- 19 Ter – Jean-Louis MURAT … et la nature sous toutes ses formes dans ses chansons … (4ème partie) …

     … Québec …

 (Inédit de la tournée MURAGOSTANG/1999).

(…)

« Pays du lièvre arctique

Viens donc à Québec voir les baleines à Québec ».

(…)

Lièvre arctique : Est le géant de la famille des lièvres. Adulte, il pèse entre 4 et 5 kilos, sa taille du nez à la queue pouvant atteindre 70 centimètres. L’été sa fourrure se teinte de brun et de gris. L’hiver,  elle est d’un blanc aussi éclatant  que la neige. L’été le lièvre se nourrit de fleurs et de saule arctique. L’hiver il creuse aux endroits où la neige est la moins épaisse pour trouver sa nourriture. Il habite la toundra à l’extrême nord du Québec.

- 19 Ter - Jean-Louis MURAT ... et la nature sous toutes ses formes dans ses chansons ... (4ème partie)  ... lapin-arctique-300x259

Baleine : A TADOUSSAC  la baleine est devenue un motif à excursions.

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Dans ce titre, écrit à la va vite, sur le coin d’une table, dans la solitude d’une chambre, MURAT  nous chante les charmes de la « Belle province » … Tout y passe, y compris les forêts d’érables … dont la feuille orne le drapeau du Canada …

(…)

« Grandes terres érablières« .

(…)

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***

… Marais salants …

(Inédit de la tournée Vénus/1993-1994).

« Marais salants

Fontaines de sang

La chair est douce, mais elle ment ».

(…)

Marais salants : Je me trompe peut-être, mais je ne pense pas qu’il s’en trouve en Auvergne  (???). Il s’en trouve sur les bords de l’Atlantique, en ce beau pays de Guérande … Dans ces marais, on travaille dur toute l’année. Ce labeur est source de richesse et ce n’est que justice. Les hommes y remuent le sel toute l’année pour pouvoir faire vivre leur famille. Autrefois, on ne pouvait vivre ou survivre qu’en travaillant.  Les fainéants, s’ils n’avaient pas de parents fortunés étaient rejetés par la société.  De nos jours, il en va de même dans les pays émergeants. Triste France où l’assistanat cause tant de tant de ravages … L’oisiveté est mère de tous les vices …

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(…)

« Et tu jures qu’au nord

Un troupeau d’élans

Dans l’aurore bleutée t’attends ».

(…)

Elans : Ceux-ci n’ont pas migré en Auvergne. Pour MURAT il représentent les grands espaces de Finlande où le froid règne en maître …

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(…)

« De sexe lourd

En peau de bison

Tu ruinerais ta passion ».

(…)

Bison : Autre animal qui n’est pas de chez nous … ARISTOTE lui donna le nom de « Bonassus ». On distingue les bisons d’Amérique et ceux d’Europe. Les Indiens des grandes plaines en avaient fait un Dieu : « Tu es venu du bison sur la terre et maintenant tu retournes à la patrie des animaux, de tes ancêtres, des quatre esprits, voyage en paix ! » Telles étaient les dernières paroles des sorciers Indiens aux mourants.

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Le bison vous regarde toujours d’un œil … Les Indiens et les bisons ont été victimes du même génocide. En 1889 il ne restait que 835 bisons Américains ! L’armée US les éliminait systématiquement pour priver les Indiens de leur source d’alimentation. Quatre millions de bisons furent tués entre 1872 et 1874 !

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La cruauté et l’imbécilité de l’Homme n’a pas de limite.

 ***

… Ami amour amant …

(Live de la tournée MURAGOSTANG – 2000).

Dans cette chanson où MURAT  est tour à tour « Ami, amour, amant » … toujours aimant … l’Auvergnat ne cesse d’évoquer la nature …  sans doute parce qu’elle participe également à cette soif insatiable de désirs et de plaisirs … Passant par tous les états  : « émoi » et « effroi » pour ne citer qu’eux, le « berger de Chamablanc » nous chante les sentiments, mais également le vent, les torrents, les fleurs, la faune  … Ce texte est magnifique, il révèle ce que nous voudrions toujours être : « Ami, amour, amant » !

(…)

« Vol de pollen« 

(…)

« Comme un gibier fauve »

(…)

« Livré à la bise« 

(…)

« Dans le courant« 

(…)

« Repose le thym

Et la giroflée« 

(…)

« Pistils volent au vent« 

(…)

Moi le grand rapide

Je descends ».

(…)

***

… Oncle Vania …

(Live in Dolores/1998).

(…)

« Qui suis-je ?

Dieu dis,

Une pieuvre, du gui« .

(…)

Pieuvre : Est le plus évolué des mollusques.  Est apparue dans les océans il y a plusieurs centaines de millions d’années. A cette époque elle possédait une coquille externe. Elle s’est toujours adaptée aux nouvelles exigences de la nature. C’est ainsi qu’à l’apparition des poissons (ère secondaire), la pieuvre s’est retirée dans des eaux plus profondes. La pieuvre fait partie des céphalopodes  (qui veut dire tête et pied).

