- 102 – Jean-Louis MURAT … est resté un gamin …

En 2012 dans les colonnes du magazine « TETU » le chanteur Jean-Louis MURAT s’en prend à une « brouteuse » j’ai nommé Valérie LEHOUX journaliste à « Télérama« . Voici le propos qui vaut à l’Auvergnat de figurer parmi les « personnes à abattre » pour le mouvement « Act up » : « Je me  fais tout le temps allumer dans Télérama par une brouteuse de base. La brouteuse  me déteste, je suis l’ennemi de la brouteuse. Et d’ailleurs je suis contre le  broutage, donc elles doivent le sentir ». Suite à cela MURAT voit son portrait placardé sur le « mur des homophobes » en même temps que Kim Jong Un le tyran Nord Coréen ! Ce sont des procédés qui relèvent des méthodes Pétainistes. Dans notre beau pays de France, certains ont tous les droits, tous les excès leur sont permis sans qu’ils aient à craindre de quiconque. Nous en sommes là …

 Mais en France, il y a aussi des gens intelligents, Valérie LEHOUX . La preuve, vous la trouverez dans ce qui suit …

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Pour MURAT le mal est fait. Ses paroles maladroites, inutiles, à la limite de l’imbécilité, vont laisser des traces indélébiles. Les « placardeurs de  bons sentiments » ceux qui disent « le bien » , et « le mal » continueront d’agir sans vergogne. En 2013, à l’occasion de la sortie de l’album « Toboggan », la journaliste décerne une critique largement positive du dernier opus du « chantre d’Orcival ». Le propos est exempt de toute rancœur.  Je cite in extenso :

« Il paraît que le titre évoque la glissade de l’humanité. En ce qui le concerne, on parlerait plutôt de mouvement ascendant. Le nouvel album de Murat — qu’on aurait volontiers titré Chants bucoliques de plaines et de collines — est réussi. Une symphonie poétique et pastorale, aux accents médiévaux, dont les textes se peuplent de chiens, chats, grives, génisses ou autres brouteurs qu’il affectionne tant. L’animal y est même si viscéralement présent que des aboiements, des hen­nissements, des beuglements se mêlent à la voix et aux instruments… dans une harmonie étonnante ». Quant au chant, délicat et aux manières presque féminines, il ouvre la porte à toutes les interprétations. La neige qui tombe dans les textes est-elle là pour ouater un monde trop piquant, ou pour figurer l’hiver venant d’un homme ? La belle chanson Robinson, avec son antienne « apprends à savoir t’orienter » et ses questionnements (« quel est le chasseur qui m’aimait ? »), s’adresse-t-elle à un ami égaré, ou est-elle l’allégorie d’un sentiment troublé ? Murat a beau parler de culbute et de nudité, il reste secret, et garde toutes les clés. C’est ainsi qu’on le préfère. Et qu’on se laisse flotter en sa douce compagnie, sans savoir où cela va mener ». La journaliste fait preuve d’humour en mentionnant les « brouteurs qu’il affectionne tant »

Le 1er octobre 2014 MURAT se confie à Valérie LEHOUX. En « off » le Brenoï a très vraisemblablement fait amende honorable. L’article du magazine mentionne : « les propos provocateurs, misogynes, misanthropes, homophobes de MURAT ». Ce dernier répond :  »Quand je suis face à un journaliste, je suis un peu comme un gamin qui n’est pas  en confiance, et qui dit n’importe quoi. Je n’ai toujours pas réussi à contourner cet écueil là. En ce sens, je ne suis pas pro pour deux ronds« . Voilà qui est évident, voilà qui est désarmant tellement la naïveté effleure de ses propos … j’allais dire aveux de contrition. Valérie LEHOUX enchaîne sur son avantage : « Paradoxalement, vous êtes devenu un « très bon client » pour les médias : le sale mec qui dit des horreurs … ». La queue basse sûrement MURAT répond : « Peut être. Je viens d’un milieu où on ne fait pas le malin; or, faire de la promo, c’est faire le malin, presque au sens étymologique du terme.  Laisser le malin prendre possession de soi. Moi, j’ai un côté Auvergnat, paysan, taiseux. Je me sens à cheval entre ces deux mondes. Quand je donne des interviews, je me demande souvent : pourquoi je fais ce métier là ? ».

