- 134 – Hommage à Jean-Louis MURAT … à « Morituri » … son oeuvre …

Ce jour, sur ma page Facebook j’ai eu le plaisir de recevoir un texte signé par une « amie F.B. » rendant hommage à MURAT … sa plume … sa verve … J’ai trouvé ce texte remarquable : simple, beau, plein de malice et fidèle à l’œuvre du « Bougnat »

  • Laurence GAILLARD …

LAURENCE GAILLARD

Voici in extenso …

« Ce matin j’ai pris le temps, d’écouter, vous écouter Monsieur Murat et votre Morituri On n’est pas tous mourus, on n’est pas tous mourus vous savez ? Et c’est comme une femme … qui affirme les yeux bandés qu’elle reconnaitrait son homme toujours et partout. J’aime vos « tics » de langage et vos mots fétiches que vous trimballez Chôôôse que vous prononcez… ok je me moque, c’est l’hôpital qui se fout de la charité j’ai un accent Breton, il parait: atroce j’veux pas démériter. Et c’est comme une tyrolienne une continuité, d’album en album je me laisse filer. Un peu plus de noirceur j’veux vous jeter des fleurs pour vous consoler. Le lys dans la vallée. Et c’est comme si vous repreniez la saison des prénoms, des patelins des bourgades des hameaux paumés pas perdus pour tout le monde. Comme si vous mettiez la faune et la flore, tout bien étalé pour nous parler de nous pauvres petits humains C’est vrai qu’il y a d’quoi chialer même dans la cuisine… Sortir le grand mouchoir à carreaux rouge et noir qui ressemble à la nappe. Restez en Bretagne si le cafard vous gagne il sera plus léger, dans le vent iodé Restez à Bréhat intranquille tel un chat un chat ou un lynx un papillon, un sphinx près des agapanthes même sur une mauvaise pente ou près du talus du moulin à marée.

Je vous ai écouté, de bout en bout et j’ai eu envie d’ouvrir les bras pour étreindre, tout ce qu’il est impossible de serrer.

Merci Monsieur Murat. Jean-Louis.

PS: j’ai cru comprendre que vous détestiez les fautes d’orthographe… La mienne est une marée noire depuis que je suis gosse mais, j’suis chou, j’ai un bon fond, et j’dis pardon. J’peux revenir vous parler de vos chansons ? ».

signé : lg

C’est quand vous voulez Laurence … c’est comme vous voulez …

Ajout le 10 mai 2016 …

Nous voici le mardi 10 mai. Aux fortes chaleurs de la journée a succédé une pluie d’orage bienfaitrice … Je rentre du foot … bain de jouvence, qui va permettre de bien dormir ce soir … Sur ma page « F.B. » Laurence s’est invitée … Vous m’en voyez ravi. Elle s’adresse à Jean-Louis …

« Monsieur Murat, Jean-Louis ?

Je suis sortie pour vous écrire, puisque le ciel lourd Breton le permet. Tantôt j’ai rabattu un arbuste et coupé des branches du rosier, des fourmis sur la terrasse, mais c’est qu’elles piquent ces effrontées ! J’ai votre livret à la main, ces cygnes, seraient-ils vos signes ? Chacun peut juger comme vous dites, oui, d’accord. J’attends toujours votre récolte, j’attends toujours votre production, tel « A bird on a poire », prête à succomber, à « passe-crassaner », les mains poisseuses de jus sucré, les pelures déjà rouillées, dans l’assiette creuse. Il doit faire chaud à « Taormina », bien loin, si loin des froides Isbas.