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Gui : Chez les Druides, le gui était considéré comme une plante sacrée. Selon eux, cette plante avait des propriétés miraculeuses, dont celles de guérir certaines maladies, d’immuniser les humains contre les poisons, de leur assurer la fertilité et de les protéger des méfaits de la sorcellerie. De plus, lorsque des ennemis se rencontraient sous le gui dans la forêt, ils devaient déposer leurs armes et observer une trêve jusqu’au lendemain. C’est de là que proviendrait, paraît-il, cette ancienne coutume de suspendre une boule de gui au plafond et d’y échanger un baiser en signe d’amitié et de bienveillance.Une autre version raconte cependant que cette coutume, fort répandue chez les anglo-saxons, était rattachée à la légende de FREYA, déesse de l’amour, de la beauté et de la fécondité. Selon la légende, un homme devait embrasser toute jeune fille qui, sans s’en rendre compte, se trouvait par hasard sous une gerbe de gui suspendue au plafond.

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Même si sa signification païenne a été oubliée depuis longtemps, la coutume d’échanger un baiser sous le gui persiste encore dans de nombreux pays européens et au Canada. Ainsi, un baiser échangé sous le gui par un couple d’amoureux est interprété comme une promesse de mariage, tout en se voulant un présage de bonheur et de longue vie.
En France, la coutume relative au gui était réservée au jour de l’An : « Au gui l’An neuf ». Aujourd’hui, le baiser sous le gui peut se faire tout au long des fêtes.

***

… Ophélia …

(Compilation « Dignity »/2002).

Je ne saurai sans doute jamais qui est cette belle Ophélia ??? MURAT nous dit que : « Ceux qui vivront d’amour et de pardon auront toujours raison ». MURAT nous sert une belle salade de fruits composée de « citron/fruit gâté/jasmin/rhubarbe/rivière et rosée ».

(…)

« Si le temps nous sépare

Eloigne le fruit gâté,

Le citron de la rhubarbe

Qui peut bien décider ? ».

(…)

« Le lit de la rivière

Que la mélodie

D’un frisson nous emporte ».

(…)

« Que le fond des choses est doux

Est doux comme un satin

Quand la rosée y dépose

Ton odeur de jasmin« .

(…)

***

… 1451 …

(Poème /2005).

(…)

« On reste interloqué

La courte salopette

La feuille de laitue« .

(…)

Une courte salopette, qui laisserait voir … entrevoir … une feuille de laitue ??? Non … MURAT n’aurait pas osé !!! On sait qu’il aime les « brunettes sans culotte » … Il paraît qu’il y en a de moins en moins à Paris …

(…)

« On voit un train de nuit

De choses pénétrantes

Aubépine pour nous ».

(…)

Les haies d’aubépine qui bordaient les chemins de notre enfance ne sont plus … sacrifiées pour cause de remembrement, de routes plus larges … Il semblerait que les Anglais soient moins bêtes que nous …

Haie d’aubépine en Angleterre délimitant les parcelles de terrain …

aubépine

(…)

« En ordre de bataille

Pour un sort de lentille« .

(…) 

Un sort de lentille ??? Finir dans nos assiettes ???

Ci-dessous une vidéo d’Henry SPENCER avec des images de  Prague, sur des mots de MURAT et ce poème 1451

Image de prévisualisation YouTube

***

… Prière pour M …

(Compilation « Un printemps 90).

(…)

« Dieu du rêve, Dieu de l’ortie« .

(…)

« Dieu du pigeon voyageur« .

(…)

Dans ce titre MURAT met « Dieu » à toutes les sauces …

***

… Je me donne Youni …

(Inédit MURAGOSTANG  – 1999/2000).

La pochette de « Vénus » représente une orchidée … Dans l’esprit du « Berger de Chamablanc » il évoque de façon subreptice le sexe d’une femme … ce fruit tellement désiré … sucre et poison à la fois.

Dans cet inédit de la tournée « Muragostang », il fait la même comparaison. L’image est cette fois remplacée par le mot « orchis » … espèce d’orchidée sauvage …

(…)

« Inouïe, à chaque fois,

L’humide amour mouillé par toi.

Je me donne,

Mon orchis doux, mon doux lilas« .

(…)

La fleur de lilas a déjà été évoquée dans ces pages … (cf : « La valse des adieux »). Je n’en dirai donc pas plus.

 ***

… Un singe en hiver …

(Extrait de l’album « Paradize »/2002).

(…)

« Je suis rentré d’Indochine hier matin,

J’ai rapporté des dahlias et du jasmin« .

(…)

« Et puis je pars toutes les nuits,

Je dépose un dahlia aux pieds de nos vies ».

(…)

Dans le langage des fleurs, le dahlia exprime un amour fidèle, ou de la reconnaissance. La fleur de couleur blanche est signe d’une envie de séduire – la jaune correspond a un sentiment de fidélité – l’orange constitue une déclaration d’amour avec extravagances et excès – le dahlia rose est une promesse de bonheur – le rouge est preuve d’un amour éternel – enfin le violet est signe d’un amour croissant et résistant.

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S’agissant du jasmin la couleur blanche correspond à un amour doux – la jaune est preuve d’un amour passionné, fort et intense – le jasmin rouge veut dire que je te désire charnellement, comme un fou.

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***

… L’envie de vivre …

(Titre écrit pour Françoise HARDY – Offert sur MySpace en 2011).

(…)

« L’envie de vivre

Ouverte à l’au-delà

Est un narcisse

Est un narcisse qui bat ». 

