statut de la femme : elle ne peut être l’égal de l’homme puisqu’elle a été fabriquée à partir de lui (…) Lilith c’est la femme maudite, la pute, la salope. En opposition à Eve, la sainte qui représente les valeurs familiales chrétiennes ».

Dans les colonnes du   » MATIN » à la question : « Que représente « Lilith » à vos yeux ? »  il déclare :

« Pour les garçons, les prénoms féminins avec deux « l » sont très excitants loulou, lola, lilith donnent une image de femme libre. Lilith est la salope du diable, une insoumise indomptable. Elle était la première femme loupée d’Adam. Puis est arrivé Eve cette cruche. les vierges sont des tocardes, je préfère les femmes libérées comme Lilith ».

Les journaux spécialisés, les médias en général réservent une critique largement positive à ce nouvel album.  Jean-Philippe BERNARD pour « La Liberté.Ch. » écrit : « Quand on veut vendre des tonnes de disques et fumer le cigare avec le ponte de sa maison de disques dans un restaurant chic au soir des « victoires de la musique », on ne grave pas quelque chose d’aussi fort, d’aussi beau et d’aussi peu franchouillard ». Murat lui déclare : « J’essaye de répondre à l’attente de ceux qui me suivent depuis longtemps et qui ont toujours  plus ou moins préféré Johnn LEE HOOKER à Jacques BREL« .

Pour beaucoup ce double album est le prolongement du « Moujik ».  La formule trio est conservée. Selon MURAT : » Ce disque est le fruit d’un travail de groupe ». Le critique poursuit : « MURAT  est désormais accompagné d’une section rythmique violente et subtile formée par le batteur Stéphane REYNAUD  et le bassiste Genevois Fred GIMENEZ. MURAT poursuit : « En travaillant avec Denis CLAVAIZOLLE, on était arivé au bout. Denis adore le studio, les sons chiadés. Avec Fred et Stéphane au contraire, il faut que ça pulse. C’est une bonne chose, ça m’a rappelé mes débuts à la fin des années 70, lorsque je faisais partie du groupe CLARA. J’ai d’ailleurs fait écouter quelques titres aux ex-CLARA qui m’ont dit : « Hé ! Tu retournes à la case départ ! ». Ce n’est pas faux. (…) Il y a eu ce tournant dans ma carrière lorsque je suis allé enregistrer « Mustango » aux Etats-Unis avec des gens comme « Calexico » ou Marc RIBOT. Avant cette date, je doutais de mes capacités à la guitare. J’étais persuadé d’être un sacré naze mais lorsqu’un  RIBOT à qui je demandais certains accords m’a rétorqué : « Je comprends ce que tu veux mais tu n’as pas besoin de moi, tu peux le faire toi-même ». C’était comme un coup de pied dans le cul dont je ressens aujourd’hui encore les effets salutaires ».

Le 23 08 2003 Dominique SIMONET procède à l’interview de l’Auvergnat pour le compte de « La Libre Belgique » :

D.S.  : Le titre de la chanson  « Tant la vie demande à aimer » est suivi par « Tant la vie demande à mourir » …

JLM : C’est le fond du truc je crois. tant la vie demande à aimer, mais on est dans un univers ou toute chose meurt, et l’on sent en soi qu’on n’a pas envie de mourir. Cela me paraît être une sorte de rumeur, un bruit de fond que l’on a tous en soi. Tout l’art de bien vivre est peut-être d’arriver un jour à apprivoiser l’idée de sa propre disparition, pour être enfin en paix avec soi-même. C’est ce que la culture nous enseigne, je veux dire une bonne discothèque, une bonne bibliothèque et un bon travail sur soi. Se cultiver, c’est apprivoiser l’idée de sa propre disparition. L’art à tort de ne pas cultiver les gens. S’ils sont de plus en plus attirés par des choses mortifères, c’est parce que la culture ne les prépare pas à affronter suffisamment l’idée de leur propre disparition. Nous, le nez en l’air, en regardant les feuilles des arbres et en écoutant le chant des oiseaux, on n’a pas envie de disparition, alors on fait des chansons ».

Pour la « Dernière Heure » le 25 août Luc LORFEVRE  pose cette question à Jean Louis :

L.L.  : Comment imaginez-vous qu’on écoute ce copieux double album ?

JLM : Il n’y aura pas de dispute dans les ménages. Le premier CD c’est pour les mecs avec des morceaux country-rock qui ont des couilles. Le second s’adresse davantage aux femmes ».

 

Dans le cadre de la promo MURAT répond à une question bien précise d’un journaliste de « Marie-Claire »

M.C.  : « Sohanne » la jeune fille de Vitry/Seine brûlée vive a été le détonateur de l’album ?

JLM : C’est mon 11 septembre intime. Je répétais pour une tournée à 5 kilomètres de l’endroit où s’est déroulé le drame. J’ai tout arrêté. Je suis entré en studio. je ne comprends toujours pas comment on peut brûler vive une femme. « Sohann » est la Jeanne d’Arc du XXIème siècle ».

Les extraits des 3 articles qui suivent nous permettent de mieux appréhender toutes les richesses que recèlent ce double album :

1°- Raphaelle DEDOURGE pour le journal « Métro » le 25 août 2003 :

R.D.  : Coups de gueule rageurs, autoportraits bien balancés, ode au plaisir d’aimer et d’être aimé : les 23 chansons de « Lilith » reflètent avec tempérament les humeurs de Jean-Louis MURAT…

JLM : La précision dans le flou est une notion à laquelle j’attache beaucoup d’importance : ce qui me plaît, c’est de mettre des mots sur ce qui m’échappe.

R.D.  : Quand d’autres évoqueraient un bonheur sans nom, une tristesse sans fond, un sentiment indéfinissable, MURAT  remonte ses manches et pioche dans tous les registres de la langue pour faire naître, à partir de la sonorité et de la charge sémantique et affective des mots, des émotions délicates et contrastées. Les syllabes sa carambolent, les sons s’entrechoquent, assonances et allitérations s’entremêlent pour que jaillisse l’évocation poétique. La diversité des mélodies et des rythmes ravira aussi bien celles qui raffolent des chansons calquées sur les battements de coeur qui préfèrent quand ça dépote, pied au plancher, dans la lignée d’un rock plus Américain. Sur une pente ascendante, Jean-Louis MURAT  approfondit les thématiques qui lui sont chères : son rapport à la nature (« humanisant bête dedans son ami »), son rapport sacré au corps de la femme (« diamant qui brille à l’entrecuisse de la joie ») et un rapport à la mort (« tant la vie demande à mourir »). Pari tenu d’un triple vinyle indispensable, voué à devenir un classique ».

2° – Propos recueillis par Antoine DE BAECQUE  & Ludovic PERRIN pour « Libération » le 26 août 2003 :

Libé : On écrit en pensant toujours à quelqu’un ?

JLM : Ça m’arrive régulièrement. Je me souviens avoir sympathisé en Hante Vienne avec une vieille dame qui tenait un bar, Chez Mamie. On s’adorait, on s’envoyait des confitures de rhubarbe. pour son anniversaire je lui ai posté un CD avec une chanson « Bon anniversaire mamie mamie ». Elle n’existe qu’à un seul exemplaire. Ça m’est arrivé d’autres fois pour des amis qui étaient dans la peine. C’est une façon de partager, comme des lettres.

(…)

Libé : Y a t’il des refuges quand même ?

JLM : Les vaches, les ânes, les moutons, les framboises, les fresnes, les girolles grises. Mais tout est attaqué : la sélection génétique sur les vaches c’est terrifiant. Chez nous en Auvergne je suis entouré de vaches. On voit les troupeaux d’Aubrac. A 40 degrés elles trouvent la flotte et se couchent à l’ombre. Un chien errant se pointe. Elles se mettent devant ou le tuent. Elles changent d’endroit selon l’inclinaison des rayons du soleil. Cet été j’ai observé les holsteins et les charolaises qui ont toutes bouffé du gêne. Sidérant : c’est toutes des frangines, elles n’ont plus de cornes. Un teckel et elles s’enfuient. Elles ne se mettent plus à l’ombre. L’espérance de vie d’une vache est passé de 20 à 5 ans – on les épuise en leur faisant donner jusqu’à 70 litres de lait par jour. Elles ne voient jamais leur veau, jamais un taureau. C’est comme si on nous tuait à 20 ans  après nous avoir fait produire un maximum. Un paysan Auvergnat ressemble à sa vache : même mutisme, même sens de l’ellipse, même façon de négliger certaines choses. Si on les modifie aussi ça va être terrible. Il faut garder un rapport aux animaux, à la nature. Mon prochain projet de vie sera donc un troupeau. Un troupeau c’est un fusible entre soi et le monde. La cruauté du monde est amortie par les animaux ».