Votre 2015 aura été pour partie, mon 2015 aussi, quelle triste année, ma mère est morte en janvier. D’autres ont perdus les leurs, à la terrasse, sous les cimes… Je me trouve lasse, pas loin d’être résignée. Plus que jamais, cette consolation, ce dictame apaisant, la terre, la terre sous vos pieds, la nature même qu’on agresse mais qui ne veut cesser de pousser, puisque notre nature aussi a horreur du vide. L’autre jour, à bord de ma chignole cabossée de 27 ans (mon auto) j’allais chez mon père, à la campagne, qui ne tiendra plus longtemps avant le lotissement. Dans le champ en contrebas, là où gosse j’avais mal fini, lorsque je m’étais endormie sur mon vélo dans la grande descente … (enfin c’est une autre histoire), le fils qui reprend la ferme, faisait la moisson. Il avait fauché la veille, la faucheuse avait aussi découpé un vieux renard sur toute la longueur de sa pauvre dépouille. C’était la première fois que ça lui arrivait a dit le jeune perplexe. Mon père lui a expliqué que le renard suivait la machine à cause des portées de petits mulots, les parents pouvaient détaler mais pas les petits, servant de garde manger. Seul un vieux renard pouvait se risquer si près de la machine, trop près … La faucheuse. Un de moins en ont-ils conclus, il faut dire que leur préférence va aux rares grands lièvres et aux lapins de garenne.

faucheuse

Ce jour là sur la petite route pleine de mottes de terre sèche, j’avais ouvert ma vitre, à la manivelle, mais pas trop, sinon elle peut tomber dans la portière et après je ne vous raconte, pas, ma voiture est un puits sans fond, oui bon bref … L’odeur du foin encore vert, mêlée à la terre sèche, était si forte dans l’habitacle qu’elle me piquait le nez. Ce jour là, le fils passait l’andaineuse, qui fouette le foin, comme de la chantilly, avant de le mettre en rangs.

BIO CENTRE

Ensuite la roundballeuse achetée à plusieurs paysans viendrait emballer hermétiquement tout ça, dans des kilomètres de plastique, vert, moche. Ce jour là j’ai trouvé mon père, le chant d’honneur de Giono, bien étalé sur la toile cirée, il était dans sa bulle. En écrivant bulle, je pense à Hubert Mounier, comme cette homme là va me manquer…

round

Voilà à quoi je pense, lorsque j’emporte dans un coin du grenier à foin de ma caboche, vos mots, une phrase ou deux d’un de vos refrains, une mélodie qui s’accroche au toit, oui dans ma chignole j’ai même pas de radio cassettes !

Un petit oiseau sautille dans la gouttière en zinc, c’est impressionnant le bazar que peut faire un si petit corps, il doit chercher de l’eau, un rouge-gorge ou un moineau. Deux de mes quatre chats le regarde, le message est insondable, envie de mordre, perversement, sans tuer tout à fait, dans un duvet si doux, si odorant, sous l’aile, là où bat un petit coeur affolé, si excitant ou la simple colère d’être réveillés pendant la sacro-sainte sieste de 20 h ?

Le ciel se couvre d’une nappe grise, gris souris, je vais aller taper ce petit mot, avant de mettre mon poulet jaune aux fruits secs et miel au four. Je devrais moi aussi appeler Cathy, surtout que ma Cathy à moi a un nom prédestiné, surtout que j’adore le gigot … piqué à l’ail avec laurier romarin et …voilà bravo ! je salive.

Je peux revenir avec vos histoires qui font les miennes ? Oui ? Même avec mon orthographe bancroche ? Mon p’tit grain d’orge azimuté ?

Faites moi un cygne, deux ? c’est Byzance, quand y’a pas Périclès dans la demeure…(pardon c’est le soleil) ».

Merci Laurence de nous avoir donné à humer l’air des champs. La faucheuse n’est plus celle de mon grand-père. Vous revenez quand vous voulez …

***

Ajout le 12 mai 2016 …

Chaque jour, je m’en vais picorer sur la page « F.B » de mon amie Laurence ! J’y trouve des choses succulentes. Je ne connais rien de Laurence. J’ignore tout d’elle … Je sais tout juste qu’elle habite en pays de Finistère … dans la région de Morlaix …

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Ayant connaissance de cela, je n’ai pu m’empêcher de penser à « Marie Jeanne » qui « Du pont de la Garonne s’était jetée » … Tout ça pour vous dire que « Laurence GAILLARD » m’intrigue ô combien  … Ce n’est point de la curiosité malsaine. C’est une vraie admiration pour une femme qui a la vie simple, des gens simples … la mienne/la sienne/le nôtre … Tout à mes réflexions, ne voilà t’y pas que je découvre sur son mur,  cette merveille de sobriété qui conte notre vie, faite de soucis,  de joies et de peines aussi …

 

« Ses

C’est bonbon les baisers/C’est matcha thé glacé /C’est espadrilles aux pieds … /C’est l’hiver en été /C’est le sable mouillé/C’est la vie la mort /Tout emmêler /C’est Eloïse Vini/ Mes grands bébés/Sentiments partagés /Donner donner donner.