(…)

Murat aime à citer le « narcisse » dans ses chansons.  Serait-ce une fleur qui lui ressemble ? MURAT artiste narcissique ??? Sans doute un peu ??? Peut-être beaucoup ??? Il est certain par ailleurs que les formes voluptueuses et évasées de la fleur lui rappellent une autre fleur ??? Mais « Narcisse », on l’oublie souvent est un héros de la mythologie dont l’histoire vous est contée ci après …

NARCISSE  : L’Air et la Terre avaient une fille : Écho. Cette charmante nymphe vivait dans les bois aux côtés de la déesse Artémis. Elle allait de rivières en torrents ; les arbres lui servaient de toit, la mousse et les jeunes pousses de lit. Elle ne connaissait ni tourment ni ennui. Un jour qu’elle babillait avec les autres nymphes, Écho fut accusée pas la grande déesse Héra d’aimer son époux infidèle. C’était une injustice, mais Héra, aveuglée par la colère, refusa d’écouter Écho, qui l’implorait. « Tu veux donc avoir le dernier mot ! », clama la déesse, folle de rage. Son châtiment ne tarda guère : bientôt, la nymphe devint incapable de parler. Ni phrase ni rire ne sortait plus de sa bouche. Elle répétait seulement les derniers mots qu’elle entendait. Écho était au désespoir. Cette punition était d’autant plus cruelle que notre jolie nymphe tomba éperdument amoureuse…

Écho aimait Narcisse. Ce garçon était tellement plaisant que toutes les nymphes et toutes les jeunes filles espéraient recevoir de sa part un baiser. Mais le jeune homme était indifférent aux beautés qu’il croisait. Et jamais il ne sentait la présence d’Écho, qui le suivait pourtant aussi fidèlement que son ombre. La nymphe l’observait sans pouvoir lui parler, avec l’espoir pourtant d’en être un jour aimée. Un beau matin, elle tenta toutefois de se faire remarquer. Narcisse, à la recherche de ses amis, appelait : « Êtes-vous ici ? Y a-t-il quelqu’un par ici ? », et Écho lui répondait de sa jolie voix : « Ici, ici, ici… ». Narcisse lui demanda alors de venir et Écho, le cœur battant, apparut au jeune homme. Mais celui-ci s’en détourna immédiatement. Et sans la regarder, il cria : « Jamais, jamais… Penses-tu qu’un jour il se pourrait que je te donne pouvoir sur moi ? » Et la voix de la nymphe, entrecoupée de larmes, répéta, suppliante : « Je te donne pouvoir sur moi. » Mais déjà, Narcisse s’éloignait. Méprisée par celui qu’elle aimait, Écho s’enfuit à travers bois, jusqu’à trouver une grotte dans laquelle elle voulut cacher sa honte et son désespoir. Émue par le chagrin sincère de la nymphe, la déesse Némésis se résolut à la venger … Narcisse se promenait comme à son habitude, lorsqu’il fut soudain pris d’une soif terrible. Il se laissa alors guider par Némésis jusqu’à une fontaine et il s’y pencha pour prendre une gorgée d’eau. Lorsqu’il vit son propre reflet, Narcisse en tomba amoureux. Dès lors, il ne cessa plus de contempler son beau visage dans l’eau limpide. Il se désespérait de ne pouvoir ni toucher ni aimer cette image, et il n’arrivait pas à s’en éloigner. Sa douleur était si grande qu’il appelait la mort, espérant ainsi se libérer d’un amour impossible. « Hélas », gémissait-il, :«  je comprends bien maintenant toute la peine que j’ai causée à ces jeunes filles ! » Le temps s’écoulait et, progressivement, les pieds de Narcisse se changeaient en racines, son corps en tige, et sans qu’il s’en aperçût, le jeune homme se transforma en une jolie fleur, qui porte encore son nom.

La folie de Narcisse n’avait pas apaisé la douleur d’Écho. Elle continuait à veiller sur lui. Et lorsque Narcisse dit adieu à son propre reflet, Écho répéta doucement, tristement : « Adieu… » Aujourd’hui, la nymphe a tant maigri qu’il ne reste que sa voix. Et, du fond de sa caverne, Écho répète encore les derniers mots des paroles qui lui sont adressées.

NARCISSE  et ECHO (peint par J.W. WATERHOUSE (1903)
Narcisse-et-Echo-par-John-William-Waterhouse-1903

(…)

« En caban noir

Une rose noire à la main

Seule au miroir

L’envie de vivre revient ».

(…)

Rose (noire) : Elle n’existe pas … La plus sombre qui soit est pourpre et dénommée « rose noire ». Elle  est synonyme d’un amour fou et d’une passion fatale. La vraie rose noire ne peut être qu’artificielle. Elle symbolise la perfection. Elle incarne la magnificence et l’élégance. 

***

… A  quoi servent les garçons … 

(Inédit inclus dans le projet « SVOBODA).

« Choisir entre deux garçons

Quand les deux sentent si bon

Etre abeille un jour ou deux

Clouée comme un papillon« .

***

« A  quoi servent les garçons,

Ces coureurs de jupons ?

Pour déboutonner un corsage,

Ils ressemblent à des bourdons« .

(…)

Abeilles, bourdons et papillons : MURAT fils de paysan et plus paysan lui même qu’on ne le croit a tout appris des animaux. Il le dit souvent, il le dit tout le temps, personne ne le croit et surtout pas les « bobos » dont bon nombre font partie ou faisaient partie de ses admirateurs. Sachez messieurs que Jean-Louis BERGHEAUD ne sera jamais celui dans lequel vous voulez vous reconnaître. L’observation des animaux a notamment appris au petit BERGHEAUD les prémices puis la réalité de la sexualité.