Le 11 octobre 2014, juste avant la sortie de « Babel », Valérie LEHOUX livre dans « Télérama » sa critique du dernier album du « Berger de Chamablanc » : «  C’est un quasi-rituel : depuis un quart de siècle, chaque année ou presque nous vaut un nouveau Murat. Production prolifique, qui ravit les amateurs, contente une critique en général bienveillante, ne passionne guère les foules et s’agrémente parfois de propos douteux du chanteur (tendance misanthrope tirant à vue sur tout ce qui bouge), qui ne le servent pas, mais dont quelques médias font leur miel. Le cru 2014 devrait remettre le curseur là où il n’aurait jamais dû cesser d’être : sur l’oeuvre. Elle le mérite« .

« Babel s’élève très haut dans la discographie de Murat, à la fois par sa beauté formelle et par sa profondeur de chant. Un double album (vingt titres) mélancolique et clair, jamais cynique, qui n’a pas forcément la prétention de toucher le ciel mais s’ancre avec volupté dans le terroir de cette Auvergne rurale qui l’a vu grandir. A l’infini, Murat en redessine les contours : paysages, ruisseaux, forêts, montagnes, aux noms familiers car déjà chantés par le passé. Si le cadre est obsessionnel, il se fait repère, bien plus que prison. Tableau aux perspectives fuyantes, aux points de mire toujours changeants : c’est le décor du dehors et du dedans, l’écrin naturaliste de mots impressionnistes suggérant des embrasements, des déchirements, des sentiments incandescents. Ou des gestes quotidiens. Le réel et l’imaginaire d’un auteur en tension permanente ».

« Pas facile à suivre pour autant. On pourra s’évertuer à décrypter ses textes elliptiques… ou les laisser s’évader hors de nos raisonnements, comme des électrons libres et sensoriels ; il nous en restera, quoi qu’il arrive, des impressions prégnantes. Dans le chant de cet homme, l’âme épouse la nature ; le souvenir lance comme une douleur sourde (Chagrin violette), les silences pèsent sur des haines recuites (Le jour se lève sur Chamablanc), la nostalgie et les désillusions brouillent le regard ou le rendent plus lucide (Chant soviet, J’ai fréquenté la beauté). La parenthèse amoureuse apaise (Tout m’attire). Les souvenirs se perdent dans des labyrinthes sans ­issue (Mujade ribe). Le désir et la mort se mêlent si intimement (Noyade au Chambon, Neige et pluie au Sancy) qu’à plusieurs reprises, la noirceur assassine, au premier sens du terme, s’abat sur l’innocence… La voix est douce, mais elle ne caresse pas ».

« Enfin, si Babel tient à ce point ­debout, c’est par son harmonie musicale. Le Delano Orchestra, groupe de folk-rock venu lui aussi d’Auvergne, charpente l’édifice. Son association avec Murat n’avait rien de prémédité : elle est née après un concert commun, en décembre dernier, pour les 50 ans de France Inter. Rencontre fructu­euse : avec ses cordes et ses cuivres, le Delano Orchestra confère au disque de la classe, de la chaleur et de l’espace. L’interprète y gagne en confort. Depuis ses coups d’éclat de Dolorès et de Mustango, il y a une bonne quinzaine d’années, on ne l’avait plus ­entendu si convaincant, cohérent, poétique. Finalement évident« .