3° – Conclusion d’un article du « Nouvel Observateur » sous la plume de Sophie DELASSEIN  le 4 septembre 2003 :

« Jusqu’ici il était entendu que « Mustango » était le disque culte de MURAT. « Lilith »pourrait bien lui faire de l’ombre. A moins que ce double CD ne soit qu’une manifestation de plus du souffle créatif et du besoin d’expérimentation qui l’habite depuis ses débuts et pourrait l’amener encore plus haut. Un peu à l’image des deux seuls artistes devant lesquels il mettrait volontiers un genou à terre : Neil YOUNG  et Bob DYLAN« .

 

***

La vie, la mort, les hommes, les femmes, la nature … je crois que le tour est fait. Bizarrement il y a une chose dont il ne parle jamais dans ses chansons et pas davantage dans « Lilith » … les enfants …

 

***

Je ne peux terminer sans vous donner les réponses faites par JLM à  2 questions qui lui ont été posées au cours de cette promo … Les questions peuvent paraître insignifiantes, les réponses ne le sont jamais.

 

Joëlle LEHER  : Pourquoi vous vouvoyez les personnes avec lesquelles vous travaillez ?

JL MURAT    : Je pense que c’est de la politesse, et dans le travail c’est plus efficace. Le vouvoiement amène du professionnalisme et de la maturité dans les rapports de travail. Le tutoiement, lui, amène du laisser aller … Même ma femme de ménage je la vouvoie et cela l’agace. Je déteste cette manie du show-business qui impose le tutoiement et fausse les rapports »

 

***

ANP              : Quels chanteurs Français trouvent grâce à vos yeux ?

JL MURAT : Alain BASHUNG. Quand j’ai entendu son dernier disque « L’imprudence », j’ai été stimulé. En commençant « Lilith » j’avais dans l’idée de réussir un album aussi brillant, voire plus. Il est le seul chanteur avec qui je suis en concurrence …

 

En conclusion :

  • une confidence de MURAT  à Florence TREDEZ pour le journal « Elle » le 1er septembre 2003 :

« Ma maison de disque m’a conseillé de me faire blanchir les dents. Plutôt crever ! Les gens se pensent comme des produits. Ça fait partie de l’industrialisation de notre société ».

  • Les réponses  de JLM à  Véronique MORTAIGNE pour « Le Monde » :

Quelle est la prison de cet homme là ?  … « L’angoisse ».
Comment s’en évade-t’il ?  … « En travaillant. Je ne peux rester sans rien faire ».

 

***

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 18 décembre, 2010 |6 Commentaires »

Jean Louis MURAT … « Le Moujik et sa femme » … 2002 …

Jean Louis MURAT ...

Pour « Magic » n° 59 il s’agit du : « disque le plus accessible »de MURAT.  Ce nouvel album mis en vente le 26 03 2002 bénéficie d’un second pressage avec adjonction d’une édition limitée le 20 08 2002 (sans doute pour relancer les ventes) …

  • CD Labels/Virgin n° 8121542 – boîtier cristal – 11 titres.

  • Même CD que ci-dessus + édition limitée – cartonnée – Labels/Virgin visa n° 7023 – 2 titres : 1 La surnage dans le tourbillon d’un steamer (7’21) – 2 Royal Cadet (7’23)

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 6803 – pochette cartonnée – 11 titres.

Tracklisting: 1 L’amour qui passe – 2 L’au-delà – 3 Foule romaine – 4 Hombre – 5 Libellule – 6 Baby carni bird – 7 Ceux de Mycènes – 8 Molly – 9 Le monde intérieur – 10 Vaison la Romaine – 11 Le tremplin.

Le préambule d’un article de  »Télémoustique »nous éclaire sur les conditions qui ont accompagné la production de ce nouvel album :

« Jean Louis MURAT  a beau s’être marié récemment, il n’est pas à la fête : pour n’avoir pas vendu suffisamment d’exemplaires de son avant dernier album « Madame Deshoulières » (2001) il doit se contenter d’une formule minima-liste en tournée et il a du puiser dans son porte-monnaie pour que la pochette de son nouvel opus « Le moujik et sa femme » ne se limite pas à deux couleurs. La rançon d’un insuccès auquel, heureusement, ce CD pourrait bientôt mettre fin ».

Voici pour l’interview proprement dit :

T.M.  : A en croire certains médias, « Le Moujik et sa femme » serait votre meilleur album. Vous partagez cette opinion ?

JLM : Qu’est-ce que c’est, un meilleur album ? Moi, je n’en sais rien … Comme c’est le dernier truc que j’ai fait, j’espère que c’est ce que j’ai fait de mieux.

T.M.  : Au total, il a été enregistré en 12 heures à peine. Petit budget ou volonté de sonner live ?

JLM : Plutôt volonté de sonner live … et de ne pas m’emmerder trop longtemps en studio non plus.

T.M.  : Dans « Le tremplin » vous parlez d’un certain Johnny Hallyday ?

JLM : Non ! Le johnny, c’est moi … Ce johnny c’est un mec raté qui n’a pas eu de bol comme Johnny Hallyday qui aurait du naître à Nashville, mais qui a vu le jour à Montmartre. Il chante « Johnny B. Good » mais ça fait rigoler tout le monde.

T.M.  : Vous écoulez tout de même une centaine de milliers d’exemplaires de chacun de vos albums ?

JLM : Oui, mais c’est pas beaucoup. OBISPO, lui, il en vend 2 millions.

T.M.  : Mais ça vous suffit pour vivre ?

JLM : Pour moi, oui, mais je me contente de peu … Le blé dans ce métier, ça permet de faire des choses ambitieuses. Par exemple, sur ma tournée, c’est moi qui conduis après les concerts. Je n’ai pas d’éclairagiste, je n’ai que deux musiciens. Donc vendre 100.000 albums, ça veut dire aussi que, quand je tourne, je dois me limiter à cette formule. J’aimerais bien en vendre plus pour, du coup, avoir quelqu’un qui conduit à ma place, des lumières et des musiciens.

T.M.  : « Il est dix heures à la porte du bonheur » dites-vous dans « Hombre ». Cette phrase est-elle née d’un constat personnel ?

JLM : Sûrement oui. Plus le temps passe, plus il faut se magner le train pour essayer d’être heureux. Ce n’est pas la peine de galèrer tout le temps … C’est la maturité. Et puis, plus généralement, vous ne savez pas ce que l’avenir nous réserve …

T.M.  : Cette quête du bonheur semble vous obséder, puisque dans « Libellule » vous ajoutez : « mais il faudrait au moins tirer le bonheur par la queue » …

JLM : J’ai écrit ça pour faire rigoler les filles ! C’est fait pour rigoler aussi une chanson. Moi j’en fais assez qui ne sont pas rigolotes …

T.M.  : A propos de queue, ça ne vous gêne pas de parler de bite dans « Baby carni bird » ?

JLM : (éclats de rire) En fait, je dis : « Si tu veux bien vivre dans une poubelle, y te refont une bite en or » en référence à « Loft Story » parce que des types gagnaient un maximum de blé en restant enfermés dans un truc pourri ! C’est ahurissant : on prend des petits cons qui sont dans leur loft à dire des conneries et qui reçoivent en trois mois ce que mon grand-père n’a pas gagné dans toute sa vie. Moi j’habite à la campagne, où il y a beaucoup de personnes âgées, et ces gens ont du mal à croire qu’une telle ineptie soit plus récompensée qu’une vie de labeur passée à travailler à la ferme et à élever des enfants ». 

C’est peu-être ça … un discours réactionnaire ???

Il est indiscutable que JLM aborde à présent plus facilement les faits d’actualité. La chanson « MOLLY » fait référence au drame du 11 septembre … Pour le « Nouvel Observateur » il déclare à Sophie DELASSEIN : « Ce jour je me baignais à Cabourg. C’est ce que je raconte dans la chanson. Je me suis imaginé que dans la mer on avait du ressentir une même vibration ».

Murat nous semble plus proches des réalités … pour l’hebdomadaire « L’Express » le 18 avril 2002 il déclare :

« J’ai quitté les couches de l’égo pour écrire d’une façon plus raisonnée »… comme il a beaucoup lu NIETZSCHE il a cette phrase : « Lire les philosophes apprend à maîtriser ses idées ».