MURAT aime par ailleurs se mettre dans la peau d’une femme … sans doute sa part « féminine » … Le titre présent écrit pour la belle Marie MOOR lui sert d’exutoire. La comparaison entre le bourdon et le garçon avide de découvrir les belles rondeurs de mademoiselle me comble de plaisir. MURAT a souvent le mot juste. Les images foisonnent derrière chacun des mots employés, elles sont évidentes, elles vous sautent aux yeux.

J’en profite pour vous parler de la sexualité de nos amies les abeilles, alors filles ou garçons ??? Et les bourdons … les papillons ??? Que viennent ils faire dans ce décor ???

fourmishttp://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/0001/bin35/abeilles/societe/societe.html

« On distingue chez les abeilles des individus mâles et femelles. Mais, alors que les mâles sont tous semblables, les femelles se divisent en deux castes caractérisées par d’importantes différences anatomiques et physiologiques : l’une est représentée par la reine, l’autre par les ouvrières. On trouve habituellement dans une ruche de 40000 à 60000 ouvrières, quelques centaines de mâles ou faux-bourdons, et une reine unique ».

« Les ouvrières sont des femelles ordinairement stériles. Elles peuvent cependant, dans certaines circonstances, pondre des œufs, qui se développent normalement. Tentative vaine, car les œufs des ouvrières ne donnent naissance qu’à des mâles. L’anatomie des ouvrières leur interdisant tout accouplement, leurs œufs ne sont jamais fécondés. Dans le cas des abeilles, un œuf non fécondé donne toujours naissance à un mâle ; un œuf fécondé à une femelle. Une reine bien portante, au contraire, est capable, de s’assurer une progéniture des deux sexes en pondant à volonté des œufs fécondés ou non. Des œufs non fécondés naissent donc des mâles. Leur rôle à peu près unique est la fécondation des reines. Mais la reine ne s’accouple qu’une seule fois dans sa vie. En dehors de la période d’accouplement, les mâles contribuent à entretenir de la chaleur ou de la fraîcheur dans la ruche mais ils sont incapables de se nourrir seuls ».

« Nous venons de voir que le sexe des abeilles est déterminé au moment de la ponte des œufs et dépend de la fécondation. Un œuf fécondé ne peut produire qu’une femelle ; reste à savoir si ce sera une ouvrière ou une reine. Cette détermination de la caste intervient plus tard : dans les trois premiers jours de la vie larvaire ; elle dépend de la manière dont les ouvrières élèvent la larve. Il semble établi que la détermination de la caste est provoquée par des substances hormonales et des vitamines mêlées à la nourriture des larves ».

Et qu’en est-il du « papillon » ??? Il semblerait que l’odeur distingue les mâles des femelles. Je n’irai pas plus loin. Petite référence au « Kamasutra » qui nous parle de la position du « papillon » pas si facile que cela a tenir … Les odeurs disais-je ??? A la campagne elles ont un sens. Que vous éleviez des vaches ou des cochons l’odeur qui s’imprègne dans la maison, qui colle à vos habits n’est pas la même. Ces odeurs ont marqué le petit BERGHEAUD, il est difficile pour des citadins de comprendre cela.

***

L’album « Toboggan » est dans les bacs le 25 mars 2013. Cet album enregistré en hiver, fait la place belle aux saisons, au vent et au froid. Qu’on en juge plutôt …

… Il neige …

(Toboggan/2013).

(…)

« Il neige,

Déjà nos roches sont recouvertes.

Toutes les fermes

Tous les hêtres

La nature alentour

S’est enterrée ».

(…) 

Neige, fermes et hêtre : Le 20 mars 2013 MURAT accorde une interview au site « Bretagne actuelle.com » et répond aux questions de Christian EUDELINE à qui il révèle : « J’aime l’hiver, depuis tout petit j’aime ça, je voudrais que jamais ça ne s’arrête, qu’il en tombe encore et toujours, deux trois quatre cinq mètres. Oui c’est l’enfance, je suis fasciné, la neige ça veut dire qu’on est isolé, coupé de tout. J’ai beau habiter dans la montagne, je trouve qu’il n’en tombe pas assez. J’aime la neige ».

Ferme d’Auvergne sous la neige …

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Le hêtre est un arbre de grande taille pouvant atteindre 30 à 40 mètres de haut et susceptible de vivre 200 à 250 ans. Son nom Français « hêtre » est issu de la langue Germanique. Mais dans de nombreuses régions, on utilise encore des vocables « fayard »  « fau »  »fou »  …  issus de la forme latine « fagus ». En Auvergne de nombreux lieux tirent leur origine de la présence de bois de hêtre tels « Lafaye »,   »Lafayette » ou « La Faux »

***

… Amour n’est pas querelle …

(Toboggan/2013).

(…)

« Du troupeau la génisse

Dans ta fougère dorée« .

(…)

« Jamais un cœur ne change,

Il faut monter plus haut,

Sur cette étrange terre

Parmi les animaux.

Aimer c’est être aimé,

Amour n’est pas querelle ».

(…)

S’il faut en croire MURAT … il ne saurait y avoir de véritable amour qui dure et perdure qu’avec les animaux …

***

… Le chat noir …

(Toboggan/2013).

(…)

« Que l’espoir laisse au printemps

Chanter la grive, passer le givre

Que l’espoir laisse au printemps,

Passer la neige en tourbillonnant ».

(…)

Il n’y a que la plume de MURAT à oser  et réussir de tels raccourcis … Quant chante la grive … passe le givre … l’hiver … cède la place au printemps … et tombent les dernières neiges …

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***

… Belle …

(Toboggan/2013).