Dieu n’a rien à voir/C’est si bon le bain/C’est partager le pain/Les mousses et le vin/C’est l’enveloppe irisée/Deux chats postés/C’est l’amitié aussi/C’est repousser la douleur/Avoir un peu peur/C’est écouter l’autre/C’est avoir un avis/Et puis se foutre de tout/Avant de s’en vouloir/Et changer d’avis.

C’est le feu sous la casserole/C’est une histoire pas drôle/Mais qui fait rigoler/C’est un gilet en laine/Que personne ne supporte/C’est une tristesse stable/C’est la clef sur la porte /C’est un blacksad qui ronfle/La griffe alanguie/C’est un cil mouillé/Un peu de rosée.

C’est l’insecte qui se pose/La musique et la prose/C’est se demander/La trace qu’on laissera/C’est l’ultime fracture/C’est la nature/Qui illumine/ La vie, des gens simples ».

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Dans les chansons de Jean-Louis MURAT c’est un peu ça que je retrouve. Seule mais différence notable, le chantre Auvergnat allant creuser plus loin dans sa/nos vies intimes. MURAT est un homme simple vous disais-je ? L’homme est compliqué, mais il a la vie simple, d’un homme simple. C’est ce que nous conte Laurence

Chez Laurence il y a la forêt et son manteau de silence …

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Chez Laurence il y a un chat qui dort, sur du lendemain …

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Chez Laurence, il y a des murs épais, qui gardent tous leurs secrets …

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Chez Laurence il y a la lande qui surveille la mer …

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Merci Laurence de m’avoir permis cette escapade en Terre de Finistère qui m’est si chère, mais que peu souvent m’en vais arpenter.  Je reviendrai chez vous puisque vous m’y avez autorisé. Promis, juré, je ne ferai de de bruit, me contentant de passer …

***  

Ajout le 15 mai 2016 …

S’agissant de MURAT le chanteur je ne sais de quoi demain sera fait ? J’aime tellement le personnage et son œuvre que je ne veux pas croire qu’il ait marqué le clap de fin à La Maroquinerie. Pour autant je ne peux ignorer que cela y ressemble ! Sur mon blog il y a peu j’ai accusé réception d’un message d’une pertinence admirable. Je ne dis pas que ce sont là paroles d’Evangile, mais les mots écrits dénotent d’une connaissance profonde du personnage. Je vous laisse seuls juges : « Jean-Louis MURAT fait partie de ces individus écorchés vifs qui préfèrent briser les choses qu’ils ont follement aimées et aiment encore par peur de souffrir, d’aimer et d’être aimés. La détestation d’autrui, la colère, la méchanceté vont avec la violence vécue enfant. Elles font moins peur que l’amour, que seule une chanson peut apprivoiser, contrôler, domestiquer et faire disparaître à l’envi.  En s’énervant, l’autre soir à la Maroquinerie, Jean-Louis MURAT s’est assuré de ne pas regretter son actuel métier. De pouvoir tourner la page sans nostalgie, avec tous les justificatifs pour attester qu’il était allé au bout du possible.  S’il avait terminé le concert ovationné, il aurait pleuré, se serait attendri, aurait souffert de ne pouvoir faire la tournée et se serait senti quelque part humilié dans son ego masculin. En s’énervant, en se drapant dans l’agressivité, il se redonne du peps pour aller vers autre chose, changer de voie sans se sentir retenu par du positif.  Il aime gâcher le plaisir du moment simplement pour se donner l’énergie d’avancer. Ce n’est pas nouveau chez lui au plan comportemental ». MURAT est toujours là … où on ne l’attend pas. Je conserve donc espoir de le revoir sur les planches et surtout de continuer à nous enchanter par les mots dont il a le secret.