La plupart des critiques sont positives. Dans « Magic » n° 59 sous le plume de Franck VERGEADE il est possible de lire ceci :

« Le Moujik et sa femme voit son auteur épris d’une liberté vocale rarement entendue sur un disque. Tantôt caressant (La berceuse – Foule Romaine – la libellule aux accents Calexicoïstes, le superbe Molly), tantôt rugueux (le percutant L’au-delà, le combatif Ceux de Mycène, le narquois Baby carni bird, soit le loft revisité à la sauce auvergnate), le meilleur artisan de l’Hexagone sait aussi se faire cryptique (Vaison la Romaine, Le tremplin), italianisant (Foule Romaine – Hombre) et profondément triste (Le monde intérieur chef d’oeuvre absolu) » !

Force est de reconnaître cependant que les avis ne sont pas unanimes. C’est fort heureux d’ailleurs. Plus inquiétant par contre l’avis mitigé formulé le 10 avril 2002 par Anne Marie PAQUOTTE  dans « Télérama »  : « Après une into instrumentale prometteuse et deux morceaux rondeaux, le climat est plutôt à la désinvolture, à l’énergie carrée et crâneuse, avec trots de guitares et rythmiques ferroviaires (Ceux de Mycène) cuivres capiteux (Molly) beau duo piano-voix (Le monde intérieur) harmonies familières (Libellule – Foule Romaine) échappée branque (Baby carni bird). La voix éminemment sensuelle et qui le sait, se pavane parfois. La sensualité passe gaillardement de mots doux à une « bite en or » c’est l’printemps, et le disque qui va avec, compagnon tonique des routes fatigantes et des matins fatigués ».

La chroniqueuse de Télérama trop tôt disparue a toujours défendu MURAT. Cette critique par certains côtés acerbe n’en n’a que plus de valeur. Il est à noter qu’après Mustango beaucoup de « muratophobes » vont plier bagage … Le discours de MURAT  change … certains disent qu’il devient … REACTIONNAIRE  … et s’il était tout simplement plus lucide ??? Ce qui est certain c’est que le talent ne change pas.

Pour clore cette période 2002, dans la partie « Concert » de ce Blog je vais vous parler de la tournée « MOUJIK » qui se révélera être un fiasco… alors que le CD était prévu aux dires mêmes de MURAT  pour … « Faire de la scène » !!! Les temps sont durs.  

 

***

Publié dans:Non classé |on 15 décembre, 2010 |2 Commentaires »

Jean Louis MURAT … « L’au-delà » … « Foule Romaine… et … « L’amour qui passe » … 2002 …

Jean Louis MURAT ...

Voilà les trois singles qui vont défendre les couleurs du « Moujik et sa femme » sur les ondes radio » au cours de cette année 2002. L’année qui vient de s’écouler a été difficile pour MURAT. Il a été malade. Dans le cadre de la campagne de promotion du « Moujik », à plusieurs reprises il est questionné sur son état de santé. Joëlle LEHRER journaliste au « Soir Magazine » l’interpelle :

 J.L.  : Donc vous avez bien la forme ?

 JLM : Vous trouvez ? J’ai passé une année effroyable. J’étais au fond du trou. C’est pour ça que j’ai fait des trucs qui ont du pep’s, parce que j’essaie de m’en sortir. Je n’allais pas faire de longues mélopées à se suicider. Quand je vais super-bien je fais des chansons sombres« .

 Jean Louis s’est également marié avec Laure. « Foule Romaine » est un souvenir d’un voyage effectué avec sa nouvelle compagne en Italie …

 Initialement MURAT devait se rendre à MEMPHIS (Etats-Unis) pour enregistrer ce nouvel opus. Des contacts avaient été pris avec Steve CROPPER qui a accompagné les « plus grands »   de DYLAN à Neil YOUNG … ceux que JLM admirent. Le drame du 11 septembre  2001 va tout bouleverser. Pour « Femme Actuelle » l’Auvergnat déclare à Pierre FAGEOLLE : « J’avais un loft tout près du World Trade Center, la nuit je voyais clignoter les tours depuis mon 8ème étage. J’étais à Cabourg le 11 septembre. C’est comme si on avait dézingué un truc à moi, j’en ai fait une histoire personnelle et ça m’a coupé l’envie d’y retourner ».

 

… L’au-delà …

 

Ce single bénéficie d’une production intéressante :

  • CD single Lables/Virgin n° 54663123 – pochette cartonnée – 2 titres : 1 L’au-delà (4’17) – 2 La surnage dans les tourbillons d’un steamer (7’12)
  • CD maxi Labels/Virgin n° 5466302 4 – boîtier cristal -4 titres : 1 L’au-delà (4’17) – 2 La surnage dans les tourbillons d’un steamer (7’12) – 3 Je ne saurai dire ce qui me plaît (2’48) – 4 Royal Cadet (7’23)
  • CD promo Labels/Virgin visa n° 6802 – pochette cartonnée hors commerce – mono-titre (4’19).
  • CD promo Labels/Virgin (pas de référence) – pochette blanche – Acétate – mono-titre (4’19).
  • 1 vidéo      (extraite du TARATATA n° 176) … magnifique interprétation qui nous fait regretter encore plus que JLM ne passe plus à la Télé … Il est vrai que ses déclarations tapageuses ne lui rendent guère service … sur le court terme à tout le moins … Un jour nombreux seront ceux qui lui rendront grâce pour son … OEUVRE  en dehors des circuits commerciaux traditionnels.

Le critique Serge BRESSAN pour « TV Câble Hebdo » parle en ses termes du « Moujik » et de … « L’au-delà » : « Jean Louis Murat, notre Auvergnat préféré a commis l’irréparable – propose un album « Le Moujik et sa femme » qui a tout pour devenir un beau et grand succès populaire … Ecoutons d’urgence ce « Moujik », ses coups de gueule (Babi carni bird) ses caresses (Libellule – Foule Romaine) et …  « L’au-delà » chanson de grâce et d’éternité ».

 

***

 

 … L’au-delà …

(extraits)

J’avais fait le job

Je rentrais chez moi

Le plexus tout chose

Comme à chaque fois

J’allais prendre à droite

Direction Vendeix

Quand la petite chose 

M’a murmuré

 

 

Mon amour est-il dans son quartier de lune

Mon amour veut-il faire un tour dans l’au-delà

Mon amour a-t’il mis ses habits de fête

Mon amour veut-il faire un tour dans l’au-delà ?

 

***

 

Murat a été malade les mois précédents. Il s’est vu mourir … Cette chanson est très certainement marquée par ce qu’il a vécu …

***

…  Foule Romaine …

foule-romaine1 

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 6981 – hors commerce – pochette cartonnée – mono-titre (3’59)
  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7115 – hors commerce – pochette blanche – mono-titre (3’59)

 

… Foule Romaine …

(extraits)

 

Tes baisers ma mie

Tes gestes de reine

Tes orgasmes doux

Comme on aime

Destins d’animaux

Et désirs idem

Basta on s’en fout

On s’entraîne

Dans la foule Romaine

Il y a foule à Rome …

 

***

Ces mots si intimes, si doux, ne sont que pour Laure …

 

***

… L’amour qui passe …

  • CD promo Labels/Virgin visa n° 7115 – hors commerce pochette cartonnée – mono-titre remix (4’06) différent de la version album (4’04)

 lamour-qui-passe-300x296

… L’amour qui passe …

(extraits)

 

Aime-moi

Mets mon souffle court

Ne va pas te dérober

Aime-moi

Si l’amour ne dure

Moi je voudrais …

 

***

 

Ces mots de Murat ne sont qu’amour et nostalgie …

 

***

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 14 décembre, 2010 |Pas de commentaires »

Jean Louis MURAT … « Madame Deshoulières » … 2001 …

 MADAME2

Le 20 janvier 2001, bien avant la sortie de l’album, Véronique MORTAIGNE  nous parle avec délectation du couple Murat/HUPPERT et d’une certaine … gente dame …  J’ai nommé  Antoinette DESHOULIERES.

« Aventurier d’une certaine chanson Française, côtoyant le rock sans renoncer aux audaces de l’écriture, Jean Louis MURAT  avoue un vieux fond de « prof frustré ». Si ses disques ne contenaient jusque la que ses propres compositions, l’Auvergnat a souvent diffusé sur son site internet (www.jlm.com) ses adaptations de textes de MAUPASSANT, Louis CALAFERTE, Louise LABE ou Jean-Guy CADIOU. Après avoir mis en musique (sans les publier) douze textes d’une jeune poétesse Marseillaise, Isabelle LE DOEUF, Jean Louis MURAT  a adapté avec Isabelle HUPPERT des écrits d’une comtesse du XVIIème siècle, Antoinette DESHOULIERES, dont il avait acquis aux puces un recueil de poèmes depuis longtemps épuisé (bientôt réédité par les Cahiers Intempestifs de St Etienne).

