- 126 – Prof … auvergnat … chanteur … Il aime MURAT et me le dit … Sébastien POLLONI …

C’est le hasard qui m’a conduit jusqu’à lui. Sur Facebook nous sommes devenus « amis ». C’est lui qui a accepté mon invitation. Son nom : Sébastien POLLONI. Me promenant sur sa page je me suis rendu compte que le jeune homme était chanteur et Auvergnat. Son 1er album : « Ravines » sorti en avril 2015 lui a valu de belles critiques …

 

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Produit par Bertrand BETSCH : « Les imprudences – le label« , le 1er album de Sébastien POLLONI est une agréable surprise. Il fourmille de belles réussites. Voici ce qu’en dit BETSCH : « Déboulant de nulle part, Sébastien POLLONI s’impose dès son premier essai comme un artiste déjà parfaitement accompli. Ils sont si rares ces premiers albums qui vous plantent d’emblée un décor comme on franchit un col de montagne pour déboucher sur une vallée harmonieuse qui vous en met plein les mirettes. C’est la principale force de ce disque. Tout est en place. Pas une chanson en dessous de l’autre. Une arrivée plus qu’un départ. Un véritable accomplissement. Une marque de fabrique qui tient dans ce pari fou de proposer des morceaux qui vous enrobent dès la première écoute. Des textes écrits au cordeau, des mélodies entêtantes, des arrangements composés de guitares acoustiques très présentes, relevées ici ou là par des guitares électriques tendance ligne claire, quelques notes de claviers, des batteries simples et efficaces et des chœurs comme des tapis volants ».

  • CD 11 titres …

SEB POLLONI

Prolixe BETSCH écrit : « Mi-dandy, mi-cow-boy, Sébastien POLLONI impose son style original, mêlant la tourbe au miel. Ni vraiment pop, rock, folk ou chanson française pur jus, ou tout cela à la fois, Polloni impose d’emblée son propre idiome. Tantôt sophistiqué, tantôt rugueux, POLLONI n’est jamais là où on l’attend. Son album « Ravines », plein de ravissements et de ravins, est de ces disques tellement rares que l’on écoute en boucle comme une envoûtante ritournelle. « Ravines » est un carrousel où l’on se plaît à tourner indéfiniment. Parfaitement maîtrisé, il participe d’une certaine idée de la grâce. De celle qui nous révèle toute la beauté du monde, dans ses évidences comme dans ses escarpements … ».

Sur le blog « Nos enchanteurs – Le quotidien de la chanson » Catherine LAUGIER en août 2015, évoque « Ravines » en ces termes : « De l’air pur dans nos fêlures ». Puis d’ajouter : « C’est bien dans les ravines insondables de nos sentiments inavouables que nous conduit ce disque énigmatique ». La critique appuie ses propos sur ces vers du jeune homme :

« Dans le creuset de nos fêlures tout n’est qu’hypothétique  or pur ».

Avant de prendre pour nom de scène celui de Sébastien POLLONI, le Clermontois (la trentaine) se faisait appeler « Seb ». Membre d’un groupe comme chanteur et guitariste, il s’essaye  seul à la chanson en première partie de « La Grande Sophie » à la Coopérative de Mai.

En mai 2012, toujours sur le blog « Nos enchanteurs« ,  Michel KEMPER écrit : « SEB, l’évident pari ». Le Clermontois nous chante : « Je parie que« . KEMPER de conclure : « Une écriture à fleur de peau qui vit pleinement au contact des notes. Bel équilibre qui appelle des scènes ».

Pour l’album « Ravines » POLLONI s’est entouré de Guillaume CANTILLON (ex Kaolin) et de PAPILLON qui, selon Hervé DEFFONTIS ont : « Tissé l’habit de lin qui humblement recouvre les notes de Sébastien POLLONI ».  