« Morituri » a traversé l’Atlantique et se trouve à disposition de nos amis Canadiens. Sur son blogue Alain BRUNET écrit : « Le long parcours de Jean-Louis Murat est rehaussé d’une nouvelle station : Morituri est un opus gonflé d’airs du temps. Sombres, pluvieux, mortuaires comme la conjoncture française, néanmoins sensuels et délicats ».

Voilà, j’en suis là, mon cœur balance entre espoir et désespoir. Tantôt je me dis que ce n’est pas possible qu’on en arrive là, que MURAT n’ait plus la parole. je me rassure en me disant qu’on ne lui enlèvera pas la plume. C’est là que Laurence GAILLARD vient à nouveau me surprendre par les mots dont elle seule a le secret …

LAURENCE GAILLARD

« En fermant les yeux, près et dans Morituri (Jean-Louis MURAT)

« Orchidée et muguet /Sont passés des mois … les boules de haine/Arums et freesias/ Petites joies grandes peines cocher fort les croix dans les QCM/Quand foutre le quand ?/ Dégager vraiment/ Fleurs de magnolia/ Avant de filer à toute blinde je m’accroche au zinc cherche pas j’suis absinthe/ »Y a-t-il encore du monde sur le quai/ Qu’est ce que tous ces gens aiment regarder /Y a-t-il encore des morts sur le pont mais qu’y a-t-il encore »

Et Laurence de poursuivre …

« Viens me chercher orage j’ai des pavés sous ma plage avant le carnage/ Je suis encore couchée les nuits debout je suis encore rincée je suis à bout/ »y a-t-il encore du monde sur le quai il n’y a plus personne le sang a séché y a-t-il encore pauvre cœur à moi mais qu’y a-t-il encore/Desserre moi la langue si je suis exsangue les cyclamens aboient eux aussi ont soif Je me sens coupable Je suis encore là je bois/Il faut du courage pour affronter le saccage le barrage maudit qui obstrue ma vie fleur de pissenlit l’oiseau dans la cage ».

Puis Laurence d’enfoncer le clou en empruntant au titre « Morituri » : « Appelle Cathy/J’ai rien à manger/Appelle Cathy/Elle seule peut m’aider/Appelle Cathy/Appelle pour moi ». A y regarder de près, ce n’est rien moins qu’un appel au secours …

Enfin Laurence de conclure par ses mots à elle : « Viens me chercher orchidée et muguet ».

Voilà qui ne répond pas à mes questionnements, mes inquiétudes, je dirai même qui ne fait qu’en rajouter. Il fait beau sur Rennes. Aujourd’hui avec femme et petits enfants j’irai me promener dans les parcs Rennais. Parfois je serai absent. Je pense que je serai à chercher la réponse à toutes ces questions.  Je sais déjà que la quête sera vaine. Mon épouse de questionner : « A quoi tu penses ?« . Ma réponse, je la connais d’avance : « A rien ! ».    

***

Ajout le 30 mai 2016 …

De Rennes me suis absenté deux jours, pour accompagner les enfants du foot en pays Briochin, y ai trouvé des gens formidables, qui partagent tout, qui donnent tout … A mon retour ce petit mot de mon amie Laurence … Que dire ? Délectation ? Pamoison ? Laurence nous mène sur des chemins escarpés qui conduisent de VILLON à MURAT … Voilà une comparaison qui me sied …

CHEMIN CREUX MORLAIX

« Cher Monsieur Murat, Jean-Louis ?

Je reviens du bois, près de la maison, si votre pas est moderne, le mien est trainant. La foudre est tombée sur la cime d’un arbre, ici jeudi dernier ne s’est consacré qu’à l’orage. J’ai surpris un écureuil,  sa toison de feu, ses griffes sombres enlaçaient le tronc d’un chêne, la bille d’onyx de son œil me scrutait, curieux et puis il a filé, avant que je ne m’attache. Près de l’étang vaseux, les deux rosiers sauvages commençaient à donner, …des roses rose poudrée, papiers de soie chiffonnés, en grappes. Chaque année je me dis qu’il faut que j’essaie de tirer une bouture et je reste, il faut le croire, sur cette constatation. J’ai fait mon tour et puis je suis rentrée, je n’ai pas été longue, une heure tout au plus. J’ai croisé une cyclotouriste qui m’a parlé longuement, moi je n’avais pas envie de parler, mais je suis polie.