 

Une formule : « Tous les hommes sont des trompeurs » précipite le coup de foudre de l’auteur compositeur interprète Auvergnat pour cette poétesse qu’il n’appelle plus qu’ »Antoinette ». Un album intitulé Madame Deshoulières devrait sortir en Mars, avec Isabelle HUPPERT  dans le rôle de la comtesse. Ce fou de rock américain ne voit aucune contradiction entre ses passions : »Il y avait une idée minable dans le rock qui prétendait que du passé, on devait faire table rase. Les ramifications de ce que j’aime dans le rock remontent jusqu’aux troubadours du Moyen Âge. J’ai toujours pensé que mon job tenait plus du culturel que du divertissement. Sans pour autant que mes disques ressemblent au Lagarde et Michard ».

Pour les « Inrocks » (n° 283) du 27 mars 2001 Arnaud VIVIANT  écrit en préambule de son article : « Voici un disque qui ne devrait pas déchirer les hits-parades ». Puis il poursuit une interview croisée entre le chanteur et « son égérie » :

A.V.  : Pourquoi Isabelle HUPPERT ?

JLM : En fait, je ne me suis pas posé la question. On se connaissait un peu, on avait déjà bossé ensemble. Tu n’écoutes pas ce que je dis Isabelle, mais tu représentes une sorte d’éternel féminin, de femme française, par ton caractère et ta personnalité, mais aussi par ta filmographie » …

A.V.  : Chanter les poètes est, de BRASSENS à FERRE en passant par GAINSBOURG  et FERRAT, une tradition de la chanson française. Tu n’étais pas encore inscrit dans cette tradition, si l’on excepte la chanson « réversibilité » adaptée de BEAUDELAIRE, sur ton dernier album, pourquoi ?

JLM : Là, tu tapes dans le mille ! Moi, j’ai mené deux projets en parallèle, mais évidemment ça n’intéresse pas Virgin. Souvent, après les concerts, on vient me donner des trucs, des recueils. Et une fois, à Marseille, une nana d’une trentaine d’années m’apporte un recueil de poésies. Elle s’appelle Isabelle LEDOEUF. Elle est inconnue, publiée à 100 exemplaires, et j’ai mis douze de ses textes en musique. La semaine dernière je lui ai d’ailleurs envoyé un CD qui est terminé. Je voulais d’un côté faire un disque avec une inconnue de 30 ans, divorcée avec des enfants, qui vit à Marseille, qui bosse, qui galère, et de l’autre côté faire un disque avec Antoinette. La rencontre des deux m’intéressait. Seulement voilà, Virgin trouve ça dingue et l’autre disque reste dans un tiroir. Le plus drôle c’est que le recueil d’Isabelle LEDOEUF s’intitule « Fou d’amour » et que son sous-titre est : « Échec au roi ». Ça ne pouvait pas mieux coller avec Antoinette.

A.V.  : A quoi ressemble la poésie de cette jeune Marseillaise ?

JLM : C’est la poésie de quelqu’un de très simple, qui aime la poésie comme les gens simples aiment la poésie. Ce n’est pas de la recherche mais de la poésie éternelle, intemporelle ; une espèce de ronronnement intérieur qui s’articule rythmiquement sur quelque chose de poétique. En même temps c’est le coeur et l’âme d’une femme de maintenant qui écrit de la poésie simple, la poésie de quelqu’un qui aime VICTOR-HUGO ou ELUARD. C’est un peu sexuel aussi. Il y a un texte qui s’appelle « La goutte blanche », par exemple. J’ai travaillé sur ces deux disques tout en faisant la tournée. J’ai fait 90 concerts sans avoir le temps de m’ »investir sur des chansons à moi. Du coup, je me suis déchargé du poids des textes en travaillant sur ces deux choses, ce qui m’a permis de me recentrer. Avec ces textes,je retombais sur mes pattes, sur mon boulot. Parce qu’on peut dire ce qu’on veut, la chanson française, c’est de la poésie mise en musique ».

 

***

 

Mais qui est donc cette fameuse Antoinette DESHOULIERES  ??? Elle est née DU LIGIER DE LA GARDE  le 1er Janvier 1638. Le site Wikpédia nous donne un résume le personnage : « Belle et instruite, Antoinette DES HOULIERES  sait le latin, l’espagnol et l’italien quand elle épouse en 1651 Guillaume DE FAFON DE BOISGUERIN  seigneur des HOULIERES, officier distingué qui avait la fortune du grand CONDE et qui mourut en 1693, la laissant sans fortune. A partir de 1657 elle fréquente les salons littéraires du Marais et vit une vie de femme libre. Elle rencontre Madame De Scudery et Madame De Sévigné. Ses premiers poèmes datent de 1672. Elle était liée à Pierre et Thomas CORNEILLE. Ses contemporains la surnommère : »la 10ème muse ». Elle est la première femme académicienne. Elle meut d’un cancer en 1694″.

Pour être complet et tenter de mieux vous éclairer sur ces … « Précieuses » … que MOLIERE  surnomma … « Ridicules » … je joins ce lien :

http://www.lamesure.org/article-15465012.html

 

***

 

Ce disque bénéficie d’une production … disons « raffinée » … un peu à l’image du personnage qui l’a inspiré.

  • CD Labels/Virgin n° 8100232 – boîtier cristal – 17 titres
  • CD promo – hors commerce – offert aux lecteurs du magazine « Lire » (1000 exemplaires) comportant 6 titres – pochette cartonnée – Labels/Virgin visa n° 6486.
  • CD promo 17 titres – pochette cartonnée (visuel différent) du CD commerce – pochette cartonnée – visa n° 6370.

 

***

 

… Madame DESHOULIERES …

(Extraits)

 

« Tous les hommes sont des menteurs  » …

 

… Soyez inexorable …

« Soyez inexorable

L’amour est inévitable

Un amant  bien aimé se rend insupportable

Il néglige l’objet dont son coeur est charmé

Un amant sur d’être aimé

Cesse toujours d’être aimable »

 

Au bout du compte … nous sommes en 2010  et  … rien n’a changé !

 

***

Voici ce que j’ai découvert en ce jour sur le défunt site de JLM …

 

Lettre de Jean-Louis MURAT nous présentant sa découverte « Madame Antoinette DESHOULIERES »

 Antoinette aimée,

Automne 1992. Clermont-Ferrand. Place du 1er Mai, aux Puces,
je trouvais une édition de vos oeuvres publiées en 1745 à Bruxelles.
Sûr de mon choix, pudique, je feuilletais à peine. Vous souvenez-vous?
Qu’avez-vous chuchoté à mon oreille Antoinette?
Le vent était glacial.
- « Trois cent cinquante francs les deux volumes ».
- « D’accord, j’achète ».

Je courais nous enfermer dans ma voiture japonaise.
Je vous trouvais à mon goût. Belle, pimbêche, dévergondée.
Quelques semaines plus tard, amusé par celle qui parle,
je tombais amoureux de celle qui se tait (classique).
Sexuellement troublé.

Puis un soir, je vous aperçus « triste dans votre costume de rose ».
Un secret.
Quel secret, Antoinette?

Ah! Vous écrivez comme chacun, pour vivre quelques instants de plus!
Ah! Vous demandez à vivre plus que ça!

Alors, Antoinette je vous tiens.

J’ai mis en musique quelques-uns de vos poèmes,
j’ai demandé à Isabelle Huppert – sur votre suggestion -
de vous incarner.

Ephémère résurrection (chose faite).
Rendez-vous dans l’oubli.

Je vous embrasse,
JLM

 ***

 

Suit un résumé de la vie de la vie et de l’oeuvre de la belle …

 

L’enfance de la jeune Antoinette:

 Antoinette, fille de Melchior du Ligier, seigneur de la Garde, chevalier des ordres du roi, et de Claude Gaultier, vit le jour le 1er janvier 1638. Elle eut deux frères : Mr de Fontaine et l’abbé de la Garde.