Cette page vous est consacrée Valérie LEHOUX, vous ne la lirez sans doute jamais. Je ne vous connais pas. Je peux assurer que vous êtes une « belle personne« MURAT ??? Est et restera toujours un « Ranchéro »

Autoportrait …

jlm autoportrait

… Les Rancheros …

« Hé ho Hé ho les Rancheros

C’est nous les neveux de Zorro

Nous les copains de Bernardo

C’est nous les Rancheros… »

***

Ajout le 11 juillet 2016 …

disque140 

A l’occasion de la sortie de son dernier album « Morituri » le 15 avril 2016 dans « Euronews » MURAT répond aux questions de Romain BURREL dont celle-ci qui fait référence aux propos blessant tenus par le chantre Auvergnat, cités précédemment : « Vous ne regrettez pas certaines sorties ? Comme avoir traité une journaliste de Télérama de « brouteuse » par exemple ? ». La réponse de MURAT a le mérite d’être claire : « Je n’ai jamais dit ça en interview. Le scandale était ailleurs. Je sortais d’un entretien avec un journaliste qui n’allait pas bien, alors je l’ai invité au resto avec la maison de disques. Pendant le repas, il avait lancé son magnéto sous sa serviette. le mec a capté une heure de conversation privée, débridée et l’a publiée. Il a fallu que je m’excuse publiquement, que j’envoie des fleurs à Télérama. J’ai plein d’amies lesbiennes. Quand je leu dis : « Alors ça fait longtemps que t’as pas brouté ? » ça ne les dérange pas ». Voilà qui est dit et remet les choses dans leur vrai contexte.

Hier soir l’équipe de France de football a perdu son « Euro ». Ce n’est pas grave. Il y a des choses bien pires. Il ne fallait surtout pas compter sur cet évènement sportif pour nous faire oublier les problèmes qui rongent notre pays. Sans doute qu’il leur a été trop demandé aux « Bleus ». MURAT quant à lui, je ne suis pas certain qu’il ait regardé le match, garde le sourire …

murat arbre

La France est un pays profondément divisé. Elle attend l’homme providentiel. A mentir, à promettre des choses qu’ils ne tiennent pas nos hommes publics ont perdu tout crédit. MURAT nous le dit depuis des années. Ses chansons sont à l’air du temps : noires, sombres. Dans « Morituri » qui nous parle de « ceux qui vont mourir » MURAT : chante : « Cesser de sourire » (…) « Marre de ce voyage » (…) « Jusqu’à l’infini/L’amour est parti ». 

Allez, un dernier sourire Monsieur Jean-Louis MURAT

jlm sourire

***

 

Publié dans : ||le 9 novembre, 2014 |7 Commentaires »

7 Commentaires Commenter.

  1. le 10 novembre, 2014 à 11:37 Muse écrit:

    Valérie Lehoux aurait dû lui chanter la chanson d’Anne Sylvestre, qui je trouve pourrait s’appliquer assez bien à JLM:

    https://www.youtube.com/watch?v=uLsjlOLNnJs

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  2. le 26 novembre, 2014 à 13:33 Sara Do écrit:

    Quand l’intelligence se met au service de l’humain, que la bagatelle du verbe ne se rigidifie pas au pied de la lettre. Alors, l’esprit peut briller en la circonstance.
    Cette article est la preuve qu’il existe des humains, capables de dépasser le ras des pâquerettes.Je n’oublie pas pour autant que le « ras des pâquerettes » est un bonheur pour moi, quand au beau temps, je peux m’allonger dans l’herbe et remplir mes narines d’odeur de campagne – Comme pour me revigorer le corps anémié par l’hiver.

    D’étoilement ♫♪♫
    Sara

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  3. le 11 juillet, 2016 à 7:03 carine écrit:

    Merveilleux article…comme tous les autres.

    Je connais depuis peu ton blog, et chaque jour je me délecte d’un petit article.
    Merci pour ce partage, j’adore !

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  4. le 11 juillet, 2016 à 9:03 Florence écrit:

    Ce n’est quand même pas à son honneur ce genre de commentaire (même en offmême enregistré contre son gré) et bien que je l’ai défendu à l’époque contre ceux qui le traitaient d’homophobe ( ce que je pense qu’il n’est pas ) il est quand même affligeant de se laisser aller à ce genre de propos. Et je ne lui trouve aucune excuse.

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  5. le 11 juillet, 2016 à 9:22 didierlebras écrit:

    Bien reçu FLO. De tels propos dits dans la bouche d’un paysan n’ont pas le même sens que la bouche d’un citadin … MURAT en est convaincu … moi aussi !

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

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