Me voilà dehors, côté petit jardin, Cocochat a pris une chaise, Beef aussi, Rio est en vadrouille et Monsieur Albert dort dans mon lit, voilà pour ma famille, griffée. Sur la corde à linge un peu détendue, chemises et culottes se balancent, caressant au passage cassis et grandes euphorbes. Le ciel reste couvert, c’est qu’il ne fait pas chaud, loin de Taormina !

En mettant tantôt un pied devant l’autre dans l’humus et les feuilles rouilles craquantes comme des chips, j’ai pensé à vous Monsieur Murat, enfin à vous… à vos textes surtout. J’ai pensé accoquiner votre écriture avec la poésie délicate d’un Henri Michaux et plus encore qu’un mariage de raison, j’ai imaginé de vraies accordailles et une passion d’amour véritable, une alliance à la main entre vous et François Villon. Je crois bien que ce malandrin bien éduqué pourrait vous séduire. Voilà bien un homme/personnage une figure romanesque, sombre à souhait, même sa fin est un mystère.

Je vous rapproche de Villon, sans faire de manières, la table en bois et le cruchon, l’âtre et le feu de la stère. Je vous assois sur le même banc, en vous passant la plume.

I Le testament Villon

En l’an de mon trentième âge que toutes mes hontes j’eus bues ne du tout fol, ne du tout sage non obstant maintes peines eues lesquelles j’ai toutes reçues sous la main Thibaut d’Aussigny s’évêque il est, signant les rues qu’il soit le mien je le regny

II la ballade des proverbes Villon

Tant parle-on qu’on se contredit Tant vaut bon bruit que grâce acquise Tant promet-on qu’on s’en dédit Tant prie-on que chose est acquise Tant plus est chère plus est quise (recherchée) Tant la quiert-on qu’on y parvient Tant plus commune et moins requise Tant crie-l’on Noël revient

French Lynx JLM

Dis tu penses une chose Tu penses son contraire Tu passes ton temps à faire encore plus à défaire

Comparaison n’est pas raison, juste un moyen de voyager encore … »

 CHEMINS CREUX MORLAIX 2

Il me plait à croire que Laurence se promène en ces chemins creux en campagne de Plourin les Morlaix … Nous ne connaissons pas. Mais je vous aime Laurence, dès que je m’accroche à vos pas, je me trouve en pays de douce errance . Nous ne nous connaîtrons sans doute jamais. c’est aussi bien ainsi … Rêves et utopies nous font oublier combien nous sommes petits. Je vous quitte donc ma chère Laurence et benoitement vous dit : Merci ! 

***

Ajout le 6 juillet 2016 …

Tous les jours, je m’en vais picorer sur le mur de Laurence. J’y vais à pas feutrés, pour ne pas froisser la belle. J’y respire l’air de la Bretagne intérieure. J’y retrouve le bon sens des gens de la terre, ceux de chez nous, ceux qui ne disent rien mais qui n’n pensent pas moins …

J’y ai dégoté ces deux textes …

« Dans la foulée (inspirée par Jean-Louis MURAT)

Dans la foule Bretonne il y a foule, à Brest … Dans la ville de Brest, ce mercredi 3/ Je marchais jusqu’à l’eau saline/ Sur la rive, une coque échouée en bois /Trésor du pirate, je devine/Dans la foule Bretonne il y  full, à Brest/Sabre rouillé au clair, v’là le corsaire c’est chez toi ici ? « coque grand air » /Par un vent mauvais, tu as échoué/Perdu ton trésor d’un coup d’dé/Dans la foule Bretonne il y fool, à Brest/Ta peau est salie ta main m’entraine Moisie de partout ta carène/J’suis pas une sirène j’sais pas chanter sur ta carte au trésor une ancre tatouée/Dans la houle Bretonne il y a foule à Brest/Étrange bigorneau on s’colle, on s’aime on oscille tout doux on s’enchaine/Sans la foule, Bretonne Sans tonnerre, à Brest ».

LG

Il faut vous dire que la belle Dame nous revient d’Italie … Alors choc des cultures, des températures ???