 

Mademoiselle Du Ligier de la Garde, douée d’une vive intelligence, reçut une brillante instruction : elle apprit le latin, l’italien, l’espagnol et se familiarisa avec les grands auteurs dans ces trois langues. Au point de vue physique, elle était également favorisée : « la nature avait pris plaisir à rassembler chez elle les agréments du corps et de l’esprit à un point qu’il est rare de rencontrer : beauté peu commune, taille au-dessus de la moyenne, maintien naturel, manières nobles et prévenantes ; quelquefois elle montrait un enjouement plein de vivacité, quelquefois du penchant à cette mélancolie douce qui n’est pas ennemie des plaisirs ; elle dansait avec justesse, montait bien à cheval et ne faisait rien qu’avec grâce. » (extrait deL’éloge historique écrit par B.de Chambors).

 

A treize ans et demi, elle est mariée à un gentilhomme poitevin, Guillaume de la Fon de Bois Guérin, seigneur Des Houlières, de la suite du prince de Condé, lieutenant-colonel de son régiment. Avant de repartir se battre en Picardie et en Lorraine contre l’armée espagnole, Deshoulières la présenta à ses amis de l’Hôtel de Condé, où il résidait ; mais il laissa sa très jeune femme demeurer chez ses parents quelques années.

 

Antoinette profita de l’absence de son mari et de son oisiveté pour s’instruire. Elle eut quelques amitiés sérieuses avec des gens de Lettres ; le charme qui se dégageait de sa personne avait séduit plusieurs des hôtes de l’Hôtel de Condé, qui prirent bientôt le chemin de son logis de la rue Saint-Honoré. Au premier rang d’entre eux se trouvait le poète Jean Dehénault (ou Hénault), dont elle admirait les vers et qui lui enseigna son art. Elle reçut aussi les visites des libres penseurs Des Barreaux et Saint-Pavin. Après les langues étrangères et la poésie, elle s’interessa à la philosophie et étudia particulièrement les ouvrages de Gassendi.

 

Prisonnière sous la Fronde

 Deshoulières fut nommé en 1653 major de la place de Rocroi, prise par le prince de Condé, frondeur alors en exil, au nom du roi d’Espagne. Il pressa sa femme de venir le rejoindre ; elle y séjourna près de deux années et résida ensuite à Bruxelles. Sa connaissance des langues italienne et espagnole, sa beauté et son esprit, l’estime qu’on témoignait à son mari, la firent compter au nombre des personnes de marque auxquelles don Luis de Benavidès et sa femme, la marquise de Caracène, faisaient les honneurs de leur somptueux hôtel, lieu de réunion de la meilleure compagnie. Le succès de madame Deshoulières y fut si grand que Condé prit rang parmi ses soupirants.

 A Rocroi, elle mit au monde en mai 1656 une première fille, Antoinette-Thérèse, dite plus tard mademoiselle Deshoulières, le seul de ses enfants appelé à lui survivre. Sous l’influence de son père, Melchior du Ligier, soucieux de voir son gendre bénéficier de l’amnistie promise à tous les officiers ayant pris part à la Fronde qui rentreraient dans leur devoir, Antoinette tenta de rallier son mari au parti de la Cour et de lui faire remettre la place de Rocroi dans les mains de la couronne française. En dépit de ses efforts pour tromper la vigilance de Condé, celui-ci fut informé du complot, et notamment de ses rendez-vous secrets avec De Bar, gouverneur d’Amiens, très apprécié de la Reine Mère et de Mazarin. Condé fit arrêter et juger pour trahison le major Deshoulières. Leurs papiers saisis, leurs meubles forcés, ses lettres lues lors d’un long procès, Antoinette fut déclarée complice et emprisonnée dans la forteresse de Vilvorde en Belgique, comme son mari, avec l’interdiction de le voir. Quelques mois plus tard avec l’aide du lieutenant-colonel C.P. Comte en charge de cette Bastille, il s’évadèrent et réussirent à gagner la France, poursuivis par les hommes de Condé.

 La grâce de Louis XIV

 Arrivés en France, Le Tellier, secrétaire d’Etat à la Guerre, les présenta au jeune roi, à Anne d’Autriche et à Mazarin. Deshoulières rentré en grâce, Louis XIV le nomma gouverneur de Cette (Sète). Madame Deshoulières ne suivit pas son mari, elle usa de la liberté qu’il lui laissait pour tenir bureau d’esprit. Sa maison devint le rendez-vous de lettrés comme Pellisson, Conrart, Lignières, etc., de seigneurs taquinant la Muse, comme le comte de Saint-Aignan, Des Barreaux et Saint-Pavin, … En peu de temps, madame Deshoulières joua un rôle actif dans la société du temps.

Cependant leurs biens avaient été saisis pendant la Fronde et ils restèrent définitivement ruinés. A la mort de son père en 1658, Antoinette dû demander la séparation des biens et son mari lui abandonna tout ce qui lui appartenait en propre. Madame D. garda toujours une certaine amertume face à cette injustice, les hommes au service des princes frondeurs furent ruinés alors que les Princes, grâciés, ne connurent pas ces mêmes difficultés.Elle eut une seconde fille en 1659, Antoinette-Claude. Dès qu’il le pouvait, Deshoulières rejoignait sa femme à Paris mais il était plus souvent absent et participa à des combats meurtriers avec la flotte commandée du duc de Beaufort avant d’être mis au service de Vauban, chargé de doter la France d’une ceinture de places fortes. Leur fils, Jean Alexandre, troisième et dernier enfant naquit le 25 novembre 1666. Après les sièges de Charleroi, Tournai, Lille, Deshoulières fut nommé en décembre 1668 lieutenant de la ville et de la citadelle de Dourlens, où Antoinette lui conduisit ses enfants. Puis, pendant plus de dix ans, il s’occupa des fortifications de Guyenne à Bayonne, ainsi coupé par la distance de sa famille.

 La Précieuse, Dioclée :

Antoinette, dans son salon, subit les assauts de nombreux prétendants : Lignières, le prince de Condé, dit « le Grand Condé » – toujours sous le charme, qui chargea le chevalier deGrammont de lui déclarer sa flamme -, Brienne (ex-secrétaire d’Etat, tombé en disgrâce en 1662), etc. Elle s’adonna à la mode des portraits et aux distractions mondaines. En 1661, lorsque Somaize publie son « Dictionnaire des Précieuses », Madame Deshoulières y figure en bonne place, sous le nom de Dioclée. Remarquée par ses petites pièces de poésie, entourée d’hommages, elle est également citée par Jean de la Forge dans le « Cercle des Femmes savantes » (1663) sous le nom de Hésione. Ne cherchant pas d’autre reconnaissance que celle de ses amis, elle ne tenait pas être publiée, seulement deux de ses pièces furent imprimées dans le Mercure Galant de 1672.
Cette même année, Antoinette Deshoulières entreprit un long voyage pour rendre visite à des amis dans le Forez et à Lyon. Puis, elle s’arrêta dans la maison de la Charce près de Nyons, où elle séjourna presque trois ans. Elle en profita pour faire quelques excursions dans le sud de la France, notamment en 1673 à la Fontaine de Vaucluse pour rendre hommage à Pétrarque.

 Poète et femme savante :

 La renommée de Madame Deshoulières grandit en son absence. De retour à Paris, elle reforma salon, rue de l’Homme Armé dans le Marais ; on y rencontre alors les grands seigneurs cultivant et protégeant les lettres : le duc de La Rochefoucault, le duc de Montausier, le duc de Saint-Aignan, les maréchaux de Vivone et de Vauban, le duc de Nevers, le comte de Bussy-Rabutin, le Pelletier de Souzi, … des prélats, Fléchier, Mascaron , et l’élite des écrivains : les deux Corneille, La Fontaine, Charpentier, Benserade, Ch. et Cl. Perrault, Pellisson, Conrart, Quinault, Ménage, etc. 

 Proche de Corneille, qu’elle admirait, et amie de la duchesse Anne Mancini, nièce de Mazarin, et de son frère le duc de Nevers, Antoinette s’associa activement au projet de faire tomber la « Phèdre » de Racine en lui opposant celle de Pradon. Le soutien à Corneille, son sonnet contre la Phèdre de Racine, lui valut l’inimitié de celui-ci et de son grand ami Boileau. Elle prit aussi partie (comme Perrault et Fontenelle) pour les Modernes dans la fameuse querelle des Anciens et des Modernes, se rejouit de la victoire du français sur le latin pour les inscriptions de la galerie des Glaces de Versailles.
Le nouveau Mercure Galant de 1677 publia de madame Deshoulières les idylles des « Moutons » et des « Fleurs », imprégnées des idées de Des Barreaux contre la Raison et sur la Mort. En 1678, elle sollicita et obtint, sans l’utiliser, un privilège pour la publication de ses oeuvres. Elle travaillait alors à sa première tragédie de « Genséric », qui fut représentée au théâtre de l’Hôtel de Bourgogne le 20 janvier 1680. Mauvaise tragédienne, elle renonça à son projet de seconde tragédie sur Jules-Antoine, dont il ne subsiste que des fragments.