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Ce jour Sébastien m’a accordé une partie de son temps. Ce qui nous a permis d’échanger. Auréolé d’un succès naissant, assorti de scènes dont les « Trois Baudets » à Paris, je me suis dit que j’allais inclure son témoignage (page 114) celle réservée aux V.I.P. Au final je choisis de lui consacrer une page  tellement le personnage est attachant. Ses airs de faux « dandy » lui servent à dissimuler ses interrogations, ses doutes … Il y a du MURAT chez lui. C’est ainsi qu’il se présente à moi : « Alors, première chose : je suis effectivement toujours prof … Je suis agrégé de mathématiques, j’enseigne en lycée et BTS, et dès octobre j’aurais en plus en charge des élèves en audiovisuel. J’ai donc fréquenté l’université Blaise Pascal, mais certainement pas les mêmes bancs que Jean-Louis Murat (je suppose que lui c’était plutôt en littérature …?) ». Puis de poursuivre : « Jean-Louis Murat … Je suis fan depuis des lustres, j’aime sa musique, et j’aime surtout sa voix de velours, ce souffle qui murmure à l’oreille des mots poétiques et qui résonnent en moi. Quelques chroniques m’ont « comparé » à lui, c’est un honneur, mais tant que lui ne m’aura pas dit ce qu’il pense de ma musique je ne revendiquerai pas la comparaison, seul son avis pourrait me permettre de le faire … Je croise les doigts pour qu’un jour ma musique atteigne ses oreilles ». Simplicité et modestie sont d’emblée les mots qui pour moi caractérisent Sébastien.

Il me confie des origines modestes. Nous évoquons son parcours scolaire : le collège Ste Bernadette à Sainte Florine – l’Université Blaise PASCAL à CLERMONT … De la nostalgie qui habille ses chansons il me dit : « Et bien non je ne murmurais pas trop de mots d’amour au filles de mon collège, ou alors dans ma tête … mais je crois avoir toujours été un romantique, mes chansons me permettent de l’assumer ! Les « ravines »… pour moi l’idée de ravines résume la difficulté d’avancer, on essaie parfois de sortir des ornières, mais il est si facile de s’y laisser replonger… c’est une lutte permanente, une sorte de mythe de Sisyphe perpétuel, on en sort, on y retombe, mais seul le chemin compte, pas l’arrivée ! J’aime les métaphores, et Rose-Croix en est une. L’alchimie … m’a interpelé depuis longtemps, transformer le plomb en or est la métaphore par excellence. Le secret de cette chanson est là : vous dire que mes propos sont souvent métaphoriques, que le premier degré n’est pas une de mes lignes directrices ». Le temps de reprendre son souffle Sébastien rajoute : « La nostalgie … on ne peut se référer qu’au passé, je ne suis pas nostalgique en permanence, mais écrire c’est tout de même entrer en soi, la nostalgie n’est qu’une partie de nos émotions quand on écrit ».

Il y a un vers de POLLONI qui m’a tout de suite fait penser à MURAT … Il écrit :  « Je ne pense à rien /Entre tes seins/Au creux de tes reins ». Disant cela, bizarrement, les mots écrits par le chantre d’Orcival,  en référence à la fin de James DEAN résonnent dans ma tête : « Trouver la mort en voiture de sport » … Des mots trop faciles que MURAT s’est reproché d’avoir écrits. J’en fais la remarque à Sébastien qui rétorque : « Au début quand j’écrivais, c’était souvent alambiqué, compliqué, j’annonce simplement que je tente de faire plus simple, plus direct ». Taquin POLLONI me glisse : « La petite mort …  comme le chante Jean-Louis, à propos de l’orgasme … ».

Concernant l’écriture Sébastien  concède : « Un moment de plénitude et de « présent » « le présent est dur à atteindre »« c’est forcément avec l’autre qu’on le ressent » ... « on ne se sent vivant que parce que l’autre nous le renvoie ».

Voilà il me semble que vous connaissez mieux le personnage. « Ravines » est accompagné d’un clip que je trouve fort beau …

« Dis-moi … Ou sont passés l’été et les heures précieuses où je te vouvoyais ? ».