BREST

Ce jour 6 juillet le Tour de France débarque en pays de Sancy … C’est peut être la raison pour laquelle Laurence nous a concocté il y a peu cet hommage au champion Espagnol …

Laurence, qui n’est pas à cours d’argument, jupette au vent, portant culotte, me fait rire aux larmes …

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« La femme du champion espagnol (inspirée par Jean-Louis MURAT)

La femme du champion espagnol porte le dossard N°2 /S’il n’a pas froid aux yeux… c’est moi, sa moitié qui tremble debout sur le talus en sortie de virage à la fin du village, patiente je scrute, l’asphalte, le sol/Il aurait pu choisir, les boules, la philatélie mais il préfère être juchée sur sa maitresse légère, légère, que j’honnis/Le maillot jaune n’est plus qu’un lointain souvenir Enfin le voilà qui passe, ahanant sans sourire le masque de la souffrance ou bien de l’espérance malgré moi je sautille, à tout rompre, j’applaudis/Fière je toise les autres femmes, dans l’herbe, assises/Oui c’est là mon champion espagnol mon matador, mon hidalgo, mon héros « debout, assis, couché : kiki ! »(notre chien) Oui papa est passé, passé par ici !/Je lui ai rempli sa musette il aurait dû mettre sa casquette il va encore prendre froid Hérisson, sur le dos les ventouses il n’y coupera pas !/Lécher la route est un métier difficile j’ai toujours un doute mais il nie en balbutiements fébriles Petit don Juan, en danseuse de duègnes en rombières le firmament ne dure qu’un temps/Quand je me risque à lui parler d’argent froid, il me désigne ma nouvelle gazinière le luxe est si grisant après tout, une bonne épouse   doit se taire …

laurence gaillard.

Merci belle Dame d’avoir éclairé ma journée. Ce jour en regardant passer le Tour de France j’aurai une pensée pour vous …

***

 

Ajout le 7 mars 2017 …

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En ce début mars la Bretagne est chahutée par des vents violents, le pays de Morlaix plus encore … Il n’y pas de semaine ou Laurence, le balle Morlaisienne ne vienne égayer mes journées par des mots simples et variés, des expressions bien pensées … Toujours je prends un plaisir à découvrir ses rondeurs ou supposées telles, sa jupe emportée par le vent … Chaque fois Laurence me donne à rire aux éclats. Toujours je me dis : « Tien c’est bien trouvé ça » … toujours je suis surpris … Ecrivez-moi tous les jours Laurence, que j’oublie cette époque pourrie, que je n’entende plus « BFMTV » qui se jette sur tout ce qui bouge, qui de tout nous fait un spectacle, donnant par la même une triste vision de ce que nous sommes … Mais après tout nous n’avons que ce que nous méritons, hommes politiques y compris.

En de jour de pluie Laurence GAILLARD vient me parler de MURAT qui se fait rare … Est-ce pour mieux nous surprendre ? Je ne sais …

 « Murat mon capitaine

Si j’étais un pédé de vous amouraché … je tenterai avec mes moyens de vous empaumer même si vous n’aimez, que les gonzesses la douce délicatesse des nénuphars

Pour nous aboucher je pourrais voter à droite me trouvant malgré tout un peu salope

J’aurai les ongles noirs vous montrant mon travail j’aurai les mains moites agrippant la varlope les copeaux qui volent, le souci du détail ne trouvant presque rien au fond qui nous achoppe

Vos yeux de glace me laisseront à distance la tige et le glacier, me prendraient à rêver… Deux tiges, ma chance, secret,défense. Mais vous vous détournez déjà en partance

Ma frustration couche d’un buisson de clous Mon affidavit, vous avoir aimé comme un fou Mon désespoir, ne pas être à votre goût Murat mon cap, mon capitaine

Rendez-moi mon amour comme vous l’avez trouvé : imparfait ».

Laurence GAILLARD.