Malheur et reconnaissance :

Les académies récemment créées n’acceptaient pas encore la nomination des femmes à l’exception de quelques académies de province et d’Italie. Ainsi Madame Deshoulières fut nommée en 1684 membre de l’Académie des Ricovrati de Padoue, et de l’Académie d’Arles en 1689. Son admission fut évoquée à l’Académie d’Aubignac par son fondateur mais trop tard car elle fut dissoute après la mort de l’abbé (qui écrivait à une amie, « on n’oubliait pas Madame Deshoulières : vous en avez ouï parler, Madame, car son mérite la fait connaître partout »). Sa fille reçut le prix du concours de poésie de l’Académie Française en 1687.
A partir de 1682, Madame D. eut aussi le bonheur de revoir son mari, envoyé dans les villes de Flandres ; bonheur de courte durée car il meurt le 3 janvier 1693, ne laissant que de très faibles ressources aux enfants, qui y renoncent au profit de leur mère, gravement malade. Quelques jours plus tard, Louis XIV accorda à Antoinette D. une pension de 1000, puis 2000 livres.

 En novembre 1693, mademoiselle Sophie Chéron, peintre et poète, fit son portrait (qui a disparu depuis mais dont elle parle dans ses Réflexions Morales). Il ne portait nulle trace d’une déchéance physique; elle souffrait pourtant cruellement d’ un cancer du sein. Elle en mourut à cinquante-six ans, le 17 février 1694. Son corps fut inhumé dans l’église Saint-Roch à Paris.

 La disparition de Madame Deshoulières ne passa pas inaperçue, la manifestation la plus éclatante est celle de mademoiselle Lhéritier, qui composa une plaquette, dédiée à mademoiselle de Scudéry, sous le titre : « Madame Deshoulières reçue dixième muse au Parnasse ». Consécration suprême, elle figure dans le panthéon de Titon de Thillet, qui regroupa dans son « Parnasse Français » (1708-1718) les plus grandes gloires autour de Louis XIV, dans lesquelles on reconnait Corneille, Molière, Racine, Lully, La Fontaine et Boileau ; et pour les femmes, Mme de la Suze, Mme des Houlières et Melle de Scudéry. Faisant suite au premier tome de ses oeuvres publié en 1688, sa fille donna le second dans l’année qui suivit sa mort, en 1695, en y insérant quelques uns de ses vers. Les rééditions furent très nombreuses au XVIIIe et se multiplièrent début XIXe, puis elle sombra dans l’oubli.

 

 ***

  

La libertine érudite ...

 

« Non , mais un esprit d’équité A combattre le faux incessamment m’attache, et fait qu’à tout hasard j’écris ce que m’arrache La forcede la vérité « 
Mme D.

 La femme savante :

 Si Madame Deshoulières figure en bonne place dans le Dictionnaire des Précieuses, elle fut également considérée par ses contemporains comme femme savante (elle est admise à l’Académie de Ricovrati de Padoue en 1684 et d’Arles en 1687). Elle connaissait « la langue des Sciences » et avait « lu tous les bons livres qui sont écrits en celle-là, aussi bien que les Espagnols, les Italiens, et les Français » (portrait de Gramont) ;
mais c’est pour l’originalité de sa pensée qu’elle fut étudiée et reconnue au XVIIIe siècle comme « un esprit fort ». Se distinguant du courant de pensée dominant, ne cachant pas son penchant pour la philosophie de Gassendi et ses amitiés pour les libertins (Dehénault, Saint-Pavin ou Des Barreaux) ; elle dénonce la souverainté de la raison et revient sans cesse sur le néant qui attend l’homme après sa mort. Elle ira même à la fin de sa vie, dans ses 
Réflexions Morales, juqu’à critiquer l’héroïsme féodal et monarchique, annonçant en cela les libertins de la Régence, Chaulieu, Fontenelle et Voltaire.

 « Elle semble plus moraliste qu’il ne convient à une bergère; il y a des pensées sous ses rubans et ses fleurs. Elle est digne contemporain de La Rochefoucault; on s’aperçoit qu’elle savait le fond des choses de la vie, qu’elle avait un esprit très ami du vrai, du positif même ; (…) «  Sainte-Beuve.

 Les libertins du XVIIe siècle :

 « Le XVIIe siècle a confondu sous le même nom de libertins des hommes d’actions et de pensée les plus différents. Quoi de commun apparemment entre la jeunesse dorée qui scandalisa Paris au début du siècle par ses débauches et ses blasphèmes, et les graves érudits qui se réunissaient pour discuter entre eux de l’origine des religions et de leur influence sur les régimes politiques? C’est que les uns et les autres étaient en rebellion contre les progrès d’une orthodoxie de plus en plus étouffante et d’un conformisme moral et religieux, qui tolérait de moins en moins l’indépendance de la pensée et des moeurs. Le libertinage érudit fut la caution du libertinage moral, et ce dernier contribua à répandre des conceptions nouvelles. Il ne faut pas envisager le libertinage du XVIIe siècle comme un mouvement marginal de vie ou de doctrine, mais comme la source de la morale et des idées du siècle suivant. (…) Aux environs de 1620, le libertinage devient un entraînement qui gagne une bonne partie de la noblesse parisienne. Révolte contre la religion et licence des moeurs sont inséparables : on se réunit dans des cabarets pour chanter des couplets blasphématoires, parfois très critiques comme celui ci-contre. 

L’époque n’est pas à la publication de telles idées, et les libertins se retrouvaient entre eux, formant des sortes de sociétés secrètes. (…) Le chef du courant libertin était le poète Théophile de Viau, un des responsables de la publication du « Parnasse Satyrique » – dont Madame Deshoulières fit la lecture-. Il fut arrêté en 1623, accusé d’enseigner « qu’il ne faut recognoistre autre Dieu que la nature, à laquelle il se fault abandonner entièrement et oubliant le Christianisme, la suivre tout comme une beste ». Suivre la nature était bien, en effet, l’essentiel de la morale de ces premiers libertins. Finalement Théophile de Viau fut relâché en 1625. Son procès, le rétablissement du pouvoir royal, le renouveau catholique, devaient contraindre le libertinage à plus de discrétion. Il subsista pourtant dans l’entourage de Gaston d’Orléans et réapparut avec son caractère de provocation à l’époque de la Fronde. (…) A partir du règne de Louis XIV, l’impiété et le scandale des moeurs ne se manifestent plus avec le même éclat que précédemment. Pourtant, sans aucun doute, le libertinage s’est poursuivi, les libertins sacrifiant simplement aux exigences extérieures d’un pays où le catholicisme était religion d’État. » ; explique Jean Dérens dans l’Histoire de la vie française, vol. IV. 

  La disciple de Gassendi :

 Après avoir été initiée à la poésie par son maître Dehénault, la jeune Deshoulières s’intéresse à la philosophie et plutôt que d’étudier Descartes, dont les travaux font grand bruit et commencent à être publiés, elle s’intéresse à ceux de Gassendi.

Pierre Gassendi (1592-1655), maître de « l’académie putéane », réunion de savants libres penseurs, qui se retrouvaient chez les frères Dupuy au début du siècle, il enseignait dans la méfiance des raisonnements ambitieux et des constructions systématiques – se montrant en cela « rationaliste » comme Descartes-, en n’admettant pour seule méthode que l’expérience organisée. Il refusait la distinction cartésienne de l’âme et du corps, la thèse des idées innées, la conception d’une raison séparée des sensations. En cela Gassendi se situe dans le courant empiriste et scientifique, qui, par l’intermédiaire de Fontenelle, aura tant d’influence au XVIIIe siècle. Il est l’auteur de Dissertation en forme de paradoxe contre les aristotéliciens, 1624 et des Recherches métaphysiques, ou Doutes et instances contre la métaphysique, 1644.

Cyrano de Bergerac fut un des disciples les plus audacieux de Gassendi. Il reprit et developpa la théorie de l’atomisme (doctrine philosophique de certains penseurs grecs, dont Lucrèce et Epicure, qui considèrent l’univers comme formé d’atomes associés en combinaison fortuite) et en tira pour conséquence -contrairement à Gassendi, atomiste resté croyant- le matérialisme le plus déterminé. Pour lui, l’homme est un animal comme les autres, l’immortalité est une chimère, toutes les religions sont des impostures qui servent à courber les peuples sous l’autorité des législateurs.