(…)

« Que fais-tu par un temps pareil ?

le froid de l’hiver est cruel.

Aux portes de la nuit je t’appelle ».

(…)

« L’avion survolait la bruyère« .

(…)

« L’aube est indécise et pourtant

Je pense à ton cœur Jeanne ».

(…)

« Reviens sur la gaze légère

Jus de cerise aux lèvres ».

(…)

« il faut un froid de loup 

Dans la nuit des forêts

S’impatiente le grand gibier« .

(…)

Le froid, l’hiver, l’aube, la nuit … de sa plume MURAT  nous fait goûter l’air du temps auprès de cette « Belle » qui nous ensorcelle …

***

… ROBINSON …

(Toboggan/2013).

(…)

« Au ciel rougeoyant en soirée

Aux cristaux de glace lointains

Sous un ciel sans aucun abri

Apprendre à trouver le chemin« .

(…)

Conseils à des enfants perdus dans une société où, tout va tout va trop vite,  où les repères s’effilochent pour n’être plus que des mirages … Voilà qui nous donne une jeunesse désabusée …

***

… Extraordinaire VOODOO …

(Toboggan/2013).

(…)

« Cloaque de buse au plafond

Tu regardes tes pieds

Tu te transformes en pigeon,

Puis tu cours te cacher ».

(…)

Buse et pigeon … dernière chanson … glisse sur le « Toboggan » … Passe le temps … quel tourment !

***

… L’eau de la rivière …

(Toboggan spécial/2013)

(…)

« A l’heure où s’éveille

Le roitelet

La loutre vermeille

Est déjà à nager ».

(…)

Le roitelet : L’un des plus petits oiseaux d’Europe. Hyperactif.

roitelet

La loutre : Mammifère carnivore qui délimite son territoire à l’aide de son urine ou de ses crottes. La femelle donne naissance à des petits (2 ou 3) que l’on appelle des « loutrons ». Espèce particulièrement menacée en France puisqu’il n’en resterait pas plus d’un millier ! Faut y que l’homme soit con ! En Auvergne aux étangs dits de « Fung » sur la commune de MAZAYE (63) la loutre trouve un territoire particulièrement adapté sa survie.

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(…)

« Dans les eaux de la vie

Où le héron vient de plonger ».

(…)

Le héron : Déjà évoqué dans la chanson qui porte le même nom … je n’y reviens donc pas. 

Héron cendré Ardea cinerea Grey Heron

***

Ajout le 19 octobre 2014 …

… J’ai fréquenté la beauté …

(Extrait de Babel/2014)

(…)

« L’amour qui sait nous tromper/Jamais sûr d’être aimé/Par l‘hirondelle/Des faubourgs »

L’hirondelle : Dans nos pays l’hirondelle symbolise l’arrivée du printemps. Ce voyage peut faire jusque 10000 kilomètres avec seulement quelques grammes de graisse en réserve. Bien qu’espèce protégée, le nombre des hirondelles est en nette régression.

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Mais ce n’est pas de cette hirondelle que MURAT veut nous entretenir. Celle des « Faubourgs » dans les années 1968 était chantée par Georgette PLANA. Le titre commençait par ces paroles : « A l’hôpital c’est l’heure de la visite ». Lorsqu’il écrit les chansons de « Babel » Jean-Louis est contraint à de fréquents séjours à l’hôpital en raison de la maladie de son père suivi de son décès.  

(…)

« J’ai fréquenté la santé/Par les champs les forêts/Partout où me menait le jonc« 

(…)

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Le jonc évoqué par MURAT désigne le pénis et par n’importe lequel puisqu’il s’agi du sien ! On dit : « Se peler le jonc » … 

(…)

« Au luxe que garde corps/Sans regrets sans remords/Sur la cascade qu’elle adore/J’ai fréquenté la gaieté »

(…) 

Cascade : C’est en pays de « Babel » donc que je suis parti à la recherche de cette cascade. Mon choix s’est porté sur celle du : « Creux de l’Houlette » située sur la commune de La Chaulme en pays de Livradois. 

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Le site de cette cascade sert de contexte à de multiples légendes. Je vous conte la plus célèbre : « Le seigneur de La Chaulme, suite à un pacte passé avec le diable fut enseveli dans les entrailles, en lieu et place du « Creux de l’Houlette ». C’est pourquoi ce « creux » n’a pas de fond puisqu’il communique avec le diable … ».

Mais on peut lire cette phrase autrement … voyons voir : « Sur la cascade qu’est la Dore » MURAT feignant d’oublier qu’il ne se trouve pas en pays de « Babel » dans le Livradois. Il faut bien laisser quelques libertés au poète … 

***

… Blues du cygne …

(Extrait de Babel/2014) 

(…)

« Tous voient la queue/Du chat alentour »

(…)

Chat : MURAT évoque la queue du chat … Ce n’est là qu’un prétexte bien évidemment ! Vous imaginez ce à quoi je pense … Il n’est pas impossible non plus que Jean-Louis fait référence au titre « La queue du chat » chanté par les Frères JACQUES. Cette chanson que l’on peut chanter aux enfants n’en a pas moins une vraie connotation « sexuelle »

http://www.dailymotion.com/video/xn4y2d

  (…)

« Tout rêve de la fille/Allumée/En poignée de brindilles/Pour l’été »

(…)

Brindilles : Petits morceaux de bois qui servent souvent à allumer le feu

(…)

« Tout aime que se fixe le sujet/Monter au cou du cygne et gicler »

(…)

 

Cygne : Son long cou est mis en exergue. Je me refuse à croire que MURAT soit obsédé. Et pourtant les images sont tenaces. Il termine son propos par : « gicler ». Je vais finir par penser que c’est moi qui ait les idées mal placées. Vous pensez à quoi ? Mais à la même chose que vous … que Diable !