Merci belle amie, du bout de la terre, j’aime à imaginer vos cheveux emportés par le vent, votre visage buriné par la pluie, vos yeux souriants, mais toujours je reviens à vos jupes emportées par le vent … Décidément, vous cultivez le « Diable » qui est en moi  … Je me rassure en me disant qu’il est en chacun de nous et c’est bien heureux ainsi. Il me tarde d’avoir de nouveau de vos nouvelles Laurence, je ne sais pourquoi, chaque fois j’y retrouve des parfums de l’enfance, sans doute votre douce insouciance qui se propage au fil de vos mots et pensées bien achalandées …

Pour le plaisir j’y ajouter cette ode à la pluie, qui de partout dégouline, signée Laurence, datée d’il y a peu  

« Il pleut sur les genêts les monts d’Arrée … le printemps est aux arrêts la buse garde ses ailes repliées il pleut des cordes/Il pleut des cordes tressées pour se pendre humide jusqu’à l’os/Il pleut gibier caché/Le déluge à s’y méprendre/Le Rhin me fait une Seine /Tout absorber La Vilaine fait son Ille/Presque engloutie/Il pleut/Les sentiers dégorgent transformés en romans fleuves/La bouse au loin est emportée/Place nette/Il pleut/Des scats féroces sur le granit/La lande se noie dans mes racines/Le vieux boeuf courbe l’échine/Embourbé/Il pleut/Mon coeur est au lavoir/Manches retroussées savon noir salamandre sur l’ardoise bleue/La pluie reine quitte la scène c’est l’accalmie/La vilaine ôte ses sabots/ Dégourdie ».

Laurence GAILLARD …

Je ne peux m’empêcher d’y adjoindre ce « Rien » qui me fait tant de bien, daté d’il y a moins encore …

« Rien un étang boueux d’angoisse et la sombre menace/Rien … la légèreté qui s’éloigne et le plaisir du jour qu’il faut convoquer/L’horizon lointain à présent raccourci étriqué rabougri/Rien le corps idéal meilleur ennemi et la plus belle aventure d’une vie/Rien le sourire et le regard grave prendre par la main la maladie/Attendre, toujours attendre en essayant de forcer la vie, la vie qui bat, la vie, la vie/Rien demander des comptes des quand, comment, pourquoi ? avoir quelques réponses sans être encore capable de les entendre/Rien ».

LG

 

 

***

 

Publié dans : ||le 29 avril, 2016 |26 Commentaires »

26 Commentaires Commenter.

  1. le 29 avril, 2016 à 21:10 Armelle R.G. écrit:

    Et très poétique en plus! bravo Laurence!

    Répondre

    • le 13 mai, 2016 à 18:09 laurence écrit:

      Merci Armelle vous êtes chou

      Répondre

  2. le 30 avril, 2016 à 20:14 Rhiannon écrit:

    Bravo Mselle Laurence Gaillard, je reconnais bien là votre plume. ….

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    • le 13 mai, 2016 à 18:10 laurence écrit:

      J’aime toujours bien quand vous me dites Mselle, je me trouve d’un coup plus jeune (sourire)

      Répondre

      • le 30 mai, 2016 à 14:45 Rhiannon écrit:

        Vous l’êtes chère amie…..de coeur…

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  3. le 30 avril, 2016 à 20:25 didierlebras écrit:

    Salut et merci Rhia … S’il y a quelqu’un qui peut lui emboîter le pas, c’est bien Toi …
    D

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  4. le 2 mai, 2016 à 14:29 laurence écrit:

    Bonjour Didier, aujourd’hui mon adresse s’inscrit toute seule, je n’y comprends rien, oui enfin bref… je voulais juste écrire merci (sourire)

    Répondre

  5. le 10 mai, 2016 à 22:41 Armelle R.G. écrit:

    J’en reste baba! Quoi, une orthographe bancale? Que nenni! Ce texte là encore me donne à rêver éveillée… j’aimerais tant avoir une telle plume pour m’exprimer! Et puis chaque fois que je vois le nom de Laurence Gaillard, aussitôt dans ma tête j’entends Murat chanter « la p’tite idée », me soufflant qu’elle a garé son Audi verte à 10h06 sur la place clermontoise; c’est ainsi, je n’y peux rien! Alors, vivement la prochaine « lettre à Murat »!
    Et merci Didier de partager ce courrier qui nous va droit au coeur…

    Répondre

  6. le 10 mai, 2016 à 22:52 didierlebras écrit:

    C4EST UN BONHEUR POUR MOI AUSSI … AVEC LAURENCE JE REVE QUE LON TRAVERSES LES SAISONS EN ECOUTANT CHANTER MURAT …

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  7. le 10 mai, 2016 à 22:53 didierlebras écrit:

    POUR INFO? JE NE CONNAIS RIEN DE CETTE BELLE DAME …

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    Répondre

    • le 13 mai, 2016 à 18:12 laurence écrit:

      Heu belle, là y’a un hic (sourire)

      Répondre

  8. le 13 mai, 2016 à 11:10 laurence écrit:

    Je ne sais pas quoi dire, alors je mets plein de trucs choux dans mon merci.