 Un esprit fort en marge de la pensée religieuse :

 « ote-moi cet esprit dont ma foi se défie! » Mme D.

 Point commun avec le premier courant libertin de Théophile de Viau, les libertins du mouvement de Gassendi s’employèrent également à critiquer les dogmes et la religion. La critique des preuves positives et historiques du christianisme se développa au cours du siècle avec Hobbes, Locke et Bayle, Bayle qui disait de Mme Deshoulières

« ce n’est pas qu’on puisse cacher beaucoup de libertinage sous les privilèges de la versification ».

Certains de ses contemporains lui reprochèrent son irreligiosité : l’abbé de Saint- Pierre disait d’elle : « elle ne croyait pas à l’immortalité et avait la réputation flétrie parmi les personnes les plus sages et les plus sensées ».

Madame Deshoulières ne pouvait pas se permettre, dans sa situation de dépendance avec la cour (elle était pensionnée du roi), de critiquer ouvertement le christianisme mais ne cacha pas sa conception de la mort, comme retour au néant, et de la vie comme sortant du néant par hasard. Position on ne peut plus orginale à cette époque du renouveau du catholicisme.

« Courez, Ruisseau, courez fuyez-nous, reportez Vos ondes dans le sein des mers dont vous sortez ; Tandis que, pour remplir la dure destinée ….Où nous sommes assujettis, Nous irons reporter la vie infortunée, Dans le sein du néant d’où nous sommes sortis! » 

Son idylle « Des Fleurs », sur la mort, expose que la mort est la destruction définitive et totale ; l’homme n’est pas supérieur au reste de la nature mais il est plus maheureux car il a la conscience de sa fin certaine ; les fleurs, elles, ne savent pas qu’elles meurent. Et c’est parce que l’homme a reçu le don fatal de la Raison que ses plaisirs en sont gâtés, que l’Amour n’est plus que jalousie et inquiétude. Antoine Adam dans sa précieuse étude sur « Les libertins au XVIIe siècle », souligne ce point commun aux libertins de la deuxième moitié du siècle, Théophile de Viau, Chaulieu ou Des Barreaux mais distingue une particularité dans la pensée de Madame Deshoulières, qui prend « l’aspect d’un véritable quiétisme ». « Ses poésies nous invitaient à éteindre en nous le désir et la pensée, à demeurer dans un état de passivité heureuse. Elles recommandaient l’ignorance de l’esprit et le silence des passions. Elles évoquaient un monde antérieur au péché, où règnait une innocence sans lutte et sans effort. La chimère de l’âge d’or était, chez Mme Deshoulières, le dernier mot de la pensée libertine. » 

.… »Homme, vante moins ta raison ; Vois l’inutilité de ce présent céleste Pour qui tu dois, dit-on, mépriser tout le reste. Aussi faible que toi, dans ta jeune saison, Elle est chancelante, imbécile. Dans l’âge où tout appelle à des plaisirs divers, Vils esclave des sens, elle t’est inutile, Quand le sort t’a laissé compter cinquante hivers, Elle n’est qu’en chagrins fertile, Et quand tu vieillis, tu la perds. » 

F. Lachèvre, dans l’incontournable chapitre consacré à Mme Deshoulières de son ouvrage sur « Les Derniers libertins », suppose qu’elle refusa de faire baptiser son fils, décision alors très subversive. D’autres biographes avancent la thèse que M.Deshoulières était protestant et qu’il était d’usage que le fils suive la religion de son père et les filles celle de leur mère. Elle prit partie de le faire baptiser beaucoup plus tard probablement par crainte, l’année de l’arrêt de Louis XIV sur la reconversion « obligatoire » des protestants. Accablée par la maladie, la mort de son mari et de son maître Dehénault, ou souhaitant protéger ses enfants ; elle se montra sincèrement croyante vers la fin de sa vie et écrivit une ode chrétienne en 1686.

« Humble dans mes tristes accents, Je ne viens point à toi sur de fausses maximes, Excuser mes erreurs, ni rejeter mes crimes Sur la faiblesse humaine et le pouvoir des sens. Mon coeur est pénétré d’un remords véritable, Je m’avoue à tes yeux infiniment coupable.(…) » « Il faut pour en avoir, ramper comme un ….. lézard : Pour les plus grands défauts c’est un excellent ….. fard ; Il peut, en un moment, illustrer la ….. canaille. ….Il donne de l’esprit au plus lourd….. animal; Il peut forcer un mur, gagner une ….. bataille : Mais il ne fit jamais tant bien que de ….. mal. » 

Ce Sonnet en bouts rimés sur l’or (1667) est une des illustrations de sa critique des travers du temps, qui deviendra encore plus acerbe à la fin de sa vie. Elle ne cesse de dénoncer la vanité, la recherche de la gloire, qui caractérise alors la noblesse et la moyenne bourgeoisie naissante, imitant le « Roi Soleil « …

.
A quel dessein, dans quelles vues, tant d’obélisques, de portraits, D’Arcs, de Médailles, de Statues, De villes, de Tombeaux, de Temples, de Palais, par leur ordre ont-ils été faits? D’où vient que pour avoir un grand nom dans l’Histoire Ils ont à pleines mains répandu les bienfaits? Si ce n’est dans l’espoir de leur rendre leur mémoire Illustre et durable à jamais. «  

Elle écrit ceci dans ses Réflexions Morales en 1693 ; « comment ne pas penser à Louis XIV dont la folie des grandeurs, la construction de Versailles, coûte fort cher à la France »…
Véritable critique de la société ou plutôt d’une tradition épicurienne pessimiste, Madame Deshoulières fut sans nul doute l’un des esprits fort de son temps.
Elle est saluée par
Voltaire dans son « Temple du Goût », fut plusieurs fois rééditée au XVIIIe siècle et remarquée début XIXe par Sainte-Beuve dans ses Portraits de Femmes
….

 

***

 

Je suis assez fier de vous avoir découvert Madame DESHOULIERES cachée dans les limbes d’Internet … 

 

 

 

 

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Publié dans:Non classé |on 13 décembre, 2010 |2 Commentaires »

Jean Louis MURAT … « LES RANCHEROS » … 2001 …

Jean Louis MURAT ...

« C’est nous les Rancheros ! » Voici le cri de ralliement de Crocojean, Mornac, Le Roi Saumon, Mayerling et le Comte de Montlo, les cinq membres stupéfiants de ces Robin des Bois auvergnats ». C’est ainsi que « FV »nous présente le dernier opus de JLM et de ses amis.  Qui est qui ??? Je ne sais pas si quelqu’un sait. Derrière ces pseudos se cachent Jean-Louis Murat, Alain BONNEFONT (http://www.myspace.com/alainbonnefont), Stéphane MIKAËLIAN (le batteur de BONO BOP groupe Clermontois d’électro jazz (http://www.myspace.com/bonebop) ainsi que deux membres du groupe « Rogojine » (http://www.myspace.com/bonebop ).

J’en profite pour vous inviter à lire l’article paru sur le site du « Lien défait » ou Alain BONNEFONT  nous parle de la difficulté d’être artiste aujourd’hui … « Pas si cosy la vie d’artiste »… de 2008. Son dernier CD doit sortir le 15 décembre. Il a du talent … c’est une bonne idée de cadeau de Noël …

Cet album produit par « Scarlett/Vitaminic » (sans référence) n’a pas bénéficié d’une distribution dans les circuits normaux. Les 12 titres étaient téléchargeables sur le net. Le CD était par ailleurs vendu à la sortie des concerts de JLM. Combien de titres vendus ? Difficile de répondre à cette question, je pense qu’il s’agit d’une édition limitée …

Tracklisting:  1 Clermont – 2 Le fromage et la fourmi et chéri bibi - 3 Les rancheros - 4 A sa taille - 5 Gare de Gerzat - 6 La chanson des chasseurs - 7 De montagne - 8 La saison des radis - 9 L’apéro – 10 La polka ranchéro – 11 Guili guila – 12 Golden Couillas.