Ce ne sont là que supputations. Le choix du titre me semble plus significatif. Voilà un bel animal, tant qu’il est dans l’eau …

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Le cygne est un végétarien, il se nourrit de feuilles, de tubercules et de plantes aquatiques. Son long cou (24 vertèbres) en fait tout le charme. Selon l’inclinaison de son cou on peut deviner l’humeur de l’animal.

Charles BAUDELAIRE dans un poème adressé à Victor HUGO évoque admirablement le courroux de cet oiseau … Ecoutez plutôt :

Le cygne (extraits)

(…)

« Là s’étalait jadis une ménagerie

Là je vis, un matin, à l’heure ou sous les cieux

Froids et clairs le travail s’éveille, où la voirie

Pousse un sombre ouragan dans l’air silencieux »

Un cygne qui s’était évadé de sa cage

Et de ses pieds palmés frottant le pavé sec,

Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage

Près d’un ruisseau sans eau la bête ouvrait le bec.

Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,

Et disait, le cœur plein de son beau lac natal

« Eau, quand donc pleuvras-tu ? Quand donneras-tu foudre ? »

Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,

Vers le ciel quelquefois, comme l’homme d’Ovide,

Vers le ciel ironique et cruellement bleu,

Sur son cou convulsif tendant sa tête avide

Comme s’il adressait des reproches à Dieu !

Ci-dessous la tête d’un cygne courroucé …

cygne 2

J’en profite pour évoquer avec vous l’expression : « La chant du cygne ». Elle nous vient d’une légende antique selon laquelle, le cygne connu pour son chant discordant, aurait, juste avant de mourir, délivré une musique mélodieuse à souhait. Avant de mourir le cygne rend ainsi grâce à Dieu par son plus beau chant. PLATON  utilise cette légende et fait parler SOCRATE condamné à mort en ces termes : « Selon vous, je ne vaux dons pas les cygnes pour la divination, les cygnes qui, lorsqu’ils sentent qu’il leur faut mourir, au lieu de chanter comme auparavant, chantent à ce moment davantage et avec plus de force, dans leur joie de s’en aller auprès de Dieu dont justement ils sont les serviteurs ».

***

… Dans la direction du CREST …

(Extrait Babel/2014)

« Dans la direction du Crest/Mille hectares de forêt

Comme ceux de la terre/Sans le pays

Cavalier sous la pluie/Silence de l’âme tout oublier ».

(…)

« Un pavé humide guide mes pas/Abreuvoirs/Camélias * »

(…)

L’abreuvoir peut être en bois (il n’en reste quasiment plus) en pierre ou en ciment. De forme ronde ou rectangulaire, c’est l’endroit où les animaux de la ferme viennent s’abreuver. Au 19ème siècle dans beaucoup de villages Auvergnat, à côté du four à pain et du jeu de boules communal se trouvait l’abreuvoir. Dans les cours de ferme on peut trouver également un abreuvoir.

Abreuvoir sur la commune de Gouzet Vitrac (63) …

abreuvoir

Abreuvoir en escalier à La Chapelle St Aubin les Champs alimenté par la source de Chabanas (63) …

abreuvoir-chapelle-saint-aubin-Laschamps-3

(…)

« Quelle vierge de sang/Sur ce fumier« 

(…)

Fumier : Jusque dans les années 1960 le fumier de la ferme est entreposé à l’air libre, à proximité des étables ou de la porcherie. La volaille vient y picorer toute la journée. Fumier bien ordonné est signe de prospérité. Fumier en quenouille n’esp pas bon signe.

Année 1952 … intérieur d’une grosse ferme ..

fumier

Sur ce cliché on devine le tombereau, voiture de charge hippomobile ou tirée par des bœufs, composée d’une simple caisse montée sur des roues, qui peut être déchargé par un basculement arrière . Le p’tit BERGHEAUD pour gagner de l’argent de poche transportait dans les jardins de ses voisins le fumier de la ferme …

Le coq fierté de la ferme …

fumier 1

(…)

« Le siège de l’âme c’est la forêt/Le brouillard/Les genêts« 

(…)

Le genêt : Par chauvinisme peut-être, par ignorance sûrement, je pensais que le genêt ne poussait qu’en Bretagne. Que nenni ! En Auvergne le genêt dit « ailé », plante commune de 10 à 30 centimètres, pousse partout, au bord des chemins, dans les praires. Sa floraison va de mai à juillet.  La photo ci-dessous provient du Cézallier (altitude 1000 mètres) …

genêt1

(…)

« Dans un grand silence de printemps/Un troupeau/Un enfant ».