    Répondre

    • le 13 mai, 2016 à 11:28 didierlebras écrit:

      Franchement tout le bonheur, est pour moi, et je fais en sorte qu’il soit pour nous … Je ne suis qu’un « passeur » … Je continuerai à me promener chez vous et à entretenir ainsi cette page … Chaque fois je vous préviendrai … Si quelque chose vous froisse, il faudra me le dire … Cela ne sera jamais source de problème …
      D
      Amitiés.
      D

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  9. le 13 mai, 2016 à 12:42 Rhiannon écrit:

    Merveilleux. …que dire sur Mselle Laurence Gaillard. …elle a toujours écrit divinement et elle n’ignore pas que j’ai beaucoup d’admiration à son encontre et tu n’as pas tout lu Didier …elle a déjà écrit sur certains titres de Murat et c’est toujours une découverte et un enchantement. ..encore merci Mselle Laurence Gaillard.

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  10. le 13 mai, 2016 à 12:44 didierlebras écrit:

    je découvre effectivement Rhia… Bises !
    D

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

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  11. le 13 mai, 2016 à 18:13 laurence écrit:

    N’en jetez plus j’ai les chevilles qui enflent et après je vais faire ma diva, avec des caprices et tout ! (pour vous faire sourire) biz

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  12. le 17 mai, 2016 à 19:00 Lily écrit:

    Je suis d’accord avec tout, et sur tout! Sur la verve Mais, oui, faites gaffe, c’est vrai, elle a tendance à faire des caprices après, sa diva-aux chevilles-enflées… (Rires)
    Lily-la-chipie

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    • le 30 mai, 2016 à 9:51 laurence écrit:

      Oh inspecteur gadget ? coucou

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  13. le 17 mai, 2016 à 19:05 Lily écrit:

    Je suis d’accord avec tout, et sur tout! Sur la verve de Murat et sur la plume de Laurence, et inversement! Mais, oui, faites gaffe, c’est vrai, elle a tendance à faire des caprices après, sa diva-aux chevilles-enflées… (Rires)
    Lily-la-chipie qui a dû recommencer parce qu’elle a fait une mauvaise manip…

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  14. le 30 mai, 2016 à 9:54 laurence écrit:

    Je vois où vous vous trouviez, la croix de pierre. Vous avez eu beau samedi. Merci Didier biz

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  15. le 30 mai, 2016 à 11:15 didierlebras écrit:

    Je n’y étais pas Laurence. Cliché emprunté sur le net qui me semblait correspondre à la situation … Je suis un opportuniste, mais ce n’est pas l’appât du gain qui m’attire.
    D

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

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  16. le 30 mai, 2016 à 14:53 Rhiannon écrit:

    François de Montcorbier. ..même le nom est romanesque à souhait. …fin du moyen âge comme ce poème « 1451″ Pour Mr Jean Louis Murat , ce poète ne doit pas lui être inconnu….j’en suis certaine…il s’est toujours intéressé à cette période. …il a dû certainement l’évoquer. …

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    • le 8 juillet, 2016 à 18:27 laurence écrit:

      Merci Rhiannon de m’avoir lu, biz

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  17. le 8 juillet, 2016 à 18:24 laurence écrit:

    Jupette au vent portant culotte, de mieux en mieux (sourire) Merci

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  18. le 7 mars, 2017 à 16:53 laurence gaillard écrit:

    Bonjour Didier aujourd’hui vous m’avez fait rire et par les temps qui courent, ce n’était pas gagné.
    Au fait, je vais décevoir le diable qui est en vous mais… croyez moi je le regrette : je ne suis PAS BELLE

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