La philosophie des « Rancheros » ? …  C’est ce que nous explique F.V. dans la suite de son article sur cet album qui sort des sentiers battus :

« Cinq minutes pour répéter, cinq minutes pour enregistrer, cinq minutes pour mixer. Ce qui laisse une grande latitude à l’improvisation, le second degré et le plaisir, tout simplement. Avec des titres comme « Le Fromage et la Fourmi et Cheri Bibi » opu « La Polka Ranchero » et des paroles idoines, Golden Couillas réconcilie avec la chanson païenne. Et comme les labels sont encore restés sourds à ce « disque de divertissage et de rigolation » l’album est téléchargeable sur le net. Prolixes, Les Rancheros annoncent déjà Silver Connasses, titre prometteur de ce savoureux feuilleton musical ». 

A ce jour « Silver Connasses » n’est pas sorti des cartons … n’est pas sorti des cartons … Est-ce définitif ? Avec MURAT rien n’est jamais sur.

 

***

 

 rancheros

 

Morceaux choisis :

… Clermont  …

J’ai les carmes qui se dilatent

Le julien qui n’est pas bien

J’ai le pochet qui se la gagne

Le Michelin à destin

 

… Le fromage et la fourmi et Chéri Bibi …

Le fromage et la fourmi

Se sont connus tout petits

Déjà dans les pissenlits

Ils se montraient leurs zizis

Le fromage et la fourmi

 

… La chanson des chasseurs …

Les lèches de pompistes y manquait plus qu’ça

Les trous de balistes y manquait plus qu’ça

V’la les concertistes y manquait plus qu’ça

Et tu voudrais qu’on élise y manquait plus qu’ça

 

***

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 11 décembre, 2010 |2 Commentaires »

Jean Louis MURAT … « MURAGOSTANG » … 2000 …

Jean Louis MURAT ...

Sorti le 10 octobre 2000, ce live (qui suit celui de 1995) marque les 20 ans de carrière de Jean Louis MURAT. Sur ce double CD sont regroupés les extraits de ses concerts :

  • Istres 3 mars 2000

  • Cannes La Boca 4 mars 2000

  • Bruxelles 8 mars 2000

La production se borne au strict minimum :

  • CD double cristal « Labels/Virgin » n° 8503712 2

  • CD promo – double pochette cartonnée – « Labels/Virgin » visas n° 6220 & 6221.

  • 1 films de Serge BERGLI sur le concert de Bruxelles http://www.youtube.com/watch?v=0GTzdouh0W4 … 6 chansons y figurent dont « Jim ». Cette vidéo montre tout le côté électro d’un Murat en pleine évolution qui n’a pas peur d’aller de l’avant.

Sur ce double album priorité est donnée aux derniers titres : « Jim – Bang bang – Le fier amant de la terre – Polly Jean – Les hérons – Nu dans la crevasse ». S’y ajoutent des inédits : « Washington – New-Yorker - Ami, amour, amant ». Murat fait l’impasse totale sur les succès du passé. « Johnny Frenchman » fait exception à cette règle. Force est de reconnaître cependant qu’il ne s’agit pas du titre le plus emblématique de l’Auvergnat. Encore une fois, peut-être même plus que jamais, le Brenoï semble faire fi des réalités commerciales.  

La journaliste et critique Sacha REINS  jette un regard froid sur ce second live :

« Muragostang est empreint d’une énergie à laquelle même le muratophobe le plus convaincu aura du mal à résister. Sans doute parce qu’il s’git d’un  album live et que souvent les albums live dégagent une magie particulière. Ce double CD contient treize très longues chansons … mais curieusement l’ennui ne pointe jamais. Les mélodies à l’encéphalogramme assez plat, sont constamment relancées par des arrangements étonnants, parfois minima-listes, parfois compliqués, quelquefois violents, toujours sophistiqués. Jean Louis MURAT  a trouvé sur scène un juste équilibre entre déprime et éclats de folie ».

Effectivement, sur scène MURAT  semble trouver son bonheur. C’est à Zoé LIN qu’il déclare :  » Je fais des disques pour pouvoir faire une tournée. D’accord, je vous ai dit le contraire la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, qu’est-ce que je pouvais être bête de ne pas aimer la scène … Maintenant c’est tout le contraire. Si changement il y a, il est là. Autrefois je chantais pour moi, aujourd’hui, je chante pour les autres« . 

La phrase est forte … tout MURAT  est résumé là !

 

***

 

Publié dans:Non classé |on 10 décembre, 2010 |Pas de commentaires »

Jean Louis MURAT … « POLLY JEAN » … 2000 …

Jean Louis MURAT ...

C’est avec bonheur que je poursuis mon p’tit bonhomme de chemin en « Muratie » …

Ce titre bénéficie d’une production intimiste :

  • CD maxi (sortie le 11 07 2000) - Lables/Virgin n° 8497302 – tracklisting : 1 Polly Jean edit (2’56) – 2 Sous les grêlons (0’36) – 3 Le ranchero (2’41) – 4 Dans la crainte des gelées blanches (2’44) – 5 Faire son Charlemagne (3’18) – 6 Le chêne rouge (2’07) – 7 Oiseau de paradis (4’21) – 8 Charlemagne is back (0’33).

  • CD promo – Labels/Virgin –  monotitre – hors commerce – Polly Jean edit (2’56).

 

 ***

 

 En cette année 2000 Jean-Louis MURAT  est intenable. Sur la lancée de « Mustango », il sort un mini-album articulé autour du titre « Polly Jean ». En plus de ce titre éponyme, MURAT  nous offre sept inédits tout aussi « déglingués » les uns que les autres. Un journal spécialisé nous présente cet album en ces termes : « Un bricolage électronico sussuré sur le ranchero, un truc bizarre à la Gainsbourg avec une voix méconnaissable (dans la crainte des gelées blanches). Aux antipodes de la sobriété de son concert Bullois, il déconcerte, noie les certitudes de ses fans, chante à rebrousse-poil. Murat avant-gardiste, Murat audacieux, Murat enfantin, on aime plutôt bien. Finalement, seul « oiseau de paradis » ressemble plus ou moins à ce dont il nous avait habitué auparavant ».

Pour le journal « ELLE » Françoise DELBECQ lui pose cette question directe sur « Polly Jean » :

F.D.  : La chanson « P.J. » est une déclaration d’amour à PJ HARVEY. Vous l’avez rencontrée ?

JLM : Hélas non. Je l’ai seulement vue sur la scène du festival du Rock à Saint Malo. L’envoûtement a été immédiat. Pour moi c’est une magicienne de la simplicité. C’est une paysanne. Dès qu’elle est en concert, elle est transfigurée, elle a une présence immense. Elle possède une féminité grave, non agressive. Ses textes de chansons abordent des sujets très intimes que peu d’artistes féminines ont le courage d’aborder. Elle a ce quelque chose de culotté et de dense qu’ont les écrivains. Bref, tout le charisme nécessaire pour être une artiste rock’n roll. Elle est l’équivalent d’un DYLAN ou d’un COHEN.

Dans les colonnes des « Inrockuptibles » une question similaire lui est posée :

Inrocks : « P.J. » c’est une chanson fétichiste, un rêve pornographique ?

JLM : Si ça c’est une chanson de cul, je ne pige plus rien. Quand je parle de son galurin rouge, je fais allusion à son collant. PJ HARVEY m’a littéralement mis en transe avec son collant rouge. Quelqu’un qui l’a vue de près m’a raconté qu’en plus elle ne se rasait pas, qu’elle avait des poils qui dépassaient de son collant … Cette chanson sur PJ HARVEY est née l’an dernier pendant son concert à la « Route du Rock » de St Malo. C’était la nuit des étoiles filantes et moi, j’étais en plein milieu, face à la scène et j’ai clairement vu une étoile filante qui arrivait droit sur elle. Les 30 personnes qui étaient dans mon périmètre ont vu la même chose et on s’est tous regardés, on était pétrifiés. C’est comme si Dieu l’avait montrée du doigt pour nous dire : « Regardez, voila ma fille bien aimée ».

 

 

***

 

Pour ce qui me concerne j’apprécie tout particulièrement ce titre chanté en duo par JLM et CAMILLE à l’émission « Nulle part ailleurs » :

http://fooooo.com/watch.php?id=741080cee4bf6620f0e3204ef705b888

Pour le plaisir je vous offre cette vidée de PJ HARVEY  filmée en 1998 au festival de la Route du Rock de St Malo … J’ai bien regardé … elle n’a pas de collants rouges … Pour le reste … le talent et la forte personnalité … cette vidéo donne raison à Jean Louis Murat.

 http://www.youtube.com/watch?v=WSzmbKqgIfs&feature=related

 

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Publié dans:Non classé |on 9 décembre, 2010 |5 Commentaires »
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