(…)

« Partir dans la direction du CREST/Mille hectares de forêt

En longeant le champ de cerisiers/Quelque chose de léger

(…)

Cerisiers : Il semble qu’ils poussent facilement en Auvergne. Pour preuve ce cliché offert par MURAT à ses « fans ». Ce sont les cerisiers de DOUHARESSE …

000001

(…)

Poulain mal venu sous un poirier« 

(…)

Le poulain : Réussir une naissance, veau ou poulain est important pour un agriculteur. Il faut faire preuve de sang froid. L’animal sait tout de suite si le « patron » sera à la hauteur ou non. Certains ont bonne réputation. Ils ont la main ferme, la tête sur les épaules. Ils sont reconnus. On les appelle pour donner un coup de main. En fait, celui appelé pour aider, va commander la manœuvre. Chacun à son rôle. Les enfants sont invités à quitter l’écurie ou l’étable. La naissance d’un poulain est plus délicate que celle d’un veau. La jument se montre plus nerveuse que la vache. Ses réactions sont imprévisibles. Les coups de sabot de l’animal peuvent être mortels. Tout cela, c’était il y a 30/40 ans. L’entraide entre agriculteurs existait. Aujourd’hui dans les fermes, chacun se débrouille seul. S’il le faut, il est fait appel au vétérinaire. Celui-ci est appelé lorsqu’on ne peut pas faire autrement. L’expression « mal venu » indique que la naissance s’est déroulée dans la difficulté. Le poulain se « présentait mal »  …

Jeune poulain d’un mois …

poulain

Rapidement après sa naissance, le poulain est sur pattes. Cela fait partie de son instinct de survie. Les premiers mois il sera toujours en compagnie de sa mère …

***

… La chèvre Alpestre …

(Extrait Babel/2014)

(…)

« Ah le meilleur de la bête/Veut pas quitter son lit »

(…)

« Il a perdu sa chèvre Alpestre« 

(…)

Chèvre : La ferme de François sise au lieu-dit « Le Creux » ne faisait sans doute que quelques arpents. François n’a jamais eu de tracteur par exemple. C’est Jean-Louis qui l’a dit. Tout se faisait à la force du jarret, du poignet, avec pour seul commis le bœuf robuste. A la ferme l’homme est en charge des travaux des champs et des gros animaux. La femme est maîtresse de maison et doit s’occuper de la chèvre et des moutons. Chez les BERGHEAUD c’est la grand-mère qui fait le fromage.

Le texte de cette chanson n’a de sens que pour MURAT. La chèvre Alpestre ??? J’imagine qu’il s’agit ‘une chèvre de montagne … mais je n’en suis pas certain. Tout à mes recherches, j’ai découvert : « La chèvre Alpine »,  est une boisson alcoolisée …

chèvre des alpes

Redevenons sérieux et parlons plutôt de la « RAVA » cette brebis de montagne, excellente marcheuse. Sa toison mécheuse, épaisse, voire grossière lui permet de supporter les froids rigoureux. Par ailleurs, elle se satisfait d’une alimentation maigre : bruyère, genêt et herbe dure. Pour un Auvergnat ce n’est sans doute pas la moindre des qualités. Le village d’OLBY (pays de BABEL) serait le berceau de cette race. La « RAVA » est une bonne mère qui agnèle sans difficulté. 

La chèvre Alpestre ??? Pas si sur …  

(…)

« Il mangeait son chien/Il cherchait la chèvre Alpestre« .

(…)

Pour ajouter à la complexité ne voilà t’y pas que MURAT nous parle de « manger son chien » !!!

Une  belle fée qui ne veut pas dévoiler son visage me fait savoir ce jour que : « La chèvre Alpestre n’est pas l’animal mais une métaphore de l’épouse absente, têtue, coriace comme une chèvre de montagne, libre aussi, qui ne se laisse pas dominer ni enfermer et qui de fait, déstabilise son mari autant que Monsieur SEGUIN est perturbé par le caractère indépendant de sa chèvre ».

Ma « douce fée » ajoute : « Jean-Louis MURAT fait dans cette chanson son autocritique. Il nous indique par des mots détournés comment il est perdu, grincheux et geignard dès que sa femme est absente du foyer ». Elle termine: « Manger son chien » est une façon de « ronger son frein ». Beaucoup de bon sens dans ce propos … 

Je ne voyais pas les choses sous cet angle là. Je suis convaincu du bon sens de vos propos « Belle dame » et vous remercie de tout cœur !

***

… Les ronces …

(Extrait Babel/2014)

Petit rappel historique : la comptine « Nous n’irons plus au bois » a été écrite quand Louis XIV a fait fermer les bordels (dont les portes étaient garnies de lauriers) car les maladies sexuellement transmissibles, qui tuaient les ouvriers, ralentissaient la construction de Versailles. Selon certains autres historiens ce serait sous St Louis que cette chanson aurait été écrite (pour le même motif). Beaucoup de nos comptines ont trouvé dans la rue une résonnance autre que celle prévue initialement … Cela n’a pas du échapper à notre « professeur d’histoire »

nous n'irons plus au bois

« Nous n’irons plus au bois ma mie/Les lauriers sont coupés »

Lauriers : On distingue plusieurs sortes (rose, tin, sauce …). Le laurier reste toujours vert. Le laurier symbolise la victoire. Le laurier est un arbre qui en Grèce prend le nom de « Daphné » – en Italie de « Laura » et en France de « Laure ». Ce prénom signifie aussi « victoire ».

laurier

Le laurier est également le symbole d’APOLLON. Selon OVIDE, DAPHNE, nymphe de la mythologie Grècque, premier amour d’APOLLON fuyait ce dernier. Son père : PENEE, le Dieu fleuve, la transforma en laurier au moment où elle allait être attrapée par APOLLON. Ce dernier, peu rancunier en fit son arbre et le consacra à la victoire, aux chantes et aux poètes.

FREUD associe l’image du laurier à celle de la mère.