 Image de prévisualisation YouTube

En visionnant ce clip, je me suis dit que l’esclave n’était pas celui qui des deux était tenu en laisse, mais bien celui qui la tenait. Sébastien me précise : « Ce clip m’a valu critiques et incompréhension … j’ai voulu jouer avec des codes actuels, faire preuve d’un certain second degré, de détachement et réagir ». Il ajoute dans la foulée : « faire réagir ». Puis de renchérir malheureux de n’avoir pas été compris : « Il est le contraire de ce qu’il semble être au départ et prend le contre-pied (au début) du texte de la chanson … Evidemment que l’objet au bout du compte c’est moi … Pour moi c’est un clip féministe et beaucoup ne le perçoivent pas ! ». Personnellement c’est ainsi que je l’avais compris.

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A ma demande, Sébastien me parle de ses origines : « Mes parents étaient ouvriers, je suis issu de l’immigration italienne dans un bassin minier en plein centre de l’Auvergne. Ils m’ont inculqué le goût du travail, de l’obstination« . Puis ensemble nous échangeons sur ses élèves. Je lui demande si leur regard a changé depuis qu’il chante avec un réel succès. Il me concède : « Je ne sais pas s’ils sont fiers de moi, mais cela me rend plus humain à leurs yeux ». Parlant des grands adolescents qu’il a en charge il me dit : « Ils sont victime du prêt à mâcher qu’on leur donne ». Je trouve que, sur bien des points monsieur le Professeur tient le même discours que le Jean-Louis.

Il est 13 heures … Sébastien est à la bourre. Il s’excuse : « A très vite, je file en répétition ! ». « Ravines » est disponible chez tous les bons disquaires ainsi que sur les plates-formes de vente habituelles … Moi j’ai acheté l’album directement auprès du jeune homme …

***

 

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Publié dans : ||le 22 janvier, 2016 |3 Commentaires »

3 Commentaires Commenter.

  1. le 13 septembre, 2016 à 12:52 Muse écrit:

    Coucou Didier

    Merci pour cette page.
    Je viens de visionner le clip du collègue, que je trouve maladroit et de toute façon sexiste, qu’on se place sous un angle ou un autre.
    Je ne trouve pas du tout qu’il soit féministe. Car le féminisme prône une égalité entre hommes et femmes, pas une similitude de comportement abusif et esclavagiste.
    C’est sûr que ce clip est fait pour faire parler de lui. Pour choquer aussi sur une caricature du SM fétichiste. Ca a été la grande mode de ces années 2000 de travailler une communication et des publicités autour du porno chic, du SM et du BDSM. Mais pour autant, est-ce si judicieux en terme de lancement d’album? On a vu déjà l
    J’ai bien peur que non.

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  2. le 13 septembre, 2016 à 13:07 Muse écrit:

    Oups, problème clavier. Le message est parti tout seul.
    Je disais qu’on a déjà vu ce que ça a donné pour un artiste confirmé comme Saez…ça fait mal au coeur dans la mesure où le gars est hyper sincère et pas du tout machiste. Mais l’image de Mondino de l’album J’accuse est ambigüe, car dénonçant la chosification consumériste humaine, mais aussi jouant sur le côté femme objet type poupée barbie gonflable, donc dans le registre porno chic de type machiste. Et c’est précisément là que le bât blesse.
    L’image ne sert plus le propos initial de dénonciation. Et ça nuit toujours à l’artiste dans ces moments-là. Je le regrette profondément. Mais tout n’est pas bon pour faire du buzz. Et quand on démarre, ce genre de clip est handicapant, même avec les meilleures intentions du monde. On peut apprécier le côté provoc, l’envie de faire réfléchir…mais le fait d’utiliser ces codes très caricaturaux, faits pour justifier la domination masculine, la domination en général (même si pour nombre de pratiquants c’est beaucoup plus complexe que ça -ne pas oublier que le SM est essentiellement un mode thérapeutique violent après des abus et violences sexuelles -on soigne le mal par le mal), ne va pas encourager à la réflexion.

    Donc c’est un peu la fausse bonne idée, pour moi.

    Ceci dit, Sébastien Polloni a l’air super sympa.
    La voix se pose bien. Y a des idées…

    A suivre!
    Bizzzzzzzzz

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  3. le 13 septembre, 2016 à 14:01 didierlebras écrit:

    merci MUSE ;;; jE TE SOUHAITE UN BEL AUTOMNE … SINCERES AMITIES … D

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

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