 (…)

« Qu’irions-nous sur la neige/Pister le loup, le mettre à mort »

(…)

Le loup : Au Moyen Âge, en Auvergne comme ailleurs, le loup était l’ennemi de l’homme. « Pendu haut et court » tel pouvait être le sort des loups dont les hordes proliféraient jusqu’aux portes de Paris.

 loups_2

Jean DE LA FONTAINE décrit le loup comme  étant : « l’ennemi commun » dans la fable : « Le loup et les bergers ».

En 1736, en Auvergne, l’intendant de la Province fait diffuser par voie d’affiches le montant des « gratifications à ceux qui tueront des loups dans l’étendue de cette Province » (5 livres pour un loup adulte et 50 sols pour un louveteau). Tuer un loup c’est l’opportunité de gagner un surnom valorisant : « DUPANLOUP – TOMBE LE LOUP … ». Vers 1875, on enseignait aux enfants, gardiens habituels des troupeaux, la conduite à tenir  si un loup venait à rôder autour des brebis. C’est ainsi qu’à St Alyre-Es-Montagne, les petits bergers avaient pour consigne de frapper leurs sabots l’un contre l’autre.

Vers le milieu des années 1930 le loup disparaît quasiment des montagnes Auvergnates pour réapparaître  au milieu des années 1990.

« Il est l’heure de rentrer/Le brouillard s’est levé »

(…)

« Le bouc solitaire alors devenait/Notre ami

Nous n’irons plus au bois/L’animal est parti ».

Le bouc : Mâle de la chèvre. Porte des cornes arrondies. Sent mauvais.

le bouc

Dans la bible il est écrit : « Au jour du Jugement, Jésus-Christ séparera les agneaux, les brebis d’avec les boucs : Il séparera les bons d’avec les méchants, les élus d’avec les réprouvés ».

Ici « le bouc solitaire » désigne non pas l’animal mais un satyre, ce personnage mythologique compagnon des nymphes souvent représenté avec une queue de bouc et parfois avec des cornes et des pieds de bouc …

satyre2

(…)

« Nous n’irons plus pêcher dans le/Ruisseau des Grands Moulins

Nous n’irons plus nous cueillir en/Narcisse* dans le matin ».

(…)

« Nous voila comme chiens/Jetés aux ronces aux souvenirs ».

Ce titre de MURAT évoque tout simplement parle du passage vers la vieillesse. Passé un certain âge, il n’est plus possible de faire de folies de son corps. L’auteur se veut fataliste. « Nous n’irons plus au bois … Les lauriers sont coupés ». Il y a là de la résignation. MURAT dit : « mélancolie » !

***

La suite de « Babel » c’est ici …

http://didierlebras.unblog.fr/19-quarto-jean-louis-murat-et-la-nature-sous-toutes-ses-formes-dans-ses-chansons-5eme-partie/

***

Publié dans : ||le 9 février, 2013 |2 Commentaires »

2 Commentaires Commenter.

  1. le 23 octobre, 2014 à 12:02 Muse écrit:

    La chèvre alpestre n’est pas l’animal, mais une métaphore de l’épouse absente, têtue, coriace comme une chèvre de montagne, libre aussi, qui ne se laisse pas dominer ni enfermer, et qui de fait, déstabilise son mari autant que Mr Seguin est perturbé par le caractère indépendant de sa chèvre.
    JLM fait dans cette chanson une autocritique de lui-même, de comment il est perdu dès que sa femme est absente du foyer et comment il est grinchu, geignard et comment il occupe son temps en son absence. Manger son chien, c’est une expression équivalente à ronger son frein.

    Concernant les ronces: c’est une chanson issue de la comptine enfantine nous n’irons plus au bois…
    Sauf qu’ici, la chanson parle de son passage à la vieillesse qui fait qu’il ne peut plus vraiment assurer sexuellement, qu’il ne peut plus faire des folies de son corps, qu’il est passé à autre chose et à une forme de vie dégagée d’une sexualité intense même s’il continue d’aimer tendrement sa femme.

    Le bouc solitaire, c’est pas l’animal mais plutôt le satyre. Le satyre, ce personnage mythologique grec à queue de bouc et parfois représenté avec des cornes de bouc et des pieds de bouc:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Satyre

    JLM lorsqu’il était plus jeune avec son épouse, se transformait lors de balades nature en vrai satyre et obsédé sexuel, courant après elle, ayant avec elle des étreintes sauvages comme un satyre courant après les nymphes. Mais il dit que c’est une période maintenant révolue, compte tenu de son âge (les lauriers sont coupés, c’est assez parlant comme image).

    Le loup est aussi un personnage très sexuel dans de nombreux contes. C’est le séducteur, c’est le suborneur de jeunes filles chez Perrault dans le Petit Chaperon Rouge. Là aussi JLM se compare à cet animal qui incarne la séduction brute et l’acte sexuel.

    Ce qui fait que cette chanson est à la fois triste mais c’est aussi une belle déclaration d’amour à sa femme.

    Voilà…tu sais tout ;-)

    Bizzz Didier!

    Répondre

  2. le 23 octobre, 2014 à 13:43 Muse écrit:

    Sur la double origine de création de la comptine originale « nous n’irons plus au bois » dont est parti JLM pour créer « les ronces », voici quelques explications:

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/890197-ces-comptines-que-vous-n-oserez-plus-chanter-a-vos-enfants.html

    JLM utilisant souvent la métaphore animale pour se définir lui-même, je pense utile de te passer un lien psy sur le thème du fiancé animal dans les contes populaires:

    http://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2008-4-page-148.htm

    Répondre

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